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t Recette à faire des pierres artificielles, ou à construire des bâtiments avec la sciure de bois. Ces constructions ne coûtent que 1/15 des murs en pierres de taille; donnent des habitations fraîches en été et chaudes en hiver, très-salutaires, parce que les courant» de la chaleur sont évités; et, comme un quintal de sciure fournir l'équivalent de dix quintaux de pierres, les ôdi-
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fices p'pn^ gq'pw charge ralitfvepaent insignifiante à supporter. •*"» Prix : 80 inm, »
11 y a quelque temps, pn savant i fortement ébranlé 1$ préjugé des engrais.
Quelques chimistes industriels avaient vendu fort cbètftgept des engtfi* ping ou majps «rtifeiels, plos ou qoins artificieux, plus 09 main* ipefïieftaes, -* lit y avaient gagné beaucoup d'trggpt. îfoe société se fonda 4jprs pour Y^ndf» lç ggble fa l'OflAm* sots le 40m de Société Taiywiire t
Il y avait ppy ftpt$ (fefl# l'organisation dp cptte so» ciété, — elle efflpptait trop sur les mafées. -rivant de vendre le sable de la mer, elle eôt dft vendre d'abopd la Wr ollfomê»*; qqetapi* peu de choie qufon l'eût vendue en litre, or en aurait tiré beaucoup d'argent; -«* puis oettP première opération aurait singulièrement facilité la seconde* en mettant le sçble à découvert.
Un afticle que je publiai alors dans le Siècle : Étude sur les engrais en général et sur la tangue en parti* culier, — passa pour l'avoir pas été étranger à la dissolution de cette société. Quelque inefficaces que fussent les engrais, quelque inerte et sans valeur que fût la matière dont on les composait , — cela cofthlt encore quelque chose* -*« ot ne permettait par de gfijfn'jr plus de 4,600 pour \QÙ dans cette industrie. — Op *eofflnio ces industries-là n'ont qu'une courte durée, comme, d'ailleurs* il n'est plus d'usage de séduire la Fortunée
force de petits soins, de beaux soupirs et de persévérantes et respectueuses ardeurs, — mais bien de la violer, — ce moyen demande à être perfectionné.
Un aulre savant, alors, vendit l'art de se passer d'engrais.
MM. Leucbs et e comblent aujourd'hui une remarquable lacune : ils attaquent le préjugé de la terre, et vendent l'art de s'en passer.
Jusqu'ici, la culture de la vigne était soumise à de grandes difficultés. Il fallait planter la vigne sur des coteaux, et, sur certains coteaux, il fallait tailler, fumer, vendanger, etc. — Tout cela prenait beaucoup de temps, et exigeait beaucoup d'argent.
Si vous vouliez vendre du vin, on vous disait grossièrement : c Plantez des vignes. » Autant dire à un homme qui veut se moucher : c Attendez un moment, je vais semer du chanvre pour faire de la toile. — Monsieur, avait envie de répondre le spéculateur, me prenezvous pour vigneron, pour paysan ? Je suis homme qui veut faire sa fortune, voilà tout. »
Si la terre est un préjugé, la vigne est une routine; en effet , ne serait-il pas honteux que l'esprit humain en fût encore à faire le vin comme on le faisait du temps de Noé, c'est-à-dire servilement avec du raisin, — et quel raisin ! du raisin produit par des vignes ; . — et par quelles vignes! des vignes plantées routiniôrement clans la terre ; — et quelle terre ! — do la
terre qui s'éparpille aux quatre points du globe, des vignes qui toutes sans exception sont à la campagne, c'est-à-dire hors du mur d'octroi, c'est-à-dire ayant des produits soumis aux droits du fisc ; des vignes souvent malades qu'il faut soigner sans cesse, — et qui rappellent la femme... je neveux pas dire de qui... tandis que la culture en chambre, remplaçant la culture en coteaux, supprime et la maladie de la vigne, puisqu'elle n'exige pas de vignes, — et les droits d'entrée, puisque le vin n'entre pas; «— la production du vin devient alors à la portée de tout le monde.
Vous louez à bon marché un vignoble de garçon, au troisième ou quatrième étage, — et, là, vous faites du très-bon vin au prix de 10 centimes. Si vous faites le commerce en grand, — vous prenez un appartement plus vaste ; cet appartement, déjà divisé en chambres, vous le divisez ep crus. — - Sur la porte de la cuisine, vous écrivez : « Château-margaux ; » — sur celle de la salle à manger : c Muscat de Lunel ou de Frontignan; » — sur la porte de la chambre à coucher : c Champagne ou saint-péray, ou chablis mousseux ; » — sur le salon : c Madère, malaga, marsala ; » — sur la porte de la bibliothèque : « Tokay, lacrima-christi, » etc., etc.; vous avez ainsi tous vos crus au môme étage et sous la même clef.
Arrière, bien loin arrière, —celui qui vendait le moyen de se faire 3,000 livres de rente avec des
15f 1*88 FLEUR*.
lapins | -*- D'abopJ, qui flftftg qui peut yivra aujonr- 4'huj avec 3.0QQ livrq# fr fô»te?-r 3,000 franco c>t
pour tes cigare; — m\%% gWiPft I ce prospectus te jpt. liupbt M C^. il «|t facile 4a yiwre Ingénient awp
Vpus a?^ Q00 fciiM«, ~ il e'*(it de foua fftitf 4Q,0OQ francs 49 ffwfe w aHetâaftt, pour voir yenir, PQ9r hpuloter, 30%
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1« La secret pour faine le meilleur- «in sans rai
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l* p^oédé pour faite une maison de pian* *ye& U kuuw 4a bois. fiO >
Sciure dd bois pour faire la maison qui renferme vos om*. 400 1
Pour cent cinquante bouteilles, des étiqueta
{es de différents crus, daa bouchons, ejo . . 100 »
EsWce toutî-
Ah ! les matières premières pour faire la vin. -m J'oubliais : vous faites d'abord cent cinquante bouteilles, dix de tokey, ~ dix de Champagne. ** dix de ehâteautlaffittQ, -»* dix de madère, -** dix do saint-pôray mou as eux. — dix de xérès, — dix de chablis, ~«- etc.
• Cent bouteilles à dix centimes chacune, — 1,500 centimes, c'est-à-dire. • •';;. 18 »
*668"fr-
LESFIPURS. 159
Il vqus reste 135 francs pour faire des annonces,
Yous vende? yo§ penj. cinquante bouteilles à di* francs (b meilleur vin), c'est 1,500 fr.; — vous recommencez toutes les semaines; — bénéfice : à peu près 700 francs la première semaine. Mais, sur les suivantes, vous n'avez plus de maison à faire, plus de secret & acheter, plu* d'annonces à payer; car vous avez vendu « le meilleur vin, t on reviendra à vous. Yous n'aureg pliw qw cent piRSMftto bouteilles, --* cent cinquante éii (luettes^ — eUent cinquante foisjix centimes pour vos divMTi cru| ? . ««- Si.U vig^e est. malade, vous .n'ep souffres pas, et yqqi él^ez yçrç prix comme les au* très.
Mais qu'est-ce que nejte.substepcfci à si bon jnarçhé, qui rempli ta sBpr§? l* ^roig, l'avQJr 4 ôv lûéj o'est celle qui remplace lu pierre dp tyijla, — c>*t la ^piure de bois. ....... . v
Cela n'est pas sans, précédents, et $gns exemple. J'^i raconté autrefois l'histoire d'un épicier parisien qui avait un caveau trop petit; — il l'agrandit .à coups de pioche ; — on porta la terre au grand jour. — Divin Mercure ! c'était du sable précisément de la couleur de la cassonade.
Notre épicier le vendit comme cassonade ; ça n'était pas bien sucré, mais c'était meilleur marché que celle des autres; son caveau, débité à 10 sous la livre, devint une cave* — Tout se découvrit, parce que, entraîné par
l'amour de la sophistication , il se mit à vendre de la fausse terre de caveau, et à la vendre à faux p#ids; — les clients se fâchèrent.
Noire, elle est du café ; mais, blonde, elle est du sucre. La terre — aima mater! — est source de tout lucre.
À tout cela je ne vois que de minces inconvénients, i ja condition qu'on mettra sur les fioles et les bouteilles : Vin sans raisin, et que ces fioles et ces bouteilles, comme tous les vases destinés à contenir des liquides pour la vente, — auront précisément la mesure du litre, ou d'une fraction de litre, indiquée dans le verre ou tout autre matière dont elles seraient formées.
Maintenant, il ne faut pas oublier que Nuremberg, d'où MM. Leuchs et C ie datent leurs annonces, est le pays où Ton fait les joujoux, — la patrie des poupées, des polichinelles, des pantins, des soldats de plomb, etc. ; que ce doit être un pays gai, et que le prospectus de MM. Leuchs et C 1e pourrait être une mystification.
AU DOCTEUR MARCHESSAUX
Je connais un petit vieillard toujours proprement vêtu avec un habit noir, des manchettes bien blanches et un jabot parfaitement plissé. Jamais je ne l'ai entendu se plaindre, jamais je ne l'ai surpris à désirer quelque chose.
Il n'est, à mes yeux, qu'une chose au monde plus respectable que l'infortune-, c'est le bonheur; à cause de sa rareté et surtout de sa fragilité.
Je ne crois pas avoir jamais touché étourdiment au bonheur d' autrui, quelque petit qu'il soit, quelque étrange qu'il puisse me paraître. Il m'arrive parfois de ne pas le comprendre, ou même de penser
que si je m'avisais de l'essayer, il ne me siérait pas ; mais ce ne m'a jamais été une raison de le traiter légèrement ni avec dédain. C'est si souvent une brillante bulle de savon, que, en présence d'un bonheur quelconque , je retiens mon haleine respectueusement.
J aimais beaucoup rencontrer mon petit vieillard, parce qu'il semblait parfaitement heureux ; mais je ne m'étais jamais avisé de lui faire une question, lorsqu'un jour je trouvai sur sa figure le premier nuage que j'y eusse vu depuis que le hasard nous avait fait nous rencontrer.
Je fus plus curieux cette fois, et je voulus savoir quelle épine s'était trouvée parmi les rotes de sa vie- Il me parut qu'il n'attendait qu'une oceasien pour parler àc ce qui M pséoeeupaif triaient, et il me dit ;
« Je viens de chez un ancien ami* ft j'qi vu des choses qui m'ont fait de la peine.
■ — EsMl malade? demandai*je*
— Nullement, me répondit-iL
<—» M'ii alors perdu un proefes ou quelque grosse somme d'argent?
«~* Moins encore : il a fait un héritage ; et eef héritage l'a jeté dans la plus profonde misère.
C'est l'aspect de cette misère cpi m'a navré Iç cœur. »
Une fois entré en matière, il me conta toute l'histoire. — La voici :
« Il y a longtemps que je le connaissais, dit-il ; je l'avais remarqué souvent à la Petite-Provence deg Tuileries. A force $e nous voir, nous avions fini par nous saluer. Un jour, je lui avais demandé l'heure, parce que ma montre s'était arrêtée ; le lendemain, pour reconnaître la politesse ^vec laquelle il m'avait répondu, je lui avais offert une prjse de tab^c. A quelque temp3 de là, nous avions fini par causer; et enfin, nous avons déballé en grand.
« Depuis, nous nous sommes promenés ensemble pendant dix ans. Nos existences ce ressemblaient trop pour ne pas végéter admirablement sur le môme sol et dans la même atmosphère. Il était veuf et moi j'étais garçon. J'ai onze cent et quelques francs de rente, lui en avait alors douze cents; mais compie il demeurait auprès des Tuileries, où les loyers sont chers, cette aépense absorbait le surplus de son revenu et faisait nos fortunes égales.
