‹ Les finances provinciales [microforme]Chapitre 6 sur 7 · Chapitre de contradictions · texte numérisé non relu

Chapitre de contradictions

Ils ont crié au gaspillage dans les dépenses annuelles, et ils les angmeutont considérablement.

Ils voyaient avec alarme l'augmentation constante de la dette, et ils y ajoutent des millions.

Ils combattaient les emprunts chaque fois qu'il étai* question d'emprunter ; ils ont déjà fuit un emprunt qui aurait pu être évité, du moins pour une très grande partie, et ils en préparent un autre.

Quand ils étaient dans l'opposition, ils protestaient contre toute adaition à l'indemnité sessionnelle que la loi avait fixée à $500 ; en

‘arrivant au pouvoir, ils accordent $800, par un vote spécial dans

leur première session, et d’une manière permanente (enumendant la loi) dans leur deuxième session. :

Quand ils étaient dans l'opposition, il y avait assez de cinq ministres ; depuis qu’ils sont au pouvoir, il n’y en a pas trop de sept.

L'administration des asiles d’aliénés laissait beaucoup a désirer ; il fallait amender la loi : le gouvernement Ross y allait trop timidement, il avait peur des castors ; tout cela était clair aux yeux de M. Mercier et des siens ; ils arrivent au nouvoir, et tout leur paraît obscur ; il faut une commission pour jeter de la lumière sur le sujet,

L'obligation imposée aux municipalités de contribuer au souties des aliénés pauvres était une taxe injuste, vexatoire, quand les libéraux étaient dans l'opposition ; ils arrivent au pouvoir, et loin de soulager ce pauvre peuple, ïls lui reprochent amèremen“ de ne pas payer. Dans son discours sur le budget, 14 juin 1888, pege 33, M. Shehyn dit, comme l'an dernier, en parlant de cette taxe :

‘ Les municipalités montrent peu de volonté à s’äcquitter de ce qu’elles doivent au gouvernement, et presque partout on s'efforce de mettre à la charge du gouvernement ce qui devrait être à celle des corporations municipales. 11 faut nécessairement réagir contre cette mauvaise disposition des municipalités, etc.” Changement de ton |

M. Mercier, chef de l'opposition, nous disait que le conseil législatif était inutile et même nuisible ; tout son parti disait comme lui ; M. Mercier, premier ministre, déclare à l'assemblée législative, au commencement de la session de 1887, qu'il a renoncé à ;’abalir ; tout son parti dit comme :ui ; mais la conférence interprovinciale, où siégeaient M. Mercier et ses collègues, adopte une rérolution qui tend à faciliter l'abolition du conseil ; tous les libéraux font chorus.

L'ÆEtendard fait entendre une note discordante, mais c’est son habitude de chanter faux, il ne se retire pas du chœur et les autres le gardent,

In 1883, les libéraux blâment le gouvernement conservateur d’avoir eu recours aux mandats spéciaux, par une motion de M. Mercier secondé par M. Stephens (journaux de l'assemblée législa-

ss 08

Léa à es 150-151), et par une motion de M. Stephens secondé par ercier (pages 255-6). En 1884, ils reviennent à la charge par une motion de M. Marchand secondé par M. Mercier (journaux de 1884, pages 377-8); mais étant arrivés au pouvoir, ils dépensent par mandats spéciaux $180,090 (procès-verbaux 1888, pages 221-2).

M. Joly avait réduit à 83,000 Le salaire des ministres. En 1882, les conservateurs l'ont porté à $5,000 pour le premier ministre et $4,000 pour les autres.

Les libéraux s'y sont opposés, excepté M. Mercier qui s'est séparé de son parti sur cette question et qui s’est prononcé énergiquement en faveur de l'augmentation. Après 1882, les libéraux continuëérent de prêcher la réduction du salaire des minéstres. M. Mercier les imita, nonobstant son discours et son vote de 1882, Enfin, les voici au pouvoir, et ils sont tous d'accord: ce qui était trop pour les conservateurs n’est pas trop pour eux.

En 1882, lorsque le gouvernement Chapleau fit passer la 19i

ui impose une TAXE SUR LES CORPORATIONS COMMERCIALES, les libéraux s’y opposaient. M. Marchand parlant on leur nom, nous disait que cette taxe n'atteindrait pas que les riches, au’elle atteindrait aussi les pauvres, que les corporations txées se dédommageraient aux dépens du une, que la classe peu fortunée serait celle qui subirait le plus directement et le plus sensiblement l’effet de ces surcharges, etc. Inutile d'ajouter que ces messieurs déploraient la nécessité de la taxo directe et qu’ils profitèrent de l’occasion pour ptêcher l’économie, On trouve le discours de M. Marchand dans le rapport des débats, par Desiardins, pages 1480, 1481-82, et la motion qu'il fit, secondé par M. Mercier, ainsi que le vote, dans les journaux de l’assemblée législative, pages 322-353.

