I.ES FINANCES DE l'aNCIEN PARIS
recettes et des dépenses de la Ville de l'an VI à i85i. Ils sont assez explicites et les observations présentées jusqu'à présent suffiront pour les commenter.
S 4. -. LES BUDGETS DE i85i A 1869
Nous arrivons à la Gn de la période administrative de l'ancien Paris et à l'entrée en scène du préfet qui devait attacher son nom à l'extension de la Ville jusqu'à l'enceinte fortifiée et à la transformation d'un grand nombre de vieux quartiers.
Appelé, en i853, par Napoléon III à la tête de l'administration parisienne, le baron Haussmann s'attacha passionnément à réaliser les projets de l'empereur, un peu vagues encore à cette époque, surtout au point de vue financier. ^
Il ne rencontra, dans la municipalité parisienne, aucune opposition et, dès son arrivée à l'Hôtel de Ville, il travailla à préparer les grands travaux qui devaient, dans son opinion, transformer complètement Paris dans le court délai de dix ans.
Pour s'expliquer cette abdication des représentants de la population parisienne à l'Hôtel de Ville, il faut savoir quel était alors le régime sous lequel était placée la municipalité.
Par un décret du 3 juillet i848, le Gouvernement provisoire avait décidé la création dans la Seine d'une commission provisoire municipale et départementale faisant, pour Paris, fonction de conseil municipal.
M. Dufaure, ministre de l'intérieur, dans un rapport au Président de la RépubHque, s'éleva contre la confusion qui faisait gérer par les mêmes personnes les intérêts municipaux de la capitale et les intérêts du département, qui pouvaient, dansi certains cas, être opposés. Un décret-loi des 8/16 septembre 1849 iï^stitua une commission provisoire départementale de la Seine composée de trente-six membres pris dans la Ville de Paris et de huit membres pris dans les arrondissements de
Saint-Denis et de Sceaux. Les membres pris dans la Ville de Paris tinrent . lieu de Conseil municipal. Cette commission provisoire dura jusqu'à la chute du second Empire, le 4 septembre 1870. Après 1860, le nombre des membres de la commission fut porté de trente-six à soixante; mais ils furent toujours nommés par Napoléon, devenu empereur.
On comprend qu'une municipalité fonctionnant dans ces conditions n'ait été qu'une chambre d'enregistrement des projets du Gouvernement.
Les dépenses qualifiées à^ ordinaires aux budgets de i85i à 1859 varient entre 89 et 58 millions; mais le service extraordinaire s'accroît dans une proportion bien plus considérable, passant de 7,922,991 fr. o3 c. en i85i à 29,268,654 fr. 46 c. en 1859. Les dépenses sur fonds spéciaux n'absorbent pas moins d'une trentaine de millions par an, de i852 à 1857.
Nf^us assistons véritablement au début de l'ère des grands travaux qui va de i852 à 1880.
Les deux tableaux ci-après donnent, cT après les comptes de chaque exercice, le résumé général des recettes effectuées et des dépenses payées au cours des neuf années de i85i à 1859 et non le résumé des opérations constatées. L'écart, si l'on considère la période, est négligeable.
En adoptant cette base solide de comparaison, nous avons essayé de dégager, plus fidèlement qu'en reproduisant les totaux généraux donnés pour chaque exercice, les expédients que la Ville fut, petit à petit, obligée d'employer pour exécuter les plans gigantesques d'Haussmann. Ce mode de compte permet encore de mieux établir quelle a été, à la fin de l'exercice 1859, qui termine la vie financière du Paris ancien, la situation exacte de la caisse municipale.
Tableaux.
LES FINANCES DE L ANCIEN PARIS
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