« Vous n'avez jamais rencontré deux hommes aussi riches et aussi heureux que nous. Quand il faisait beau, il me recevait aux Tuileries. Les Tui-
leries étaient son jardin. Jamais propriété ne fat plus complète et plus exempte de soucis.
« Qu'est-ce qu'avoir un jardin, si les Tuileries n'étaient pas à mon ami ?
« Il trouvait chaque matin ses allées bien ratissées, et même arrosées si la chaleur formait de la poussière. Il se promenait sous l'ombre épaisse des marronniers, ou s'y asseyait sur un marbre blanc.
« De nombreux jardiniers tenaient en bon état d'immenses corbeilles de fleurs, et remplaçaient sans cesse celles qui étaient fanées et avaient livré leurs graines au vent, quand leur saison d'éclat et de parfum était passée, par les fleurs auxquelles appartient la saison suivante. Il respirait le parfum- printanier des lilas et le parfum vague et mystérieux des tilleuls. — Il avait fini par faire connaissance avec les jardiniers, et il n'était pas sans quelque influence sur la culture des parterres.
« Pour moi, j'avais le Luxembourg. Notre situation était la même dans les deux jardiSs. Je lui ai plusieurs fois donné des graines des fleurs qu'il aimait chez moi, en échange de celles qui m'avaient plu chez lui. Le jardinier qui m'en avait donné pour lui acceptait volontiers celles que je recevais de mon ami.
« Au Luxembourg, les cygnes du bassin me connaissaient.
« Je mets moins d'importance k la familiarité qu'avait obtenue mon ami de la part des cygnes des Tuileries, parce que leur affection est plus banale, et qu'on peut sans injustice leur reprocher de distinguer tout le monde.
« Je le répète, nos jardins étaient bien à nous. La seule différence' qu'on pût trouver entre nous et les gens qui passent pour posséder des jardins et en être plus réellement propriétaires , c'est que nous avions chacun un des plus beaux et des plus riches jardins de l'Europe, et que nous n'avions à payer ni jardiniers, ni embellissements, ni réparations.
« — Mon ami, me disait-il en me quittant le soir après une promenade chez moi, — vos crocus sont beaux et variés ; mais je vous invite à venir voir mes pêchers à fleurs doubles, et dans quinze jours mes lilas. — Vous me trouverez au pied de ma statue de Y Enlèvement d'Oritkyie. »
« Une autre fois, c'était moi qui l'invitais à venir se promener sur ma terrasse du Luxembourg, où il y a de si beaux sorbiers et de si vieilles aubépines à fleurs roses.
« Quelquefois même nous avions des discussions.
Il était, Je dois l'avouer, un peu trop fier des belles dames en équipage qui venaient se promener dans son jardin; il s'avisa ftiéme un jour de se targuer de ce qu'il voyait de temps eh temps le roî au balcon du château. Je lui prouvai, clair comme le jour, que bies iultufès âafedt plus soignées ; — que êes parterres étaient remplis de plantes vulgaires. Jfe citais, pour pfeuvé de la supériorité de mon jardin, la collection de roses de Hardy, qjui est saûs contredit la plus riche de PEurôgé. Il^st vfaî quîl avait chez fui, aux tuileries, plus de statues et des ïflronzes plus précieux ; niais je fais plus de cas, dans un Jardin, des arbres et des fleurs, (fue du bronze et du marftfe.
« Ouafid il pleuvait, nous allions voir son musée des antiques sur la place du Louvre, ou, au moment je l'exposition, les galeries oô les peintres modernes soumettaient à son jugement les produits de leurs travaux.
« Quelquefois, c'était moi qui l'invitais k venir visiter mes galeries du Luxembourg, et ce fut parfois encore l'origine de quelques petits dissentiments sur la valeur respective de nos musées, oti seulement parce qu'il réglait sa montre sur son cadran de son château des Tuileries, qu'il préfendait
infaillible, tandis que je voulais souvent la rectifier d'après mon cadran Solaire de mm palais du Luxembourg.
« Mais il était rare que ces flisctisstoiïs tôurndsmt fc Fàigrétir. Bailleurs, si nos petites matiîes (le pr&pfté&ihb nous Jetaient Fun et l'autre flan* TéxifS- JÉ*ti«, ttfrtis àyîôhs beaucoup èe pfo^rîêtê^ communes et indivises, à propos desquelles nous lettons exposés à aucun dissentiment de cette nature, v-hotre ménagerie, notre muséum et nos serres du jardfn dés Plantes, par exemple.
« Je ne vous entretiendrai pa& Se nos liatsôfls arec quelques-uns des arffmaux que renfermait nôtre ménagerie, de l'intérêt que nous portions à là santé dfaricétâmé de fa girafe ou à la grossesse d'une ourse noire.
k Ilots applaudîmes de gi*and eoéirf lorsqu'on hbit$ construisît lé fameux palais des singes, et cela hè fut pas sans quelque influence sur notre manière de voir & Fendroit du ministre qui présidait alors le feôfnséih
« Quand on èi tant dé bruit du paulownia impe~ Haïti, qnf, semblable aux enfants trop spirituels, iftrt fcii gratiffissânt par n'être qu'Un catalpa, nous le connaissions depuis longtemps et nous l'avions vu
fleurir dans notre jardin des Plantes, lorsque personne en Europe ne savait encore son existence. On nous pardonnera d'avoir été un peu trop fiers de notre paulownia, qui, après tout, est un arbre d'une admirable végétation tant qu'il est jeune, et conserve pour sa décrépitude l'honneur d'être encore semblable à l'un de nos plus beaux arbres de pleine terre.
«Nous vivions ainsi depuis dix ans, lorsqu'un jour mon ami ne vint pas à un rendez-vous que je lui avais assigné dans mon allée de l'Observatoire. C'était la première fois qu'un de nous .deux manquait à un rendez-vous, si ce n'est que, cinq ans auparavant, je le laissai m'attendre à sa Petite-Provence, parce que je m'étais quasiment donné une entorse dans mon escalier rie ne pus attribuer son absence qu'à un accident de ce genre, ou peut-être pis encore, et je me rendis chez lui. Je le trouvai en bonne santé, mais singulièrement ému. Il avait reçu le matin une lettre qui lui apprenait qu'un sien cousin venait de mourir à deux lieues de Paris, eh lui laissant un peu plus de trois mille livres de rente»
« 11 m'embrassa avec effusion, et m'assura que la fortune n'aurait pas le pouvoir de le changer à F6-
gard de ses amîs ; que je le trouverais toujours le même, etc.
« Toujours est-il, cependant, qu'il lui fallut partir pour se faire mettre en possession. — Il y a de cela quatre mois, et je n'avais plus eu de ses nouvelles. Déjà je ne pensais plus à lui qu'avec une sorte d'amertume, — et la loueuse de journaux des Tuileries m'ayant demandé de ses nouvelles, j'avais répondu avec aigreur : « Je ne sais. . . ; il a fait fortune : je ne le vois plus, » lorsque, avant-hier, j'ai reçu une lettre de lui.
« Cette lettre, la voici :
« Mon cher et ancien ami,
« J'aime h croire que vous n'avez attribué mon « silence ni à l'indifférence ni à l'oubli, — moins en- « core à l'accroissement de ma fortune. Beaucoup « de soins divers ont occupé tous mes loisirs depuis « notre dernière entrevue.
a D'abord, j'ai décidé que je me fixerais ici, dans
ce ma maison. J'ai dû y faire faire quelques répara-
« tions et quelques changements.
a Dé même que je hé peffse pâ3 que vofls ayez « conçu une mauvaise opinion de moi,-— je nie plais c à vous penser toujours tel que je vous £i connu. a S'il serait sot de ma part de vous méconnaître a parce que je suis devenu riche, il ne serait guère « mieux de la vôtre de me négliger à f avenir pour « cette même raison ; ce serait gâter irion Èonheitf, « et vous ne le voudrez pas.
« Je vous attends donc demain I déjeuheî chez a moi.
* tatte aïni. i
« C'est un vilain animal que l'homme. — Je me sentis un peu envieux, et je cherchai dans la lettre de mon vieil ami quelque phrase malsonnante, — quelque signe de vanité qui me permît de mè fâcher. — Je ne trouvai rien, et je me suis mis en route ce matin.
« Mon ami demeure dans un peth bourg sate et mal bâti. Sa maison, que Ton ne tarda pas à m'enseigner, est petite, blanche, avec des Volets verts.
JJi» HSORa «t
Q| y entre par une porto étroite, qui fut loin de pie faire l'impression que me causait la grille de sop anciejj ja*djn dps Tuileries, -^ J'eus, dis l'aboro, le pressentiment que mon ami s'était ruiné en crqyan( faire foripç,
f II nie reçut pn pe peut jpieux ; -r m?js tout et que je vis, joint k sa Jwnn# réception, ne t$rda pas k changer en un çentimpnt de pitié l'envie avçç laquelle je jn'étais wîs en route,.
« Je n'oublierai jamais la fierté peg laquelle il rop fit faire le tonf 4'ttP jardin qui tiendrait, à Taise dans un de ses carrée g$ fleurs de? Tifp^rjes. Quel* ques baguettes ppr-pj wH à « quelques urçpcbep à balai qu'il appelle des arbres, auraient Juen besoin d'un peu d'onze, loin $'w #voir à donner.m-Au milieu du jardin, un grand tonneau enfoui en terre s'appelle le bassin. Il était à moitié rempli d'une eau verte et trouve, pwe «w'ofl ç'w apporte qpe Um les den* jours, #t le tonnes fuit un peu.
* Jamw vQUM'iw^gJn^ifzqHellq joje il resspnt Savoir changé centre cette futaille les grands bassins de marbre des Tuileries ; sqna compter que ladite futaille fui donne tontes portes de soucis quand le solpil la dessèche et en disjoint les cercles, tandis que Ton curait ou réparait autrefois ses bassins 4e
marbre blanc, sans qu'il eût à s'en préoccuper le moins du monde.
« Quelle secrète joie y a-t-il donc dans la propriété?
« Pour mon ami, avoir ce jardin avec ses manches à balai, c'est ne plus avoir les grands marronniers des Tuileries. Posséder ce carré entouré de murs blancs jusqu'à aveugler, c'est être exilé de tout le reste de la terre, de tous les beaux pays, de tous les beaux paysages.
« Dans la maison, il m'a montré deux ou trois mauvaises croûtes dont il a décoré son salon. — Il lui fallait hériter et devenir riche pour être condamné à ne plus voir que ces affreu* badigeonnages. Quand il était pauvre, il regardait les plus belles peintures de tous les pays et de tous les maîtres, entassées dans nos musées.
a Je suis revenu triste» et j'ai voulu revoir son ancien jardin, celui qu'il est heureux d'avoir quitté. — Il m'a pris de suite une grande frayeur, c'est de devenir riche aussi par hasard, à mon tour ; — c'est de devenir propriétaire ; c'est de perdre mon beau jardin du Luxembourg ; — c'est d'être forcé de vivre dans quelque carré entouré de murs, — et qui pis est, d'en être heureux, d'en être fier.
« J'ai passé eh revue tous mes parents, et surtout ceux qui sont riches, et, entre ceux-là, ceux dont je dois hériter.
« Il n^ en a qu'un qui m'inquiète : — il est parti pour l'Amérique il y a vingt ans, et, depuis, on n'en a plus entendu parler. Si j'entendais sonner chez moi, je frémirais d'apprendre qu'il est mort millionnaire et que je suis son héritier.
