Chapitre XI H. — Architecture et beaiuxirts
Ce chapitre enregistre la plupart des crédits de la direction administrative des services d'architecture et des promenades et plantations, à laquelle sont, depuis 1897, rattachés également lé service de la Voirie et celui du Plan de Paris.
Cette direction fut composée des anciens bureaux et services de l'inspection générale des services municipaux d'Architecture avec adjonction au service intérieur du bureau des Traités et Acquisitions et du bureau des Alignements, qui dépendaient auparavant de la direction administrative des Travaux de Paris. • Une partie du personnel du bureau central technique du service des Promenades fut rattachée au bureau des Alignements, qui devint ainsi le bureau des Alignements et des Promenades et Plantations. Ce bureau possède, en conséquence, les attributions administratives relatives aux promenades et plantations qui appartenaient au bureau de la Voie publique et les attributions de contrôle et de comptabilité des travaux des promenades.
Les attributions relatives à l'instruction des affaires du personnel du service des Promenades, aux garnitures de plantes et aux recettes du fleuriste et des promenades dans Paris, furent dévolues, avec une partie du personnel de l'ancien bureau central technique des Promenades, au bureau central et secrétariat de la direction.
Par le même arrêté, les services techniques des Promenades et Plantations et du Fleuriste, de la Voirie et du Plan de Paris, furent rattachés à la nouvelle direction.
Les crédits proposés pour 1900 au chapitre XIII sont répartis entre trois sections :
La i'^^ enregistre les dépenses de personnel technique, ci. 465,66o fr.
La 2* enregistre les dépenses de l'entretien des édifices
et bâtiments appartenant à la Ville ou loués par elle, ci. 2,161,000
La 3* enregistre les dépenses du service des beaux-arts et celles nécessaires aux cérémonies publiques organisées
par la Ville de Paris, ci 685, 600
SoiT AU TOTAL 3,3o2,26o fr.
Les dépenses constatées au chapitre XIII ont été :
En 1878 de 3,552,775^28
1900 elles sont prévues pour 3, 302,260 »
Le personnel technique inscrit à la r* section a occasionné :
En 1878 une dépense de 398,899^98
Et est prévu pour 1900 pour une somme de. . 46^>66o »
La progression n'est pas très accentuée.
Les crédits d'entretien des bâtiments mujiicipaux n'ont pas non plus progressé en dépit de l'augmentation du nombre des édifices à entretenir. Aussi se plaintK)n de l'état d'une partie importante de cette portion du domaine municipal. Il y a actuellement environ '1,270 édifices, bâtiments ou locaux divers au service de l'entretien, dont 56o écoles ou groupes scolaires, 20 mairies, 160 commissariats ou postes de police, etc.
Voici le détail des dépenses prévues pour 1900 et inscrites à la 2' section du chapitre XIII :
Art. 3. — Hôtel de Ville, bâtiments, annexes N. et E., bâtiment des
archives, magasins de la Ville, etc 1 85, 000 fr.
Art. 4- — Mairies et auditoires des justices de paix . . . 75,000 Art. 5. — Lycées, Sorbonne et Facultés de droit et de
médecine 75,000
Art. 6. — Collèges Rollin et Chaptal i4)5oo
Art. 7. — Écoles communales 780,000
Art. 8. — Réparations locatives dans les établissements
scolaires 298,000
Art. 9. — Halles et marchés 235, 000
Art. 10. — Grilles, bureaux de perception, pataches et
autres bâtiments de Toctroi 25, 000
Art. II. — Entrepôt des liquides 110,000
Art. 12. — Abattoirs 90,000
Art. i3. — Cimetières 5o,8oo
Art. 14. — Maisons communales et édifices divers. . . . 81,000
Art. i5. — Casernes des sapeurs-pompiers 70,000
Art. 16. — Postes de sapeurs-pompiers, postes et commissariats de police 36, 000
Art. 17. — Bâtiment de la Bourse i7,5oo
Art. 18. — Locaux occupés parles conseils de prud'hommes
au Tribunal de commerce 4>3oo
Art. 19. — Fourière . i,5oo
5g6 LES BUDGETS DE PARIS.
