‹ Les Fléaux nationauxChapitre 19 sur 23 · I.'.M'IAISSKMI \ I MOKAL · texte numérisé non relu

I.'.M'IAISSKMI \ I MOKAL

obscure la vivifiante lumière <l<' la vérité. Dans cette vaste et difficile entreprise, c'est d'abord, c'esl surtout aux jeunes générations, c'est à l'enfant qu'il faut s'adresser, car non seulement il est l'avenir, mais encore il est peut-être, aujourd'hui, le plus visé et le plus entamé. On doit, partout où on le peut, veiller à ce qu'il n'entende à l'école aucune leçon, aucune parole qui puisse affaiblir en son àmc la foi patriotique ou la foi religieuse, à ce que la neutralité scolaire, en un mot, soit, à son égard, observée rigoureusement. Il convient aussi d'insister pour que les vérités métaphysiques et les doctrines spiritualistes, fondement de l'idée du devoir et base de toute morale pratique, ne soient jamais exclues de renseignement.

Dans tous les cas, la formation intellectuelle et morale de l'adolescent, du jeune homme importe au moins autant que celle de l'enfant, <il c'est à l'assurer dans des conditions favorables qu'à l'heure actuelle il est peut-être le plus nécessaire et, en même temps, le moins diflicile de travailler. Patronages, sociétés de gymnastique, sociétés chorales ou musicales, sont autant de moyens très simples et très modestes assurément, mais souvent efficaces, de les préserver de la corruption et de les éloigner du cabaret. Ces institutions excellentes cl faciles à multiplier ne sont pas encore, à beaucoup près, aussi nombreuses qu'elles de-

vr aient l'être : elles réclament de nouveaux <l actifs dévouements.

Plus utiles encore sont les cours complémentaires, les cours du soir, les cours d'adultes et les conférences populaires. Là, plus librement et plus utilement que partout ailleurs, on peut parler à lame des enfants du peuple, au moment où ils arrivent à l'âge d'homme : on peut leur révéler les grandeurs de la patrie, les entretenir surtout de ses infortunes récenles; on peut fixer leur attention sur les grands aspects de la vie, sur les merveilles du monde physique et moral, leur faire comprendre le sens véritable et le but de notre existence les grandes et admirables lois qui la régissent, l'harmonie sublime qui règne dans l'univers. Un tel enseignement devrait être organisé partout, jusque dans le moindre village, et il sérail d'autant plus efficace qu'il serait donné plus simplement, sous forme de causeries familières plutôt que de conférences, mais en parlant toujours de ce principe que tout esl à faire dans cet ordre d'idées, que les notions les plus élémentaires et les plus indispensables sont, la plupart du temps, oblitérées dans l'esprit deauditeurs. Puis, comme complément de cette propagande orale, la propagande écrite : la composition de tracts, également simples, familiers et courts, s 'attachant à démontrer les vérités les plus essentielles de la religion natu-

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relie el de la morale; la rédaction de journaux populaires, combattant sous une forme alerte les ide'es antisociales; enfin et surtout, l'organisation d'un système, actuellement nul nu incomplet, de colportage et de vente nécessaire pour assurer la diffusion de ces écrits : voilà tout un ensemble de travaux amplement suffisant pour donner un aliment aux activités sommeillantes ou en quête d'emploi.

La besogne est humble, assurément; elle est modeste, elle peut paraître rebutante, et deobservateurs superficiels seront tentés de la juger stérile. Il n'en est rien, cependant. C'est par une série d'efforts locaux, patients, ténus en quelque sorte, mais persévérants et continus, c'est par ce travail de termites que l'on pourra peu à peu entraver, contreminer, puis arrêter cet autre travail de termites qui s'accomplit peu à peu, sous nos yeux, on pourrait presque dire sous nos pieds, au milieu de l'indifférence générale, et qui pourrait bien, quelque jour, nous faire une France affaiblie, démoralisée, divisée, énervée, toute prête à devenir la proie de la guerre sociale ou de la conquête.

Pour la préserver, pour nous préserver d'un poreil désastre, quel est l'effort devant lequel on reculerait ? Quel est l'obstacle qui pourrai! coûter ? Quel est le sacrifice qui pourrait paraître excessif?

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