« J'ai vu une lettre que nous reçûmes deux mois après son départ, il y a vingt ans bientôt. Cette lettre nous disait « que plusieurs navires avaient péri, « corps et biens, dans un coup de vent. — Le na- « vire qui portait mon oncle était du nombre ; mais « comme on n'a pas revu ia chaloupe, on pensait « qu'une partie de l'équipage avait.au moins tenté « de se sauver. »
« Pourvu que mon oncle ne se soit pas sauvé ! »
A ALPHONSE TOUSSËNEL
J'ai beaucoup entendu yantar las jardins dea Anglais de ce qu'ilp n'ont pofnt de murailles, 6e qui permet à lt fois k la vue du propriétaire de s'étendre fort loin an dehors, et k la vue du passant de plonger avec admiration au dedans. Je vois autour de moi des gens qui ferment leur jardin par une grille an lieu de portai et d'autres qui, le dimanche, jour où la ville en promenade s'épanche et envahit notre hameau, laissent leur porte ouverte pour offrir aux promeneurs l'aspect de leurs fleurs. Il y a beaucoup d'hommes qui ne sentent le bonheur de la pos-
session que par la privation que les autres en éprouvent, et qui trouvent fades toutes les joies que ne viennent pas assaisonner l'humiliation et l'envie d' autrui. Ce sont ces hommes qui n'aiment que les femmes célèbres et très en vue, et qui, lorsqu'ils ont une femme à eux, ont besoin de la faire voir décolletée et ornée dans les assemblées. Ces hommes ne veulent pas être heureux, ils veulent être vus heureux.
Outre qu'il est plus prudent de cacher le bonheut dans l'asile le plus profond de son cœur, il me semble que les regards de convoitise laissent sur une femme aimée des traces semblables à la route visqueuse que font les limaces sur une fleur.
Pour ce qui est de mon jardin, j'aime assez y voir avec moi les gens que j'aime et qui me plaisent , mais je n'aime pas y voir tout le monde, et les quelques personnes qui y pénètrent malgré moi me sont particulièrement odieuses, et finiront quelque jour par me mettre en fuite.
Aussi n'ai-je rien négligé pour que les regards ne puissent pas s'y introduire du dehors. — Pour ce qui est de voir moi-même chez les voisins et dans la campagne, c'est-à-dire d'avoir de la vue, je n'y tiens pas davantage, et j'ai même planté un rideau de hauts
peupliers, qui s'étend du côté où je pourrais apercevoir la mer.
La mer d'ailleurs, à moins qu'on ne se blase et ne s'abrutisse à son égard, comme la plupart des marins, qui ne la voient plus, est un spectacle que l'homme n'est pas de force à contempler sans cessé. On n'y peut travailler, on n'y pense pas, on n'y rêve pas; on s'y exhale, comme ferait un morceau de camphre qui se dissipe dans l'air et disparaît entièrement. Il faut s'en reposer dans de courts horizons. C'est une singulière et fréquente manie de vouloir toujours viser des bonheurs lointains, au risque de les manquer, au lieu de ramasser ceux qui s'épanouissent sous les pieds, et de porter toujours les yeux où on n'est pas. J'ai entendu un homme me vanter ainsi une propriété dont il était très-fier et très-heureux, à condition que les autres avaient l'air de l'envier et d'être très-malheureux de ne pas la posséder. « De chez moi, me dit-il, je vois les bois de M. *** au nord; au sud-est je vois la grande route, il ne passe pas une voiture que je ne l'aperçoive ; à l'ouest, le village de ***, etc. En un quart d'heure je suis à tel endroit ; il ne me faut pas plus d'une demi-heure pour être à tel autre ; et, avec un bon cheval, j'ai souvent franchi en trois heures la dis-
taoty qpi m iépave te lu ville te ***. » Voye* ion*
ment cet homme jouissait de son jardin.
Voici les plus grwds cfcwmes que je trouve dans un jardin, c'est de me dire : « Je sui$ enfermé, moi et mon imagip^ion, mon corps et moi esprit, dans un engrnii plein de fleurs, c'estrà-dire te riches ûm*le^n et te suave$ parfums, et te d*nt» à'oiseaw (ravissante harmonie, que rien m pirt ttoubter)> où il ne viendra personne, où il viendra un ami ; quia les ennuyeux, mais les méchants, mais les ennemis n'y peuvent entrer, pas plus que mon esprit t'en peut sortir pour aller les visiter. Je les tiens enfçfr mes au dehors, comme je me tiens enfermé au dedans ; je me fais une part de la terre, du eiel, te l'herbe, des arbres et des fleurs } mm cette p*rt &&. à moi. * Pour cela, il ne faut pas qu'un jardin soi! trop grand; il faut qu'on s'y sente ri&nferjné. On peut ne pas voir les murs, mais il ne faut pas les oublie*. 11 semble que la nature et la Providence aient destiné l'homme à s'entourer de murailles, en créant tant de belles plantes, qui les cachent et les ornant mer-* veilleusement, et qui nulle part ne sont aussi luroriantes, aussi belles, aussi heureuses qu'appuyées et étendues sur un mur.
Au nord, le lierre d'un vert sombre couvrira en*
fcfefe jLEUltS. 179
tfêrtitiénties mm, et dfflffièr*, fttfër, ufl Me et dé la tfôttntiûrë dût dfeéiu* du printemps ; il ôtiïiïà M âtrf p6tif Cachette ffrefhiefs bids. &It tifiè mûraille qui reçoit seulement ufi peu de sôïêft, la tlgriè vierge, que tes savants appelaient, il y â trdis ans, vitte hedéïdCëtt'; Il y â deux ans, hêâëra quihquefolia; l'atinéé aeYfiiêre, ampélopsis, et, cette année, cissiis, là Vigriê iiéfjjje étendra ses pampres richement découpés tfiïû Beau vert pendaflt l'été, çt ctê& plus fictêS et des plus variées nuances oè fa pourpré pendant l'automne.
Si je vous dis <fè pfêhtéf ta vigne contré lin mut qui ne reçoive çu'un peu de Soleil, c'est-à-dire au levant, $e n'est pas qu'elle ne végète bien £u nord ; ipais elle n'y rougit pas à l'automne. Ce n'est pas qu'elle ne s'accommode au moins aussi bien d'un mur W midi, et au contraire ; mais cette exposition ne lui est pas indispensable, et Test à d'autres planta que je vais' citer.
La glycine de la Chine, appelée, cette année, toi** tçfia, — pour moi, elle a tant réjoui mes yeux par son beau feuillage et ses riches grappes bleues ; elle a tant enivré mon cerveau par ses suaves parfums sous son atiCtèn nom de glycine, que je prends la liberté de lui conserver ce nom, beaucoup plus joli
do reste et beaucoup pins euphonique que le nouveau; — la glycine veut l'exposition du midi : là, elle fleurit deux fois; la première, en avril et en mai ; la seconde, en août.
Le jasmin de Virginie, bignonia radicans y devenu, je ne sais pourquoi, cette année, le tecoma, veut également être palissade. C'est là qu'il jette et étale ses branches terminées par des panicules de fleurs rouges. La variété nouvelle dite à grandes fleurs, dont les fleurs sont en réalité plus grosses que belles, donne plus de boutons et moins de fleurs. Un petit froid, un grand vent, font tomber les boutons.
D'ailleurs les fleurs s'épanouissent une à une; tandis que l'ancienne variété présente, dès le commencement de la floraison, une ombelle composée de trois ou quatre fleurs ouvertes, avec un paquet de boutons à leur centre. A mesure qu'une fleur tombe* elle est remplacée par un bouton qui s'épanouit. Il faut avoir les deux, le grandiflora ne remplaçant pas l'ancien radicans.
Le bignonia cayreolata a gardé son nom. Ses fleurs ne sont plus disposées en ombelle ou en épi larges comme celles du bignonia radicans et du bignonia grandiflora; elles s'épanouissent en longues guirlandes dans les mois de mai et juin , ,
Les deux rosiers Bancks, le blanc et le jaune, qui fleurissent en mai, et le multitlore, qui se couvre en juin d'énormes bouquets de petites fleurs roses, n'ont pas besoin de description. Deux ou trois variétés de passiflores fleurissent en guirlandes depuis la fin de l'été jusqu'à l'hiver. — La clématite odorante et la clématite de Siebold s'épanouissent, l'une l'été, l'autre au printemps; celle-ci est large comme une pièce de six francs; au centre de grands pétales, d'abord verdâtres, puis blancs, se pressent des pétales linéaires, étroits et serrés, les uns violets, les autres verts. Si on vous dit dans les livres qu'elle a peur du soleil, n'en croyez rien ; elle est ici, depuis dix ans, en plein air, ce qui résout les doutes sur sa rusticité. Quelques autres clématites peuvent aussi couvrir vos murs, si vous avez de la place ; mais, la plupart, comme l'odorante, se contentant d'un tronc d'arbre pour y attacher leurs vrilles, il vaut mieux conserver les places sur les murs pour les plantes qui ne peuvent pas s'en passer.
Les maurandiœ sont de charmantes plantes grimpantes; elles forment de longues guirlandes dont les tiges, d'une extrême ténuité, se chargent de feuilles délicatement découpées en fer de lance, et de fleurs en forme de muflier, de divers-.s couleurs, selon les
ttt LES FLEURS.
variétés, lia plus belle est celle de larclny. dont les Heurs sont d'un riche violet-bleu, it vous recommande également te mauraniiœ * fleurs fehmches. Les variétés^oses sont d'une nuance indécise et tirant sur la couleur lie-de-vin.
Diverses variétés de capucines et de volubflfc et ipomées ou liserons formeront encore tme riehe parure. Les volubilis se ferment presque aussitôt que le soleil les a touchés ; aussi est-H préférable de les semer au couchant, où ils auront une partie -de la journée à conserver leur charmante Hlumwation de fleurs éclatantes et variées. — Les fores partagent les liserons et volubilis en jïharbitis et en butatas. Les batatas sont de serre chaude. Le liseron de Michaux est d'un bleu clair fur ; celui de Lear est d'un bleu foncé ; d'autres sont Mânes, -roses, violets et panachés de diverses couleurs, fis se restaient d'eux-mêmes si Ton ne remue la terre à leur pied que l'hiver ; les graines renfermées dans des capsules restent appendues aux tiges dessédiées, et les capsules ne s'ouvrent pour les laisser tomber nue lorsque la saison est favorable, c'est-à-dire à moitié d'avrM.
L'ipomée de Lear a une racine vivace, qu'A faut îei)ir.-r ri.irer et Temettre en terre à la fin d'avril.
■LES FLEURS. f«8
l'ai toujours beaucoup aimé les liserons, et, malgré mon respect pour les livres, je ne me décide pas à les traiter de pharbifcis «rôles êtde batatas. il y en «vaR dans m jardin où je passai mon enfance et les
premières années de ma jeunesse, nid de fleurs où \t vis éelore tes premières fleurs de mon àme : les unes et les autres sont restées sacrées pour moi.
Cet^e plante qui grimpe et sejpeqfl aux murailles, Et,comme un réseau vert, entrelace ses mailles 4te feuittèsit de fleurs, — c'est le frais liseron , jGtaftle volubilis aux clochettes sans nombre. JlOMtin, A^ieiftjir, sesx&che^iTun bleu sourire, Chantent un^ptangQP j
Une chanson (Faraour, bien naïve et bien icndre, JQm je >fis eertain jour que j'étais à l'attendre £ous w «bre. 5
Ueccremocarpus scaber a été, trop vante; cqK'iîdant ses fleurs tubuleuses, jaune et orange, sont certes agréables ; mais il ne peut passer l'hive/ dehors.
Le houblon, la bryone femelle, les pieds mâles, n'ont pas les belles graines d'un rouge mat.— Le lamas femelle, qui se charge de gros paquets de grains de corail, n'exige pas l'appui des murailles, et grimpe sur les arbres.
