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a été dépensé pour des ouvrages nouveaux. Je renonce à vous donner une idée des dépenses qui ont été faites dans ce palais de justice pour l'éclairage, pour les horlofes, etc. Rien de plus extravagant, de plus ridicule. Il faut voir cela.
Quant au palais législatif, il est bon de mentionner que depuis l'an dernier les travaux ont été faits à la journée sous la surveillance de M. Charlebois. IL fournissait les outils, il payait les matériaux, la main d'œuvre, puis le gouvernement lui remboursait ce qu'il avait ainsi payé, et lui donnait 25 pour cent sur le montant, pour frais de surveillance et pour l'outillage. On comprend qu'avec de pareilles conditions, le zouvernement devait, dans l'intérêt public, exercer une stricte surveillance.
Ce n’est pas ce qu'il a fait,
Les travailleurs étaient payés plus cher Jà qu'ailleurs’ dans Québec; malgré cela comme règle générale, ils travaillaient moins qu'uilleurs. 1! est même arrivé que quelques uns ont travaillé chez des amis du gouvernement jusqu’à six semaines consécutives, et que pendant ce temps ils ont été payés par le gouvernement comme s'ils eussent travaillé au palais législatif. On en trouve la preuve dans les témoignages donnés devant le comité des comptes publics
ar MM. Thomas Fluot, Babylas Vaillancourt, Partridge, et par M. Charleboïis lui même. Ces faits sont bien connus dans Québec. Les ministres en ont entendu parler; M. Mercier a même fait ane enquête, mais il n'a rien découvert. Lui, qui envoyait des émissaires jusqu'au fond des bois à la recherche des fraudes qui pouvaient avoir été commises dans l'emploi des fonds de colonisation, il est resté indifférent aux fraudes qui avaient été commises à Québec, je pourrais même dire sous ses yeux! Puisqu'il ne pouvait rien découvrir lui-même, que n’appelait-il à son secours tous ces agents qui l'avaient si bien servi dans d’autres circonstances, MM. Langelier, Carrier, Cyr, Charleson, Kirwan, Champagne et autres? Le public sera sans doute frappé du contraste entre cet acharnement contre des conservateurs ot cette mansuétude en faveur des libéraux.
Cette enquête intéressante n’a été commencée devant le comité des comptes publics que dans les derniers jours de la session; la prorogation l’a interrompue forcément ; mais on a obtenu assez de renseignements pour s'expliquer comment il se fait que les dépenses aient tant excédé les prévisions de M. Shehyn, comment il se fait qu'au mois de. juillet dernier les travaux de nivellement avaient coûté $25,000 et la funtaine en face de ia tour centrale environ $60,000.
Pour nous faire oublier leur administration coupable, ce qu'ils ont mal fait, ce qu'ils n’ont pas fait et qu'ils auraient dû uu moins essayer de faire, de même que ce qu'ils ont fait et auraient dû éviter, le tout pour être fidèles à leurs motions, à leurs discours et à leurs écrits d'autrefois que j'appellerai autant de promesses, ils se vantent d’avoir fini la refonte dos statuts, d’avoir reçu d’Ontario $100,000, sur le fonds des écoles communes, du succès de leur emprunt, de leur projet de conversion de la dette, et de la conférence interprovinciale.
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La refonte des statuts
Lors de la session de 1887, le. commission avait fini le projet de refonte des Statuts ; il ne restait plus qu’à examiner ce travail. M. Mercior se disait prêt à entreprendre la tâche avec son collègue le solliciteur général. Quelques semaines leur suffiraient, disait-il. Certains députés ont exprimé en chambre l'opinion que si les deux ministres s’adjoignaient le jage Wurtele, qui avait mis la dernière main au projet de refonte, l'honorable M. Gagnon et trois ou quatre députés compétents, cela donnerait plus degarantie, principalement sous le rapport de l'exactitude La proposition fut acceptée en partie et les honorables MM. Lynch, Flynn et Blanchet ayant consenti à s'associer à cette œuvre importante, M, Mercier en informa la chambre qui se montra satisfaite.
En Juillet 1887, M. Mercier était prêt à commencer cet ouvrage ; il appela MM. Lynch, Flynn, Blanchet, puis MM. Turcotte, Lareau et Robidoux.
