‹ Les finances de la ville de Paris de 1798 à 1900Chapitre 150 sur 212 · Chapitre XVII. — Eaux et égouU · texte numérisé non relu

Chapitre XVII. — Eaux et égouU

Le service des Eaux et des Canaux et celui des Égouts (et utilisation agricole des eaux usées) sont à présent réunis sous la direction d'un seul ingénieur. Au point de vue administratif, ils sont sous l'autorité du directeur adjoint des travaux d'ingénieurs.

Eaux. — Le service des Eaux est à Paris exclusivement municipal, quant à l'amenée des eaux dans les réservoirs et quant à leur distribution aux habitants. La distribution est basée sur le principe de la double alimentation que l'ingénieur Belgrand fit admettre dès i854. D'une part, les usages domestiques sont desservis en eau potable, provenant de sources soigneusement captées au lieu d'émergence et amenée^, par des aqueducs clos et couverts et par des conduites forcées, jusqu'aux robinets des consommateurs. D'autre part, des eaux de qualité inférieure (eaux du canal de l'Ourcq, de la Marne et de la Seine) sont destinées aux besoins industriels et au service d'arrosage et de lavage des voies publiques. L'ancieime Compagnie des Eaux assure la perception des recettes, en régie intéressée.

Rachat de la Compagnie des Eaux. -^ En 1860, l'annexion des communes comprises dans l'enceinte fortifiée fit racheter par la Ville la Compagnie générale des Eaux, formée en réalité de la fusion de plusieurs petites compagnies, approvisionnant d'eau surtout les communes suburbaines. Au moment du traité, une étude des livres de la Compagnie 6t connaître que les bénéfices nets de l'exploitation étaient annuel-

lement de 1,160,000 fr. C'est cette constatation qui servit de base au traité réalisé les 11 juillet et 2 septembre 1860, en vertu duquel :

1* La Compagnie touche d'abord l'annuité de 1,160,000 fr. représentant le montant de ses bénéfices nets annuels acquis en 1860;

2* La Compagnie touche sur les recettes, au-dessus de 3,600,000 fr., une prime établie d'après l'échelle décroissante ci-après : *

De 3,600,000 fr. k6 millions 26 p. 100.

Sur les 7*, 8* et 9* millions 20 —

— 10* et II* millons i5 —

Sur le 12* million 10 —

Sur les recettes supérieures k 12 millions. ... 5 —

La prime ainsi payée à la Compagnie a été, en i8g8, de 1,783,800 fr.

La Compagnie ne profitera de ces avantages que jusqu'au 3i décembre igpg.

Le matériel cédé par la Compagnie générale des Eaux à la Ville, comprenait : 269,000 mètres de conduites, de diamètres variant entre 4 et 3o millimètres; dix usines élévatoires à Portà-1'AngIais, Maisons-Alfort, Auteuil, Neuilly, Clichy, Saint- Ouen et Charonne; les réservoirs correspondants; enfin dix fontaines où l'on vendait Ueau (fontaines marchandes).

Le tableau suivant permet de comparer à la dépense du service des Eaux le volume d'eau fournie par les sources et élevée par machines pendant Tannée pour les exercices suivants :

Ean de soarce

V*,920|5oo«« 41,610,000 45,625,000 a, 536,700

48,o53,6oo «« 53,006,000 47,439,000 2,464,100

— de Seine et de Marne

— d*Oiircq

— des puits Artésiens

Total du volume d'eau amené. . .

Dépense totale

134,692,200 «« 2,087,500 fir.

3,01 1,000 fr.

195,133,900 »« 6,o5o,ooo fr.

Valeur du matériel et prix de revient du mètre cube d'eau. — Nous avons tenté de ctilTrer, en tenant compte de Tamortissement des machines et de Fintérêt du capital de premier établissement, le prix de revient réel du mètre cube d'eau pour la Ville et pour le consommateur.

La valeur du matériel du service des Eaux a été établie à 200 millions de francs par l'ingénieur Couche, en 1882; elle a été calculée à nouveau, d'après une sorte d'inventaire, assez exactement pour 1896, et par déduction pour 1898, a 34o millions de francs.

Le volume total des eaux distribuées, naturellement inférieur au volume des eaux amenées, a été, en 1898, de 194,682,800 mètres cubes.

La dépense totale correspondante s'élève à environ 20 millions.