Art. 20. — Théâtres municipaux 6,000 fr.
Art. 21. — Musées municipaujî (entretien foncier). . . . G, 000
Art. 22. — Bourse centrale du travail et annexe A (r. J.-J.- Rousseau) 17,000
Art. 28. — Frais de visite, de contrôle annuel et de petit entretien des paratonnerres des édifices municipaux .... l^,ooo
Art. 24. — Entretien du réseau et des avertisseurs d'incendie des établissements municipaux. Entretien des lignes avec le réseau de l'Etat 12,000
Art. 25. — Dépenses relatives k l'unification de Theure à Paris 7,200
Les crédits prévus au budget de 1900 pour dépenses des Beaux-Arts et Cérémonies publiques font l'objet de la 3* section du chapitre XIII et sont ainsi répartis :
Art. 26. — Travaux de peinture, sculpture, gravure, réparations de tapisseries et dépenses accessoires 200,000 fr.
Art. 27. — Commission du « Vieux Paris » i5,ooo
Art. 28. — Musées d*art de la Ville de Paris. Dépenses du personnel (P. E.) 28,000
Art. 29. — Musées d'art de la \Ulle de Paris. Dépenses du matériel 8,600
Art. 3o. — Encouragements aux compositeurs d'œuvres musicales, symphoniques et populaires 12,000
Art. 3i. . — Inventaire général des œuvres d*art et des richesses artistiques existant dans les' édifices municipaux. . 4»ooo
Art. 82. — Participation de la Ville de Paris à la célébration de la fête nationale du i4 juillet 3oo,ooo
Art. 33. — Fêtes de l'Hôtel de Ville 118,000
Total 685,6oo fr.
Le rôle du budget de la Ville en ce qui concerne les dépenses ayant un caractère d'art est certainement secondaire; mais Paris doit cependant une partie de son charme, de la physionomie spéciale de ses places, de ses promenades, parcs et jardins aux préoccupations artistiques des services de l'ancienne direction des Travaux. La tradition ainsi établie par Alphand, précieusement gardée par les services actuels, est encouragée par le Conseil municipal.
La Ville n'a jamais ménagé aux artistes ni sa sympathie, ni
LES DÉPENSES NORMALES. Bgi
son appui. C'est grâce à elle que le sculpteur Bartholomé a pu réaliser et ériger son c Monument aux Morts i^, qui passe poiir un des meilleurs morceaux de la grande sculpture moderne ; c'est encore elle qui a permis à Dalou de réaliser son magnifique groupe monumental du « Triomphe de la République >. Chaque année, elle achète de 160,000 à 200,000 fr. d'œuvres aux divers salons, sans parler des commandes faites à titre exceptionnel ou à titre de décoration de ses monuments. On pourra critiquer les commandes faites aux peintres ou aux sculpteurs, découvrir des œuvres faibles parmi celles achetées aux salons ; il n'en est pas moins juste de reconnaître que jamais administration officielle ne s'est occupée, de meilleure foi, d'aider ceux qui cherchent pour les arts des horizons nouveaux, de développer les jeunes talents et d'encourager les hardiesses intelligentes, qu'il s'agisse d'art pur ou d'industries artistiques.
