‹ Les finances russes et l'épargne françaiseChapitre 7 sur 15 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

M. Witte est accusé :

i''\i^ déguiser les déficits très réels du bu recourant à divers jeux d'écritures et surtout crivant conmie recettes extraordinaires les qui proviennent des rmpiunts; ce faisant, il l'empereur, le peuple russe et les créanciers é de la Russie sur la situation véritable.

2° De ne point chercher à équilibrer le bui une diminution des dépenses, mais, au c( d'augmenter sans cesse ces dernières, arrivéi ne parlerquedesdépensesordinaires)de83i.t)

ET l'épargne française. 21

en 1891 à 981.222.000 en 1894 et à 1120 000000 en

3*» De combler les déficits inévitables par des em-» pnints ouverts ou déguisés, par remploi dé sommes provenant des caisses d'épargne et par des émissions répétées de roubles crédit.

4° De ne tenir aucun compte de la situation économique désastreuse du pays, de l'agriculture qui traverse une crise grave, de l'industrie et du comnierce qui souffrent, enfin de l'épuisement général des forces imposables ; de dilapider les deniers publics avec une criminelle légèreté, d'accroître dans des proportions effrayantes les dettes de l'État, — et de pousser ainsi la Russie à une catastrophe inévitable.

Preuves à V appui : 1 ) des déficits et de l'augmentation de la dette publique : les comptes rendus du contrôle de l'Empire et l'analyse des budgets de M. Witte; 2) de la détresse pubUque: les divers rapports officiels sur les souffrances de l'agriculture et sur la crise que traversent l'industrie et le commerce russe, surtout par suite du traité de commerce avec l'Allemagne et l'Autriche.

Rappelons les chiffres principaux:

Le budget de 1891 se clôture par un déficit que le contrôle de l'Empire avoue être de 180977163 roubles. « La balance générale du budget clos s'établit ainsi à 180 977 383 r., excédent des dépenses sur les recettes ». (Règlement définitif du budget de l'Empire pour l'année 1891 ; rapport présenté au Conseil de l'Empire par S. E. M. le contrôleur de l'empire ; édition française, p. 51 ; les deux dernières lignes).

Pour le budget de 1892 le déficit avoué est de 139 millions de roubles. En effet, les dépenses ordinaires et extraordinaires ont atteint la somme de 1 1 25 455 707 roubles ; les recettes ordinaires et extraordinaires se

ées à H74 082 267 roubles; l'excéden erait donc de i9 626 560 roubles (34 mil )Our les recettes ordinaires). Mais dan xtraordin aires les sommes empruntée!

des budgets antérieurs entrent pour en )ns de roubles ; — le prétendu excède l'est donc en réalité qu'un déficit de lâS oubles en\iron. (Règlement définitif du Rapport du contrôleur de l'Empire i92, pp. 25, 54 et suivantes) .

innée 1 893 le rapport du contrôleur de '.

54) donne les chiffres indiqués dans >8), un excédent de 117 millions; dan; 88 emprunts figurent pour 162 millions mé est donc de 15 millions de roubles, nis de compter 19 millions de « reli 3S périmés » indiqués par le Contrû 'p, 54j, — ce qui donne en réalité un à lions de roubles,

)ort du contrôle pour l'année 1894 n'i é pubUé. Pour l'année 1895 M. Witte pr ; de 69421024 roubles qu'il se propoi )ar « l'encaisse disponible du Trésor », : le reliquat des emprunts faits en 18 pport du ministre des finances à Sa M:

ir, etc. p, 54.)

ces déficits officiellement avoués par le l'Empire, M. Witte, passant sous silen es recettes extraordinaires, parle tou.

[•apports officiels des excédents de ses 'en autorise pour augmenter considéi lépenses.

de ces procédés appliqués déjà avec s' k'yscbnegradski, nous l'avons signalé l'appui dans notre mémoire sur la ge

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de ce ministre. Les autorités s'en sont émues*, une commission du Conseil de l'Empire s'en est occupée dès 1892 et a abouti à un règlement confirmé par l'oukase du 4/16 juin 1894, qui mettra désormais un terme à ces irrégularités. Ce règlement est bien plus sévère encore pour le calcul des recettes que nous ne l'étions dans notre mémoire, puisqu'il compte même comme recettes ordinaires les annuités provenant des contributions de gjaerre {Bulletin russe, 1884, juillet).

