LES FINANCES DUSSES
OS reproches s'adressent à toutes les ca par MM. Wyschnegradski et Witte, alité, ne furent pas de véritables c< des prolongations d'échéance avec au| dérable de la dette publique. Eu reton lent momentané sur les annuités à paj> 'emières années, ces opérations ont ii allons futures des charges consid( vées. Avantageuses seulement pour 1( (S etles syndicats, elles ont été désastr tsor. La conversion des obligations 5 ique et des Emprunts d'Orient fut pi malheureuse puisque, au lieu de pay 5^ des annuités d'intérêt de 48 milli servir à perpétuité la nouvelle rente de roubles !
is sa réplique, M. Witte n'a garde de 1 its seuls le bénéfice réalisé par sa c faire miroiter aux yeux des profane î en apparence considérable, il ajouti ùi au service de l'intérêt. Nous avi ) cette manœuvre grossière, — cela n'f j ministre d'y recourir. Depuis quand ie l'amortissement annuel constitueimie réelle pour le Trésor ? C'est un une gêne momentanée peut lui faire
! qui se vante d'être étouffé par les Étaires, transformer une dette de 1 tissable en US ans en une rente per
eules font cicoptioQ la conversion des lettre Foncier mutuel (1887) et celle de l'Emprunt 6
lées ; en réalité — et H. Witte la reconnaît ■ .orlie cil 28 ans, ce qui aggrave encore notre :
' L ÉPARGNE FRANÇAISE. 3o
pour profiter des 16 millions de roubles B le service annuel de l'amortissement, ! UD crime n'admettant aucune circonsnte.
iation de ce chef subsiste donc tout entière.
Les deux suivantes, celle d'avoir converti à des taux insensés en fonds d'Ëtat les titres d'une société privée en déconfiture (le Crédit Foncier Central), et des titres fantaisistes, n'ayant ni valeur réelle ni existence légale (les actions de jouissance de M. Poliakof), M. Witteles passe entièrement sous silence. En quoi il a taison, car il ne pourrait qu'aggraver sa responsabilité en essayant d'expliquer cette dilapidation des deniers publics (il s'agit d'environ 200 millions de francs) au seul profit de tripoteurs privés. Il aime mieux se taire, quitte à s'avouer coupable par ce silence même.
En revanche, il est très prolixe sur la quatrième accusation, celle d'avoir cédé à M. Lippmann-fiosenthal rémission de 50 millions d'obligations de Wladikawkaz à un taux de beaucoup inférieur à celui auquel étaient cotés des titres similaires au moment de l'émission. On s'explique facilement pourquoi M. Witte s'étend si longuement sur une aiTaire d'importance secondaire et à laquelle nous n'avions consacré que quelqueslignes.Enlisantle 36 mai 189idansle Temps, ' journal français, l'annonce de l'émission de ces obligations 4 p. iOO au taux de 93 1/4, nous avons pensé qu'il s'agissait d'un taux calculé sur l'usance de la Bourse de Paris ; notre tort a été de ne pas lire l'annonce juBqu'aubout:lesmots « usance d'Amsterdam » y étaient indiqués. L'erreur — et c'est la seule que M. Witte ait pu trouver dans tout notre réquisitoire contre lui — n'a d'ailleurs pasgrandeimportance;elle
atténue la faute de M. Witte, mais elle ne l'excuse pas. Pourquoi avoir émis au taux de 87 I /8 ' des obligations 4 p. 100 de Wladikawltaz quand les obligations 3 p. 100 de la même ligne étaient cotées 88-89? Et, à ce propos, pourquoi M. Witte s'abstient-il si soigneusement de nous dire à quel taux il a accordé cet emprunt à M. Rosenthaiî C'est pourtant là ce qu'il faudrait savoir pour apprécier l'importance du cadeau fait par le Trésor à un particulier. En émettant les dites obligations 3 p. 100 à la Bourse de Paris, même à 87, M. Witte aurait économisé à l'État un demi pour cent d'annuité. Que le cadeau fait àM. Ro s on thaï soit de ' 9-10 points ou de 5-6 points (ces titres sont cotés actuellement au-dessus de 102), la dilapidation des deniers publics, pour porter sur une somme moindre, constitue néanmoins un acte délictueux. Les injures que les reptiliens du Bulletin russe nous prodiguent k propos de cette légère erreur retombent par conséquent sur leur patron.