Il en est de même de l'aristoloche, dont la variété siphon est la seule qui soit très-belle, et qui jette ces guirlandes de grandes feuilles rondes d'un arbre à l'autre..
Le jasmin commun, à fleurs blanches, et le jasmin triomphant, à fleurs jaunes, plus grandes et presque aussi odorantes que celles du jasmin jonquille, mais n'ayant pas besoin, comme celui-ci, d'être rentré pendant l'hiver, sont deux des plus charmantes parures des murailles.
Certains arbres, tels que les rosiers Bancks et microphylles, et les glycines, se dégarnissent du pied. Tlantez devant eux les thunbergia alata, trois variétés, l'une nankin, l'autre orange, la troisième orange; ces trois variétés ont le cœur d'un violet noir. On en a inventé trois autres qui sont unicolorcs et beaucoup moins belles, n'ayant fait que supprimer ce cœur violet.
Les capucines à fleurs doubles, les pétunies, la douce-anière à fruits rouges et à feuilles panachées,
ainsi que le calystegia pubescens, sorte de liseron à fleurs roses doubles, qui ne s'élèvent pas trèshaut, garniront ks tiges dénudées dont je viens de vous parler.
Quelques moto encore. C'est sans doute dans quelque jardin parisien, sans soleil et sans air, qu'on a imaginé pour la première fois de garnir les murailles de treillages verts, pour avoir quelque chose de vert. Les chaises et les bancs ont été peints de la même couleur, sans doute pour la même raison. Il faut avoir la vue complètement fausse pour s'accommoder de voir ce mélange dur et antiharmonieux du vert minéral et criard de la peinture avec les verts de la végétation. C'est une charmante chose qu'une maison avec des volets verts à la ville; mais, contrairement à l'avis de J. J. Rousseau, je n'en voudrais pas à la campagne. Ces verdures à l'huile me déplaisent presque autant qu'une tenlative du même genre que j'ai rencontrée dans un jardin à Paris : on avait peint des paysages et des lointains sur les murailles ; le mélange de la peinture et de la nature, des choses et de leurs portraits, tout ce qu'il y a au monde de plus incohérent.
Voici comme j'entends un mur de jardin :
Au lieu d'un mur de nierre et de plâtre lisse, uni
M LESFLRUR8.
d'ua blanc violet et criard, qui vous empêche de bâtir votre mur de pierres meulières, de pierres de roche d'un ton roux, et de formes irrégulières et pleines d'anfractuosités? Qu'il soit aussi pkrtetaussî ufti que vous le voudrei du c&é du voisin^ wqp& le. voudra le voisin y si le mur surtout est mito?ê&; maie, de votre côté, qui vous empêche d'y tenter, d'y former même des aspérités, des irrégularisést qui donneront à votre jardi» l'air d'être fermé par un rocher? Est-il tant k bit indispeaaaMe qw te sommet du mur sôit une ligne inexorablement droite? Je ne le crois pas. Seulement tes pierres irrégnïières qui en fermeront 1» crête doWeat être ré«* mes par du ciment et de laehaus hydraulique, peur résister à l'action des pluies , qui glissent sur une crête aiguë et lisse* De place en pkfeo, sur cette crête, ménages quelques enfoncements de la dimeft* siotty les uns d'un grand, les autres d'un petit pot de jardinage; ces sortes de vase** remplfe de terre* seront percés d'un petit trou pour l'écoulement de Veau, Ils seront occupés par des plantes telles qae
'ahjsse SÊXutilc ou eortotf fe-d'or, *-* les gxrofté**. de muraille, —les gueule$-de-lQwp,~* les *rénmrm f — quelques petits géraniums sauvages, —quelques
rît, ~— la limbe, — plusieurs saxifrages, — plu-
sieurs joubarbes, — quelques fougères, capillaires, scolopendres, osmondes, etc., — quelques valérianes, qui y resteront toute Tannée sans culture. En outre, on peut retirer, l'hiver, et replacer au printemps des géraniums rouges , des agaves et des aloès , qui seront d'un grand effet. — Cette mufaille, revêtue jusqu'à la crête d'un treillage peint en couleur de bois un peu sombre, sur lequel courront et s'enlaceront les plantes dont j'ai parlé plus naut, chacune à l'exposition qui lui convient, devienlra nécessairement un des aspects les plus agréantes du jardiff.
Il faut que je parle d'un savant abbé contre lequel je suis fort en colère. Les personnes qui Die connaissent savent avec quelle assiduité je m'occupe des productions et des phénomènes de la nature, quels charmes, quelles consolations je leur dois. Je ne veux pas dire à M. l'abbé Moigno quelle route et combien de kilomètres un article de lui m'a fait parcourir : je lui suppose de la sensibilité, malgré ses torts, et je m» veux pas mettre cette sensibilité à une trop rude épreuve. Les journaux ont parlé, depuis
quelque temps., entre autres imaginations , d'un homme qui, par la puissance de son regard, faisait mûrir les raisins. M. l'abbé a découvert un rival de ce rival du soleil, et il a, dans un journal, préconisé la merveilleuse invention d'un homme que je ne le soupçonnais pas d'avoir inventé.
« On a trouvé, dit M. l'abbé, un procédé pour faire fleurir en un quart d'heure une plante ou un arbuste qui, avant l'opération, ne présente aucun bouton. — Je viens de voir ce miracle , ajoute H. labbé, et je puis le certifier. »
J'ai lu souvent avec intérêt des articles de M. l'abbé Moigno. — Je me mets donc en route ; — j'arrive à l'adresse indiquée, et j'assiste, moi deux centième, — je ne suis pas le seul lecteur de M. l'abbé, — à l'expérience annoncée.
J'éprouve ici un moment d'embarras. — Je ne voudrais pas précisément nuire à une industrie utile, sans doute, à son auteur. Si l'expérience eût été annoncée comme un tour bien fait, et que j'eusse découvert, comme je crois l'avoir fait, le secret de l'opérateur, je me garderais de le dévoiler. — Mais, sans dévoiler ce procédé, que je crois avoir, discerné, sans cependant en être sûr, je crois pouvoir et devoir ne pas laisser, pour ma part, accréditer une
erreur qui tient à une des plus intéressantes branches de l'agriculture. — On se rappelle le chou colossal, l'orgueil de-la Chine, et divers engrais merveilleux. — Ces denrées, prônées par la complaisance ou la vénalité, ont induit danâ des mécomptes coûteux un très-grand nombre de spéculateurs. Voici donc meô raisons polir ne pas croire au phénomène auquel M. l'abbé prétend croire :
Les spectateurs sont placés sous une tente, le jardin est on plein air, si Ton peut s'exprimer ainsi au sujet d'un jardin dans Paris ; — une centaine de plantes non fleuries ornant <ie parterre. — Des plantes qui doivent être soumises à l'opération, aucune n'est dans la plate-bande la plus proche des spectateurs. Les plantes qui doivent fleurir sont désignées par l'opérateur, et non par l'assistance, Trois plantes sont dans des pots ; mais l'opérateur refuse et de les mettre sous les yeux et dans les mains de quelqu'un des spectateurs avant l'opération, et même de les changer de place. Elles restent au fond du jardin. — Les touffes sont formées de la réunion de plusieurs plantes agglomérées. On couvre les plantes désignées d'une cloche de verre, — on répand à leui pied une liqueur rouge. Il se produit une vapeur qui
obscurcit la cloche. Au bout de dix minutes on lève les cloches, et les plantes sont en fleur.
Mais M. l'abbé connaît comme moi les phénomènes qui se produisent sur les plantes forcées, c'est-à-dire dont la floraison ^ été avancée par des moyens artificiels. Ces plantes, qui, par les procédés ordinaires, font en trois mois les évolutions qu'elles feraient naturellement en six, sont étiolées, affaiblies, décolorées. — Ainsi, le lilas blanc que vendent les bouquetières pendant l'hiver est presque exclusivement du lilas violet, qui perd sa couleur par l'étiolement que Ton acquiert par la privation de la lumière. — Une plante chauffée ou forcée ne tarderait pas à se flétrir à l'air libre.
Eh bien, toutes ces conditions, qui devraient se rencontrer plus visibles à la suite d'une opération aussi violente que celles qu'on est censé imposer à la nature, n'apparaissent nullement dans l'expérience en question : les fleurs ont toute l'intensité de leur coloris ordinaire ; elles ne présentent aucune trace d'étiolement, et les tiges ont toute la rigidité des plantes, même en plein air.
De plus, l'opérateur a refusé de faire épanouir» au moyen d'une seconde épreuve, un bouton déjà apparent, ce qui était cependant, selon sa préten-
tion, beaucoup plus facile que de développer ce bouton.
Enfin, pendant que certains rameaux avaient, sous l'influence de l'opération, subi une telle révolution, qu'ils s'étaient chargés de boutons ei de fleurs épanouies, les autres rameaux, les rameaux non florifères, soumis à la même influence, n'avaient nullement poussé , n'avaient reçu aucun développement.
Donc, attendu que je ne veux pas nuire à l'inventeur, mais seulement prévenir les horticulteurs et agriculteurs d'une tromperie , innocente peut-être dans l'esprit de celui qui la fait sans eu apprécier les conséquences ; comme je veux dire la vérité, mais toute la vérité et rien que la vérité, je dois me résumer ainsi : — Je crois que c'est un escamotage, — et un escamotage assez bien exécuté pour mériter une certaine aflluence de spectateurs. — Je ne crois pas au phénomène annoncé; je pense même avoir deviné le procédé de l'opérateur ; mas ici je me tais. ^
Ah 1 monsieur l'abbé, ma foi, tant pis pour vous ; je vous livre à vos remords, je vous dévoile vos crimes. — Vous m'avez fait faire cent vingt lieues, monsieur l'abbé, — et vous êtes la cause que j'ai
été arrêté à Paris, — par erreur, il est m/i, mais
arrêté cependant.
P. S. Lé directeur du jardin enchanté m'a répondu (JUé je n'avais pas le sens commun. — Puis sort jdfdirt à disparu. — Je puis aujourd'hui dire le procédé : — les fleurs étaient renfermées d'avance entre des feuilles et dé la cîre ou toute autre matière très-fusible, verte ; — la liqueur rouge fait fondre la cire et met les fleurs en liberté,
il LÉON GATAYES
COMPLÈTEMENT AGRICOLE, — UTILE ET PAS TROP ÉàNUYfcUX
Pour ce qtil est de la pomme de terre, 51 est beaucoup de terrains qui ne lui conviennent pas ; il en est même quelques-uns qui lui rendent certaines des qualités malsaines qui distinguent la plupart des membres de sa famille : ce sont les terrains où 1* humidité est stagnante. La pomme de terre, pour conserver son nom de « petit pain tout fait, » pour rester farineuse, exquise, ne devrait être plantée que dans un sol léger, sablonneux et modérément fumé, de préférence même avec une fumure de Tannée précédente.
Mais, quand tin produit se Vend bien, tout le monde veut le vendre; on veut même le vendre sans se préoc-
cuper d'en avoir; car ce n'est pas avoir des pommes de terre que de récolter ces légumes fades, visqueux, qui encombrent nos marchés. '
On plante les po:nme§ de terre en terre insalubre pour elles, on les fume avec excès, on les récolte avant la maturité pour les vendre plus cher, etc. ; on leur chicane même la semence.
On a commencé par planter des tubercules. L'excellente parmentière a encore donné ses produits avec générosité; alors on n'a plus planté qu'un fragment, puis qu'un œil, puis que la pelure.
