‹ Les finances du CanadaChapitre 4 sur 4 · M. CARTWRIGHT · texte numérisé non relu

M. CARTWRIGHT

rien de tel.

Je n'ai dit

M. TILLEY : J'ai cru l'entendre dire que le revenu était de $2,900,000, et que les recettes, avec le tarif, seraient de $1,900,000, ce qui constituerait une perte de $1,000,000.

M. CARTWRIGHT : Je vais répéter à l'honorable monsieur ce que j'ai dit et ce que, je crois, il a dû comprendre. Je tenais entre mes mains les relevés publics dont je faisais des extraits, Je lui ai démontré, ce qu'il doit savoir, — et il est parfaitement absurde pour lui de feindre l'ignorance,— que le sucre nous avait donné un revenu de $2,500,000, et que par les taxes qu'il propose il en coûtera $2,920,000 au pays si le sucre est importé dans la même quantité et d'après la même valeur qu'aujourd'hui ; mais que si, comme c'est probable, le sucre est fabriqué dans le pays, le revenu total sera de $1,- 900,000 ou à peu près.

M. TILLEY : J'ai compris qu'il disait revenu ; mais cela vient à l'appui de ma thèse et me permet d'établir mon assertion qui est directement le contraire.

Je pense avoir démontré quel sera, avec ce tarif, le résultat de l'année prochaine comparé à celui de l'année dernière. L'année dernière nous avons importé 105,240,000 lbs. de sucre. Je suppose que cette année toute la matière première sera im portée pour être raffinée ici.

Il existe une autre considération au sujet du commerce avec l'Angleterre et les Etats-Unis. Sous l'opération de la loi que nous demandons au parlement d'approuver, il ne nous viendra des Etats-Unis que peu de sucre raffiné mais nous en aurons d'Angleterre des importations considérables.

[M. Tilley s'étend ensuite sur d'autres points de la question des sucres et démontre que $8,633,644 ont été payéés l'année dernière sur le sucre importé et consommé, contre $8,293, 000 pour l'année prochaine, — soit une différence de $340,000 en faveur du consommateur, indépendamment des avantages que le pays en retirera et de l'emploi qui sera fourni au peuple et aux navires canadiens. Puis M. Tilley donne communication des statistiques suivantes des importations de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis pendant l'année 1878, et de l'augmentation de droits qu'il propose.]

Instruments aratoires, de la Grande-Bretagne, $9,592; des Etats-Unis, $132,053; augmentation, 7J pour cent.

Animaux, de la Grande-Bretagne, $3,084; des Etats-Unis, $338,015; augmentation, 10 pour cent.

Céréales, de la Grande-Bretagne, $21,884 ; des Etats-Unis, $13,350,777 ; augmentation, 15 pour cent.

Carrosserie, de la Grande-Bretagne, $2,130; des Etats Unis, $83,504 ; augmentation, 1\ pour cent.

Horlogerie, de la Grande-Bretagne, $7,420; des Etats-Unis, $59,770 ; augmentation, 17J pour cent.

Houille anthracite, de la Grande- Bretagne, $7,503 ; des Etats-Unis, $1,468,523; augmentation, 50 centins par tonne.

Houille bitumineuse, delà Grande- Bretagne, $323,055 ; des Etats-Unis, $1,166,731 ; augmentation, 50 centins par tonne.

Cuivre rouge ouvré, de la Grande- Bretagne, $8,637 ; des Etats-Unis,

$15,884 ; augmentation, 12^ j cent.

Coton ouvré, de la Grande-B gne, droits spécifique et ad Mo $1,203,830; des Etats-Unis, $2, 184 ; augmentation, 10 pour cenl

Poterie commune, de la Gr£ Bretagne, $40,000; des Etats-1 $40,000 ; augmentation, 10 pour

Fruits secs, de la Grande-Bret; $160,018; des Etats-Unis, $261. .

augmentation, 7J pour cent.

Fruits verts, de la Grande-] gne, $134,460;' des Etats-Unis, 334; augmentation, 10 pour cer

Meubles, de la Grande-Bret $12,201; des Etats-Unis, $387,: " augmentaton, 17J pour cent.

