‹ Les finances de la ville de Paris de 1798 à 1900Chapitre 48 sur 212 · iHj CI · texte numérisé non relu

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Quand on passe en revue l'œuvre accomplie par la munîcîpalité au cours de celte période, quand on songe en même temps à l'état de trouble politique de l'époque, on ne peut se défendre d'un sentiment de gratitude pour les élus de 1871 et pour les divers fonctionnaires qui réussirent si complètement à vaincre tant de difficultés accumulées et à remettre le crédit de la Ville de Paris hors de pair après les effroyables convulsions qu'elle venait de traverser.

Et l'on peut dire que c'est avec justice que, dans la dernière séance de cette laborieuse législature, le 27 novembre 1874, M. Vautrain a félicité en ces termes le Conseil qu'il présida :

Le Conseil est arrivé k l'expiration de son mandat et dans quelques instants votre session va être close. L'appréciation de vos œuvres appartient tout entière k l'opinion publique. Je n'ai pas la pensée d'en retracer le tableau ; ce serait un long et intéressant travail ; mais je puis dire que jamais le Conseil municipal ne s'est trouvé en présence de difficultés plus grandes ni d'un labeur plus excessif. Vous aviez k rétablir l'ordre dans les finances, k pourvoir k tous les services et k assurer leur fonctionnement régulier. Vous aviez, en présence de la dette énorme laissée par l'administration antérieure, et qui, pour le service des intérêts et de l'amortissement, absorbait la moitié des recettes inscrites au budget, k maintenir le crédit de la Ville. Avec un courage, qui vous fait honneur, vous avez voté tous les impôts nécessaires pour arriver k ce résultat et pour obtenir l'équilibre du budget, ce qui ne s'était vu depuis de longues années. Avant même qu'il ne fût question de la reprise des travaux, vous y avez puissamment contribué, par une mesure qui a passé presque inaperçue, et qui cependant a produit les plus heureux résultats. Mus par un noble sentiment d'humanité, alors qu'aucun lien de droit ne pouvait vous y contraindre', vous avez, avec les i^o millions que l'État vous restituait sur la contribution payée par Paris au nom de la France entière, lors de l'armistice, volontairement accordé 70 millions aux victimes des incendies de la Commune. Vous avez voulu indemniser ceux (|ui avaient souffert de ces actes odieux et effacer par des constructions nouvelles^ l'aspect désolant de ces ruines. Pour l'instruction primaire, vous vous êtes montrés d'une libéralité jusqu'alors inconnue et vous votiez 18 millions pour la construction de nouvelles écoles. Vous avez, dans la délibération du nombre immense d'affaires qui vous ont été soumises, apporté l'étude la plus attentive et l'esprit d'ordre et d'économie

I. Le Conseil avait décide l'allocation d'indemnités aux victimes des évcncmeots de 1870-1871 avant que l'État eût consenti h lui allouer i4o millions. (Note de l'Auteur.) 3. Dont l'Hôlcl de Ville et ses annexes. (Note de l'Auteur,)

le plus scrupuleux, et j'espère qu'un jour, les esprits justes et impartiaux, écartant quelques points de discussion sur lesquels vous avez été divisés, diront que le Conseil municipal élu par la Ville de Paris en 187 1 a' répondu, dans Tensemble de ses travaux, à la mission si importante qui lui avait été confiée.

Les signes de prospérité économique de la Ville se manifestent dans les diverses plus-values des recettes de 1870, mais principalement par le rendement de Toctroi. Sur un total de 118 millions de recettes, 95 millions proviennent des tarifs antérieurs à 187 1 et 28 millions peuvent être attribués aux taxes nouvelles établies depuis la guerre ; mais, sur ce dernier chiffre, 4,56 1,000 fr., sont imputables à la transformation des droits ad valorem ou de mesurage en taxes d'octroi, ce qui réduit à i8,5oo,ooo fr.* la part des taxes établies après 1871 dans ce produit de 118 millions.

Par rapport à 1874, l'augmentation des produits de l'octroi fut de 20,5oo,ooo fr., sur lesquels 9 millions tout au plus sont imputables aux changements de tarifs dont 1875 a profité. Il restait donc de ii,5oo,ooo fr. à 12 millions dus au développement de la consommation, notamment de la consommation alimentaire.

Le ga^, dont les bénéfices se partageaient avec la Ville, donnia une plus-value de 2 millions.

On était loin des déficits des exercices précédents.

Les résultats du dernier budget voté par le premier Conseil municipal élu sous le nouveau régime témoignent d'un relèvement sérieux des finances : les déficits antérieurs étaient à peu près liquidés, l'équilibre des budgets rétabli normalement, le crédit de la Ville entièrement restauré.

En moins de quatre ans, les blessures de 1870-1 871 avaient été pansées et cicatrisées et la Ville de Paris, — bien que décapitée encore comme capitale politique, puisque le Parlement continuait à siéger à Versailles, — avait repris sa marche ascendante.

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