II. — Dépenses extraordinaires
Grands travaux :
i» Travaux d'architecture et acquisitions y relatives
2o Travaux des ponts et chaussées
3o Travaux hydrauliques
4'* Élargissement de la voie publique. .... Secours et subventions extraordinaires. — Dé- • penses d'urgence (en i848)
Totaux généraux des dépenses. ,
ii6,8o4 99
Ii,i34,3i8 24
a,ii3,664 84
5o9,6i5,63or34
La progression des dépenses, de i83i à i85o, a été la suivante: la dépense totale moyenne de la Ville de Paris, de i83i à i84o, a été de 44>357,i57 fr. 78 c; elle a été, de i84i à 1800, de 50,961,563 fr. o3 c.
La population, qui, en i83i, était de 780,862 habitants, avait passé à 935,261 habitants en i84i et à 1,053,897 habitants en 1846.
Les dépenses ordinaires qui, en i83i, étaient de 26 millions i48,2o4 fr/ 84 c., furent, en i84o, de 29,509,581 fr. 27 c.
Outre r accroissement successif des services municipaux, nécessité par Paugmentation de la population, deux causes contribuèrent à grossir les dépenses normales : la première fut la reprise par la Ville, en 1887, des écoles dites de charité, auparavant entretenues sur les fonds de l'administration des hospices; la seconde, l'augmentation, en 1889, de l'effectif de la garde municipale. La dépense moyenne du service ordinaire pendant les dix premières années de cette période fut de
Les dépenses extraordinaires s'élevèrent, pendant les dix années de i83i à i84o, à 76,120,028 fr. 77 c, dont 21 millions 453,099 fr. 91 c. pour travaux hydrauliques, 18,814,092 fr. 44 c. * pour agrandissement de la voie publique, 8,828,043 fr. 25 c. pour travaux d'ingénieurs et le reste pour travaux d'architecture.
Cette première moitié de la période que nous examinons fut marquée par une politique financière prudente et économe, mais le Conseil municipal devint moins ménager de ses finances pendant les exercices suivants.
De i84i à i85o, les dépenses ordinaires s'accrurent d'environ 10 p. 100; elles étaient, en i84i, de 80,699,768 fr. 2i c, elles atteignirent, en i85o, 33,883,334 fr. 94 c. La dépense moyenne du service ordinaire, qui, de i83i à i84o, fut de 26,g56,ooo fr., atteignit, de 1841 à i85o, 33,o65,ooo fr.
Les dépenses extraordinaires ont été plus considérables que pendant les dix années précédentes ; si l'on met de côté 9,659,000 fr. de débours dus aux événements de i848, elles furent les suivantes :
Agrandissement de la voie publique .... 3o, 1 32,323 fr.
Travaux d'architecture 4i>43o,ooo
— d'ingénieurs 12,982,000
— hydrauliques . 11,753,529
LES FINANCES DE l' ANCIEN PARIS. - 43
Règlement de comptes avec le Tréspr à propos des charges dnes aux événements de 1848. — Les événements de 1848 occasionnèrent à la Ville de Paris une charge extraordinaire totale de 9,659,385 fr. 69 c., dont voici le détail :
Le sl^jour, chi 24 février au 1 1 mai i848, du gouvernement provisoire k THôtel de Ville (frais de table et de bureau, chevaux, voitures, etc.) a nécessité une dépense de . . 4^)428' 38
Les corps armés établis k l'Hôtel de Ville pendant cette
même période du 24 février au 11 mai 4o4)Oo4 16
La mairie centrale pour permanences, etc 103,171 24
Les mairies d'arrondissements pour permanences, .etc. . . 247,4^9 90
La garde nationale sédentaire 4)04o,o62 32
— mobile et les services militaires 810,917 20
Les secours en argent et en subsistances aux familles nécessiteuses, jusqu'au 23 juin 1848 et après les journées de juin, ainsi que les secours aux blessés des journées de juin i,4i8,88o 79
Les ateliers nationaux, pour travaux exécutés au compte de la Ville . . ' 870,046 09
Les .inhumations des victimes des journées de février et de juin. . 3,962 3o
La réparation des dégâts causés au pavé et aux édifices communaux en février et en juin i,3o2,686 55
Le rétablissement de la perception de l'octroi k certaines barrières dévastées en février et en juin et les frais de postes mili^ires placés près des bureaux de perception. 16,390 95
Les frais de cérémonies publiques et les dons de bienfaisance k l'occasion de la promulgation de la Constitution. 201 ,572 08
Les frais d'élection des représentants k l'Assemblée nationale, du Président de la République, des juges consulaires et du jury i44>586 64
Dépenses diverses 00,217 09
Total 9,659,385^ 69
Sur ce total, le Trésor public n'avait remboursé, en i85o, que 346,109 fr. 74 c; mais il reconnaissait devoir encore à la Ville 2,i4o,4i6 fr. 98 c, dont, pour réparations des dégâts dans les édiflces communaux, 1,291,250 fr. 64 c. et 656,5o4 fr. 07 c. pour frais de table du gouverneur militaire de Paris, des officiers de son état-major, officiers de service^^ etc.
En dehors de cette ^omme de 2, i4o, 416*98
que le Trésor reconnaissait lui devoir, la Ville réclamait k , l'État le remboursement de diverses dépenses faites pour les mêmes événements sur les fonds ordinaires du budget, savoir :
1° Moitié des frais d'organisation et d'entretien par le préfet de police du corps de la garde républicaine
en i848 1,267,443 88
2° Les réparations des bâtiments ou locaux de police . 1 65,46 1 i5 3° La restauration de l'ancienne caserne du faubourg
Saint-Martin, qui avait été entièrement dévastée . i63,5oo 77
Ensemble 3,726,822^78
Cette demande de règlement de comptes ne fut pas admise sans difficultés ; mais, après avis d'une commission de liquidation instituée par le décret du 16 janvier i854 près du ministre de l'intérieur, la Ville fut reconnue créancière d'une somme de 3,666,873 fr. 75 c. qui figure au compte de i853, le versement en ayant été opéré immédiatement.
En dehors de ce règlement de comptés avec l'État, la Ville eut à f^re au département de la Seine une avance de i,5oo,ooo francs pour lui permettre de concourir avec le Gouvernement à la délivrance de secours en argent et en subsistances aux familles nécessiteuses de la banlieue et des environs de Paris. Cette avance fut remboursée plus tard par le département sur son emprunt de 6 millions contracté en 1849.
Enfin, immédiatement après la révolution de février i848, le nouveau maire de Paris, Garnier-Pagès, craignant des retards dans les arrivages des subsistances, passa marché pour 2,819 sacs de farine, que paya le préfet de police au prix de 166,094 fr. 39 c. Mais ces farines, emmagasinées au grenier de réserve, n'ayant pas trouvé leur emploi, elles furent revendues plus tard, par les soins de la préfecture de la Seine, seulement 125,439 fr. 46 c, d'où une perte de 3o,654 fr. gS c. pour la Ville.
Les deux graphiques suivants figurent la progression des