Appareils d'éclairage au gaz, Grande-Bretagne, $11,113 ; des El Unis, $73,823 ; augmentation pour cent.

Articles en caoutchouc de la G de-Bretagne, $56,079 ; des Eta Unis, $92,271 ; augmentation 7| pour cent.

Mécanisme de locomotives, Grande-Bretagne,$l 37,507 ; des Unis, $507,705 ; augmentatio pour cent.

Tuyaux, broquettes, clous, c les, machines à coudre, de la G ande Bretagne, $138,806 ; des Etats $379,113 ; augmentation, 12J cent.

Verrerie commune de la Gi Bretagne, $37 544 ; des Etats-U $208,443 ; augmentation, 10 po cent.

Verrerie de bonne qualité, de la Grande-Bretagne, $149,724 ; des Unis, $212,743; augmentation pour cent.

Les ferrures et la coutellerie à ge des constructeurs, ébénisu rossiers, en plus grande partie gleterre, ne paient que 2J ad vali de la Grande-Bretagne, $166,274 ; Etats Unis, $1,731,766 ; en moy- 10 pour cent.

Saindoux de la Grande-Bret i $1,654 ; des Etats-Unis, $211 augmentation, 75 pour cent.

Lard et iambon, de la Grand* tagne, $1,014 ; des Etats-Unis, ; 003 ; augmentation, 100 pour c<

Petits orgues et pianos, de la » • de-Bretagne, $9,668 ; des Etats $459,322 ; augmentation 7| cent.

Livres, de la Grande-Bretagne, $370,069 ; des Etats-Unis, $451,486 ; plus que le double.

Tables de billard, de la Grande- Bretagne, $175 ; des Etats Unis, $11,129 ; augmentation, 17J pour cent.

Balais et brosses, de la Grande- Bretagne, $20,316 ; des Etats-Unis, $22,707 ; augmentation, 7J pour cent.

Poudre à canon et matières explosives, de la Grande-Bretagne, $20,- 319 ; des Etats-Unis, $90,000 ; augmentation 7J pour cent.

Chapeaux et bonnets, de la Grande Bretagne, $368,000 ; des Etats-Unis, $675,600 ; augmentation 1\ pour cent.

Cuivre rouge et cuivre jaune, de la Grande - Bretagne, $76,338 ; des Etats-Unis, $24,195; augmentation, 10 pour cent.

Les importations des articles suivants sont plus considérables de la Grande-Bretagne que des Etats-Unis:

Pelleterie ouvrée de la Grande- Bretagne, $129,187 ; des Etats-Unis, $67,892 ; augmentation 1\ pour cent.

Fer en gueuses, de la Grande-Bretagne 26,174 tonneaux; des Etats- Unis, 3,913 tonneaux; de la Grande- Bretagne, $397,829 ; des Etats-Unis, $90,901 ; augmentation, $2.

Acier en barres, rails, loupes, mas sets, etc., de la Grande-Bretagne, $1,- 804,509; des Etats-Unis, $322,688:

moyenne, 10 pour cent.

Fer à chaudière, de la Grande- Bretagne, $348,613 ; des Etats-Unis, $61,254 ; moyenne, 10 pour cent.

Lainages, de la Grande-Bretagne.

$2,765,131 ; des Etats-Unis, $73,807 j augmentation, 2J pour cent.

Do., de la Grande-Bretagne, $2,756, 000 ; des Etats-Unis, $74,000 ; augmentation, 10 pour cent.

Do., de meilleure qualité, de la Grande •• Bretagne, $716,068 ; des Etats-Unis, $62,682 ; augmentation, 7J pour cent.

Couvertures de laine et lainages, de la plus commune qualité, de la Grande-Bretagne, $1,107,000; des Etats-Unis, $162,657, augmentation, 17J pour cent.

Cotonnades, de la Grande-Bretagne $2,635,249 ; des Etats Unis,$l, 622,752; augmentation, 2J pour cent.

Poterie, de la Grande-Bretagne, $360,000; des Etats-Unis, $15,000; augmentation, 2J pour cent.