Enfin, il est venu un jour où elle a succombé sous sa générosité ; où, exténuée, épuisée, assassinée, elle est tombée malade, et on s'est écrié, avec un élonnement mêlé d'indignation : c Tiens 1 la pomme de terre est malade! >
Aujourd'hui, on la maltraite, on lui conteste ses qualités les plus incontestables.
Un agronome très-distingué, M. de Gasparin, qui, personnellement, est malveillant pour la pomme de terre, a élé lé premier à conseiller quasiment de f abandonner pour la fève. Certes, M. de Gasparin a mille fois raison de conseiller d'étendre une culture aussi profitable que la fève; mais j'aurais voulu lui voir un chagrin plus réel et *noins de résignation à l'égard de la pomme de terre.
Si je conseille, comme lui, de demander à la fève des
produits abondants et assurés, c'est précisément parce que la fève se platt dans les terrains où la pomme de terre dégénère, et j'espère qu'une culture plus sensée, moins furieuse, nous rendra, après quelque temps de repos, ce grand bienfait de la pomme de terre, qui paraît, en ce moment, nous être repris par la Providence avec plusieurs autres bienfaits, qui, ceux-là, ne peuvent être remplacés par les fèves, et qu'il serait hors de propos d'énuméreï ici.
Imitons un usage de l'Académie française.
Avant de faire l'éloge de la fève et de la recevoir définitivement, faisons l'éloge de la pomme de terre. Je promets de le faire brièvement.
Si Parmentier n'est pas l'introducteur de la pomme de . terre, il en est du moins le zélé, l'opiniâtre propagateur.
C'est à ses procédés, à ses essais, à ses ruses ingénieuses, que nous avons dû de profiter enfin de ces c petits pains tout faits » que la Providence avait donnés à l'homme. Dieu sait que d'arguments on mit en avant contre la pomme de terre 1 On établit, ce qui est vrai, que la pomme de terre a une famille suspecte : les solanées.
c La plupart des plantes de cette famille, dit Poiret, sont sans éclat, d'un aspect mélancolique, d'une odeur désagréable; un grand nombre d'espèces sont narcotiques, vénéneuses, occasionnent des vomissements, des convulsions, le délire et la mort. >
Citons la jusquiame, un des poisons les plus dangereux que produise l'Europe; la nicotiane, dont on tire la nicotine, ce poison terrible, et le tabac, ce poison l<mt; la dalura stramonium, un puissant narcotique qui cause, pris à certaines doses, la paralysie et la mort ; la belladone, qui vous tue dans le sommeil, etc.
Mais on aurait pu répondre, et on a répondu, sans doute, qu'il n'est pas impossible qu'il se trouve un honnête homme dans une famille de fripons, quoique ce soit fort rare ; mais qu'il y a des exemples assez nombreux d'un homme puissant par certaines qualités du génie sortant d une famille de gens médiocres et de coquins; que même le grand homme d'une famille a quelquefois été formé aux dépens de plusieurs générations antérieures et postérieures*
Il y a aussi à dire que la môme famille donne déjà à l'alimentation deux plantes : la pomme d'amour (tomate), l'aubergine (mélongène).
Toujours est-il que Parmentier, las de donner les pommes de terre, ne réussit à les propager un peu qu'en les faisant voler, et qu'en 1775, Valmont de Bomaro rassurait encore les populations sur les qualités toxiques attribuées à la pomme de terre.
A cette époque, où on .repoussait la pomme de terre, on l'appelait parmentière; mais, aussitôt qu'elle a été adop téc, aussitôt qu'elle a eu pris son rang, on lui a enlevé son nom de Parmentier pour l'appeler pomme de terre,
— nom bête qui ne désigne que la forme* et ne la désigne que pour certaines espèces : pain de terre eùl été mieux et plus exact; mais le mieux eÛLt été de lui laisser le nom de Parmentier.
Profitons de ce qu'elle est en défaveur pour tâcher de le lui rendre.
Parmentier, qui a fait tant de travaux utiles pour Ta* Hmentation, a, dans l'esprit dos savants, muis n'a pas dans l'opinion populaire, la place qui lui appartient. L'homme est ainsi fait, qu'il dépense toute son admiration, d'abord pour ceux qui lui font du mal : les conquérants, les despotes, etc., puis pour ceux qui l'amusent : les histrions, les danseurs de corde, etc.
Qu'il se présente ensuite un réel bienfaiteur de l'humanité, on n'a plus de monnaie. Supposez qu'un hectare ensemencé en blé produise dix-huit hoclolilres do grains, pesant à peu près 1,440 kilogrammes ; le rapport moyen d'un hectare planté en parmentières est de 17,500 kilogrammes.
Il ne faut compter, de ces 17,500, que le tiers; car trois kilogrammes de pommes de terre n'équivalent, en principes nutritifs, qu'à un kilogramme de substance alimentaire égale à celle du blé que vous récolterez ; c'est-à>dire qu'une étendue do terrain donnée, plantée eu parmentières, nourrira quatre fois autant d'individus que le même espace ensemence en froment.
M. de Gasparin affirme môme qu'en Irlande, un hec-
tare et demi de pommes de terre produirait 28,488 kilogrammes de tubercules, qu'il suppose nécessaires pour la nourriture de cinq personnes. Malheureusement, le sol de l'Irlande, divisé entre ses habitants, ne peut fournir qu'un hectare à chaque famille, tandis que la France, entièrement cultivée, pourrait donner deux hectares à chaque famille de cinq personnes.
Je sais bien que plusieurs personnes, et M. de Gasparin entre autres, prétendent que la pomme de terre est loin de fournir à l'homme une nourriture suffisante. Une faculté incontestable qui a été donnée à l'homme, c'est qu'il est construit pour dévorer tout ce qui existe, ce qui végète dans la terre et ce qui mûrit sur les arbres, ce qui nage dans l'eau, ce qui vole dans l'air, ce qui fuit daus la plaine ou dans la forôt, pourboire le laitdes troupeaux, le jus de la vigne et le sang des animaux.
Et nous appelons bête malfaisante la moindre petite chenille qui grignote une pauvre feuille de n'importe quoi|
La mâchoire de l'homme, m'ont dit des anatomistes, offre une collection complète de toutes les dents, partagées entre les autres animaux. Cette mâchoire est le plus complet, le seul complet arsenal que la nature ait formé en ce genre. L'homme mange de tout et a besoin, . eu général, d'une nourriture variée, c'est incontestable; mais ce qui ne l'est pas moins, c'est que la pomme de terre n'est pas plus insuffisante sous ce rapport que tout
antre aliment qui serait unique; et j'ai, d'ailleurs, à opposer à M. de Gasparin, et tutti quanti, un tout petit argument. Les Allemands, les Alsaciens, les Lorrains, les Irlandais, etc., en font, une partie de l'année, leur aliment unique.
N'oublions pas, dans les attaques faites contre la parmentière, qu'on lui reprochera d'être la plante de préférence, l'unique nourriture môme de la chenille, du papillon atropos, qui porte sur son corselet la figure trèsexacte d'une tête de mort.
Il y a cent ans, on plaisantait peu avec ce papillon (sphinx atropos).
En 1750, il parut en Bretagne une grande quantité de ces papillons. (Hét là-bas, les savants 1 pardonnez si je me sers de ce mot vulgaire, mais intelligible, de papillon.) Malgré sa forme élégante et ses couleurs harmonieusement fondues, il n'est pas d'un aspect précisément réjouissant. Ses ailes supérieures sont peintes de couleurs sombres, les inférieures sont d'un orangé terne et pâle avec des bandes noires. Tout son corps est rayé d'anneaux alternativement noirs et de ce même orangé triste et mat; puis, sur son corselet, la nature s'est livrée à une fantaisie bizarre : sur un fond fauve est parfaitement peinte en noir une tête de mort; de plus, ce sphinx fait entendre une espèce de petit gémissement assez lugubre.
Les curés cultivèrent avec un soin particulier la ter-
reur, qai ne demandait pas mieux que de naître dans les esprits; ils jasèrent -terriblement en chaire à ce sujet, et donnèrent ces insectes innocents comme un signe de la colère et un avant-eoureur de la vengeance divine.
Les esprits furent tellement frappés, que guelgues personnes -firent des confessions publiques. De gros legs, appelés pieux, firent dépouiller des enfants ponr enrichir des églises. Un curé fit une terrible homélie, qu'on peut firé encore dans le Mercure de France de cette époque.
Les plus incrédules s'attendaient à une peste.
Cela alla si loin, que le gouvernement demanda une consultation à l'Académie des sciences. L'Académie ré-
pondit, par l'organe de lléaumur, ce vrai savant, qu'il
y^vait beaucoup de sphinx atropos, parce qu'il y avait eu, t'année précédente, beaucoup de grandes chenilles jaunes et vertes de ce papillon qui n'avalent pas étémangés par les oiseaux ; que cela ne voulait dire que cela; que le prétendu gémissement était produit par le frottement de la trompe que ie papillon déroule et insinue
dans le tiectaire des fleurs nocturnes contre les parois
qui la renferme.
Les Pères de Trévoux blâmèrent vigoureusement TAcadémie et •Réaumur. C'était à tort, disaient-ils, que la science, cette invention du démon, ce fruit malsain de l'arbre défendu, venait désabuser les gens d'une terreur salutaire; que le public doit toujours s'alarmer, parce
qu'il est toujours coupable. Réaumur, malmené par les bons Pères, les battit assez brillamment.
M. de Gasparin explique, & propos de pommes de terre, une loi économique que je vais reproduire ici.
C'est là un grand principe d'agriculture, et de l'agriculture vue de haut.
c Pour que r la subsistance d'une nation soit assurée, dit-il à peu près, car je cite de mémoire, elle doit reposer sur deux substances alimentaires : l'une consacrée â
la nourriture de l'homme, comme le blé; l'autre, qui,
consacrée à la nourriture des animaux, puisse en môme temps passer à Ici npurriture.de l'homme, en cas de disette, comme la pomme de terre.
» Ceci établi, supposez une disette de blé, et l'homme trouve alors une double ressource : il tue et mange une partie des bestiaux, et en même temps les pommes de terre destinées à leur nourriture. »
Comme, en France, iln'^y a que .des modes pojir lapçlitique, comnie pour les pœurs, comme jour les vices, comme pour les vertus, jcomme pour les ippçs et les filets, gusind la pommade teçre était à la t m o .<^ 9P $ n mettait partout. r Sous Loyis XVI, Jprs dp la lutte de JP^mejHipr,Jes femmes portèrent çbs fleurs de jparçaen- 4ièri3 en coiffée. Parmentier invita .prie commission do gavante à .unc^ner où tout, depuis Je pain jusqu'au café et,£ l'eau-dc-vie, était tiré de la pomme de terre; je .ne sais s'il connaissait et fit faire, pour ce repas, un cer-
tain fromage assez bon, qu'on fabrique en Allemagne avec ce tubercule écrasé et du lait caillé. Il aurait pu aussi faire peindre la salle à manger avec une peinture économique, composée depuis peu, par Cadet de Vaux, avec une bouillie de pomme de terre.
Résumé :
Donc, accueillons bien la fève, mais n'abandonnons pas la pomme de terre. Loin de là, donnons-lui des soins intelligents; adoptons et recherchons les espèces précoces; asseyons et perfectionnons la plantation d'automne; cultivons la parmentière seulement dans les terrains qui lui conviennent et avec des fumurfcs très-modérées, et ayant déjà servi à une récolte préalable.
Donnons aux fèves les terres un peu humides, les terres fortes, "qui ne conviennent pas à la parmentière.
Parlons maintenant de la fève, et parlons-en le mieux possible.
