‹ Les financiers d'autrefoisChapitre 1 sur 30 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Et ce qui le prouve, c'est que Fouquet a eu, comme on le verra, d'illustres défenseurs qui étaient les plus honnêtes gens du monde. Aujourd'hui, l'opinion publique paraît être plus sévère, mais nous voyons bien des faits qui nous font douter de sa sincérité.

C'est à titre d'homme fastueux, de grand dépensier, que nous avons placé ici le surintendant Fouquet, c'est par là seulement qu'il se rattache à notre galerie. La source de ses richesses a été discutée et condamnée parce qu'il avait la garde de la fortune publique ; les financiers, dont nous parlerons après lui, n'avaient pas les mêmes responsabilités, et ils échappent sous ce rapport au blâme de l'histoire. Mais ilsn'ontpas échappé aux moqueries et aux sarcasmes. Le théâtre s'en est emparé, et Turcaret est devenu le type de ces financiers grotesques si souvent mis en scène avec leur gros ventre , leur habit de brocart d'or et leur canne à pomme d'or, gonflés de vanité, confits dans leur imbécillité, toujours bafoués, toujours dupés et volés. De là est né, à la Comédie-Française, l'emploi dit des financiers.

La toile des théâtres se décore quelquefois d'une inscription latine composée par le poète Santeuil : // corrige les mœurs en riant, mais cette devise est illusoire, et, comme l'observe Topffer, il serait peut-être plus vrai de dire de la comédie qu'elle corrompt les mœurs en riant. Au surplus c'est là le moindre souci des comédiens et des auteurs dramatiques ; leur véritable objectif a toujours été d'amuser ou d'intéresser le public, de le faire rire ou pleurer, n'importe comment. Le succès est à ce prix ! Turcaret était une

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