Quant à la valeur des œuvres commandées par la Yille, il suffirait de rappeler les deux superbes œuvres, les « Premières Funérailles », de Barrias, et le « Paradis perdu », de Gautherin, le c Gloria Victis » de Mercié, sans parler de l'admirable « Héraut >, de Frémiet, qui forme au pied de l'escalier d'honneur de l'Hôtel de Ville une si truculente torchère, sans parler non plus des belles œuvres de Léon Comerre, de Paul Baudoin, de Gervex, d'Emile Lévy, de Moreau de Tours, de Puvis de Chavannes, etc., qui figuraient au pavillon de la Ville à l'Exposition de 1889, et qui étaient un véritable régal pour les yeux- Une commission spéciale, dans laquelle la peinture, la sculpture, l'architecture, la gravure sont représentées par des artistes éminents, est chargée de donner son avis sur toutes les questions importantes concernant les beaux-arts ou la beauté de Paris.
Depuis 1898 fonctionne une commission dite « du vieux Paris », qui a pour mission « de rechercher les vestiges du vieux Paris, de constater leur état actuel, de veiller, dans la
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mesure du possible, à leur conservation, de suivre au jour le jour les fouilles qui pourraient être entreprises et les transfonmations jugées indispensables, et d'en conserver les preuves authentiques :».
La Ville de Paris possède, en dehors du Musée historique installé dans l'ancien hôtel Carnavalet, trois musées artistiques : le dépôt des collections artistiques à Auteuil, le musée Brîgnolles-Galliéra, offert à la Ville par la duchesse de Galliéra, où l'on forme une collection d'objets d'art modernes, et le musée Gernuschi, avenue Vélasquez, légué par un collectionneur d'objets d'art asiatiques, l'économiste H. Gernuschi. Après la clôture de l'Exposition de igoo, les œuvres du dépôt d' Auteuil seront installées dans le petit palais des Ghamps-Élysées qui sera transformé en musée municipal.
Pour encourager l'art musical, le Gonseil municipal a institué, par une délibération du 9 août 1875, un concours qui, jusqu'en 1887, ^vait lieu tous les deux ans, et qui maintenant a lieu tous les trois ans. Les concurrents ont à produire, sur un livret donné une année à l'avance, une œuvre dramatique ou symphonique avec soli et chœurs; l'auteur classé premier reçoit un prix de 10,000 fr., et sa composition est publiquement exécutée aux frais de la Ville. G'est ainsi qu'a été connue la partition du Tasse, de Benjamin Godard, de la Tempête^ de M. A. Duvernoy, du Chant de la Cloche, de M. Vincent d'Indy, de La Mer, des frères Hillemacher, et du Spahi, de M. Lambert.
En dehors de sa participation à la Fête nationale du i4 juillet, la Ville donne, dans les salons de l'Hôtel de Ville, de grandes soirées ou des réceptions, auxquelles sont invitées de 7,000 à 8,000 personnes.
Voici la liste des fêtes offertes ainsi en 1898 et 1899. De grandes réceptions suivies d'un concert et d'un bal ont été données par la Municipahté de Paris les 12 et 26 février, 12 et 26 mars 1898. Le 11 juin 1898 a eu lieu une grande fête offerte aux arlistes parisiens; le i3 juillet, à l'occasion du
LES DÉPENSES NORMALES. SqS
Centenaire de la naissance de l'historien Michelet, eut lieu un dîner offert aux maires des principales communes de France, dîner suivi d'une réception et d'un bal.
En 1899, les réceptions, suivies de concerts et de bals, eurent lieu les 28 janvier, 18 février, i5 avril et 10 mai.
Le 5 avril, on reçut en séance solennelle les membres du Congrès international contre l'abus des boissons alcooliques, et le i5 juillet les soldats soudanais de la mission Marchand. Le 26 avril, un déjeuner d'apparat fut offert au Maire de Saint-Pétersbourg.
En dehors de ces fêtes dans PHôtel de Ville, la Municipalité a organisé le 3o juillet une grande fête de l'Adolescence au Bois de Boulogne, à laquelle furent conviées les associations d'éducation post-scolaires, et le 19 novembre, à l'occasion de l'inauguration du tnôriument de Dalou : Le Triomphe de la République^ une grande manifestation suivie d'une réception des maires des préfectures et sous-préfectures françaises.