Savoir :

Intérêt à 4 p- 100 de 34o millions de francs (matériel). . 1 3, 600, 000 fr.

Amortissement de l'outillage 180,000

Entretien et exploitation de la canalisation et des usines. 6,266,000

Frais de gestion des immeubles des dérivations .... 12,000

Personnel du service des Eaux 627,000

19,684,000 fr.

Soit, en nombre rond, en tenant compte de la part proportionnelle dans les frais généraux de la direction technique et des bureaux administratifs 20,000,000

Le mètre cube d'eau revient donc en mouenne à — / „^ * ^ — = o^ 10.

Si l'on distingue entre le service public et le service privé, le prix moyen de dix centimes par mètre cube devient, pour l'eau du service privé (domestique et industriel), o fr. 12 c. et o fr. 08 c. pour l'eau du service public, comme le montre le calcul suivant :

Volume d'ean distribué en 1808

6KRVICE PRIVÉ et indiwtriel).

8ERVICR PUBUC.

8,800,000 fr.

a,3oo,ioo

ia,ooo

4,800,000 fr.

iao,ooo

a5a,ooo

ia6,ooo

Dépense* :

Amortissement du matériel

— de Toutillage

Entretien

Exploitation des usines ... ..

Personnel

Part des frais généraux

Frais de gestion des immeubles de dérivation

Total

ia,3a7,ooo fr.

of la

ofo8

Prix de revient moyen •

U rcmiM de 1,7SS,800 fr. fidU à U Compa^ie. La produit net a donc ét« 14.069,650 fr.. er qui, pour une livrai- M>a de Se,M5,000 mètrM cnl>e«, repr^MnU on prix moyen d« O fr. 14 e. pour l'eau livrée au pubUe.

La situation du service des eaux de source sera améliorée prochainement par suite de Fachèvement des travaux d'adduction des sources du Loing et du Lunain, et déjà les bassins filtrants ont beaucoup amélioré la pureté de l'eau de rivière.

La dérivation du Loing a été déclarée d'utilité publique par la loi du 21 juillet 1897. Les travaux ont commencé en mars 1898 et seront probablement terminés en avril 1900, avant l'ouverture de l'Exposition.

L'aqueduc aura une longueur de 78 kilomètres, le volume d'eau amenée est évalué à 5o,ooo mètres cubes par jour et la dépense à 25 millions de francs.

Cette dépense est assez élevée (l'adduction de l'Avre n'a coûté que 35 millions pour un débit de 100,000 mètres cubes par jour); mais le motif de cette augmentation de prix est que la section de l'aqueduc a été agrandie et calculée de façon à pouvoir écouler non pas seulement les 5o,ooo mètres Cubes fournis par les sources du Loing et du Lunain, mais encore i3o,ooo mètres cubes supplémentaires, soit pendant le chômage et la réfection partielle de l'aqueduc de la Vanne, soit en vue de l'adduction de nouvelles sources du bassin de la Seine dans la région desservable par cet ouvrage.

L'aqueduc du Loing pourra donc écouler 180,000 mètres cubes.

63o LES BUDGETS DE PARIS.

La Ville a déjà consacré à ramélioration du service des Eaux sur les ressources extraordinaires de l'emprunt de i8g4* 1896:

Pour amenée des eaux 5,954»5oo fr.

Pour la création de bassins filtrants i,i5o,5oo

Les ingénieurs ont prévu pour travaux nouveaux :

Pour amenée 26,600,000 fr.

Pour filtrage de Teau de Seine et de Marne. 2,700,000

Les dépenses d'entretien des eaux figurent à la 2* section du chapitre XVIL La i" section, Personnel des services des Eaux, des Canaux et de V Assainissem3nt, ne fait qu'enregistrer, dans un article unique, le crédit pour le paiement du personnel auxiliaire temporaire des deux services des Eaux et de l'Assainissement. La dépense de cet article, qui a été constatée en 1898 pour 178,601 fr. 66 c, est prévue pour 2io,4oo Cr. au budget de 1900.

La 2* section, Matériel et travaux du service des Eaux, Ca^ naux et dérivations, comprend les articles suivants :

Art. 2. — Distribution des eaux. — Entretien du matériel et des réservoirs. — Contrôle de la régie intéressée 1,061,060 fr.

