A THÉOPHILE GAUTIER
Il est un livre très-répandu en France depuis bien longtemps, et qui a pour titre le Bon Jardinier. Ce livre est la grammaire et le dictionnaire à la fois de tout ce qui a un grand ou un petit jardin à la campagne ou à la ville, — ou quelques pots de fleurs Sur sa fenêtre.
Le Bon Jardinier doit son succès constant à ce qu'il est à la fois le livre le plus élémentaire, et le plus complet, et le moins cher, et le moins volumineux. Je ne prétends pas dire qu'il n'y en a pas.de plus complet : ce serait une grave erreur ; mais ceux qui l'emportent sur lui sous ce rapport sont en
plusieurs volumes, et s'adressent à des gens déjà instruits dans l£s pratiques du jardinage.
Longtemps le Bon Jardinier a eu une petite prétention assez incommode : au lieu d'être un gros bonhomme de livre, tout simple et tout rond, il a voulu faire le bouquin respectable, il a voulu faire le savant. Il a classé par familles botaniques les plantes dont il faisait la description et dont il enseignait la culture. — De sorte que ses lecteurs, dont peu sont bacheliers et botanistes, avaient besoin d'avoir recours à la table des matières pour savoir où trouver la plante qui leur inspirait de la curiosité, de l'intérêt ou des doutes. De sorte qu'il leur fallait ctottfref dèWc foft cttâfgg flrôt * tffe foie Si fe tafcle, uifelta&ftsfelfVfe.
Mmpaqttès rtfsMfc « flèrrëfer $fc JTai iln Çêtt êofllKbUé « ftft* «V*!Hr le Èon JfertëAfe^ & déS fcH Mïes plus sftfcptefe, * im îartgttge btoite têfclteftïté é plus à la portée de ses lecteurs; ttë tiM Jftfififttëf-, &{&% tpHpie* ètittééS-, a àfl&pfô IHJWft ftlj&àtâtiqbé, dtt ftoïi» pforf tttté t>â¥tîë <M ^rttirfife J* vfeflfe d« tiHfcvtf! 1 celui de cette artïtëe; et j* M ^WbtfWi
L^to«torttitoh ÇA* Je lottë éft *flë-*ê»e, *st 16» devoir tes toms ffefcltate qttfe J'to aiténflâfe: î;fc »wt #fcriKHî<fr «*ft t>d se défilé Jtetii*eft«rt Ad ton Jtë-
aàmtoent sfctettffliqïre *<nu je *e ttttyate dégdfcté t il ite sfc intente pas fllitëtwite *t à'fetefrer, il vert étante!- et «blbttfr. îl tîfcirtt et sfe îamilfera«r *\*fc se* flfcdptes, et A *e teuf flttttet pas *& r^rMiet de tft>p ptàs. fl tïé ^est }>& rgsî^wft à fotrtffe fe« sabôti ftl frfflfoter ; H * «toTrëtîrVë tes «mttets <*â» quâftte et'clréS * îatftlripîTifcSsettï. Ses ïflâft*««tëS soflt dfc MSIé gfosSe et jàtmft-, taafe cfcjretïdant iU#eS m&ttchiBtti?È <èWîîrite m. ftè Buffoti.
C'est ainsi i|tf!l a tefcfcé Sîriis HéSttltat tt <flil dëVâit être une notable amélioîàtïôti.
Qitel Ktàït lé feiit fprttt *èVhtt Se ^W^Wt et qtfttt f)0tfvaït attéindtfe tti adùptatit \ otite alphabétique? tJfi but Meft siïïipte * fafcitftét «t àtorêgt?r leG fei&ercfoeè.
ftrt* feelâ, 4tié fàllaft-il feitè t
Rèttttïctt li la ditistoti pat fafoiltes botatiitjtofesî mais, pu* fcètat c{ui Sdtit savàtits oti fcôW céU* qui veulent te devenir, tascrlrfe etittte ^âlréuthèstgs, aflïfes chaque pUnté, h fâtàttte àîaqtieîte eïte appârtîeïït}
Former te flictteîiûâïffe des ttfltftS vûlgatttfc , t\, entre les noms vulgaires , thtikfr pôtur tbàrjut plameîe plus gétiéraletfiênt adopte, eti ajdtrtâfit h l'article tes autres noms vdlgâites et lefe noms sdéti tifiques.
Le Bon Jardinier a fait tout le contraire» et le moindre inconvénient qu'ait cette lubie pédante est qu'il faut chercher deux fois chaque mot» comme avant l'adoption de Tordre alphabétique. D'autres fois on ne trouve pas du tout certains mots. Ainsi, le pyrus, cognassier du Japon» cet arbuste de forme irrégulière qui, au moment où j'écris, est chargé d'une si grande quantité de fleurs rouges, n'y est pas indiqué, même par un renvoi. Je suppose cependant qu'il est dans le livre» mais sous quel nom nouveau ou inconnu s'y cache-t-il ?