En ce qui touche les élrangelés de l'emprunt 3 1/2 p. 100 émis en décembre à Paris, M. Witte n'ébauche , pas même un semblant de justiûcation. Il garde le même silence prudent au sujet des assurances concernant la question juive que nous lui reprochons d'avoir, transmises au nom de l'empereur Nicolas à la maison Rothschild de Londres pour obtenir son concours h cet emprunt. Sur ce point comme sur le précédent, le ministre passe donc condamnation. Bornons-nous à ajouter que l'événement a pleinement justifié le doute exprimé par nous (p. 97) sur l'authenticité de ces promesses. Aucune ne s'est réalisée, et ces jours derniers
1. Dans leur réponse (p. 91] MM. W da Vaux donnent comme (aux d'' naie [n' 4, 1894; le chiflïe indiqi
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M. Witte — quelle punition ! — a dû, sur Tordre du . tsar, édicter contrelesJuifsunemesure des plus graves l en principe et par ses conséquences possibles, en même temps que des plus vexatoires: nous voulons parler de la disposition législative qui leur interdit d'être actionnaires de certaines sociétés. Pris ainsi en flagrantdélit d'imposture, convaincu d'avoir abusé du nom de Tempereur, M. Witte a essayé de se tirer d'affaire par un nouveau mensonge : il a fait télégraphier en Europe par les agences à sa dévotion qu'il ne s'agissait que des Juifs étrangers. Or, l'oukase vise explicitement les sujets russes non chrétiens de naissance, A l'accusation d'avoir commis un acte de lèse-majesté par les renseignements inqualifiables donnés le 13 septembre à la Neue Frète Presse sur l'état du tsar défunt (voir p. 99 de notre livre), M. Witte, dans sa réponse officielle, n'oppose pas un mot. Mais ce journal lui-même, dans son numéro du 18 mars, m'a décoché un entrefilet injurieux qui simule un démenti. A première vue, cette note trahit sa parenté d'origine avec l'article du j9M//e<mr«s5e: ici et là c'est le même trait d'esprit sur l'orthographe de mon nom, qu'on tient absolument à écrire Tsionau lieu de Cyon; ce sont les mêmes faux-fuyants, les mômes injures et insinuations calomnieuses, le même soin d'éviter toute dénégation catégorique et d'atténuer seulement les déclarations de M. Witte. Déjà ambiguë par elle-même, la note de la NeueFreie /*rewe a été reproduite, dûment travestie, dans quelques journaux russes l}e Nouveau Temps entre autres), et elle a trouvé place parmi les extraits de la presse soumis au tsar. Notre réponse est très facile : Le lendemain du jour où la feuille viennoise a publié les nouvelles envoyées d'Abbazia sur la santé d'Alexandre III, les journaux allemands les ont reproduites en les attribuant tout naturellement
te. Nous citons comme preuve le Frankfurng du 14 septembre :
eits telegraphisch enviihnten, wohl durck Herrn atw Abbazia der N.Fr. Pc ûbermittelten Nachrir den GesundheitsïQstaud des Zaren lauten, etc.
te, aucun doute n'était possible sur l'origine iignements si confidentiels. Deux jours au- , la Nouvelle Presse Libre aiait publié un très ■etien avec M. Witte; résidant à Abbazia, le des finances avait cru devoir communiquer il le plus nissophobe du continent ses ^Ties )litique étrangère ' de la Russie et sur dix loses qui ne le regardent en rien. !1 était, ,1e seul liaut personnage russe séjournant i>bazia qui pût avoir des informations détaila santé de l'empereur et qui fût assez impu- ' les livrer h. la publicité. Au surplus, s'il s l'auteur de' ces déplorables indiscrétions, ne l'a-t-il pas démenti immédiatement?