Pourquoi les anciens Égyptiens, ou, du moins, certains dévots de ce temps-là, s'abstenaient-ils des fèves? Cicéron prétend qu'elles causent un sommeil pesant, qui empêche de faire des songes divinatoires, conseils des dieux. D'autres prétendent que c'était un principe d'hygiène, les fèves étant réputées malsaines.
On dit encore, dans certaines parties de la France, que l'odeur des fèves en fleurs rend fous ceux qui s'y exposent. Dans le Voyage autour de mon jardin, j'ai cherché ce que j'avais fait toute ma vie dans le mois de
juin, époque de la floraison des fèves dans le pays que j'habitais alors. J'y ai trouvé passablement d'extravagànces, ou, du moins, d'actes qui ont dû paraître tels aux faux sages et aux soi-disant sérieux. Mais, pour établir tout à fait l'influence pernicieuse de la fève, il faudrait en même temps établir qu'on n'en pourrait pas trouver autant dans les autres mois.
Pythagore, initié aux mystères des prêtres égyptiens, comme l'avait été Moïse, défendait également les fèves à ses disciples.
c Le chevalier de Jaucourt, dit le savant Poiret, explique autrement, dans l'ancienne Encyclopédie, les idées de Pythagore au sujet des fèves. La fève était née en même temps que l'homme et du même limon ; elle devait donc avoir, comme les animaux, une âme sujette aux vicissitudes de la transmigration. »
Horace, qui voulait plaisanter le côté extérieur et vulgaire de la métempsycose, avait adopté celte opinion. 11 appelle la fève une cousine de Pythagore :
quando faba Pytbagor» cogData»..
c Les Flamines, dit Varron, ne mangeaient pas de fèves, parce qu'ils croyaient voir des lettres infernales dans les taches noires de leurs fleurs. »
Pour moi, j'aime assez la version qui traduit la pensée de Pythagore par un conseil.à ses disciples de s'abstenir des débats politiques, soit que la fève servît à don-
ner et à compter les suffrages pour les élections, soit parce 'jue les candidats faisaient parfois an peuple des distributions de légumes secs, pois, fèves, lentilles, etc., pour capter les suffrages.
c Tu dépenses ton bien en pois et fèves et en lupins, i iil Horace i un ambitieux :
la cicere atque bona tu perda» typiaiç •
Ce qui me fait penser, comme je te disais il y a cinquante lignes, que c'étaient seulement certains dévots égyptiens qui s'abstenaient des fèves, c'est qu'il est évident que les Égyptiens en cultivaient beaucoup, et je crois qu'on a eu tort, comme ont fait plusieurs auteurs, d'étendre cette horreur des fèves au peuple égyptien tout entier. J'ignore, à ce sujet, l'opinion du peuple juif, qui, outre les vases d'or de ses maîtres, emporta beaucoup de choses d'Éjypte.
On pense que la fève est originaire de la Perse et des environs de la mer Caspienne, Les Romains cultivais. t beaucoup de fèves, et en savaient aussi long q&e nous à leur sujet; ils connaissaient les facultés améliorantes des fèves, des lupins, delà vesce, etc.
c Ces légumes, dit Varron, sucent moins la terre. »
f Ils fument le soi, disait Gaton : Segetem sterco* tant. »
Virgile le dit également dans les Géorgiques. On
panse que la fève lire de l'atmosphère une grande partie de sa nourriture en absorbant les gaz ammoniacaux, de sorte que la fumure qu'on leur donne en les plantant, non-seulement ne se trouve pas diminuée après la récolte des fèves, mais est augmentée si l'on enfouit une partie de la tige et des feuilles.
En Piémont, les fèves récoltées, on sème des haricots et du maïs, sans nou telle fumure, dans les sillons mêmes où ont crû les fèves*
M. de Gasparin dit que les Bolonais font précéder le chanvre par l'enfouissement des fèves en fleurs; c'est ee que j'ai vu faire pour le lupin dans les environs de Bordeaux.
Certes, le noir anîmalisé, le guano, la poudrette grasse, contiennent une puissance fécondante ou excitante incontestable. Cette faculté a été préconisée par de savants chimistes. M. Payen a fait des dithyrambes sur le noir animalisé; mais M. Payen est orfèvre. .. en fumiers. Il existe à Paris une fabrique de noir animalisé, sous la raison sociale : « Salraon, Payen et Lupé. »
Ce ne serait rien, ou presque rien. M. Payen est un homme trop honorablement placé dans la science pour préconiser un engrais qui ne serait pas un engrais. Tout au plus péut-on penser qu'il se laisserait entraîner à en étendre l'usage à certains cas douteux pour quelques agriculteurs; mais, à coup sûr, il ne sortira d'un établis* sèment patronné par M* Payen rien qui soit le moins du
inonde altéré ou mélangé d'autres matières que celles annoncées.
Pour ce qui est de la poudrette, du guano, etc., et autres engrais pulvérulents, qui seraient certainement très-puissants à divers degrés, surtout dans certains cas, on sait, certes, dans quelles proportions hardies od y mêle très-fréquemment de la cendre, de la terre noire de Picardie, du brasier de forge, du résidu de bleu de Prusse ; on sait, certes, et' je ne l'ai pas caché, pour ma part, à quel misérable et honteux degré de perfectionnement est arrivée la fraude commerciale
La terre — aima parensl — est mère de tout lucre: Brune, elle est du café ; mais, jaune, elle est du sucre.
Il faudrait que le commerce des engrais fût surveillé, et qu'il y eût partout un contrôle et un essayage des engrais, comme il y a un contrôle et un essayage des monnaies. La monnaie est une richesse de convention, et l'agriculture, la seule vraie et solide richesse.
Il serait temps, non plus de discourir sur l'agriculture pour obéir à une mode et placer quelques phrases toutes faites, mais de s'y cramponner de bonne foi, comme à une arche de salut. Dans les circonstances où nous nous trouvons, d'une part, et, d'autre part, en vue de l'ardeur excessive, la soif de l'argent, qui pousse tout le monde aux chances aléatoires, il serait sage de s'attacher à la vraie, à la seule richesse. Les autres, comme l'or fait
par Midas, peuvent, dans un temps donné, ne pas vous défendre de la faim. Un journal patronné par le gouvernement Ta dit; je le répète, et n'aurais osé le dire le premier : c La cherté des subsistances est peut-être un bien; cette heureuse calamité va obliger les esprits à s'occuper sérieusement des substances alimentaires. »
L'Europe a un peu faim en ce moment ; il lui sera plus facile de remettre en leur place beaucoup de choses qui n'y sont plus.
L'agriculture doit être la vraie noblesse, comme elle est la vraie richesse; c'est une vérité que je crie depuis vingt ans, pour ma part, sur les toits et dans les caves, et que je développerai encore une fois un de ces jours.
Pour le moment, revenons au sujet de cet article.
En agriculture, l'art et la pratique, qui devraient marcher ensemble enlacés, confondus, comme un bon mari et une bonne femme, font, au contraire, assez mauvais ménage, et marchent sur deux lignes parallèles très-éloignées Tune de l'autre.
La science de l'agriculture finit par perdre la terre de vue, et se contente du papier; elle se complaît dans des calculs, des chiffres, des analyses minutieuses, des théories, des systèmes et des solutions aussi absolues que prématurées.
La pratique, après avoir été jetée parla science dans deux ou trois ravins et bourbiers, est en trop grande défiance, et se fait gloire d'obéir à la routine.
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D'une part, il tst évid-nt qu'un hectare de papier chargé d'analyses et de calcul», et arrosé d'encre, ne produira pas autant de blé qu'un centiare de terre fécondée par une petite pluie.
D'autre part; il est impossible que l'intelligence humaine* qui a< de nos jours, créé la très-bolle science de la chimie, n'amène pas des progrès immenses dans l'agriculture* Malheureusement, comme le dit M. de Gasparin, « nous sommes en présence de ces problème», mais nfflH n'en avons pas la solution; » oequeM.Gasparfo, dont les litres sont fort beaux, paraît quelquefois oublier dans la façon absolue dont il posé certains principes!
Ainsi M. de Gaspàrin ramène tout à l'azote; les le* gumes maftgent l'afcote de la terre; l'homme et les diimanx mangent l'azote des légumes; la terre mange l'azote que lui rendent les animant et l'homme, II faudrait alors changer le nom de l'azote, qui est formé de l'A privatif grec cliQzoé (la vie). Eh bien* qui prouve stiffisamment qu'il ne faut pas tenir compte de beaucoup d'autres éléments dans l'appréciation des engrais? Un Anglais n'a-t-il pas fait récemment uiî gros livre pour établir, au contraire; qu'il ne faut tenir compte que dé l'acide... j'ai oublié le nom? Certes, la jeune chimie agri* cole se pose des questions intéressantes.
Voici des gfâihes confiées à la terre.
Jusqu'à ce que la plante on germe dans les gnfins ait acquis tout son développement, et ail donna à Son totjr
des grains qui la reproduiront, qu'empruntera-t-elle au sol, c'est-à-dire après une récolte? quels éléments faudra-t-il rendre au sol avant de lui demander une nouvelle récolte? Très-belle, très-utile* très-riche question; mais on se hâte trop de la résoudre. On fait des analyses qui sont nécessairement fausses dans leur précision. Vous dites : Pour arriver à son développement, la plante a dû manger du chlorure de potassium, du chlorure de sodium, du nitrate de chaux* du sulfate de soude, du chlorhydrate d'ammoniaque, de l'acétate de chaux, du sulfate de cuivre, de la gomme, du sucre, de l'extrait de terreau, de l'acide carbonique» etc M etc. Cherchons combien chaque plante a mangé de ces éléments, et rendons à la terre ce qui lui a manqué,
Ce serait très-bien; mais êtes-vous sûr de connaître tous le* éléments qui composent à la fois le sol et l'atmosphère dans lesquels se nourrit la plante par la tète et par les pieds? savca-voUs bien toutes les combinaisons qui peuvent servir à l'absorption de ces éléments? sa* vez-rous la différence que peut amener iln nuage qui passe chargé d'électricité, une pluie saturée de tels ou tels sels, certains détritus arrivés dans le sol précisément à certains moments, à un certain état de décomposition et de combinaison?
Vos analyses risquent encore de vous égarer en ceci i tous regardez dîner un homme; vons constatez qu'il a mangé unpotagp h h bisque d'écrevi^o.du sannon grillé,
il'2 LES FLKURS.
dos haricots verts, des cailles et une crème à la vanille; direz- vous : c L'homme doit manger, pour vivre, de la crème à la vanille, des cailles, etc. ? >
Chaque homme choisit, sur la grande table misée! servie par la nature, ce qu'il veut et ce qu'il peut manger. Laissez, jusqu'à nouvel ordre, la même latitude aux plantes.
Mettez donc dans la cour, au tas de fumier, tout ce qui n'a pas d'autre emploi dans la ferme : fumiers des chevaux, des vaches, des moutons, des lapins, des poules, des pigeons, herbes sèches, jonc des ruisseaux, vase des étangs, sang des animaux tués, chiffons, plumes, poils, cendre, et fumez vos terres avec ce mélange : les plantes choisiront elles-mêmes ce qui leur convient, et vous ne serez plus exposé à une erreur de calcul.
Le fumier de ferme ne contient-il pas, de votrç aven, tous, ou à peu près tous les éléments que vous voulez rendre à la terre séparément? Continuez ainsi jusqu'à ce que la science ait fait toutes ses expériences et refait toutes ses additions ; profitez de ce qu'elle découvre, et aidez-la de ce que vous savez.
