‹ Les finances de la ville de Paris de 1798 à 1900Chapitre 22 sur 212 · iHl · texte numérisé non relu

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Il n'y a rien à dire des recettes du service ordinaire, sinon que la prospérité matérielle générale de cette époque accentua la progression des ressources normales de la Ville, progression encore accélérée par les grands travaux.

La principale source des revenus ordinaires continue à être l'octroi; en dépit de l'abaissement du tarif correspondant à l'abandon par le Trésor de son prélèvement de lo p. loo, l'octroi qui, en i85o, avait fourni à lui seul 87,257,000 fr., rapporta :

En i855 4i»875,365 fr.

En 1859 54,089,740

Un décret du i*' avril i854 avait relevé divers droits et taxé les fers et les fontes employés dans les constructions.

En i855, la Ville tira de nouvelles recettes d'un traité passé avec la Compagnie générale des omnibus et des droits à payer par les voitures de place.

L'accroissement des dépenses ordinaires n'offre donc rien de remarquable ou d'anormal.

Mais, à côté du budget ordinaire, on a institué un budget extraordinaire, d'une importance démesurée, alimenté par les fonds d'emprunt, les subventions du Trésor, le produit de reventes d'immeubles et servant à exécuter de grands travaux de voirie, préludes de ceux projetés après l'annexion.

Le total des dépenses payées, de i85i à 1809, sur ces fonds spéciaux est, en chiffres ronds, de 222,200,000 fr.

La Ville de Paris avait été autorisée, par une loi du i" août 1847, ^ emprunter 25 millions de francs pour la construction des Halles centrales, de mairies et d'écoles, l'exécution de travaux d'égouts, de canalisations d'eau et d'opérations de voirie. Les événements de i848 firent ajourner la réalisation de cet emprunt qui, mis en adjudication en avril 1849, ^^^ remboursé du i" avril i853 au i*' avril 1869.

En 1802, la construction des Halles sur les nouveaux plans de Baltard fut à nouveau examinée — les fonds de l'emprunt

de 1847, réalisé en 1849, i^'^yanl pas reçu leur destination prévue — et un emprunt de 5o millions fut affecté à ces travaux des Halles, à l'ouverture de la rue de Rivoli jusqu'à la rue Saint^Antoine, au dégagement des abords du Louvre et à l'abaissement du pont Notre-Dame.

Le remboursement de cet emprunt a été complet en 1870.

Enfin, une loi du 2 mai i855 autorisa la Ville à émettre le nombre d'obligations nécessaire pour produire une somme de 60 millions qui devait être remboursable en quarante années. Cet emprunt devait être consacré à payer l'achèvement de la rue de Rivoli, du boulevard du Centre (boulevard Sébastopol) et des opérations qui s'y rattachent, à celles du dégagement de l'Hôtel de Ville, de la caserne Napoléon et enfin à l'ouverlure d'une avenue entre les places de l'Hôtel-de-Ville et du Châtelet (avenue Victoria).

La participation de l'État aux dépenses des grands travaux. — Une partie importante de ces travaux, entrepris sous l'inspiration du souverain, entraînait des dépenses qu'il eût été inique de laisser à la charge exclusive de la Ville.

Un traité intervhit entre l'État et la Ville, sanctionné par la loi du 28 mars i858, qui évaluait à 180 milHons la dépense nette à faire par la Ville pour ouvrir, dans l'espace de dix années, un certain nombre de grandes voies et qui mettait à la charge de l'Elat, pour sa part dans ces opérations, 5o millions à verser en quatorze annuités.

On verra, dans le chapitre suivant, combien ces prévisions furent au-dessous de la réalité. Divers traités analogues furent également passés avec l'État, qui tantôt prenait le tiers, tantôt la moitié, tantôt les deux tiers de la dépense.

La Commission qui tenait heu du Conseil municipal de Paris enregistrait placidement les décisions du Préfet et, sans pouvoir mesurer où cette fièvre de grands travaux risquait de conduire les finances communales, acceptait les plans gigantesques qui devaient bouleverser Paris pendant vingt ans.

LES FINANCES DE l'aNCIEN PARIS. 5l

Le budget normal semblait ne plus exister, sinon pour doter à longue échéance les emprunts nécessités par les grands travaux.

Le compte particulier des opérations extraordinaires exécutées sur fonds spéciaux se résumait ainsi à la fin de iSSg (compte de i85g, p. 76 à 7g):

RECETTES

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