ion était assez grave et en valait certaineleine.
squer un démenti direct, M. Witle, le 18 mars, jssi que nous avons mal rendu cette interview, loin d'être alarmante :
igramm, welches Qber den damaligen Stand wahru, berichtete wurde mit den Worten einyeleitet, ea
' était d'un goilt détestable : des iiuures â a la Bulgarie et da la Serbie, des plaisanteries da oi sur les tendances de la politique hongroise, sur les mcières de M. Weckerlé, etc., volli ce que M. Witle ■opo» de confier au reporter de la Neue Freie Presse, ii'il était en ce moment l'hûte da l'Aulrtche et que t il n'avait ni la compéteuce ni la situation voulues ■e avec autorité des jugements sur la politique etté-
l'épahgx'E française. 39
lige Nachrichten iiber dea Gesuadheits- 90 eingetrollen.
ne donnant des renseignements exacts ir commençait par ces paroles, que des Durables ven aient d'arriver sur la santé
wemières lignes de cette dépêche :
i temps s'était manifesté chez le tsar un ^que (Kôrperliche Herabstimmuag) qui e action nuisible sut non état mental (auf mmung schadiich einwirkte). Le tsar, t et grand, se trouvait immédiatement rche, il restait silencieux mime au milieu t perdu sa gaieté habituelle et avait mauiljse médicale a démontré l'existence de
létails tout intimes sur la manière de ailler du tsar, sur son entourage, etc.
s nouvelles que M. Witte considère elles très favorables h {tehr gûnstige ivorables, oui, elles l'étaient, mais seu- , qui se savait menacé dans sa position, imis de la Russie comme la JVeue Frète X de tout homme quelque peu versé médicales, les informations communi- ^itte équivalaient à la condamnation andre 111.
oir comment furent accueillies en uvelles très favorables » 7 Nous' lisons
ions sous toutes réserves le télégramme ivetle Presse Libre de Vienne sur la santé on est très inquiet à Pétersbonrg sur tsar qui ne s'est nullement amélioré et empiré, etc...
Aurions-Doue rendu infidèlement dan les paroles de M. Witteî Voici ce que (p. 99) :
A un moment où touL le monde ignorait < vite de la maladie, H. Wilte, tiré du oéan dre Kl, avait l'impudence de s'étendre dan d'un journal étranger sur la dépression m sèment physique et moral de son bienfaitei minurie qui le minait et les inquiétudes impériale.
Nous nous sommes setvi exactement termes que M. Witle dans son télégrami viennois, sauf que, par une discrétion nous avons supprimé les détails de la v tsar sur lesquels son ministre s'étendai samment.
Toutes les accusations contenues dans de notre livre restent donc absolumen s'en faut pourtant de beaucoup que r épuisé tontes les charges qui pèsent sui fait de son activité financière. Nous quatre types d'opérations dont chacun i spécimen particulier de procédés ruineu gor russe. II faudrait un volume spécial] en détail tous les gaspillages, tous les t constituent le fond même des opérations Rothstein. Contentons-nous de citer exemple plein d'enseignements sur 1 M. Witte et son prédécesseur ont dilapi publique au seul profit des intérêts pr étaient chers.