La décision du Conseil Privé qui donnait gain de cause au gouvernement fut ver due vers juin 1887. Dès le mois de juillet suivant, dans le comté de Laprairie, M. Mercier déclarait dans une assemblée publique qu'il prélèverait cette taxe ; il en prônait l'excellence, il disait qu'elle n’atteindrait que le riche, qu’elle diderait le cultivateur, le pauvre colon, qu'il était temps que les grands financiers des villes fussent obligés de contribuer au revenu public, etc. J'offre une récompense à quiconque pourra concilier ces discours et cette conduite des libéraux au pouvoir avec les discours et la conduite des libéraux dans l'opposition.

En 1881, M. Mercier disait dans l'assemblée législative :

‘“ Si le gouvernement fédéral achète le chemin de fer du Nord, ce qu'il ne fera certainement pas, et qu’il le paie 10 millions: que ferons-nous de ces dix millions ?

‘“ Nous NE POURRONS PAS RACHETER NOS DÉBENTURES, ELLES SONT PAYABLES À ÉPOQUE FIXE, et nos créanciers sont assez satisfaits de les posséder pour les conserver jusqu’à échéance.”

(Voir Desjardins, page 854.)

Er 1888, le même M. Mercier tient un autre langage. Il déclare au banquet du Club national, le 10 avril 1888, que les mêmes débentures peuvent être rachetées avant leur échéunce, sans égard à l'intérêt et à la volonté de nos créanciers. Il consacre le même principe dans son projet de loi, soumis pendant la session de 1888. Dans l'assemblée législative, il est pour la con7ersion forcée de la dette; dans le conseil législatif, il y renonce; mais enfin il fait passer sa loi avec la clause qui permet la conversion forcée. Plus tard, il écrit à Hanson Bros. qu’il n'entend pas convertir la dette forcément; et quelqnes jours après, à Coaticook, si Je me

FONSS alt x

rappelle bien, il fait un discours qui est généralement interprété comme une contradiction de sa dépêche à Hanson Bros. Comprenne qui pourra.

Edifices publics

En 1887, dans son discours sur le budget, M. Shehyn, parlant du palais législatif et du palais de Justice de Québec, se montre fort scandalisé de la différence entre l'évaluation primitive de ces travaux et ce qu’ils ont coûté; il accuse ses prédécesseurs d’incompétence, d’incvrie, d’ignorance ; C’est inexplicable, inconcevable, étrange, impardornable, etc. Il n’y a pas moins de cinq grandes pages sur ce ton !—(Voir Desjardins, 1887, pages 410 à 414).

Et dire qu'il y avait, dans le département des travaux publics, des états et des rapports qui expliquent tout d'une manière satisfaisante.

Mais passons. Nous allons voir les merveilles accomplies par ce trésorier modèle, Dans le même discours, il nous dit :

“ D’après les renseignements fournis par l'architecte du département des travaux publics et par M Lesage, le sous-commissaire, les $175,000 que nous demandons pour le palais de justice de Québec et l'hôtel du parlement sufiront pour finir complètement ces deux édifices” Sur ces $175,000, il y avait $100,000 pour le palais de Justice et $75,000 pour l'hôtel du parlement.—(Voir Desjardins, 1887, pages 465 et 468), k

Après avoir tant décrié son prédécesseur et s'être vanté sans épargne en 1887, le même M. Shehyn vient piteusement demander, en 1888, pour l'hôtel du parlement :

Budget supplémentaire pour l’année fiscale 1887-88, item 18... an NE Rate Ari Teese cab APCE $175,000 00 Budget général pour l’année fiscale 1888-89, item 209. 125,729 53

QÙ QUES. here deones less. 8300,729 53 de plus que 6e qu’il avait demandé en 1887 pour finir complètement cet édifice. Sur cette somme, il con- VONT 00 TOITAROMOP, Lever encessorvenve aus vcatestepe 95,090 00 qui ont servi à payer des réclamations antérieures, d'après ce que dit M. Shehyn. Le reste a été appliqué à des travaux nouveaux. M. Shehyn a COND CRDARE ele iiennnegénarert nette der 205,729 53 de plus que ses estimations üe 1887. Je le trouve bien puni de son injustice et de son orgueil.

Pour le palais de justice à Québec, il nous avait dit en

1887 qu'avec... Nr en dE fur ser sssssssees 100,000 00 Il finirait les travaux ; et cette année, il a demandé en

sus : budget supplémentaire pour 1887-88,item 19. $110,000 06 Budget général pour 1888-89, item 210... TS 42,133 59

Ce qui fait $8152,733 59 de plus. Comme notre trésorier est exact dans ses calculs |

D'après lui, sur cette somme, $8115,000 ont servi à régler des réclamations pour ouvrages déjà faits ; le reste, savoir : $37,733.59

Page 1