Toiles, de la Grande Bretagne, $908,237 ; des Etats-Unis, $67.459 ; augmentation, 2J pour cent.

La valeur totale des importations de la Grande-Bretagne dont il est ici question est de $17,983,321, et celle des Etats-Unis de $28,606,691.

De cette laçon nous nous attendons à augmenter le revenu de $1,- 027,500 sur les articles en grande partie importés des Etats-Unis ; sur les marchandises principalement reçues de la Grande-Bretagne,$505,000; sur les articles de moindre valeur et sur les importations des autres pays, soumises à l'augmentation de 1\ pour c^nt, $750,000; sur les soieries^$150,- 000; spiritueux et vins, $110,000; spiritueux soumis aux droits d'accise, $100,000 : faisant un total de $2,642,-

Déduisons ensuite les réductions, sur le sucre, $250,000 ; le thé, $90, 000. Quant au thé, il sera désormais en grande partie importé de l'Angleterre, de la Chine et du Japon, au lieu des Etats-Unis. Si cinq ou six établissements doivent avoir le monopole de l'exploitation en Canada, n'est-il pas préférable qu'ils soient dans le pays au lieu d'être à New- York ou Boston? La réduction sur les mélasses sera de $100,000, et la somme des remises $100,000 : soit un total de $540,000, ce qui laisse une balance de $2,102,500 comme résultat que nous attendons de ce tarif.

[M. Tilley énumère ensuite le reste des modifications qui ont été opérées ; elles sont comme suit :]

Bougies parafïines, par lb., 5 centins au lieu de quatre ; de spermaceti, et autres, la chandelle de suif exceptée, 25 pour cent.

Métal Babbitt, 10 pour cent.

Boutons de toute sorte, 25 pour cent.

Cotons à chemise, à carreaux ou rayés, 2 centins par verge et 15 pour cent.

Toile de coton à voiles et lil à voiles, 5 pour cent.

Pommes sèches,2 centins. Tous autres fruits secs, 25 pour cent.

Chapeaux, casquettes et bonnets, 25 pour cent.

Peluche de soie ou commune, pour chapeliers, 10 pour cent.

Tôle du Canada et à chaudière, 12£ pour cent.

Fil de fer et d'acier, 15 pour cent.

Fontes de toute sorte, 25 pour cent.

Tuyaux de fonte, pour le gaz, l'eau et les égoûts, 25 pour cent.

Poutres laminées, fer angulaire et à bandage, 15 pour cent.

Fer pour les ponts et constructions métalliques, armoires de sûreté, et portes d'armoires et voûtes de sûreté, 25 pour cent.

Fil de fer, ouvré, armoires de sûreté et serrures de toute sorte, 30 pour cent.

Tuyaux de plomb et plomb de chasse, 25 pour cent.

Gants et mitaines de cuir, 25 pour cent.

Prélarts, 30 pour cent.

Tuyaux d'orgues et jeux ou parties de jeux de tuyaux d'orgue de salon, 25 pour cent.

Pulpe pour papier, 25 pour cent.

Peintures et couleurs broyées, préparées à l'huile ou à toute autre liquide, 25 pour cent.

Blanc et rouge de plomb, secs, et bismuth, 5 pour cent.

Papiers peints et papiers calandrés, 22| pour cent.

Crayons de mine, 25 pour cent.

Argent laminé, 10 pour cent.

Prunelle et tissus de coton et de laine pour chaussures eï gants, 10 pour cent.

Savon parfumé, 10 pour cent.

Les vins paieront un droit additionnel de 3 centins pour chaque degré au-dessus de 26 pour cent de la force de preuve des spiritueux, au lieu de 6 centins pour chaque cinq degrés ou moins.

Eau de Cologne, etc., par gallon, $1.90 et 30 pour cent.

Acier en lingots, barres, rouleaux et feuilles, lisses et éclisses de chemin de fer, après le 1er janvier 1881, 10 pour cent.

Sirop de glucose, par lb., £ centin et 35 pour cent.

Feutre, pour chaussures et gants, 10 pour cent.

Baryte, soufre en canons, chloride de chaux, crème de tarte en cristaux, etc, francs.]