En 1890-1891 le colonel Bortkewitch [ conversions de M. Wyscîinegradski un documenté, oii il prouvait d'une manié:
que ces pseudo- conversions étaient e
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Trésor russe. L'auteur, avec un grande compétence, accentua enms plusieurs mémoires compléau tsar défunt. Naturellement ces causèrent une vive émotion à e monde ofHcrel. M. Wyschneans l'impossiliilité de réfuter des obtint du comité des ministres struction des ouvrages du colonel )re9sioii produite par ces travaux Ire m n'avait pas été aussi forte tre, c'est surtout parce que des hérissées de chiffres suivies de )éremptoires qu'elles soient, ne Les qu'aux professionnels de la
;s adressés par M. Bortkewitchau Vitte, il en est un que j'ai repro- ■ la gestion financière de M. Wys- J9) ; il est particulièrement acca-
sur les conversions, le colonel istement reproché à notre minist'oir accepté pour ces opérations js 36 kopeks or pour une livre moment de ces conversions, la de a roubles 28 1 /2 kopeks.
i été trompé sur cette parité par
montrant dans un journal fran- .■res sterling à Paris, ne lui avait lérence entre Londres court et ;e dernier la parité était réellekopeks. Mais c'est naturellement evait être pris pour base des calle parité de 6 r. 28 1/2-29 kop. »
schnegradski a-t-il réellement été dupe de Ère manœuvre de M. Rothstein? Nous en l'ancien ministre des finances était un calcupremier ordre et, même à supposer qu'au moment il se soit laissé tromper par son imment admettre quune fois son attention )ar le colonel Bortkew'itcli, il n'ait pas tiré la clïùr et demandé compte à M. Rothstein de de confiance? Or, le fait est qu'au contraire nué à se servir de lui pour ses opérations îs. L'erreur de 6 à 7 kopeks or par livre stertituait sur les deux milliards de francs des s 4 p- 100 dont il s'agissait alors, une perte ons de roubles or (24 millions de francs) pour russe !
te n'ignore pas, lui non plus, cette escroquemillions. D'ailleurs M. Rothstein s'en vante it comme d'un trait de génie qui lui a valu )articulière de la haute banque. Le fajt, du archi-connu dans tons les établissements de 'étersbourg et ailleurs. Pour quelles raisons TesM.Wittecontinue-t-iliiconfieràM. Rothsîocintionde ses opérations avec les banquiers ? Insister serait faire injure à la sagacité du
s nombreux tableaux de sa réponse, M. Witte : orgueil les chiffres des économies quel'Ëtat isparses conversions et sefaitgloire del'amédu taux auquel se capitalisent les emprunts puis 1887. Ce qu'il ne dit pas, c'est que cette ion a eu pour principaux facteurs, d'une part ement de l'épargne française à relever et à le crédit russe, de l'autre l'abaissement géné- X de l'argent sur tous les marchésdu monde, dernière circonstance la Russie a beaucoup
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moins profité qu'aucun autre pays (sans en excepter la Roumanie, la Turquie, etc.), puisque, comme nous Tavons prouvé ailleurs, les conversions se sont faites au cours moyen de 4,60 p. 400. Quant aux prétendues économies réalisées par ces opérations, elles consistent svrtout dans la suppression de Tamortissement et ne sont que temporaires ; par contre, en prolongeant de 81 ans les échéances des dettes ou en rendant cellesci perpétuelles, on a imposé aux générations futures des charges d'autant plus lourdes que, par le fait des conversions, le chiffre des engagements du Trésor s'est accru de plus d'un milliard et demi de francs I
Malgré cela, M. Witte ne sait pas résister au prurit des conversions ; il y a quelques jours à peine, sous le spécieux prétexte d'unifier la dette, il a entrepris de convertir les emprunts intérieurs 4 p. 100 en rente perpétuelle 4 p. 100, pour la somme de plus de 500 millions de roubles I Cette étrange conversion sans réduction du taux de l'intérêt ne peut avoir que deux buts: 1) gagner par an sur la suppression de l'amortissement quelques millions de roubles destinés à combler les déficits du budget, ce qui prouve combien fantaisistes sont les excédents de M. Witte ; 2) la conversion étant facultative et n'offrant par conséquent aucun avantage aux porteurs, il restera au Trésor un fort reliquat de cette nouvelle émission de rentes et Ton pourra s'en servir pour boucher les trous faits par le ministre des finances dans les caisses d'épargne...