‹ Les finances françaises de 1870 à 1878Chapitre 98 sur 167 · En voici le détail · texte numérisé non relu

En voici le détail

Valeurs de compensation 325 098 400 fr. »

BiUets ëe la Banque de France 125000000 »

Or français 273003058 10

Argent français 239 291 875 75

Change payé en titres de rentes françaises 1773000000 »

Coupons de titres étrangers et aliénation de ces titres à des capitalistes étrangers ; valeurs apportées en France par des étrangers 2580365 519 U

5315 758 853 fr. 29 I. — 15

gouvernement de Berlin, aux époques déterminées par les conventions.

Le rapport de la commission du budget du 5 août 4874donne sur cette dernière partie de l'opération des détails très intéressants. « Les versements à TÂllemagne, dit le rapporteur, ne pouvaient pas, aux termes des traités, avoir lieu en compte courant ; ils devaient être annoncés à l'avance et ne pas descendre au-dessous d'un minimum qui, pendant quelque temps, a été fixé à 100 millions de francs ; en dernier lieu, les versements devaient être faits mensuellement, à raison de 250 millions de francs par mois. Le portefeuille du Trésor contenait des effets venant tous les jours à échéance ; on pouvait les remettre à l'Allemagne lorsqu'un terme de payement arrivait avant leur échéance; mais ce n'était pas toujours le cas. Il a donc fallu organiser à l'étranger un système d'encaissement et, après l'encaissement, un système de dépôt des fonds encaissés. Les effets remis avant leur échéance à l'Allemagne donnaient lieu à un décompte d'intérêt : les effets échéant avant qu'on eût pu les comprendre dans un payement étaient envoyés pour être encaissés aux correspondants du Trésor, à Londres, à Bruxelles, à Amsterdam, à Berlin, à Francfort, à Hambourg. Les fonds provenant de ces encaissements étaient chez les correspondants à la disposition du gouvernement français et portaient intérêt à son profit jusqu'au jour où ils étaient retirés pour être compris dans un versement à l'Allemagne. Il est résulté de ce procédé commandé par la force des choses que les capitaux destinés aux payements à l'Allemagne sont restés, on peut le dire, dans le mouvement des affaires jusqu'à la dernière heure. Les sommes importantes qui étaient déposées chez les correspondants du Trésor devaient, en effet, être employées par ceux qui en étaient dépositaires, puisqu'elles étaient productives d'intérêt au profit du Trésor français. Elles ont servi à prendre du papier à l'escompte, surtout pour les dépôts formés en Angleterre et à faire des

reports dans les bourses étrangères et probablement même à Paris. Beaucoup de ces correspondants du Trésor à l'étranger étaient, en effet, des maisons de banques associées ou servant de succursales à des maisons de Parib, et il n'est pas impossible que les fonds déposés dans ces sortes de succursales ne soient rentrés moiSentanément en France, pour servir à des reports sur le marché de Paris, sauf à retourner à l'étranger pour y être livrés aux agents français au moment des payements à effectuer. Une agence française avait été établie à Londres, où elle fit l'office de correspondant dii Trésor pendant toute la durée de ces vastes opérations. Les sommes qu'elle a eues en dépôt ont été considérables ; elles provenaient des effets sur Londres, qui lui étaient envoyés pour être encaissés, et de la vente d'une certaine quantité de renie 3 pour 100 que le Trésor a dû réaliser pour le compte de la caisse de la dotation de l'armée, et qu'il a été plus avantageux de vendre à la Bourse de Londres qu'à la Bourse de Paris, parce qu'on en a eu les fonds en livres sterling. Cette vente a porté sur 4008 000 francs de rentes. L'agence de Londres, outre qu'elle plaçait les fonds dont le Trésor n'avait pas emploi immédiat dans les payements à l'Allemagne, transformait en valeurs allemandes ce qu'elle possédait en livres sterling. Elle a fait également, mais sur une très petite échelle, des acquisitions d'or et d'argent.

« Les conversions en valeurs allemandes ont employé 31 687 315 livres sterling et les acquisitions d'or et d'argent, 1 132094 livres sterling.

> Des dépôts considérables étaient formés également à Berlin, Francfort, Amsterdam, Hambourg et Bruxelles.

> Les sommes étaient dirigées sur Berlin au fur et à mesure de l'échéance des termes de payements. »

L'exposé de toutes ces opérations de banque et de trésorerie donne une idée exacte des difficultés que présentait la réalisation de cette immense affaire, des soins minutieux

et intelligents qu'on y a apportés et de Thabileté avec laquelle elle a été conduite.

du^iiM^më- D'après les renseignements donnés à la commission du um(iaedeia budgct cu 1874, les payements faits à l'empire d'AUe- ^"°''''' magne en 1871, 1872 et 1873 ont diminué le stock métallique de la France d'environ 700 millions seulement. Le gouvernement français a expédié directement, comme nous l'avons déjà dit, 273 millions d'or et 239 millions d'argent. Il a été exporté, en outre, pour couvrir les banquiers qui avaient créé les lettres de change étrangèles, une quantité d'or évaluée à 730 millions; ce qui porte le chiffre des exportations d'or et d'argent à 1 milliard 242 millions. Mais, d'un autre côté, il y a eu, pendant les trois années de la durée des payements à l'Allemagne, un excédent d'importation d'argent qui a réduit le chiffre de la diminution des espèces métalliques en France à 700 millions environ *. Cette perte a été bientôt réparée et suivie même d'un accroissement notable de numéraire, comme nous le verrons dans un autre chapitre.

En résumé, voici les faits principaux que rappelle notre libération financière envers l'Allemagne :

Deux emprunts ensemble de 5 milliards 725 millions ; des achats de plus de 4 milliards 350 millions de change, en sus du payement direct de 500 millions en or et en argent français ; la remise à l'étranger de valeurs équiva- - lentes en échange du montant des effets acquis par le gouvernement français ; le recouvrement sur les débiteurs étrangers d'une partie de ces effets ; le versement effectif dans les caisses du Trésor de l'empire d'Allemagne de 5 milliards 315 millions, sans que le chiffre des espèces métalliques françaises ait été diminué de plus de 700 millions. Le cours du change, malgré les achats considérables d'effets étrangers, a été maintenu au taux moyen de 25 fr. 60 centimes à 25 fr. 70 centimes, et la prime

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