LK3 FINANCES RUSSES
4) Les lettres qu'écrit M. Fiourens [voir ci-conti note) soDt encore des lettres de créance.
Inutile de dire qu'en aucun endroit de notre li' n'est question ni de M. Reutern ni de ses dix mille métrés de chemins de fer dans la Russie d'Euro que nous avons encore moins reproché à H. Wysc gradskide n'avoir pas sillonné en 1888 la Russied de voies ferrées.
M. Witte avec son système de mensonges, de h ries et de vantardise est tout entier dans cette ma de discuter le caractère incontestable de nos d ments officiels...
Un mot encore à M. Witte pour terminer.
Le ministre des finances se doute que je possëd pièces extrêmement compromettantes pour lui, cernant ses engagements enversI'Allemagnccerti participations aux bénéfices des intermédiaires el sieurs autres de ses exploits. J'y ai d'ailleurs fait sion à diverses reprises dans mon livre. Prévo avec raison que tôt ou tard une commission i quête s'imposera pour lui comme elle s'est imp pourson collègue M. Krivocheine qui. en compan des faits mis à sa charge, n'avait commis que des cadilles, il craint que je vienne déposer contre 1 s'efforce de m'intimider. Page 113, il veut me do à entendre quo j'aurais besoin d'un sauf-condià lui pour venir en Russie ! C'est comparer un pei dacieusement la Russie au pays des Kourdes. M; la dictature occulte que M. Witte exerce depuis < ans et quoiqu'il soit chef de la garde -frontière ri Dieu merci, les voyageurs qui se rendent en Ri ne sont pas encore réduits à la nécessité de lui acl des sauF-conduits. Vienne le moment de l'enqi je n'hésiterai pas, malgré les menaces de cet hou
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à me présenter devant la commission. D'ailleurs, j'ai pris mes mesures; depuis plus d'un an les documents les pins graves sont déposés en lieu sûr et, j'en avertis à mon tour ce faux chef de Kourdes, si je venais à disparaître ces documents seraient le lendemain rendus publics e% en même temps soumis au tsar...
i^. S. Avec M. "Witte on n'est jamais à bout |de surprises. Battu et pas content, il songe à prendre sa revanche par un de ces coups retentissants que nous ne saurions comparer qu'aux exploits des glorieux marins qui, la bataille perdue, réduits à amener leur pavillon, mettent le feu aux poudres et font sauter le navire placé sous leur commandement. Si la main de l'audacieux n'est pas arrêtée à temps, le Trésor russe sautera; — mais, moins héroïque que le commandant du Vengeur y M. Witte. quelque loin que l'explosion le rejette, surnagera certainement.
Voici de quoi il s'agit : Depuis plusieurs mois on donne mystérieusement à entendre que M. Witte projette d'exécuter pour le printemps une vaste opération à l'aide de son puissant syndicat, le même qui a émis le dernier emprunt 3 i/2 p. 100. Quelle peut être cette opération ? En quoi consistera le nouvel attentat contre les finances russes et l'épargne française? Quand, le 45 mars, a paru l'oukase impérial restituant à la Banque de l'État les cent millions de roubles or soustraits par M. Witte en mars 1893 (voir plus haut, Groupe A), l'attention a été éveillée par ce fait qu'en même temps deux millions environ de roubles argent ont été remplacés dans le fonds d'échange par des lingots d'or. Quelques journaux allemands, confidents habituels des vastes pensées du maître, ont immédiatement insinué que M. Witte se proposait d'établir à bref délai l'échange des billets de crédit contre l'or.
Nous avons haussé les épaules, jugeant M.
ihâme incapable d'une pareille folie.
Hélas 1 nous nous trompions. D'après des tions dignes de toute confiance qui nous a PéterBbourg, le téméraire ministre est, en e point de commettre cet acte, assimilable dai à un crime de haute trahison. L'or que H.
gradski a accumulé, au prix de si cruels dans les caisses de l'État, avait unedoubli tion : il formait le trésor de guerre indispe pays, vu l'incertitude de la situation pol Europe ; d'autre part, en cas de conflit sur h occidentale, il devait permettre à la Russie nuer le service des coupons à ses créanciers quand les ressources provenant des recet nières seraient taries ', Ce stock de métal constituant à la fois la sécurité de la Russie cipale garantie de l'épargne française, M conçu le projet de le dissiper à bref délai texte de rétablir la valula.
Ce n'est pas le lieu de soulever la grosse du choix à faire pour la Russie entre le bin et l'étalon unique. Pour un pays exportateu duits agricoles et possesseur de mines d'arg lées à l'enrichir du jour où la Sibérie sera rel rope par voie ferrée, l'hésitation parait in Et cela d'autant plus qu'aux termesde seseng envers les porteurs de roubles crédit, le Trt n'est tenu qu'à les rembourser en argent. Ui soucieux des véritables intérêts du pays depuis des années profiter de la baisse coi de l'argent sur tous les marchés du monde i ces engagements et rétablir le remboursem
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métal, et cela naturellement en entourant l'acquisition de Tangent nécessaire pour Topération des précautions indispensables afin d^éviter tout agiotage. Or, tandis que chez toutes les nations, y compris l'Angleterre elle-même, Topinion se prononce avec une force presque irrésî,stible en faveur du bimétallisme, M. Witte est entrain d'adopter l'étalon d'or et d'échanger contre l'or les roubles papier au prix de 67 kopecks par rouble, — si nos renseignements sont exacts ! Et quel moment choisit-il pour cette expérience périlleuse ? Le moment où l'agriculture russe agonise, où l'industrie et le commerce russes traver- , sent une crise terrible ! Nous avons reproduit plus haut des tableaux empruntés à M. Witte lui-même, qui démontrent d'une manière incontestable que, par suite de son désastreux traité de commerce avec l'Allemagne, le bilan des échs^nges internationaux devient de plus en plus défavorable à la Russie ; ses exportations de céréales décroissent dans une proportion effrayante, tandis qu'elle est inondée de marchandises allemandes.
Déjà le haut cours du change russe, artificiellement maintenu par M. Witte, favorise exclusivement l'agriculture et l'industrie germaniques : le rétablissement de l'échange annulera plus rapidement encore les exportations russes et livrera le pays complètement désarmé à l'invasion des produits allemands et anglais. En moins de deux ans tout l'or accumulé repassera la frontière pour s'engouffrer en Allemagne et en Angleterre.
Nous ne voulons même pas soulever ici la grave question du recensement général des roubles crédit en circulation, qui devrait forcément précéder toute tentative de rétablir leur échange, tentative d'autant plus insensée en ce moment que sur environ huit milliards