Il laissa de côté MM. Wurtele et Gagnon. Je me hâte de déclarer que je n’objecte nullement à MM. Turcotte, Lareau et Robidoux., Mais M. Mercier ne s’est pas arrêté là. Il nous dit (procès-verbaux, 1888, pages 306 et 307) qu'il a aussi requis les services ‘des messieurs dont les noms suivent et auxquels il a payé les sommes portées en regard de leurs noms :
Martin... RE TENTE ne dt NE AOL H6 eee te Men es $1,549.00 FONMAEL RE ENS RENE nr) Et e der 600.00 LU TR RARES CORPS ESF PES TL POP A RARE vel 120.00 D CU DE NS PO OR à Le RP D SRE DE ee Eee 131,00
DR haie be RE ANRT à Det estate sntee 44000 MARORR, itisssitiydihiaes RS RE FREE Eirbnet . 600.00 TON ET EURE LÉO DORE ee ide s nie 167.50 MATOS Liban ee el dr RL ae PAU ET cet ta 172.00 Roy, ie TP ARR En AS CEE RATE NT 100.00
11 y a aussi employé M. Buies et M. Quinn. Et pendant que se faisait l'examen du projet de refonte, MM. Mercier et Duhamel, les officiers en loi de la couronne sur qui pesait la responsabilité de cet ouvrage, s’occupaient de l'élection dans le comté de Laprairie |
MM. Parisault et Oliver ont été employés à cet ouvrage depuis le commencement ; ils doivent continuer, M. Fontaine est avocat à Saint-Hyacinthe. La somme de 8600 lui a été payée pour le temps compris entre le 12 juilletet la fin de ce mois puis en sus une couple de jours, et ses frais de voyage.
Mais Ceux qui méritent une mention spéciale sont MM. Martin et Quinn, deux conservateurs nationaux, deux patriotes.
Commençons par M. Quinn.
Le 22 juin 1888, M. Mercier déclare à la chambre que M. Quinn travaille à la codification depuis le 12 juillet 1887, à $10 par jour, et qu’il a reçu pour ses services $3,590, IL faut donc que ses fonctions soient bien importantes. M. Mercier nous dit qu'elles consistent à aider à M. Oliver dans la partie anglaise. C’est une manière comme une autre d’en déguiser Dusgatifente. La preuve faite sous serment devant le comité des comptes publics constate us M. Quinn ne fait que corriger les épreuves, ot lire la version
rançaise des statuts revisés. M. Oliver, qui les a traduits en anglais,
suit dans la version anglaise afin de vérifier l'exactitude de la traduction, c’est-à-dire que M. Quinn aide à M. Oliver à peu près autant que le souffleur aide à l'organiste, et que pour cette aïde il est payé beauccup plus que lui ; car M. Oliver ne reçoit que $800 par an comme secrétaire de la codification, tandis que M. Quinn reçoit dix piastres par jour pour corriger les erreurs que peuvent commettre les typographes, et pour lire de l'imprimé en français! c'est plus que libéral, c'est national. On voit à la page 307 des procèsverbaux que M. Duquet est employé au bureau de la codification à $2.50 par jour. Eh bien! il n'est pas un honnête homme qui, connaissant M. Duquet et l'ouvrage que fait M. Quinn, ose nier que M. Duquet pourrait faire cet ouvrage aussi bien que M. Quinn. Demandez à tous ceux qui connaissent ces choses s'il n’est pas vrai que l’on peut faire faire l'ouvrage de M. Quinn pour moins de $2.50 par jour, et que $10 par jour est un salaire pire qu'exorbitant. Si nos adversaires étaient encore dans l'opposition, ils crieraient au vol et au pillage.
N'est-ce pas que ça paie d'être patriote ?
