‹ Les finances espagnolesChapitre 4 sur 22 · SOUS PRESSE · texte numérisé non relu

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II est particulièrement intéressant, dans l’étude des finances contemporaines, de nous arrêter à l’Espagne. D’une part, nous y avons, nous Français, des intérêts considérables : nous avons à diverses reprises, au cours du xix e siècle, été les principaux souscripteurs de ses emprunts publics, pour la métropole et pour ses colonies, Cuba spécialement; nous y avons créé la plupart des chemins de fer ; nous y avons commandité de nombreuses entreprises industrielles, mines et autres. D’autre part, l’exposé du système monétaire et fiduciaire du pays nous donne occasion d'examiner le problème si controversé de l’effet que produit une dépréciation de la monnaie, se traduisant par un change avarié, sur le développement de l’agriculture et de l'industrie indigènes. Enfin le spectacle de l’effort militaire et économique d’une nation chevaleresque, aux prises pour la seconde fois en un quart de siècle avec la révolte de la principale de ses colonies, est plein de grandeur : et, si quelque mélancolie nous envahit à la pensée de ces fils d’un même sang qui s’entr’égorgent pour la possession de la perle des Antilles, nous ne pouvons refuser notre admiration au ministre septuagénaire qui lutte avec tant d’énergie pour ce qu’il juge être son devoir, à la reine courageuse qui s’efforce de conserver intact le royaume de son fils, afin de lui en remettre, à sa majorité, le dépôt précieux.

Bien que le but essentiel du présent travail soit de nous rendre compte de la situation financière de l’Espagne contemporaine, il ne sera pas sans intérêt de faire précéder notre étude d’un résumé rapide de l’histoire financière de ce pays, ou plutôt d’une esquisse de certains traits saillants de sa physionomie économique, aux époques principales de ses origines, de sa grandeur et de sa décadence, suivie du réveil vigoureux auquel nous assistons aujourd’hui.

A. Toihs XII. — Mai 1897.

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