J'arrive maintenant, continue monsieur Tilley, au revenu additionnel que nous attendons des différends articles comme suit :

Des instruments agricoles, rien ; animaux, $25,000; céréales, $250; carrosserie, rien ; horlogerie, $5,000 ; houille anthracite, $175,000; bitumineuse, $100,000; coton, spécifique et ad valorem $100,000 ; fruits secs, $30,- 000; appareils d'éclairage au gaz, $5,000; locomotives, $20,000; broquettes, etc., $30,000 ; verrerie commune, $15,000 ; ^errerie de bonne qualité, $9,000 ; ferrures de constructeurs et autres, $80.000; saindoux, jambon et lard, $25,000; livres, $35,- 000; poudre à canon, $10,000; chapeaux et bonnets, $37,500 ; marbre et imitations de marbre, $1 50,000 ; cuivre rouge, en barres, $10,000; pelleteries ouvrées, $5,000 ; fer en gueusps.MOOOO- fP.r P.n harrM.agon.nno:

lainages, $180,000 ; soieries, $15.

spiritueux et vins, douanes, $110, spiritueux, accise, $100,000; dn des autres pays et augmentation 2 J pour cent sur les marchand i $750,000.

Ces augmentations sont néces.j; pour faire face aux dépenses du p et elles ont été réparties de man à développer nos industries natif les. La majorité du peuple c qu'ayant à lutter avec des concurrents énergiques et entrep \m comme le sont les Américains les bricants canadiens ne pourrais t prospérer avec un tarif peu élevé.

On dit que nous adoptons une politique qui est en antagonisme avec celle de la Grande-Bretagne, sonne ne peut dire ce que sera dans cinq ans d'ici la politique de la G Bretagne. Le ministre des affaires étrangères a fait récemmjiit une réponse très-significative à une d tation qui lui demandait si le goi nement ne pouvait pas employé] influence auprès des pays qui adoptaient la protection, afin de les ner à changer leur politique : il pondit que la Grande-Bretagne vait rien à concéder. Sa polit libre-échangiste ne lui permet a ne concession.

Le Canada, cependant est ma nant en mesure d'offrir à la Fr quelque chose en échange des cessions qu'elle lui fait ; de m pour l'Espagne et les Etats-Unis.

On prétend que la protection a pro-.

duit le socialisme et un papier-r naie non-rachetable. Sans entrer dans le mérite de la question, je demanderai quel est le parti, aux E Unis, qui a favorisé un papier-r naie non-rachetable : les protecl nistes et les républicains l'ont opi Quant au socialisme, il a pris i sance en Allemagne, qui est un j libre-échangiste, bien qu'il comme à devenir protectionniste.

Quelle est la cause des grèves ( | l'Angleterre nous offre le specta< Elles sont dues aux pays étrang qui, à la faveur de tarifs protecte peuvent envoyer leurs effets en gleterre et contraindre ainsi les bricants anglais à diminuer les ga de leurs ouvriers. Si la Grande -1 tagne adoptait une politique difféi

èîle aurait quelque chose à offrir aux autres nations pour les engager à admettre ses effets à de meilleures conditions.

* Dans tous les cas, le gouvernement est convaincu que sur cette question il agit pour le grand bien du pays, qui compte sur lui et sur le parlement pour légiférer dans ses intérêts.

Ii est bel et bon de faire du Canada un pays où la vie soit à bon marché ; mais si le peuple n'a pas d'ouvrage, les bas prix sont inutiles. Si nous limions que la Confédération de vienne ce que nous espérons la voir, il nous faut non-seulement y amener ctes habitants, mais retenir ceux qui y sont déjà et dont chacun représente

une valeur de $1,000, d'après les cal culs des honorables députés de l'Op^ position.

A une phase subséquente, la Chambre entrera dans les détails de mes propositions qui pourront alors être débattues plus longuement ; mais je suis convaincu qu'aujourd'hui le peuple est en faveur de la politique nationale.

L'Opposition dit que le soleil brille de son côté. S'il en est ainsi, qu'elle s'y réchauffe ; mais nous, — la droite — nous pensons que le résultat définitif de la politique nationale favorisera la prospérité et le bonheur du pays.

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