Posez- lui des questions, et ensuite examinez ses solutions, et critiquez-les par des essais pratiques. Mais, selon M. Boussingault,' M. de Gasparin, M. Braconnât, etc., voici la composition de mille parties de fumier de ferme : eau, carbone, hydrogène, oxygène, azote, acide carbonique, acide phosphoriquo, acide sulfurique, chlore,
silice, sable, argile, chaux, magnésie, oxyde de fer, alumine, potasse, soude.
11 semble que la carte est assez fournie et assez variée.
Ne droguons pas la terre.
Quelques-uns des nouveaux engrais préconisés sont nuls, insuffisants ou sophistiqués. Ceux qui sont excitants laissent le plus souvent le sol dans un grave état de fatigue et d'épuisement.
Les nouveaux engrais, surtout les engrais spéciaux, c'esl-à-dire apportant au sol tel ou tel sel, tel ou tel élément, doivent être employés avec défiance.
Yoici qu'on vante en ce moment la tangue (sable de mer) comme un engrais pouvant remplacer les autres.
C'est une erreur. Ouvrons ici une parenthèse à propos de la tangue.
J'ai vu, pendant bien des années, faire usage de la tangue en Normandie.
Certes^ elle produit de bons résultats, et, si l'emploi n'en est pas plus général, c'est à cause du prix énorme qu'en coûterait le transport.
Cependant, il me semble utile de ramener à certaines proportions les éloges que l'on en fait en ce moment au profit d'une entreprise commerciale qu'il est bon d'encourager, tout en réduisant quelque peu son enthousiasme. Je n'examinerai pas ici si le chemin de fer de Rennes à la mer, desservi par des chevaux, diminuera suffisamment le prix du transport de la tangue. En ce
W4 LB6 FLHUR8.
cas, la Société Tangoière aura rendu an vrai service.
La tangue est d'un utile" emploi pour l'agriculture, même après que j'aurai dit ici ce que je crois la vérité.
• La tangue, dit M. Ange Jumelais, est un sabfon de mer»composé de chaux, de phosphate et de sel ; c'est l'engrais le plus productif qui soit. *
La tangue n'est pas précisément un engrais. On la classe dans les amendements slimulaires, lorsqu'elle est composée autrement que ne l'annonce M. Ange Jumelais, c'est-à-dire lorsqu'elle contient des détritus végétaux et animaux; et, comme c'est ce qui arrive le plus souvent, M. Jumelais est resté, sous ce rapport, audessous de la vérité; mais il est un tant soit peu audessus, lorsqu'il signale la langue comme « l'engrais le plus productif qui soit. >
En Normandie, on môle toujours du fumier à la tangue.
Donc, pour les Normands, elle ne constitue pas tout à fait un engrais.
La tangue a pins ou moins de valeur* selon la dislance de la mer et la localité où on la prend.
Trop loin de la mer, et ne renfermant pas de débris organiques, ce n'est plus du tout un engrais, ce n'est plus qu'un amendement.
En théorie et en pratique, quand on le peut, on emploie 80,000 kilogrammes de fumier de terre pour fumer
LES FLEUÛS. «15
un hectare; on emploie d'ordinaire 40,flQO kilogrammes i\ù tangue par hectare.
Ces 40,000 kilogrammes de tangué pris* dans de k&anes &onditions, analysée par MM. Paye» et Boussingault, ne fournissent, selon M. de Gasparin, que l'équi* votent de 13,000 kilogrammes de fiamkr de ferme..
La tangue, fût-elle employée efficacement, sens mé» lange de fumier, ce que je n'ai pas vu, n'aurait dont, à poids égal, que tout an plus le tiers de la valeur du fumier de ferme. Il faudrait donc transporter &D,ÙÛÔ kb» grammes de tangue par hectare; maïs alors il y aurait trop de certains éléments et point asseï d'autres. Je q'ai certes au&ttue malveillance contre la Société Tan* ggière. Loin & là, je pense que squ exploitât*» peut fendre un service à l'agriculture.
Mais pourra-belle transporter les masses- de tangue nécessaires à du prix qui n'en fasse pas t te p!»$ cher des engrais, eo môme temps qu'il est loin d'en être le plus productif. »
Je sois prêt à applaudir à ce résultat, si elle l'obtient.
Mais je crois devoir, après avoir dit ce que c'est en réalité que la tangue, ajouter que, même comme amendement stimulant, ce qui est le seul titre auquel je crois qu'elle ait des droits, elle est loin de convenir à tous les. terrains. — Nous fermerons ici u parenthèse ouverte à propos de la tangue.
Conclusion. «—Ne droguons pas la terre*
Ne raffinons pas trop, si ce n'est pour nous amuser.
M. Liéby, un savant allemand, reproche amèrement, après analyse, aux soldats de Hesse-Darmstadt, de ne rendre à l'agriculture que 30 pour 100 de l'azote qu'ils mangent.
M. Barrai constate qu'une femme française, plus honnête, restitue i la terre 56 pour 100 de l'azote qu'elle consomme.
H. Boussingault établit qu'une tourterelle en rend 64 pour 100.
Tirons-en, si vous voulez, la conséquence qu'il faudrait qu'il y eût, dans le duché de Hesse-Darmstadt et peut-être ailleurs, plus de tourterelles que de femmes, et plus de femmes que de soldats, au point de vue de l'agriculture.
Je cite ceci, pour montrer quelles distractions les savants peuvent trouver dans la science. Attendons d'abord que les savants soient d'accord, pour que leurs opinions puissent s'appeler l'opinion de la science, et puis alors nous attendrons que l'opinion de la science soit approuvée par l'expérience, et d'accord avec la pratique.
En attendant, fumons la terre avec le fumier composé du .plus grand nombre d'éléments possible; que les propriétaires exigent de leurs fermiers, quelque petites que soient les fermes, qu'ils y entretiennent des bestiaux ou des animaux autant qu'un assolement intelligent le permettra.
Si vous ne pouvez avoir un cheval, ayez un âne ; si vous ne pouvez avoir une vache, ayez deux chèvres ou deux moutons ; ayez des îapins, ayez des pigeons; vous donnerez ainsi une valeur importante à l'herbe des sarclages, transformée en litière et en fumier.
Enfin, cultivez des fèves, mais n'abandonnez pas la parmentière.
A. tfEgltftl
S'il est des côtés par iBqueteHtomme se montre Te plus sttroi'de des animaux en même temps que le çlus cruel, îlen est d'autres par où Ton Reconnaît le rçf de Fa terre. La rtàvigati'on est une grande chose, • et fa mécanique, Ta physique, Ta cBnnte ont étendu leurs propres et leurs conquêtes au delà de ce qu'il parafssaîtdestjné'et permis S l'homme d'atteindre: — Quand fentends parler de quelque grande découverte ' dans ces sciences, je me demande parfois si le monde ne serait pas un grand problème, un immense rébus que Bïeu aurait donné à fliomme à résoudre, à déchiffrer, à expliquer, et s'il n'est pas à craindre que,
du jour où l'homme aura deviné le mot, Dieu lui dira : C'est cela, — c'est fini; et le monde finira.
Mais quand j'ai roulé cette idée dans ma tête, il m'en vient assez facilement une autre : c'est que les efforts de l'homme pour s'élever sans cesse, pour étendre ses conquêtes, sortir de sa sphère et devenir une sorte de demi-dieu, sont et seront sans cesse déjoués comme les efforts de Sysiphe, dont le rocher retombe sans cesse, comme l'entreprise des géants contre l'Olympe, comme la tour de Babel.
En effet, pendant que l'intelligence de l'homme conquiert, de certains côtés, des domaines nouveaux, il est d'autres côtés par lesquels, loin de gagner, il semble, au contraire, singulièrement perdre. Si je voulais ici parler politique, je ne manquerais pas d'arguments irréfutables à l'appui de cette opinion ; mais je ne veux chercher de sujets de crainte que dans Tordre physique. Voici que l'homme a asservi le feu et l'eau et la foudre, et que des sujets de la terreur de nos pères il a fait des esclaves obéissants ; il sait ce qui se passe dans la lune et dans les autres planètes, etc. — Mais on lit un jour dans les journaux : Maladie des pommes de terre, maladie des bettevaves, maladie du blé, maladie du raisin, etc. En même temps quêtes maladies, il se présente tant
LES FLEURS. Mi
de médecins que, les uns venant en aide aux autres, le cas pourrait devenir grave. Et alors à quoi serviraient à l'homme ses nouvelles conquêtes, si les pommes de terre, le blé et le raisin venaient à mourir?
mon Dieu! s'écrieraient les hommes affamés, altérés et épouvantés, ayez pitié de nous; repreneznous nos sciences et nos savants, et rendez-nous vos anciens bienfaits; reprenez -nous l'astroiTomie , et rendez-nous le blé, dont le besoin, surtout pour les Français, est poussé jusqu'au préjugé et à la superstition. — En effet, je suis sûr que, si le blé venait un jour à manquer en France, les Français, sans tenir compte des pommes de terre « des fruits et des légumes farineux, et de la viande, et quelle que fût l'abondance de ces aliments, se déclareraient en famine et leurraient de faim.
Reprenez-nous la vapeur, mon Dieu, et rendeznous les pommes de terre, ces excellents petits pains qui poussaient tout faits dans la terre.
Reprenez-nous nos grands hommes politiques, qui appellent l'art de conserver leurs places — sauvegarder la société, sauver la famille et In propriété, etc., et rendez-nous le raisin qu'ils ont laissé mourir, le raisin dont le jus nous faisait parfois oublier et eux et leurs bienfaits.
2» LSfi FLBUftfi.
Mais nous n'es sommes pas encore là» Dieu aérai; le Mé, le raisin, la pomme 4e terre ne sont pas morts, — et j'ai quelque soupçaa que certain docteurs es fhiks et es léguaaes agissent à l'exemple d'un chirurgien dent je ae sais plus quel autewr a raconté l'histoire» Ce {rater, reçu par l'Académie, n'avait pas tardé à remarquer que, si l'Académie donne les diplonges, die fte fournit pas les malades* Après avoir chercha vainement toutes sortes de moyens 4e se mettre en évideaee et de se former une dieotèle, il s'était arrêté à celui-ci : son logis étah, fc seul logis de médecin dans un quartier assez désert ; le soir, enveloppé d'un vaste manteau, il attendait le premier passant bien mis, lai donnait un coup 4e poignard, et s'enfuyait vite attendre gu'eu le lui apportât» Sa porte à cet effet était ornée d'une lanterne sur laquelle on voyait briUsr eu transparent son nom el sa profession*
Il y a quelques années déjà* dune un recueil qui . s'appelait te» <hiéftê s j'ai dénoaeé, après l'avoir pris en flagrant délit, un médecin de ce genre. Il avait annoncé dans les journaux que la colère céleste venait de déchaîner un ennemi «entre le «assis, — rites nignùii; —* suivait uttô description scientifique du redoutable animal et des procédés pour lutter cou-
iifitë *t£ Wl€. m
tee-ses déprédations* h constatai qu'il 6 '-agissait si' me variété de puceron qui a de tout temps vécu sur le cassis* que 1 on y trouve toujours* — qui a dâ être créé le même jour que le cassis, — soit qu'il ait été fait pou* 4e oas&is euque leoassis ait été fait pour iui. Ce qui fut cause que notre homme ne put s'intitu* 1er, eemme il en avait eu l'intention et l'espoir, — * sauveur du cassis et vainqueur de ses ememist Sérieusement j'ai d^jà plusieurs fois parié des ma*
ladios et des dégénérescences qui peuvent se remac* quer dans certains végétaux. L'homme fak produire il tout ce qu'il a soumis à «a puissance *u delà des desseins de la nature 4 de plus» «a recherche incessante de nouvelles espèces, tout en lui faisant km des découvertes et des conquêtes précieuses, doit de temps en temps produire également des espèces médiocres» majivaisest maladives* Le feien-être suspect qui doit ressortir des théories politiques ne devrait pas l'emporter <sur les intérêts réels et sérieux dans l'ospritde «eux qui gouvernent ou sont censés gouverner* et ne sont en réalité frappé* que d'une idée* ne croient qu'à un devoir : conserver leurs places et ompêeher d'autres de les prendre*
Si l'on était ministre de l'agriculture peur l'agri» culture* par exemple) au lieu d'être ministre de l'a-
gricukure pour la révision de la Constitution ou pour l'abrogation de l'article 45, il est un projet que j'ai déjà laissé entrevoir et que je proposerais sérieusement.