Art. 3. — Remise k la Compagnie générale des Eaux sur

le produit des recettes i ,85o,ooo

Art. 4- — Exploitation des usines hydrauliques dans Paris

et annexes i,85o,ooo

Art. 5. — Entretien des aqueducs et dérivations 483, 000

Art. G. — Entretien et exploitation des canaux Saint-Martin, Saint-Denis, de l'Ourcq et de leurs dépendances 672,560

Art. 7. — Remboursement k la commune de Pantin de la somme avancée par elle pour l'élargissement du canal 10,000

Art. 8. — Entretien et frais de gestion des immeubles acquis pjur dérivations d*eau de source .... io,5oo

Les deux tiers environ des crédits ci-dessus sont destinés au paiement du personnel ouvrier et des cantonniers, fontainiers, surveillants et autres agents de l'exploitation. Le surplus a trait aux charges de matériel et de gestion des établissements hydrauliques.

La 3* section du chapitre XVII, Matériel et travaux du service de r Assainissement, englobe les crédits nécessaires à l'entretien, à la réparation et au curage des égouts de la Ville. En dépit de son titre, cette section, comme la précédente, comprend un grand nombre d'articles où figurent des crédits pour le paiement du salaire des ouvriers égoutiers.

Voici l'énumération de ces articles :

Art. 9. — Entretien et curage des égouts. — Salaires . . 2,282,000 fr.

Art. 10 — Entretien et curage des égouts. — Matériel et

travaux 780,000

Art. II. — Construction de branchements d'égouts municipaux 20,000

Art. 12. — Construction d*égouts neufs exécutés avec le

concours de. particuliers 75,000

Art. i3. — Assainissement de la Seine. — Epuration et

utilisation des eaux d'égout. — Salaires . . Gi5,5oo

Art. i4- — Assainissement de la Seine. — Épuration et utilisation des eaux d'égout. — Matériel et travaux ' 1,267,000

Art. i5. — Confection des rôles de recouvrement des divers services des eaux et égouts 8,5oo

Art. iG. — Dragages en Seine aux embouchures des égouts de la traversée de Paris et des collecteurs de Clichy et de Saint-Denis 192,000

Total ....... 5,i8o,5oo fr.

La presque totalité des ouvriers des usines du service des Eaux, des égouts ou du service d'épandage des eaux d'égout, sont maintenant payés au mois. Voici quelques exemples de leurs salaires annuels :

Contremaîtres de 1'^ classe 3,966 fr.

Chauffeurs et machinistes ... ... de 2,563 à 2,789 fr.

Brigadiers machinistes 3, 116 3,667

Forgerons et ouvriers d*état de 2,196 fr. à 2,620 fp.

Cantonniers 1*926 2,460

Manœuvres 1*926 2,200

L'ensemble des dépenses du chapitre XVII a été constaté

En 1878 pour 6,887,177^90

En 1888 7,884,724 43

En 1898 • . ., 9*770,461 i4

En 1900 il est prévu pour . . . 11,228,020 »

Chapitrb XVIII. — Collège Rollin. Bourses dans les lycées et dans divers établissements spéciaux. Subventions à des établissements d'enseignement supérieur.

Ce chapitre centralise toutes les dépenses d'enseignement secondaire ou d'enseignement supérieur faites — à titre facultatif — par la Ville.

Cette nature de dépense a été constatée :

En 1878 pour " 865,834^ i5

En 1888 1,391,416 23

En 1898 1,545,765 12

Elle est prévue au projet de budget de 1900 pour la somme de 1,626,405 fr. ainsi répartie:

Art. i<^'. — Collège Rollin. — Personnel 674*100 fr.

Art. 2. — Matériel 343,710

Art. 3. — Bours2S dans les lycées de Paris et au collège

Rollin 262,780

Art. 4- — Bourses k Tlnstitution nationale des sourdsmuets 18,200

Art. 5. — Bourses à l'Institution nationale des jeunes

aveugles 17,660

Art. 6. — Subvention h l'école Braille (pour les aveugles). 3o,ooo

Art. 7. — Bourses k TÉcole centrale des arts et manufactures . • 25,oo5

Art. 8. — Bourses k TÉcole des hautes études commerciales 10,000

A reporter i,38i,355 fr.

Art.

Art.

Art. II.

Art.

Art.

Art. i4.

Art.

Art.

Art.

Art.

Art.

Art.

Art.

Art.

Art.

Art.

Art.

Art.

Art.

Art.

Report i,38i,355 fr.

