‹ Les financiers d'autrefoisChapitre 30 sur 30 · DEUXIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SÉRIE

Camuzet. — Ancien notaire, est nommé fermier général eu reconnaissance d'un service rendu à M""^ de Châteauroux 287

Saint-Amant. — Fermier général, marie sa fille au fils du comte de Grignan, déboires qu'il en reçoit; sottise delà belleM^'deGrignan relevée par Saint-Simon ; la fille de Saint-Amant, devenue veuve, vécut comme une sainte dans la retraite 288

Roussel. — Fermier général, était un curieux d'objets d'art, actionnaire fondateur de la manufacture de Vincennes. Sur un mot du roi il achète La Celle à M""^ de Pompadour ; propos que l'on prête à cette dame. Roussel se trouve ruiné en 1768 ; ce qu'il avait dissipé au dire de Collé 289

BouLLONGNE OU BouLOGNE. — Créolo de la Guadeloupe, fermier général, curieux de médailles, protecteur de Ravenot et de Piron ;vers de Piron à M'"^ de Boullongne. Le fameux mulâtre, chevalier de Saint-Georges, était fils de M. de Boullongne. Ses succès en tout genre ; aventure mystérieuse où la police est mêlée et qui reste étouffée 290

Randon de Boisset. — Fermier général, occupe un rang élevé parmi les curieux. Il échange son emploi contre celui de receveur général ; appréciation de Diderot manquant de vraisemblance, Naigeon avertit de se méfier de ses jugements. Randon de Boisset, collectionneur en différents genres, avait commencé par les livres ; il les avait en double, les uns pour la montre, et d'autres exemplaires pour la lecture; ses voyages en Italie et en Flandre avec le peintre Boucher, dont l'amitié le guide dans ses acquisitions de tableaux et dessins. Son hôtel bâti par Gabriel ; sa vente en 1777, somme énorme qu'elle rapporte 293

Hatte. — Fermier général, créateur d'Ermenonville, où son gendre, le marquis de Girardin, donna l'hospitalité à Jean-Jacques jusqu'à la fin, par un prodige de patience ; caractère énigmatique de Rousseau; sa mort même est une énigme. Pèlerinages philosophiques, moins nombreux aujourd'hui, à l'île des Peupliers où était la tombe de Rousseau. Hatte avait un hôtel rue Neuve-Luxembourg, no 43 296

Fontaine de Cramayel. — Fermier général, fils de fermier général, était beau-frère de Jean-Benjamin de La Borde. Il achète l'ancien

château féodal de Cramayel-en-Brie, modifié par Boffrand au goût du iviu'' siècle. Le président de Mesmes y avait reçu Louis XÏV; vastes proportions du Parc ; richesse de l'ameublement. Le fermier général Fontaine y construit une salle de spectacle pour les artistes de la Comédie-Française ; La Borde y montait des opéras ; vogue des fêtes de Cramayel ; on couchait dans les voitures. Défense fut faite aux comédiens de jouer hors de leur théâtre, ce qui mit fin aux représentations de Cramayel. En même temps s'ouvrait près de là le théâtre de M°'= de Montesson. Un obélisque est tout ce qui reste de Cramayel 297

FaiBois. — Fermier général, beau-père de Berryer, garde des sceaux. Son dédain pour les charges de Cour, n'estimant que l'emploi des Fermes. Ce qu'était cependant la haute domesticité dans la Maison royale, suivant l'ancien régime 300

D'Arlincourt. — Fermier général. Son dévouement au comte de Provence. Il périt sur l'échafaud, et son père aussi, quelques jours après. Ses deux fils, l'un général, l'autre écrivain ; ce dernier resté fameux par la bizarrerie de son style et qu'on appelait Vinversif vicomte ; exemples plaisants de sa manière d'écrire; se comparait à Chateaubriand ; il usait de mille moyens pour répandre ses écrits; son extrême amabilité rachetait ses ridicules 300

M™" DE Sainte-Amaranthe. — Veuve d'un fermier général au moment de la Bévolution. Froide cruauté des hommes de 93, moins exaltés qu'habiles à exploiter les passions populaires. Complaisances de M""^ de Sainte Amaranthe ; un salon sous la Terreur, soupers exquis ; Robespierre, l'un des habitués, s'oublie un soir à dévoiler ses projets ; au réveil, tous ceux qui l'ont entendu disparaîtront : M™'* de Sainte-Amaranthe sont aussitôt arrêtées, condamnées et exécutées, revêtues de chemises rouges. Récit romanesque du comte de Tilly au sujet de ces deux dames: son ardent royahsme, son distique sur Louis XVL Beauté des dames de Sainte-Amaranthe, leur fermeté dans leur supplice; propos cynique de Fouquier-Tinville 302

M. DE Chalut. — Ancien fermier général, avait pris avec sa femme une petite fille aux Enfants-Trouvés. Il l'élève, la dote et la marie. Plus tard, il lui fait présent de 100,000 écus : emploi touchant que la jeune femme fait de cette somme 305

