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DOMAINE FINANCIER

1° Budget. — Nous avons vu quel relèvement avait subi le budget du Reich. Dire qu’il est en équilibre ou non serait dénué de sens : car que signifie un budget en équilibre ou même en excédent si, à côté de lui, et pour le suppléer, figure un appel constant au crédit, ce qui n’est autre chose que la manifestation d’un défcit permanent.

Déficit nécessaire, inéluctable et sage, dans les circonstances présentes.

Comment est établi le budget ? Il ne saurait être question de parler de son vote. Il est tout simplement établi par les services de chaque ministère, et adopté en conseil des ministres. Depuis quelques années, il n’est même plus adopté en bloc, les services présentent les divers chapitres qu’ils ont étudiés, et c’est au fur et à mesure que ces chapitres sont présentés au conseil, et qu’ils sont adoptés.

Sous la République de Weimar, chaque ministre, le budget une fois voté, disposait des ressources accordées à son département, le dixième, cependant, du chapitre « dépenses-matériel >» nécessitant l’autorisation du Ministre des Finances pour son engagement. Le but était d’assurer l’équilibre budgétaire par la possibilité de freiner efficacement les dépenses, en cours d’année. Cette sage mesure a été conservée et le Ministre des Finan-

ces jouit actullement de la même prérogative qu’il avait autrefois.

Le contrôle de la cour des comptes — auquel bien des dépenses sont soustraites — est d’ordre platonique, les ministres se donnant eux-mêmes quitus en conseil.

2° Situation monétaire. — L’encaisse métallique était en 1932 de 974,6 millions de R. M. fin 1933 elle était tombée à 375,6 ; en 1935 le stock était :

Orne 94 millions de KR. M.

Devises .... 5 millions de KR. M.

en juillet 1937, le stock avait encore baissé :

OPA 69 millions de KR. M.

Devises .... 6 millions de KR. M.

au 15 janvier 1938, le bilan s’établissait ainsi :

Or: eat 50 millions de R.M.

Devises .... 6 millions de R.M.

De plus en plus, l’encaisse or de la Reichsbank tend à diminuer, malgré les efforts pour empêcher les devises de sortir. La circulation monétaire, grâce aux autres moyens employés demeurait assez stable et ne s’élevait que légèrement.

Si nous comparons la situation de l’encaisse métallique de la circulation, de juillet 1914 au 15 janvier 1938, la situation devient incompréhensible : en quoi la monnaie a-t-elle encore un sens ? (Millions de R. M.) :

1914 encaise or 1357 — devises 19 — circulation 3473 1938 — 50— — 6 — — 4857

‘hgiios LV ES RO

Le gage or n’existant plus, contre quoi échangera-t-on les marks allemands à l'étranger ? Qui voudra accepter en paiement des marks allemands qui n’ont aucune couverture métallique, et qui, par conséquent, ont une valeur d'échange limitée au pays qui les émet ? Personne. Aussi le Reich pour éviter le refus de sa monnaie et la réalisation de sa dépréciation, ne laisse-t-il sortir que la plus petite quantité possible de marks. De sorte que le mark, devenant rare sur le marché étranger, et étant nécessaire pour l’importation des marchandises allemandes, voit son cours basé bien plus sur la loi de l'offre et de la demande, que sur celle de l’or, d’où le maintien artificiel de son cours par une compression des sorties de devises allemandes.

De plus, le cours du mark étant basé sur l'utilité qu’il offre pour son acheteur, possède un cours variable selon les paiements qu’il permet d’effectuer.

Ainsi, en décembre 1937, d’après « l’observation économique » le change, était le suivant pour les diverses catégories de marks.

Evaluations en Francs

MAT RS OR HCIO LE D one ae rues ri tr 12,07 à 12,01 MAT RD e PER r NS 6,10 à 6,15 ROPESÉC MAD NE 0 ere eee emertree 722 a027,25 Krediispecmark rues 1,91 à 1,94 PARLERA LME Nr ee des ee e 1,77 à 1,80 ÉDRAPRTEQUPAST Ze ne demo se qe ose see 1,80 > La

Et à l’intérieur même de l'Allemagne, le mark a-t-il conservé son pouvoir d'achat ? Nous n’examinons cette question que dans la section suivante, mais déjà nous pouvons affirmer que le mark a conservé un pouvoir d'achat sensiblement stable depuis l’arrivée du Chancelier Hitler à la tête du IIT° Reich.

Avec cette situation monétaire, l'Allemagne doit donc être très sobre dans ses achats à l’extérieur, faute de devises pour les effectuer. Elle doit veiller, de plus, à ce que les importations clandestines ne fassent pas sortir de devises, sous peine de l’effondrement du mark.

Depuis quelque temps, une question a été soulevée : la balance commerciale -et la balance des comptes de

l’Allemagne étant créditrices depuis 1934, comment se

fait-il que l’encaisse métallique ne cesse de décroître ? — La cause n’en serait-elle pas dans la constitution d’un trésor de guerre occulte ?