Arrivons à M. Martin. Il a été employé à la codification dès le commencement eomme secrétaire particulier du commissaire. Son salaire était d'abord de $400 par an ; il a ensuite été porté à $1,000. Aux élections fédérales de février 1887, il se présenta dans le comté de Québec contre l’hon. sir Adolphe Caron. Mais le gouvernement Mercier avait défendu aux emp:oyés publics de se mêler d'élections. M. Martin sortit du bureau de la codification. Il fut défait, et sa retraite ne fut que temporaire. Le 12 juillet, il fut invité à travailler de nouveau à la codification. Il se rendit à Tadousac avec les autres, le 12 juillet, et revint avec eux à Québec à la fin de juillet. Pour ces :8 jours le gouvernement lui a payé $600. Dans cette somme se trouvent compris les frais de voyage, environ $60 ; le reste était à titre de salaire. $540 pour 18 jours! Lui qui n'avait que $1,000 par an ! Après le retour de Tadousac, il a fait des visites assez irrégulières au bureau de la codification, mais il n’a pas travaillé, Dans lo témoignage qu'il a donné devant le comité des comptes publics, il a d'abord cherché à faire croire qu'il avait travaillé assez pour gagner un salaire; mais, étant pressé de ques- . tions, il a laissé entrevoir la vérité. Il ne pouvait pas dire s’il avait donné à cet ouvrage la valeur de quinze jours, ou de huit jours, depuis le commencement d'août 1887 jusqu'au mois d'avril 1888 ; il ne pouvait pas même donner une idée approximative du temps qu’il y avait consacré. Heureusement qu’il s’est trouvé un homme connaissant les faits qui avait une conscience moins timorée, M. Parisault qui se trouvait à la tête du bureau nous a déclaré qu’il lui était impossible de dire que M. Martin eût travaillé à la codifiéation pendant ce temps. Cependant le gouvernement lui a donné à titre de salaire 8866.66 du mois d'août 1887 au mois de mars de 1888. De sorte que cet homme qui avant février 1887 avait un salaire de $1000 par an, a reçu $1,466,66 du 12 juillet 1887 au mois de mars 1888, et il n’est pas même capable de dire co qu'il a fait! Pour le dédommager de ce mauvais traitement, le gouvernement Mercier lui a donné $100 pour préparer un bill concernant les terres de la Couronne. Pauvre, victime de la politique ! Comparons cet exposé de faits avec la réponse donnée par M. Mercier à l'assemblée législative (procès-verbaux, 1888, page 119: “ Les services de M. Martin ont été requis de temps à autre, depuis le ler février 1887, pour les travaux de la codification de
nos statuts; il reçoit et recevra pour ses services, à pes rès les mêmes émoluments qu’il recevait sous le gouvernemen FE ent, lorsqu'il agissait comme secrétaire de la commission de codification.” Cela se passe de commentaires.
N'est-ce pas étrange ? On nous dit que la refonte des statuts est terminée depuis la fin de juillet 1887; on chante pour cela les louanges du gouvernement Mercier ; et depuis ce temps, elle a coûté plus cher, jour par jour, qu'auparavant !
Sur le tout, l’histoire de la refonte des statuts n’est pas un titre de gloire pour le gouvernement Mercier.
Fonds des écoles communes
Lorsque M. Mercier eût annoncé, en juin 1887, que la province d’Ontario était prête à lui payer .$100,000 provenant de ce fonds, tous ses adulateurs se mirent à publier la nouvelle, comme s’il eut découvert une mine. Or voici un état de cette affaire pour les neuf * dernières années. La province d’Ontario nous a payé :
Pin. ARTS ND es 1 ABTDERD tte TOR on RO ie NON 0 DR rt sense 20,000 00 LD end cerner bee a its NON OU ui nn N R ade uo ÉMOPNUIE
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Pourquoi crier à l'invention, au miracle, parce que sous M. Mowat, ami politique de M. Mercier, la province d'Ontario a payé à la province de Québec, en 1887-88, une somme de $100,000 qui compte pour trois ans,
L'emprunt, le projet de conversion de la dette, la conféronco interprovinciale, et, j'ajouterai la loi concernant la cour des magistrats à Montréal sont des sujets trop importants pour que je les entreprenne à cette heure avancée. Au reste, ils ont été discutés avec soin dans la presse, et je suis.certain que, comme moi, vous êtes d'opinion que dans ces affaires le gouvernement Mercier chercherait vainement de quoi se faire pardonner sa mauvaise administration de la chose publique.
Il me semble déjà entendre nos adversaires dire que je n'ai parlé que de questions de détail, de choses insignifiantes, etc., je les prie de se rappeler que lorsqu'ils étaient dans l'opposition, ils attachaient une grande importance à ces mêmes questions. Maintenant qu'ils sont au pouvoir, il n’y a que les grandes questions qui soient dignes de leur attention. Je ne vois pas ce qui justifie de pareilles prétentions, et je pense qu'ils feraient mieux dè se montrer grands hommes dans les petites affaires que petits hommes dans lus grandes affaires.