— Bourses k T Institut commercial 3,o5o

— Bourses k Técole coloniale (section commer-

ciale) 1,800

— Bourses à l'école d'agriculture coloniale de Tu-

nis 5,000

— Bourses k l'Institut national agronomique. . . 3, 000

— l'école pratique d'agriculture de Ge-

nouillat (Creuse) 7,000

— Trousseaux, frais divers, masses d'entretien et

pensions des anciens boursiers Mylius k l'école J.-B.-Say, entrée dans les écoles d'arts et métiers 2,000

— Bourses k l'école de droit 6,000

— l'école de médecine 6,000

— rinstitut Pasteur 3, 000

— l'école supérieure de pharmacie . . 3, 000

— l'école dentaire de Paris 800

— Bourses au collège Sévigné (jeunes filles) . . 5, 000 •

— Prix annuel k décerner aux élèves de i'* et de

2* année de l'école de droit 2,000

— Chaire d'histoire de la Révolution française k

la Faculté des lettres de Paris 12,000

— Chaire d'évolution des êtres organisés k la Fa-

culté des sciences de Paris 16,000

— Subventions k l'Université de Paris 32, 800

— Subventions k des établissements libres d'an-

seignement supérieur 69,500

— Enseignement de la pisciculture k l'aquarium

du Trocadéro i9»9oo

— Subvention k des cours d'enseignement popu-

laire supérieur k l'Hôtel de Ville 42,600

k 3i. — Allocations annuelles d'étude k divers . . l\fioo

Total i,626,4o5 fr.

Ces articles nécessitent quelques explications. Tout d'abord il faut noter que les dépenses du collège Rollin ont une recette correspondante, prévue pour 1900 au chiffre de 694,375 fr. Le sacrifice de la Ville pour renseignement secondaire, spécial et supérieur doit être diminué d'autant. Mais il y a d'autres dépenses de cet ordre et, pour obtenir le chiffre total des dépenses relatives au Collège Rollin et à divers établissements

d'enseignement supérieur, secondaire ou spkial, il y a lieu

d'ajouter au inontant des crédits inscrits au

présent chapitre, ci 1,626,406 fr.

I* Les frais d'entretien des bâtiments des lycées et autres établissements universitaires (chap. i3, art. 4 et 5-i*) 82,25o

2* La moitié des dépenses pour grosses réparations dans ces établissements (chap. 28, art. !•') 4o,ooo

3** Les frais des examens pour les lycées, écoles spéciales et établissements d'enseignement primaire supérieur (chap. 4? art. 3i) . . 5, 020

4* Les indemnités pour travaux extraordinaires, à l'occasion des inscriptions et des exaipens pour les écoles spéciales militaires (chap. 10, art. 3) 1,000

5* L'entretien et le renouvellement du mobilier du Conseil académique et des bureaux du recteur (chap. 4> art. 32) 5oo

Total se décomposant comme suit :

Personnel .... 690,020 fr. J p,^ p, .

Matériel i,o65,i55 1 ''7^''''7^ '^'•

En déduisant les recettes du collège municipal Rollin 694,375

Il reste net 1,060,800 fr.

Les dépenses pour une chaire à la Faculté des lettres et pour une chaire à la Faculté des sciences de Paris sont destinées au traitement du professeur des cours fondés par le Conseil municipal; les titulaires sont naturellement nommés comme les autres professeurs, sans que la Ville ait à intervenir.

La subvention à l'Université de Paris est nouvelle. Le principe de cette subvention a été voté le 24 mars 1899, par le

Conseil municipal, et voici quelle serait la répartition de ce crédit de 82,800 fr. :

ï® Subvention à la bibliothèque de la Faculté de médecine pour

Diçais et étrangers . .

2,000 fr.

I professeur

I chef de clini |ue . .

I chef de laboratoire .

I professeur

I chef de clinique . .

I chef de laboratoire .

2° Subvention pour une chaire de clinique gynécologique.

3° Subvention pour une chaire de clinique chirurgicale des enfants.

La majeure partie de la subvention aux établissements libres d'enseignement supérieur est destinée à l'École pratique des hautes études, qui reçoit 36, 000 fr., à l'Institut Pasteur, qui reçoit 10,000 fr., au laboratoire physiologique de M. Marey et à l'École d'anthropologie, qui reçoivent chacun g,ooo fr.