Ajoutons que, contrairement à ce ç[ue nous avions fait pour l'examen du budget de M. Wyschnegradski, nous nous sommes, dans notre livre, abstenu de défalquer les rentrées résultant du rachat des terres des paysans et du remboursement des sommes avancées par l'État aux compagnies de chemins de fer; ces rentrées, à tort considérées comme receltes, déduites — dans le budget de M. Witte, — cela aurait encore augmenté d'une centaine de millions le déficit annuel. Pareille déduction eût été pourtant très légitime. The Fconomist du 3 novembre 1894 a encore relevé cette grave erreur dans les prévisions budgétaires de M. Witte. Ce dernier le sait bien, puisque dans le Bulletin russe du même mois il a essayé — vainement d'ailleurs — de combattre la thèse de la revue anglaise.

En somme, nous avons donc été trop bienveillant encore dans les calculs des déficits du budget de M. Witte.

Quant à notre assertion que pendant les trois dernières années la dette publique s'est grossie de trois milliards six cent millions de francs, nous avons également accepté comme valables les chiffres du Contrôle de l'Empire.

Que répond M. Witte à ces arguments incontes-

1. Ceci prouve que mes critiques de la gestion financière de M. Wyschnegradski avaient leur utilité pratique.

i\ LES FlNAFiCKS BUSSES

tables?Ilne peut ni s'inscrire en faux contre les cl; empruntés au Contrôle, ni essayer d'en changer unification. Il commence par un exposé très in rent intitulé : " Les secrets financiers » [p. 77' s'étend jusqu'à la page 81, mais qui n'a aucun rap même lointain, avec la question des déficits. End du désir trop évident d'émerveiller le lecteur, M. " cherche à insinuer que je l'ai accusé de ne pas quer exactement le chiffre de la dette, et peu à ) réduit la question à une comparaison entre la situ .budgétaire de 1887 et celle de 1895 :

Si l'on applique exactement le même procédé en ( concerne le i" janvier 189U et qu'on compare les t obtenus à huit années d'intervalle, on saura, manière certaine et sans qu'aucun doute puisse se jour, BÎ l'Étal russe est dans une meilleure siU financière aujourd'hui qu'il y a huit ans ou si, at traire, des déficits de trois cent millions de roubl succéda à des déficits de cent millions de roubles, permis de croire que ce procédé d'investigation, qui la portée de tout le monde, est le seul capable de connaître la vérité au public. Sauf un petit u< d'intrépides, personne ne lit les lourds in-quartc publie le Contrôle de l'Empire, et l'on ne peut vra exiger de cette institution qu'elle fournisse des do complètes sur. les finances publiques.

Cela permet à M. Witte de faire suivre son ei d'une dizaine de tableaux ardiiconnus où les i gements du Trésor au i" janvier 1895 sont com; à ceux de 1887. M. Witte n'est ministre que depuis la comparaison à établir était donc celle que avons faite, d'après le rapport du Contrôle, da chapitre III, entre les engagements du Trésor aul* .vier 1892 et ceux du 1*'' janvier 1$95. Du moin chiffres donnés par M. Witte diffèrent-ils des nt Nullement : dans le Bulletin rvase (p. 85) c

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63) c'est bien pour la dette métallique 'oubles, auxquels, il faut ajouter les le roubles du dernier emprunt 3 1 /2 luantàladelteen roubles papier, elle est «fusse de2764 627 539 de roubles (p. 89) (3875378803 de roubles (pp.60et62) ; la ient de ce que nous avons, à l'exemple : l'Empire, ajouté la dette ne portant pas résulte de l'émission de roubles crédit lar un dépôt d'or,

e occasion que la somme de 1882872438 représente même pas tous les engage- 'résor : plusieurs empn.mls]de chemins par l'Etat n'y sont' pas compris. Dans oubliée récemment par le ministère des distribution des fonds russes en Russie le total de la dette métallique du Trésor 120 millions de roubles. Nous ignomillions de roubles de l'emptunt 3 1/2 dans cette somme. Sur ces 2120 milles du fonds métalliques, 12 p. tOO se issie....

M. Witte ne conteste ni l'élévation de l'augmentation considérable de la dette s'est accrue de plus de 3 milliards de ; sa gestion (1).

il est vrai, ajouté que les emprunts ne 30ur couvrir les déficits réels, beaucoup blés que les déficits avoués et que, pour . Witte est forcé de recourir à l'émission édit et à l'emploi des sommes déposées ts d'épargne. Ces deux points, sans être ntestés, semblent être mis en doute par le a impression, p. 02, ligue 6, me fait dire, roiifi/es au

Nous reviendrons sur la question des a propos du chapitre VI. Pour les < I, les doutes du ministre ne surfisent pas. Lui $ue tant les tableaux, il aurait dû eu ajouter , ou deux pour nous renseigner sur l'emploi

déposés dans ces établissements, 'itte se montre singulièrement avare d'expli- 1 sujet des déQcits, par contre, à propos d'un ité au chapitre III, il s'étend fort longuement jstion très grave du drainage de l'or français

presque exclusif des Allemands et autres réanciers de la Russie à l'étranger. Nous ne as pas mieux que de le sui^Te sur ce terrain, plus que dans presque tous les chapitres de e nous revenons avec insistance sur l'abus fait de l'épargne française.

