‹ Les Finances des États TotalitairesChapitre 38 sur 58 · RÉSULTATS · texte numérisé non relu

RÉSULTATS

intensive d’un réarmement qui ne laisse rien présager de bon.

Enfin, c’est la guerre d’Ethiopie, ce sont les difficultés diplomatiques et économiques qui ne cessent de grandir, les lourds déficits de la balance commerciale provoquent des sorties d’or qui s'ajoutent à la fuite des capitaux.

Prise entre les sanctions et la perte de son encaisse métallique, l'Italie décide de se murer derrière ses frontières, décrétant le contrôle des changes et se vouant à une politique autarcique.

Mal faite pour une telle politique économique, pauvre en ressources, pauvre en Capitaux, malgré de dures privations, l'Italie voit son encaisse diminuer de jour en jour (1) et sa dette monter de plus en plus. Et c’est le problème de la subsistance qui finit par se poser sous un jour assez triste et assez obscur : l’autarcie se révélant trop chère et impossible, et les devises, insuffisantes, ne permettant plus une importation qui s’avère ruineuse.

Du point de vue économique ce cumul de la dévaluation et de l’autarcie a eu des effets assez néfastes, provoquant la hausse des prix et la hausse des salaires (2), ajoutant l'instabilité et l’insécurité à une situation déjà assez grave, par elle-même, sans ce nouvel apport. De ce fait, les exportations sont compromises, et rendent plus aléatoire leur contrepartie : les importations. La population doit réduire son train de vie, de plus en plus, tout en s’épuisant dans une œuvre d’un faible rendement, et dont la réussite apparaît comme bien improbable.

De grandes choses cependant ont été réalisées.

L'agriculture jusque-là assez pauvre s’est développée,

(1) Déficit de la balance commerciale pour 1937 : 5 milliards. (2) Les prix ont augmenté de 50 % et les salaires de 20 %.

son rendement s’est amélioré, sa technique modernisée. Des terres, jusque-là incultes, ont été mises en culture, des milliers de paysans ont retrouvé un peu d’aisance sur des marais asséchés ou des côteaux déboisés. L’italien peut maintenant vivre de pain italien.

L'industrie s’est notablement développée en dépit des conditions géologiques défavorables et certaines de ses branches ont pris une importance mondiale, comme la fabrication de la soie artificielle. Malgré tout, faute de houille, faute de minerai, elle demeure fort handicapée et dans un grave état d’infériorité par rapport à celle des autres grandes nations. L’électricité ne pouvant lui être substituée toujours.

L’effort intensif fourni pour développer son armée et son armement, ainsi que les résultats obtenus en cette matière lui ont donné un grand prestige dont l'Ethiopie a été la première à faire les frais.

On attendait beaucoup du nouvel émpire et surtout de la nouvelle conquête. Depuis il a fallu sinon cesser d'espérer, du moins espérer dans un avenir plus lointain les promesses entrevues.‘ D'ici là il faut financer l’entreprise, et ce qui devait être une aide s’avère, pour le moment, plus une charge qu’un soulagement. Et la question se pose de savoir si l’Italie pourra tenir jusqu’au bout, si ses efforts (3) ne seront pas compromis par la multiplicité des théâtres où ils sont appelés à s’appliquer, et si la charge de rupture ne sera pas bientôt atteinte. È

Il y a encore les «impondérables» dont aimait à parler Monsieur de Bismarck.

(3) Son intervention en Espagne, et son action en Ethiopie, lui coûteraient environ 500 millions de lires chaque mois, d’après les

journaux anglais. En outre elle aurait déjà avancé 3,5 milliards au général Franco, :

RÉSULTATS 117 Leur jeu inattendu à permis le renversement de bien “des situations aux heures les plus critiques : l'Italie serat-elle sauvée par eux?

Quel sera le prix dont il faudra payer leur intervention ? Qui v vivra verra.

' : S re Sal LC RS ‘ RE RC È x x : ne RE à

ES RL né TS

D ge. 1) 7 mis dis) jun

Page 1