L'aquarium du Trocadéro, outre l'enseignement de la pisciculture, s'occupe activement du repeuplement des rivières et a déjà empoissonné beaucoup de cours d'eau, spécialement avec des alevins de truites de Californie.

EnGn, les cours d'enseignement populaire de l'Hôtel de •Ville, qui ont lieu le soir et qui sont ouverts sans formalité à tout venant, absori)ent les crédits ci-après :

10 Subvention au cours d'histoire universelle C,ooo fr.

2° — de biologie C,ooo

3** — d'histoire nationale 6,000

4** — d'histoire de Paris 6,000

5" — d'anthropologie 6,000

6** — d'histoire des sciences , . 6,000

7^ Indemnité personnelle de 800 fr. à chacun des professeurs

pour frais de cours 4»8oo

8** Rémunération k l'agent chargé du service de la salle des

cours 3oo

R. — Réserve i,5oo

CHAPimB XIX. — Instruction primaire et Écoles supérieures et professionnelles.

. C'est ici que sont groupés, en neuf sections, les crédits de personnel et de matériel des écoles municipales de Paris.

L'effort fait par les Conseils municipaux — ou plutôt par les majorités républicaines — pour développer l'enseignement primaire a été énorme, aussi la progression des dépenses a-t-elle été très accentuée depuis 1871 et surtout depuis 1878. Les (Conseils municipaux n'ont pas seulement augmenté le nombre des places dans les écoles anciennes; ils ont surtout élevé de claires et superbes écoles neuves dans tous les quartiers et créé d'importants établissements d'enseignement primaire supérieur et d'enseignement professionnel pour les filles comme pour les garçons.

Quelques critiques ont pu, en considérant les sommes ainsi employées, tant pour les dépenses de premier établissement que pour les dépenses annuelles, estimer que les élus avaient consacré de trop gros capitaux à cette expansion de l'enseignement primaire; ils ont pu relever quelques erreurs de détail dans cette œuvre gigantesque. Mais, pour tout observateur de bonne foi, les résultats obtenus sont des plus remarquables et il suffira d'apporter, dans le fonctionnement des écoles primaires et des établissements d'enseignement professionnel, quelques réformes — relativement faciles à réaliser — . pour que l'œuvre scolaire parisienne, à laquelle ont si généreusement participé les Conseils municipaux, porte tous les fruits qu'on est légitimement en droit d'en attendre.

L'enseignement primaire est dirigé, à Paris, par l'un des 8 inspecteurs de l'Académie, en résidence à Paris, délégué à la Préfecture de la Seine et chargé de la direction de l'enseignement primaire de tout le département de la Seine, Paris compris, sous le contrôle du Préfet de la Seine. C'est une fonction qui n'a d'équivalente dans aucun département, excepté celui du Nord.

Les écoles municipales forment, en dehors des deux collèges communaux, quatre groupes bien distincts : les écoles maternelles, les écoles primaires élémentaires, les écoles primaires supérieures et les écoles techniques et professionnelles.

A côté des écoles, soit sous l'administration directe de la

Ville, soit grâce à son appui et à ses libéralités, sont nées diverses œuvres qui s'occupent, comme les caisses des écoles, d'assurer des vêtements convenables et une nourriture saine aux enfants des familles peu aisées, ou, comme les classes de garde, de faciliter aux élèves, dont les parents sont occupés au dehors, la confection des devoirs, ou bien encore, comme les cours du soir et les patronages, qui permettent aux enfants de s'instruire, de développer leurs muscles et leur intelligence après leur sortie de l'école, tout en resserrant les liens de camaraderie formés en classe.

La i'* section du chapitre XIX enregistre les dépenses du service général de l'instruction primaire qui ont été constatées :

En 1878 pour 61,700^ »

En 1888 . 967,74*^ 80

En 1898 2,089,359 53

En 1900 elles sont prévues pour . 2,071,304 »

Voici le détail des articles de cette r* section:

Art. I*'. — Personnel de l'inspection administrative .... 58, 100 fr.