)us la lettre F. que M. Witte consacre les 99 à ce reproche.

lions reproduire in-extenso le texte de sa fin que le lecteur fasse plus amplement con-

avecla littérature ministérielle. M. Witteest rdans son style : éciite en russe médiocre sa perd rien de sa saveur dans la traduction en s mauvais heux faite par G. B. V; au contraire. uonvénienU de ne pan écrire noi-métne Us livrer : ' Ce que la Russie a fait des milliards empmntén

a employés exclusivement ou presque exclusiracheter d'anciens emprunts placés en Aile- Hollande et en Angleterre.

nte m'échappe. M. Witte veut-il danner à enlondi'e >i, signù le livre d'un autre ou que G, B. V. a signa ? Dbds le premier cas c'est une insinuation aussi que liétc; M. Witte aurait autant de peine à déai- B que moi A le deviner.

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Suivent des passages de mon livre (pages XI, XXXII, XXXV et suiv.) qui prouvent à l'évidence rexacjitude de mon affirmation.

Elle les a employés à combler les trous béants du budget.

Cette fois , , les passages de mon livre cité par M. Witte ne répondent nullement au titre. Deux citations comme exemple :

Page 80 (de mon livre) :

Les 600 à 700 millions empruntés annuellement par* M. Witte pour les besoins généraux sont loin de répondre à la totalité du déficit annuel.

Page 61 :

Il en résulte que, suivant les données officielles, pour l'année 1892, la première année du ministère Witte, 267 millions de roubles, soit environ 700 millions de francs, ont été dépensés pour les besoins budgétaires.

Les autres citations se rapportent également aux constatations de déficit Ne pouvant les contester, M. Witte affecte de les réfuter indirectement parles pitreries que nous allons citer intégralement.

F. Ce que la Russie a emprunté en France depuis 1887, et ce qu'elle a fait du produit des émissions.

Une même somme peut servir à divers usage. Si Mondor, comme disait Bastiat, a accepté une lettre de change de mille francs et emprunté sur parole mille autres francs, il pourra avec mille francs faire honneur à sa signature ou à sa parole; il pourra même, manquante sa parole,. donner mille francs à M. Portalis pour que cet écrivain le laisse tranquille. C'est efi songeant au. Choix, à la possibilité de* convertir à son gré son argent en terres, châteaux, mai-

s» LES FINANCES RUSSES

sons, bijoux, qu'un avare célèbre voyait tou; monde renfermés dans son coffre-fort.

Ea'revancbe, une mt-ine somme ne saurai cas, AVOIR SEBvi (pour la totalité) à des (insd mille finança de Monder ont été versés à M.

l'ont été ni au garçon de la Banque de Fra obligeant.

Pour machiavéliques et habiles qu'aii MM.WischnegradskietWitte.ils n'ontpuaTCC de francs empruntés en France (flattons la ma

o) Racheter au pair huit milliards de frt tiens (voir ci- contre);

6) Boucher chaque année pendant huit ans (fétaire béant et d'un volume moyen de 1 mil contre);

c) Dépenser annuellement des centaines de quoi? de francs, de roubles, de livres sterli de roupies?) 'à maintenir le rouble a sa v( (voir ci-contre).

Ils ont dû faire un choiï : racheter des ol échues ou jeter en pftture au budget les *ag( et de napoléons que la France leur expédiai

Les faits se sont passés tout autrement que croire M*»*.

l" En I88B (comme aujourd'hui d'ailleurs).

blique russe libellée en roubles papier se troi exclusivement [pour Ies9/f0 au moins) placéi même. Depuis 1886, la quantité de ces titre de Russie a certainement diminué.

2» En 1886 (comme aujourd'hui) les 7/8 e dette métallique russe — obligations créées par TÉtat — se trouvaient à l'étranger (AUem. Grande-Bretagne, Pays-Bas),

L'annuité iÎ'intÉhét de toutes les valeur émises ou garanties par l'Etat russe est d'em lions de francs. Cette annuité correspond à ) minai de huit milliards de francs.

Les 7/8 placés à l'étranger se subdivisent ai

France et Belgique !?) do 5 à 6

Hollande de 1 à 1

Allemagne et Angleterre le reste.

