‹ Les finances de la ville de Paris de 1798 à 1900Chapitre 38 sur 212 · III. — Travaux faits ou a faire dans un bref délai · texte numérisé non relu

III. — Travaux faits ou a faire dans un bref délai

Travaux exécutés, à payer en 1870, 1871 et 1872. . . a9,272,456fr.

Travaux k continuer ou k faire immédiatement (Hôtel- Dieu, églises, mairies, collèges, écoles, presbytères, etc., complément de la dérivation de la Dhuis, dérivation des eaux de la Vanne, travaux de pavage, hôpital de Ménilmontant, etc.) 99,308,767

Total des travaux faits ou k faire. .... 128,68 1,21 3 fr.

Récapitulation :

Dette municipale proprement dite . 1, 198,054,015 fr. Passif de la caisse des travaux. . . i49,i63,854 Travaux faits ou k faire i28,58i,2i3

Total de la dette . . . , 1,470,799,082 fr.

Pour mémoire *. — Frais d'établissement d'un entrepôt réel des boissons k Bercy.

Ce relevé du passif de la Ville au 3i mars 1870, publié avant la guerre par radminisiralion parisienne, n'est pas tout à fait exact pour les motifs suivants :

On y compte d'abord comme remboursables pour la même somme les 215,776,195 fr. formant la partie de l'emprunt de 1869 à émettre, alors que, pour tenir compte de l'écart proportionnel à l'émission faite, au lieu de 215,775,195 fr., on eût dû porter, dans la colonne des sommes restant à rembourser en capital et primes, 268,700,000 fr.

La seconde observation est que les évaluations des travaux

I. Voir, pour la caisse de la boulangerie, la notice en appendice.

a. L'entrepôt devait être exploité par une compagnie qui eût payé l'intérêt des capitaux engagés par la Ville.

LES FINANCES DU PARIS ACTUEL. 8l

à continuer étaient manifestement minorées. 11 fallait plus de 45 millions pour les dérivations seulement, et l'Hôtel-Dieu et rhôpital de Ménilinontant (Tenon) absorbèrent, après 1870, plus de 4o millions. On pourrait relever des écarts analogues pour les collèges RoUin et Chaptal. Enfin, l'établissement de l'entrepôt de Bercy, indiqué pour mémoire^ a absorbé plus de 60 millions et, avant 1871, la Ville avait acheté ferme ou à terme pour environ 20 millions d'immeubles en vue de cette opération.

Il est facile de voir, par ces exemples, combien peu sincères étaient, même après les avertissements de 1869, les chiffres produits par les documents ofB ciels en matière de devis de grands travaux. La Ville souffrit encore après l'Empire, de cette fâcheuse coutume qui, dans les grandes opérations de voirie ou d'architecture, lui valut plus d'un mécompte.

A ce point de vue, depuis quelques années déjà, les habitudes administratives ont été fort avantageusement modifiées.

La situation de Paris en 1871. — Dans l'histoire des Gnances de Paris, la période qui va de 1871 à 1874 doit être considérée, au point de vue du développement des charges communales, comme anormale et transitoire. Nous l'étudicrons donc séparément, en nous efforçant de montrer dans leur milieu les mesures prises pour effacer aussi promptement que possible les traces visibles de la guerre et du deuxième siège de Paris, pour rétablir le crédit de la Ville et réorganiser ses services.

Budget de 1870-1871. — Les opérations budgétaires de 187 1 furent violemment interrompues par l'insurrection de la Commune.

Pour se rendre compte de la partie des opérations du

1*' janvier au 18 mars, nous avons établi un résumé général des opérations de la période 1870-1871 et des exercices antérieurs qui nous a permis de déterminer la situation administrative et la situation de caisse à cette date du 18 mars 1871.

Receltes de Tex. 1870 et de partie de 187 1. .

— 1869 et de» ex. antérieurs.

Total des recettes

Dépenses de Tex. 1870 et de partie de 1871 .

— 1869 et des ex. antérieurs.

Total des dépenses

Report des recettes

Excédent budgétaire

CONSTATATIONS d'ftpris

LK COMPTX.

RECOUYUK- MENTS

KT PAIBMBIITS.

RESTES i

A RECOUTKKR :

et reste» à pfty^r. i

499,673, i86f 45 7,oto,786 i3

5o6,673.97af">8

534,375,oo3f7a 31,107,199 65

5i6,i93,i84f86 3o,558,64i ao

565,^8a,ao3f37 567,95^,040 42

4a,549,69of53

Déflcit de caisse

Excédent des restes à recouvrer sur les restes à payer . . .

Total égal à Texcédent

budgétaire. . .

837fo5

D'après ce qui précède, le montant des dépenses payées dépasse donc \e chiïÏTe à(i9, recettes encaissées àei 4o>077353^48

Mais comme l'exercice 1869 avait laissé un excédent

de caisse de 26,107,096^15

provenant de l'emprunt et comme, d'autre part, les services hors budget présentaient au 18 mars 1871 un solde créditeur de 82,282,641^66

ce qui créait une encaisse de ..... 58,439,787^81 58,489,787^81

la caisse municipale possédait au 18 mars 1871 18, 861, 884 ^33

représentés comme suit :

Numéraire et billets de banque, 1,700,000^ »

Fonds déposés à la Banque de France 9,401,879 33

Effets publics provenant de cautionnements . . i,i6o,oo5 »

Fonds placés au Trésor en compte courant. . . 6,100,000 »

Total ÉGAL i8,36i,884^'3

Il ne nous a pas été possible de reconstituer les dépenses faites par la Commune. Il est douteux que les documents aient échappé à l'incendie de THôtel de Ville.

Les billets de banque et le numéraire furent, pense-t-on, saisis par les membres du Gouvernement insurrectionnel. Les titres des cautionnements ont été détruits dans l'incendie de FHôtel de Ville; ils furent rétablis dans la caisse municipale au moyen de fonds de l'emprunt 1871.

Les fonds placés au Trésor ont été restitués après le mois de juin 1871 et Ggurent en recette au compte.

Quant aux fonds déposés à la Banque, les délégués aux finances* de la Commune en exigèrent la remise et les employèrent intégralement surtout au paiement de la solde des gardes nationaux fédérés et aux frais de guerre contre l'armée du Gouvernement régulier de Versailles. Une loi du Il août 1876 fit rentrer sur ce dépôt 1,700,000 fr. dans les caisses de la Ville*.

Paris, plus qu'aucune autre ville de France, ressentit pro- , fondement le contre-coup des désastres accumulés au cours de 1870 et de 187 1.

Après les misères du siège et du bombardement, les souffrances d'un hiver terrible et les privations de travail, de nourriture et de combustible, toutes choses supportées par la population avec une abnégation si patriotique, la reprise de Paris par l'armée française et la répression de la Commune semèrent la capitale de ruines qui semblaient, au reste du monde, presque irréparables.

L'incendie avait anéanti beaucoup de maisons, détruit l'Hôtel de Ville et un certain nombre de monuments. La presque totalité des titres de la Ville et des archives municipales avait été brûlée; on en était réduit à baser sur la mémoire des employés certaines parties des services de la dette, et la caisse ne savait pas exactement quelles sommes restaient à recouvrer sur les souscriptions de l'emprunt de 1869.

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