Art. 2. — Inspection médicale des établissements d'enseignement primaire de la Ville de Paris et des écoles privées ; personnel médical 100,800

Ail. 3. — Revaccination des élèves des écoles communales. 4»ooo

Art. 4- — Cantines scolaires 4oo,ooo

Art. 5. — Cantines scolaires (crédit complémentaire). . . . 5oo,ooo -Art. 6. — Elxamens pour divers certificats ou brevets de renseignement* et concours pour l'obtention de bourses dans les écoles supérieures de la Ville . iC,ooo

Art. 7. — Distribution de prix et récompenses. — Livrets de la caisse d'épargne dans les écoles primaires publiques 3oi,ooo

Art. 8. — Distribution annuelle de jouets aux enfants des écoles publiques, à l'occasion de la nouvelle année 20,000

Art. 9. — Prix du i4 juillet 4, 000

Art. 10. — Emploi de libéralités en faveur de l'instruction

primaire 60,904

Art. II. — Indemnités pour classes de garde. — Indemnités

pour remplacement Go6,5oo

La plus forte dépense a trait aux cantines scolaires et au fonctionnement des classes de garde, c'est-à-dire à deux créations relativement récentes du Conseil municipal de Paris.

Les cantines scolaires sont administrées par les Caisses des Écoles, sociétés privées instituées dans chaque arrondissement, auxquelles la Ville donne de larges subventions, mais qui sont indépendantes. Elles ont pour but, à Taide des cotisations individuelles de leurs membres, de secourir les enfants pauvres ou indigents. Le repas de midi est ainsi assuré aux enfants, moyennant o fr. lo c. à o fr. i5 c. par portion (et exceptionnellement de o fr. 20 c), pour les enfants qui peuvent payer, et gratuitement pour les autres. Les caisses des écoles veillent à la bonne qualité des aliments ainsi délivrés. Elles font aussi des distributions périodiques de chaussures et de vêtements aux enfants d'indigents.

Les classes de garde ont été créées a6n que l'élève dont les parents quittent la maison de grand matin pour n'y revenir que tard le soir, ne reste plus à vaguer dans les rues avant et après l'heure de l'école et afin qu'il ait un local convenable, où, sous la surveillance de maîtres et de maîtresses, il puisse faire ses devoirs et apprendre ses leçons. Cette création, instituée au début dans quelques quartiers populaires, s'est généralisée depuis deux ans et toutes les écoles ont des classes de garde.

Outre les livres donnés comme récompenses chaque année aux meilleurs élèves, la Ville de Paris distribue un grand nombre de livrets de caisse d'épargne, payés sur les fonds municipaux ou légués et donnés par les auteurs des libéralités inscrites à l'article lo.

Écoles maternelles. — La 2^ section du chapitre XIX comprend les crédits des Ecoles maternelles: c'est une création qui remonte à 1881, époque à laquelle un décret a sanctionné la transformation des salles d'asile en écoles véritables. Dans les écoles maternelles sont reçus les petits enfants des deux

LES DÉPENSES NORMALES. 63g

sexes de deux à sept ans. Us y reçoivent les premiers principes d'éducation morale et des connaissances sur les objets usuels. Ils y apprennent les premiers éléments de*la lecture, de l'écriture, du calcul et du dessin et des notions de géographie et d'histoire naturelle. On les exerce aussi à exécuter de petits ouvrages manuels. Sur dix heures de présence en hiver et douze en été, le travail régulier ne prend que trois heures trois quarts et ne dure jamais plus de vingt à trente minutes sans être coupé de chants ou de récréations. En i8gg, il y a i44 écoles maternelles, recevant 26,200 enfants sur 35,202 inscrits. Ces écoles sont exclusivement desservies et dirigées par des femmes.

Voici les dépenses prévues pour 1 900 :

Art. 12. — Personnel 2,392,353^ 5o

Art. i3. — Matériel . .• 271,800 »

Art. 14. — Loyers et contributions des bâtiments affectés k des écoles maternelles, frais d'enregistrement, des baux et autres actes 299,000 »

Total 2,968, i53^5o

La dépense de cette 2* section a éié en 1878' de 1,290,003^61.

Écoles primaires. — L'organisation actuelle de renseignement primaire de Paris est l'œuvre de M. Gréard qui fut, de i865 à 1878, chargé de la direction de l'enseignement primaire du département de la Seine, fonction dans laquelle il a rendu d'éminents services et qu'il ne quitta, du reste, que pour devenir vice-recteur de l'Académie de Paris. Le plan d'études qu'il a établi a, depuis, été étendu, par l'arrêté organique du 18 janvier 1887, à toutes les écoles primaires publiques de France.

L'enseignement est divisé en trois cours : cours élémentaire pour les enfants de sept à neuf ans, cours moyen pour ceux

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