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De ce qui précède et des tableaux que contient le présent numéro du Bnlletin, on ipeut tirer les conclusions suivantes :

Les milliards de francs que la France a dépensés depuis 1887 (3 à 3 1/2 environ) en acquisitions de fonds russes ont été INTÉGRALEMENT employés par l'État russe à racheter en Allemagne et en Angleterre d'anciennes obligations et actions émises ou garanties par lui, les rachats ont eu lieu, non pas à des conditions désastreuses pour le Trésor, mais au pair (obligations) et en conformité des statuts ou en vertu d'un accord dûment accepté par les assemblées générales (actions). Le gouvernement russe ne pouvait cependant pas, pour le seul plaisir de justifier par avance les assertions de M***, faire banqueroute ni offrir 33 ou 80 p. 100. Dans le Nord, ces idées lumineuses ne viennent à personne.

Rien n'est plus pénible que de voir un pitre, ayant les larmes aux yeux et la mort dans Tâme, battre l'estrade et grimacer le rire pour amuser le public. C'est ce lamentable spectacle qu'offrent ces deux pages. Rappelons que ces niaiseries grossières s'étalent dans un recueil officiel et que le pitre est le ministre d'un grand empire. ^

Rectifions d'abord quelques assertions inexactes. Contrairement à ce qu'affirme Taliaéa 1 , il est exagéré que 9/10 de la dette publique en roubles crédit se trouvaient en 1886 en Russie même, et cette quantité a augmenté depuis. Labrochure du ministère des lîilances sur la distribution des fonds russes dans les caisses publiques, dont nous avons parlé plus haut, n'accuse pour la Russie que la moitié environ, c'est-à-dire o/iO.

Ce ne sont pas 5 à 6 milliards de Isi dette métallique qui se trouvent en France, mais, d'après des données officielles françaises, 6 1/2 milliards. Mais nous ne chicanons pas M. Witte pour si peu. Sur 8 milliards, un milliard se trouve en Russie, 6 en France, 4 à 1 1/2 en Hollande, « le reste placé en Allemagne et en Angleterre » est donc zéro 1

i» LES FINANCES" BUSSES

Mais nous n'avons jamais ditautrechose ! D'ailleurs, la conclusion citée de M. Wittèest identique à la nôtie, témoin les lignes suivantes de notre Avant- Propos

(p.xxxiil,qu'ilreproduit âla page 96 du Bulletin russe et qu'il prétend réfuter par son exposé :

Voilù. pourquoi les trois millions et demi empruntés en France [par H. Wyschnegradski) furent exclusivement etnpioyéi à racheter aux Allemands nos anciens emprunts... et pas un d'eux [les emprunts faits en France) n'a été effectué pour les besoins intérieurs de la Russie.

A la page 97 du Bulletin russe, M. Witte dit dans une note qui se rapporte à l'alinéa c :

Depuis 1887, il n'a jamais été expédié de France en Hussie ni une pièce d'or, ni un lingot.

Parbleu ! Dans l'Avant- Propos de notre livre, pages X et XI, nous disons textuellement :

En laissant de côté l'enrichissement des intermédiaires (m'c) qui prélèvent la moitié sur les bi^néfices des syndicats ctiargés d'exécuter les plans de MM. Witte-Rothsteio, l'effet principal de ces opérations est de faire passer les milliards de l'or frcmçais en Allemagne.

M. \Vitte cite ces lignes à la page 96 — en suppprimanl, et pour cause, ce le prélèvement de la moitié sur les bénéfices des syndicats » par ses intermédiaires.

Quel est donc le but de cette prétendue réfutation qui, au fond, confirme rigoureusement toutes nos accusations ? 11 est aisé k deviner. Au cours de sa réponse, M. Witte s'est bien gardé de justifier ou même d'expliquer ses sorties haineuses contre la France que nous avons reproduites dans le chapitre I!. Le fameux reptiHen berlinois Gravenhoff (voir page x de notre

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ipos), qui a collaboré au factunt publié dans n rmse, n'aui'ait pas permis au ministre r ses associés berlinois. Aussi M. Wilte, : nous de noire ingratitude envers la France, a malheureuse tentative de nous réfuter sur atin de démontrer que la Russie ne doit 'rance.

même tactique lionteuse qu'il avait déjà dans son rapport adressé à l'empereur le 1893 : il y exaltait les bienfaits des traités srce conclus avec l'Allemagne et l'Anglelébrail le relèvement du crédit russe — cela e prononcer le nom du pays qui, en 1887uvé ce crédit d'une catastrophe irréparable l, depnis ce temps, le soutient en mettant les à la disposition du Trésor à chaque nou- Et Dieu sait s'ils sont fréquents [

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