La presse anglaise se basant sur les statistiques d’importations et d’exportations évalue à 5 ou 600 millions R. M. le montant de ces réserves occultes, d’autres vont jusqu’à 800 millions. L'Allemagne répond que s’il existe un solde créditeur au chapitre de son commerce extérieur, il est bien naturel qu’elle en fasse la conversion en or et qu’elle le fasse rentrer.

Nous avons vu, par ailleurs, que les devises provenant du commerce extérieur n'étaient pas versées aux réserves de la Reïichsbank, et ne figuraient pas dans ses bilans, aussi est-il bien difficile de se faire une opinion décisive sur le montant de cette réserve métallique. D’après les résultats du 1” semestre 1937, le commerce extérieur aurait fait entrer en Allemagne 70 millions de R. M. — ce à quoi le gouvernement national-socialiste objecte que le commerce allemand étant basé sur le clearing, il est matériellement impossible d’opérer de tels transferts (1).

Quoi qu’il en soit, une réserve d’or et de devises existe en dehors de celle qui apparaît dans le bilan officiel

(1) Nous avons déjà traité de la question en parlant du clearing.

de la Reïichsbank, sa valeur est discutable maïs ne saurait, en tout cas, qu'être fort réduite, et son montant n’est que fort peu de chose en comparaison de la dette existante et des besoins de devises qu’une guerre éventuelle pourrait exiger.

3° Attitude de l'Allemagne vis-à-vis de la dévaluation. — Nous avons déjà eu l’occasion de faire allusion à cette question. A l'heure où toutes les devises, anglosaxonnes ou faisant partie de l’ancien « bloc-or », ont dû abandonner leur position, le mark allemand officiellement est demeuré stable, identique à lui-même. On n’a cependant pas manqué de parler des fallacieux avantages que présenterait une chute de la devise au point de vue commercial. Car la dévaluation des monnaies saines a ajouté au nombre important des concurrents que le Reich rencontre sur les marchés étrangers. Mais les conseils touchant à une révision de la parité de la devise allemande n’ont pas été suivis, l'Allemagne demeurant attachée plus que jamais à cette « trilogie » :

Stabilité du change ; Stabilité des salaires ; Stabilité du coût de la vie.

Ebranler l’une de ses parties, provoquerait l’écroulement de l’ensemble, et ce serait la fin de l’expérience en voie de réalisation (2).

Car les avantages qui seraient offerts à l’exportation

(2) Dr Schacht : «La conduite la plus favorable pour nous sera, au lieu de croire, par exemple, que nous éviterons des difficultés aigües par une dévaluation de considérer d’abord, en hommes politiques réalistes, les questions intérieures, c’est-à-dire avant tout d’organiser la politique financière et économique en la fondant sur une monnaie qui puisse un jour fonctionner sans les béquilles bureaucratiques aujourd’hui indispensables »,

seraient perdus du côté des importations. Les matières premières sont en hausse considérable, surtout celles dont l’Allemagne a le plus besoin, par contre les produits manufacturés n’ont pas suivi la courbe ascendante avec la même rapidité et un décalage sérieux existe entre les prix des deux catégories de produits.

Or l’Allemagne devrait payer plus cher ses importations (3) qui pour la majorité sont des matières premières, et d’autre part elle exporterait à des prix inchangés les produits qu’elle fabrique, le désavantage est flagrant, il lui faudrait exporter le peu d’or qui lui reste, pour finalement revenir au système qui est actuellement pratiqué.

D'ailleurs ses exportations vers l’ancien bloc or sont une proportion asez réduite (30 % du total) alors que ses importations viennent de pays à monnaie déjà stabilisée. x

Et puis sa politique de dumping — ou de moyens analogues et d'accords avantageux de clearing — lui donne les mêmes facilités avec moins de risques (4).

Ajoutons qu'avec une dévaluation les intérêts à payer à l’extérieur augmenterait : sur 1,5 milliards de R. M. encore bloqués, 1025 sont en Angleterre et 0,490 en Suisse et Hollande — nouveaux pays dévaluateurs. De plus le Gouvernement du Reich ne gagnerait rien à la réévaluation de l’encaisse or de la Reichsbank qui est presque nulle.

(3) D’après Le Temps du 2 février 1938 : La hausse des prix mondiaux s’établirait en moyenne à 8 % — la hausse de la valeur des produits d’exportation allemande de 4,4 %.

(4) On pourraït tenir pour un résultat d’ordre financier la mesure politique qui a été prise le 30 janvier 1937 par le Chancelier du Reich, de libérer la Reichsbank de la tutelle de la banque des règlements internationaux — et celle du 10 février 1937 qui place directement son directoire sous l’autorité et le contrôle du Führer,

SECTION B

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