J. BARTHÉLÉMY
Chaque jour des échos nous viennent de la situation critique des états dits « totalitaires ». Chaque jour on nous annonce leur chute prochaine, due à leur impécuniosité et à leur épuisement économique.
Mais en même temps, de ces mêmes pays, nous parviennent les nouvelles, des merveilles industrielles qui y sont réalisées, de rendements multipliés, de la construction d’usines colossales… etc. etc.
Mais alors où est la vérité ? La situation de ces pays est-elle si critique qu’on le dit, est-elle si brillante qu’ils nous l’annoncent ?
La plus grande imprécision règne dans ce domaine.
Les uns étalent des difficultés rencontrées par les Etats à régime dictatorial, et ceux-ci ne montrent que le côté enviable de leur situation, entourant d’une ombre propice tout ce qui est susceptible de porter atteinte à leur prestige ou de permettre la discussion des résultats qu’ils ont obtenus.
Bref, il nous a paru intéressant, avec le peu de ren-
ACT DIT eNUE
seignement, que nous pouvions obtenir concernant les pays totalitaires (quelque peu discrets !) d’étudier leur situation financière et, en même temps, leur situation économique. Celle-ci conditionnant celle-là, et réciproquement. MR CCE sin,
Pour chaque cas, une question préalable se posait : «Les pays dits totalitaäires sont pauvres, la question se pose précisément de savoir s’ils ne sont pas devenus totalitaires parce qu’ils étaient pauvres, M. Mussolini disait autrefois ». Le libéralisme est un luxe des périodes
de prospérité.
« Ce serait donc la misère qui aurait conduit au sacri-
fice du libéralisme. Le problème final à résoudre est de savoir si la dictature diminue la misère et la difficulté financière ou si, au contraire, elle les aggrave (1) ».
Il nous fallait donc pour chacun des cas examinés donner un aperçu de la situation du pays étudié à l’arrivée du régime nouveau, qui devait bouleverser ses conditions de vie. Cette situation originaire une fois connue, nous nous sommes efforcés de dégager la ligne de conduite qui a inspiré les nouveaux dirigeants, nous nous sommes ensuite essayés à déceler les résultats qu'ils ont finalement obtenus.
Peut-être ne sommes-nous pas arrivés à des conclusions très nettes, ou peut-être paraîtront-elles à un certain point de vue ou trop brutales ou trop tranchantes, c’est que comme l'écrit le Professeur Barthélémy, « L’option s’offre toujours entre le mal et le pire. Et quand on a obtenu un résultat, il y a toujours lieu de considérer le prix auquel on le paie». Or le résultat et le
prix avec lequel il a été payé n’apparaissent pas toujours
(1) J. Barthélémy, « Esprit international », janvier 1938,
le