On a créé des haras dans les départements pour la propagation des belles races de chevaux, de bœufs, etc.; pourquoi ne créerait-on pas dans chaque chef-lieu d'arrondissement une sorte de haras de fruits et de légumes pour propager les bonnes et les nouvelles espèces, et remplacer graduellement les espèces médiocres, mauvaises ou dégénérées qui occupent la plus grande partie des cultures? Nos marchés sont encombrés de mauvaises espèces" de fruits et de légumes ; les semences sont achetées et vendues avec une parfaite incertitude.
On pourrait, dans ces cultures-modèles, donner à bas prix aux cultivateurs des greffes et des semences des meilleures espèces ; on pourrait faire des essais et des expériences que ne peut se permettre l'industrie privée ; en peu d'années toutes les bonnes espèces auraient remplacé les autres ; une nouveauté utile, expérimentée, une découverte constatée, soit en fruits ou en légumes, soit en procédés de culture ou en engrais, par le moyen de ces jardins, serait propagée en quelques mois. On y donnerait des le-
çons pour la taille des arbres, la greffe, etc. ; ce serait une sorte d'école normale de jardinage, et le produit en greffe, en semences, en fruits, en légumes, ne tarderait pas à couvrir les frais de pareils établissements. Mais, je le répète, il faudrait, pour commencer à penser à cela, que la politique ne consistât pas à se battre sans cesse dans les coulisses à qui remplira les beaux rôles, les rôles à oripeaux, et qu'on commençât une pièce pour laquelle le pays paye depuis longtemps sa place.
Ces établissements horticoles, outre les avantages que j'ai énumérés et beaucoup d'autres encore, auraient celui de pouvoir correspondre avec un comité central au ministère de l'agriculture — nous supposons un ministère de l'agriculture /Quand une maladie, une dégénérescence, se manifesterait dans une contrée, on saurait si elle a paru également dans les autres ; on pourrait demander pour les pays attaqués des semences saines à ceux qui auraient été préservés. Les observations simultanées dans des sols, des expositions/ sous des températures différentes, amèneraient bien vite la découverte de la vérité. — Citons encore un des services que de pareils établissements auraient rendus depuis quelques années. Jne des causes de la maladie jles pommes de terre est que,
*?<? LES fkBtftLB.
députe vingt ails ci plus, ôH multiplie leapofflttleS dfe terre de bouture fthds rectmHf àtt s^itiià, si ee h'eat pouf cherchef dt& espèces tlôtivélle». L'Industrie privée n'ose pas semer des pommes de terre, parce que la gratine ne produit ta première année que de petits tubercules grofe tomme les bille» qui aerveftt de jouets aux enfanta; lesquels, remis étt terre, pra* duiraient de vraies pommes de terfe l'ftMéè jutante; mais feraient perdre une année. Les étàbU&etteiit* dont je parle, en fourftis&nt attk agriculteur* dé M* petite tubercule» d'ûit ati , auraient probablement beaucoup contribué à résister il la maladie qut éft* Vâhit ce légUtte préClëtt*.
LesjbUMaUx* et leSjonMau* fepédau*, OAtaftnottôé au commencement de Cette année àVéc ëfflphâSe Utte nouvelle fraisé, ôottè le rtbm de flabë Créliibttt. C*frtaltla Vraie, la seule fraisé. Jusqu'ici on fl'atait mangé que des espèces de rudiments informes de fraises. La fraise était découverte. La fraise Crémont, grosse entre les grosse^ fraises, égale h là fraise Mammouth, à la fraise Goliath par ses dimensions, remontait comme la fraise dés ÀlpëS. Bèatlcoltp de gens en ont acheté, et étttre autres quelques jardiniers rtormahds. Dieu sait avec quels soins fut cultivée cette merveille, quelles espérances on frisait reposer sur ^s produits.
Eh bîeA ! h faise Grémoni n% êvhné que des fritte de ifteyeilne froeeew et t'a pas refleuri. H serait bien temps que les jeiiraauk expliquassent ctairteiaeBt a* publie qde Ifeur ^witnène page est «É mûr sur teqtfttt ils permettent d'affiofier il quteemfëe leur paya tttt pttx eenveffttt Mai* U toudrait aussi pntoitf&tf eottr e fe mime et aussi contre le /kff*#ferfe; ear «ont eela se fend* foéMie dln* de* Jeurtiaua qui ne dévieraient pas de lest 1 lig ne pelittyue flg ta large» d'au theve* peur des militons*
(Si et* me demandait eé ^ue m'eut fait les dfthlfae* je «etttë fort enbàWàftse de revendre. Gepeadatit u
MlrM «et qtte je M le* *i$e gttre* Géftês* Huttifie
flèttf »'* dei eoutetirs plu» Hëhefc et plus *hrfêë§,
et. . ; . î'iVMtffcHéT J'fli fifii jpâf jMtnflrê «elle àhdeft tin patti Vlblént \ J'ai mti de lèé admettre ÛMi ittOtt jâîdifl.
D'abôfd mdh jufâiii rt'ést {M gràftd} ètistaltè il &t cttttlvé d'iitife fàçétl particulière. La tdlttirë ti'y est pas appâfëfitéj les gilzonS, éftWilléè de tfôcus et dé violettes au pHntetiips!, dfc bdfraHK et dé côïbhittùës à htitoiflhë, btlt l'àîr de gilfcMfe fcâtftagé& et Venus d'eux-mêmes. Les magnolia y sont traités sSHfe plttâ de fdçdfl tyiè lêâ oftfaës. Lès rotièës à fleurs doubles blatlchfes et roses y cfOiSêferit coiilnlé croissent les
ronces sauvages dans les haies. Le muguet, les primevères, les cyclamens fleurissent sous les arbres sans demander aucun soin, si bien qu'on les oublie et qu'on les trouve chaque année. Eh bienl par la faute du jardin, ou par la faute des dahlias, les dahlias font un très-mauvais effet dans mon jardin. Us ne veulent absolument pas avoir l'air d'avoir été jetés là par un oiseau ou par le vent. Tout en étalant leurs riches corolles, ils vous parlent du jardinier; ils montrent leurs tuteurs, ils laissent voir leurs liens, ils sont gourmés, empesés, haut cravatés ; enfin nous nous sommes brouillés, ils sont partis. Peut-être aussi y a-t-il une autre raison. Les primevères, les roses, le muguet, l'aubépine, la pervenche, la violette ont été mêlés à notre jeunesse et à nos premières sensations ; nous voyons chaque année refleurir avec eux toutes nos croyances, toutes nos illusions fanées; ils nous racontent les jours passés et les rêves finis. Le dahlia n'a rien à raconter aux gens de mon âge. ' J'ai quarante-deux ans, et il n'y avait pas de dahlia quand j'étais enfant. Il n'y en avait pas dans le jardin où won âme s'épanouissait au soleil, à la pensée, à l'amour.
Quoi qu'il en soit, j'ai proscrit les dahlias, mais je les ai proscrits sans haine. Dans ce jardin tout
peuplé d'amis, ils étaient des messieurs, des étrangers, des intrus, presque des indiscrets ; ils me gênaient, moi et mes souvenirs et mes rêveries. Mais je n'ai pas renoncé à les voir quelquefois. J'ai un voisin qui en a une très-riche et très-belle collection, parfaitement soignée; outre que ce voisin est un homme de bon cœur et de bon accueil, j'aime aussi à aller visiter ses dahlias et leurs fleurs si splendidement éclatantes. Peut-être dans ma brouille, avec les dahlias est-ce moi qui ai tort, peut-être est-ce au défaut de mon caractère qu'il faut attribuer notre rupture ; je ne le regrette pas, mais je ne conseille à personne de m'imiter.
Je vais, aux premières gelées, faire l'essai d'un procédé que j'ai déjà vu recommander par plusieurs jardiniers. On sait que les héliotropes passent difficilement l'hiver, même dans une orangerie ; on sait aussi quel développement ils prennent livrés à la pleine terre ; il s'agit de leur faire passer l'hiver dehors, et voici comment on doit s'y prendre :
Dès la première gelée, les branches de l'héliotrope deviennent noires; il faut alors les couper toutes au ras du sol, puis avec les débris de ces branches, du sable, des balles de blé, etc., on forme au-dessus de la touffe une butte un peu plus grosse qu'une taupi-
230 LE* FLEftftfc.
nièif , etfjiuaolt ftaftef i*htt»Wîté du pied flê l'hê» litttropê. Ce ii>st qtt'S toôltlê d'avril, tfeSHt-dlHI to^u^tl fl'â pltte de gèhteS & cMitidffe, tyi'il fStlt MtrUirfe cette bttttê:
Uh J(mtaM flâBMid vWht de pûWîfef dès ft^^!t« «tHatâe* pt)Ur ieiftdf e et parfofflëf \ei flèUÏS , et
leur d<mitè* \a éttuieuf et l 4 wifeuf qu'elles tïdttt pas
flâtUWltëiflefit. 11 fc'agtt tout &tffiplêffitril de téittdrê leè fleurs blâttches eh bleu, fert hoir du eti Vert, €fi mettàht àUi pieds dei plâfttéS Uftfe tforipitéitM dft vlttàigïè, de àël, dé ftittdef de AoUtoii, à laquelle ftîl ihélë UUë poudre Kit? de flëttrà de blueiS dëssêchêéê, de baies noires, ou du suc de rUë.
Pm ïëfe odêUfs, Uh toit trétfipëHèsSëtaêftéés dans dû vlhatgrë, au^Uêl ôft fôêle bd de htobtë, OU dô l'ës&ëiiêë dô toèh, dU Au bëhjoifl, aëfoh l'ôdeû* ÇU'ôh Vêtit ôbtëhîh
Coïfimé bëMëôdp de JoUïliàUx frâîiçâîs biit reproduit là notice dii journal flâriMd, et que là chose est dite avec uft inérveilledx aplomb, il n'est pas hôfs dé propos d'âvéftir que c'efct tout simplèlnënt une mystification semblable âû môyêtl indiqué par madame de Geiilis polir se procurer des roses vertes ôii noires, eh greffant dès Gosiers sur des houx et des cassis, ou poUr se procurer defc œillets bleus en plan-
tant la graine dans une racine de chicorée sauvage. Il y a cependant une façon de changer ou de modifier la couleur de certaines fleurs. — J'ai vu quelqu'un déjà employer ce moyen à l'égard des dahlias, et il réussissait complètement à tromper, émouvoir et ébahir pendant quelque temps les plus fermes amateurs de cette plante. — Promenez-vous dans un jardin en fumant un bon cigare; ne laissez pas tomber la cendre blanche qui conserve la forme du cigare ; prenez le moment où il reste au bout du cigare deux ou trois centimètres de cette cendre; passez-la alors légèrement sur les pétales des dahlias; — les parties que vous aurez touchées changeront de couleur. — J'ai vu faire l'expérience sur deux fleurs seulement, sur un dahlia jaune et sur un rose. Les pointes des pétales du premier, touchées par la cendre du cigare, devinrent rouge-brique; les pointes du second devinrent vertes.