Le Luxe. — La somptueuse hospitalité des fermiers généraux réunissait la noblesse et les classes lettrées; avantages qui en résultaient pour les uns et pour les autres; les hommes de lettres quelquefois ingrats, réflexion de Duclos à ce sujet. La richesse s'honore par l'emploi qu'on en fait. Voltaire réfute La Bruyère: L'argent dans les coffres, sottise; la dépense et le luxe sont la marque d'un

puissant Etat; Montesquieu rappelle les obligations imposées aux riches chez les Grecs. Satire du Mondain, corrigée par la défense du mondain; apologie du luxe; la richesse, agent nécessaire à l'ami des arts. Un sermon du P. Hyacinthe. Les anciens financiers fidèles à la loi de charité chrétienne. Observation de M. Clément sur la durée éphémère de ces fortunes rapides ; cependant beaucoup de noms de fermiers généraux se sont continués jusqu'à nous 307

La T.^ble. — Caractère particulier de la table au xvme siècle; tout-autres étaient les repas fastueux de Louis XIV et de son siècle. Le maréchal de Boufflers au camp de Compiègne. Le fameux Vatel était-il un vrai héros de la gourmandise? M"^*^ de Sévigné parle de la table en vraie gourmande, mais son époque comptait surtout de gros mangeurs. L'abbé de Chaulieu admirait l'appétit des Polonais ; il s'attache au duc de Vendôme ; détails qu'il donne sur les repas copieux de ce prince, qui finit par en mourir. Le duc de Nevers ; la qualité sacrifiée à la quantité ; un cordon-bleu au marché. Les petits soupers du Régent ouvrent une nouvelle ère à la table. Marie Leczinska et ses goûts polonais, qu'elle communique au roi ; fausses légendes à ce sujet. « Le roi revient. » Luxe d'orfèvrerie de table; supériorité des orfèvres français. Le grand- duc de Russie à Chantilly. Décor d'un surtout décrit par Mercier. Grands airs des fermiers généraux; M"^ Roland s'en montre froissée ; récit d'une visite faite avant son mariage et d'un dîner à la table d'office d'un fermier général ; la roue de la fortune lui permet de prendre sa revanche ; un refus d'anoblissement lui donne la haine de la noblesse. Physiologie du parasite, le plus agréable des amis ; mais n'a pas de parasites qui veut ; l'art de tenir une table ou un salon 313

L'hotel des Fermes. — Vers la fin du xvii' siècle les fermiers généraux achètent l'hôtel Séguier. Divers noms donnés antérieurement à cet hôtel par ceux qui l'avaient possédé; reconstruit par Du Cerceau, pour le duc de Bellegarde, grand écuyer; agrandi ensuite et embelli par le chancelier Pierre Séguier qui y réunissait l'Académie française, nouveaux changements d'appropriation pour les fermiers généraux ; cet hôtel devient leur prison. Acheté en assignats par le comte de Redern et le comte de Saint-Simon. Entreprises expôrimentahlcs de ce dernier ; sa singulière démarche auprès de .M°« de Staël, son système d'hiérarchie des capacités ; les adeptes finissent par se bien caser, mais l'inventeur du système n'en profita pas. L'hôtel des fermes fut converti en salle de spectacle avant de disparaître; il n'en reste plus rien aujourd'hui 327

Les MuNiTioNNAiREs. — Au début du xi\^ siècle deux spéculateurs.

Ouvrardet Séguin, ont acquis une notoriété exceptionnelle. C'était l'ère des fournisseurs militaires qui s'enrichissaient de nos succès^ et plus encore de nos revers ; leur lutte avec Napoléon. Ouvrard et M'°5 Tallien; protection réciproque; Notre-Dame-de-Bon- Secoiirs^ ses maris et sa fille Thermidor. Ingénieux expédient financier qu'Ouvrard propose à l'Espagne pendant la guerre. Napoléon le traite d'abord fort mal, puis a recours à lui dans les Cent jours. Ouvrard concourt à la libération du territoire; il improvise des fournitures pour l'expédition d^Espagne ; accusé sans preuves ; aperçu de son immense fortune. Son association avec Séguin qu'une découverte scientifique avait enrichi ; liquidation difficile qui s'ensuivit, leur lutte légendaire au plus rusé et au plus tenace. Séguin esprit bizarre ; ses deux principales manies ; chevaux en liberté dans un jardin; un massacre de violons; les feux d'artifices de Jouy. Impertinence au sujet de ses chevaux. Malgré les excentricités d'Ouvrard et de Séguin, ce n'était plus le type des fermiers généraux du xvm° siècle. Descendance de ces

deux munitionnaires 333

Epilogue. — Changement produit par les mœurs modernes relativement au rang des financiers dans l'échelle sociale ; prestige actuel de l'or; les prétentions nobiliaires n'en subsistent pas moins; la vanité humaine est indestructible ; ses bons et ses mauvais effets 343

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