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EMPRUNTS AUX BANQUIERS

S ior. Tentatives infructueuses auprès du banquier Ouvrard. Prêt de Collot. Somme offerte par le Sénat de Hambourg. — j§ 2. Réunion des banquiers de Paris. Allocution de Bonaparte. Enthousiasme et défections. — § 3. Emprunt-loterie de 12 millions substitué à la souscription des banquiers.

| i^r. — Tentatives diverses cT emprunts.

Parmi les tâtonnements du début ne pouvaient manquer de figurer les emprunts aux banquiers.

Déjà le financier Ouvrard avait été pressenti. Possesseur d'une fortune considérable acquise par d'heureuses spéculations, Ouvrard s'était montré généreux vis-à-vis du Directoire; il devait avec plus d'empressement encore, semble-t-il, accueillir les ouvertures d'un gouvernement glorieux et populaire. Cependant ses mémoires prétendent qu'il repoussa net, dès le premier mot, les propositions de Bonaparte.

« Quelques jours après le 18 brumaire, le premier Consul me « fît appeler pour me demander un prêt de 12 millions. La posi-

Vi LES FINANCES DU CONSULAT. CHAPITRE VI

a don de ma fortune me permettait d'acquiescer à sa demande. « Cependant je refusai (t). »

Est-il vrai que Bonaparte ait fait appeler le financier dans son cabinet et se soit personnellement exposé à ses refus? Pourquoi, dans ce cas, la vanité connue du banquier ne l'eng-ag-ea-t-elle pas à accepter des oflres si flatteuses dans la forme? Gomment surtout, le spéculateur avisé, qui n'avait pas craint de se compromettre avec le Directoire, ne découvrit-il pas les garanties plus sûres que présentait le nouveau gouvernement? Enfin, comment l'ancien fournisseur commit-il l'imprudence de se brouiller avec un maître si prompt aux représailles? Le passage des Mémoires cité ci-dessus renferme, dans son laconisme, bien des invraisemblances (2).

La seule preuve qui milite en faveur de son exactitude serait que, peu de temps après, Ouvrard fut arrêté.

11 fallut, quoi qu'il en soit, se tourner d'un autre côté (3). Car

(1) Mémoires de G.-J. Ouvrard, sur sa vie et ses diverses opérations financières. 3 vol. in-8°, Paris, 1826.

(2) Peut-être faut-il chercher la cause de celte attitude dans l'ancienne amitié, ou complicité, d'Ouvrard avec Barras. En outre, Ouvrard dit avoir prêté de l'argent à Joséphine pendant la campagne d'Italie, à l'insu de Bonaparte, qui s'en montra très froissé quand il l'apprit.

(3) C'est alors qu'eut lieu la tentative d'un emprunt de douze millions en Hollande, dont Marmont parle dans ses Mémoires, et dont il fut le négociateur. On offrait pour gage aux négociants d'Amsterdam des traites découpes de bois recouvrables à la fin de l'année; même on leur remettait en nantissement les procès-verbaux d'adjudication. Marmont tenait, en outre, en poche le diamant du Régent à offrir en supplément. Mais les négociants assemblés à Amsterdam, malgré les beaux discours du délégué de Bonaparte, ne consentirent pas à souscrire : « Des coupes de bois pour des gens habitant un pays où il n'y a que « des bosquets, et une négociation d'argent entamée par un jeune général,

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