Orfrançais 273003058 fr
Argent français 239291 875 75
Change fourni par les souscripteurs des deux emprunts 1 773000000 »
Achats de change sur les places de TEurope, du mois de mai 1871 au mois de février 1872 805 365 519 U
Change fourni par un syndicat de banquiers 700000000 »
Achats directs de change, du mois de juillet 1872 au mois d'août 1873 1075000000 »
4865660453 fr. 29
somme de 86801551 fr. 33 centimes*, indépendamment du montant des escomptes payés par le Gouvernement pour déterminer le payement en valeurs étrangères d'une partie des rentes souscrites dans les deux derniers emprunts. — Nous avons vu précédemment que les payements en valeurs de cette nature par des souscripteurs étrangers et même par des souscripteurs français se sont élevés à 1 773000000 francs. — Les commissions payées à ces souscripteurs sont comprises dans les frais des deux emprunts, pour une somme que nous ne pouvons préciser et qui doit être ajoutée à celle de 86 801 551 francs cidessus indiquée, car elle fait partie, en réalité, des dépenses effectuées pour l'acquittement de l'indemnité de guerre, ^effertif ' La seconde opération, qui avait pour objet de solder le valeurs 1?e P^^^ ^^^ achats dc chauge, n'offrait pas moins de difficultés change ache- et pouvait être, pour notre pays, beaucoup plus périlleuse. Tréwr. ^ Les hommcs les plus expérimentés en matière financière origiao étaient effrayés de la nécessité de prendre sur notre stock ressources métallique, évalué à environ 5 ou 6 milliards, la plus ^^ymentT* graudc partie de la somme que nous avions à payer à l'Allemagne. On ignorait encore, au moment où le traité de paix a été conclu, si la balance du commerce pendant les années 1872 et 1873 nous serait favorable. Pendant les cinq années précédentes, de 1867 à 1871 , il y avait eu un excédent d'importation de 1552 000 000 francs. La situation commerciale restant la même, nous pouvions être aux prises avec les plus graves embarras. Si nous avions dû faire des exportations d'or et d'argent pour les besoins du commerce extérieur et acquitter notre dette en espèces métalliques, sans le secours des ressources du dehors, par la force des choses, le change se serait établi contre nous, l'or
1 . Prélèvement sur le complément de 2 milliards 27 701 321 fr. 53
Prélèvement sur le complément de rompront de 3 milliards 59100229 80
86 801 551 fr. 33
LES FIMNGES FRANÇAISES. 223
et l'argent se seraient raréfiés ; les billets de banque, dont la circulation était autorisée jusqu'à 3 milliards 200 millions et s'est élevée à 3 milliards et même un peu plus, auraient subi une dépréciation inévitable, malgré leur valeur intrinsèque ; nous aurions eu vraisemblablement une épouvantable crise financière et monétaire. C'était la conséquence probable de l'exécution du traité de paix, conséquence prévue par les négociateurs allemands, qui espéraient que la puissance économique de la France serait affaiblie pour longtemps par l'effet des stipulations financières qu'ils nous avaient imposées, comme notre puissance militaire l'avait été par le succès de leurs armées.
Heureusement nous avons pu nous libérer sans entamer gravement notre stock métallique. Tous les périls qu'on devait redouter ont été évités.
Nous allons exposer sommairement les causes qui ont donnée notre gouvernement le moyen d'échapper à ce danger et indiquer l'origine et la nature des valeurs qui ont été effectivement transportées en Allemagne pour la libération de nos engagements.
Tout d'abord, le commerce extérieur a été très prospère pendant les années 1872 et 4873. Nous avons eu, dans cette période, un excédent d'exportation de 424 millions. Cet excédent a, en grande partie, servi à la liquidation des importations de l'année 4871, qui nous avaient constitués débiteurs de l'étranger d'une somme de 694 millions.
Les 273 millions d'or qui ont été payés directement au gouvernement allemand ont été fournis jusqu'à concurrence de 450 millions par l'avance qu'a faite la Banque de France, en exécution du traité du 2 juin 4873, et pour le surplus, ils proviennent des versements opérés par les contribuables dans les caisses publiques, à l'exception de quelques millions achetés sur place.
Le Gouvernement s'est procuré les 239294 875 fr. 75 c. versés en argent, au moyen d'achats en Allemagne jusqu'à concurrence de 93 millions environ, et en France, pour
m LES FINANCES FRANÇAISES.
44 millions ; 102 millions ont été pris dans les caisses de l'Etat.
Gomme nous l'avons déjà dit précédemment, les capitalistes étrangers, souscripteurs dans nos deus emprunts de 5 milliards, et quelques souscripteurs français ont procuré au Trésor en payement des titres qui leur furent délivrés, pour 1773000000 de change. On n'a eu à faire aucun envoi de numéraire, pour le payement de ce change. Il n*y a eu, en réalité, dans cette opération qu'une exportation de titres de rente française.
D'un autre côté, depuis longtemps une notable partie de l'épargne française est placée chaque année en acquisitions de valeurs extérieures : rentes d'Etats, actions, obligations industrielles et obligations de villes ; les capitalistes français porteurs des coupons de ces divers titres sont créanciers de l'étranger d'une somme annuelle considérable. Le payement en France des intérêts et dividendes des titres dont il s'agit possédés ainsi par nos nationaux, nous a procuré un change fort important.
Un autre phénomène économique nous en a valu des quantités encore plus considérables. Gomme toutes les valeurs ont subi sur nos marchés, dans les deux années qui ont suivi la guerre, une baisse notable, les titres étrangers s'y vendaient moins cher que sur les autres places de l'Europe. Gette différence dans les prix a eu pour conséquence de faire acheter chez nous, par les capitalistes des autres pays, un grand nombre de leurs titres. Il y a eu là une cause d'exportation importante de rentes, actions et obligations des États voisins.
Enfin les étrangers qui voyagent et séjournent en France y laissent également une quantité assez considérable de valeurs de leurs pays.
Les trois faits que nous venons d'exposer ont produit les plus heureux résultats, et ont fourni à bon compte à l'administration française une partie du change dont elle avait besoin, e On peut sans exagération, dit M. Léon Say,
évaluer rimportance du change provenant du produit des titres étrangers à 6 ou 700 millions de francs par année. On peut y ajouter aussi les revenus réalisés à l'extérieur, mais dépensés en France par les étrangers qui voyagent chez nous ou qui s'y établissent pendant un certain temps ; c'est encore une source spéciale de change qui n'est pas inférieure, à ce que l'on croit, à 2 ou 300 millions. Quant à l'exportation même des titres étrangers, il est certain qu'elle a eu lieu, mais on ne peut pas dire sur quelle échelle*. »
L'origine et la nature des divers éléments composant les 5 315758853 fr. 29 centimes' transportés en Allemagne pendant les années 1871, 1872 et 1873, en exécution des stipulations fmancières du traité du 10 mai 1871, montrent que nous n'avons pris sur notre stock métallique qu'une très petite partie de l'indemnité de guerre, et expliquent ainsi pourquoi nous avons pu échapper à la crise monétaire qui, au commencement de 1871, semblait inévitable.
Cette vaste opération n'a pas consisté seulement à acheter du change, et à couvrir les banquiers qui avaient procuré les effets payables sur les diverses places de l'Europe ; il a fallu encore toucher aux échéances le montant des lettres de change non compris dans les bordereaux remis à l'Allemagne ; les convertir, quand ilyavait lieu, en monnaie allemande et effectuer les versements dans les caisses du
fixpoaé des opérations diverses qui ont précédé
les versements dans les caisses allemandes.