Donnons quelques exemples de ces inconvénients. Quand le Bon Jardinier a adopté Tordre alphabétique, c'était pour satisfaire les réclamations qui de* vaient se formuler ainsi : « Mais, monsieur, je suis jardinier ; je sais à peine lire ; je n'ai pas appris la botanique, » ou « Monsieur, il y a beaucoup de plantes dont je ne sais pas du tout le nom, d'autres dont je ne sais que le nom vulgaire ; rappelez-vous, ô Bon Jardinkr! que vous vous adressez à des gens qui, pour la plupart, ne sont que tout au plus de mauvais jardiniers, » etc., etc.
Voici donc nos gens très-satisfaits. Désormais leur livre chéri va répondre à toutes leurs demandes, et à la première question.
Cherchons un peu l'article Chêne. Le voici :
c'est bien plus commode ; à la bonne heure ; c'est là ce que nous demandions : Chêne, voyez Quereus.
« Ah ! il faut chercher une seconde fois !
— C'est votre faute, répond le Bon Jardinier d'un air capable ; il fallait chercher d'abord Quercus.
— Mais, mon bon monsieur, je vous ai dit que je ne sais pas la botanique 4 ; vous avez eu l'air d'avoir pitié de moi ; j'en ai été plein de reconnaissance ; et maintenant voilà que vous exigez que je sache le latin. »
Houx, voyez llex. — Hêtre, voyez Fagus. — Châtaignier , voyez Castanea. — Lilas , voyez Syringa.
« Ah! monsieur, ah ! méchant Bon Jardinier que vous êtes, vous nous avez trompés ; vous nous avez sacrifiés aux savants. Mais, si vous aviez mis les noms vulgaires et chrétiens des plantes, les savants les savent comme nous, et personne n'aurait cherché deux fois, au risque parfois de ne pas trouver. Vous auriez pu, au besoin, pour leur faire plaisir renverser Tordre que vous avez adopté, et mettre : Quercus, voyez Chêne ; — llex, voyez Houx; -•
Fagus, voye^z Hêtre, et tout te monde aurait été contçpt. »
Mais ce n'est pas tout : outre que Te BonJaréR nier a été \ l'inverse de se§ bopnes intentions en adoptant; les rçpms, latins et scientifiques des plantes, il a çnpore ^dopjé 4 es QPPÇ scieptifiques nouveaux, qui ont succédé aux anciens, sans que j y voie v pour ma part, de raison çxtrêmem^t triomphante ; mais, en tout cas, ces, nojns devaient venir après les autres.
Ains[, cette ^plie petite fleur, humble et BriPlante, qui passe du rose au violet, que Ton a ap-
pelée si longtemps giroflée ou julienne de Mafion, on savait bien que les savants rappelaient cheïrantfius maritima; on commençait même à s'habituer à ce mot, au point de le reconnaître quand on le rencontrait. Il paraît que messieurs les botanistes veulent qji'on apprenne toujours e(, qu'on ne sache j'amàfs ; lçur science est l$ nuép qu'embrassait sans cesse ce damné de l'enfer païen. La Julienne de BTahon ne s'appelle plus julienne de Jïahon, elfe ne s'appelte glus çheirqnthup maritima ; elle s'appelle cette année malcomiq. Comment s'appelïera-t-ette Tannée prochaine V Le liseron, aux belles cloches blanches, violettes
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ei roses, s'appelait aassr vahibHis ; on htr a imposé, du moins à quelques-uns, le nom à'ipaméss ; c'était (toux, moins joli, mais on s'y accoutumait,
fepfioaoaçait encore* assez facilement. Le liseron s'appelle maintenant pharbHhP Jamais je ne sèmerai des pharbitis dans mon jardin. J'ai fait autrefois des vers sur, certain ljserqftg, qjâ gwfijweftt ^>ïès une haied'i^ja^^îV^igq^Mfc: feiteadoûc des vers sur les pharbitis !
Et cette calme et riche fleur de l'automne . la pek^margoerite, on avait déjà essayé* de rappeler aeto* cfe ki €hrne, on n'avait pas réussi à lui ôter se* nos» afi«& La science est furieuse f Ah ! vous n'avez fias voulu admettre aster sinensh, eh Bien ! la venfemergifterite s^appettera désormais çaïïïste-
EfifeuMez donc des callistephus, d bergère T çouy savoir sf votre amant vous aime un peu, passionnément ou pas du tout.
Résine I envoyez donc te comte Atm aviva vous atteste &Vwï»&<JmemeMèu#.
Qirtl ^ bc^ <# *qjjç &qus l£*gWttfc Wtttfeft-'
Et la pervenche, ô Rousseau ! tu t'écrierais : Une vinca major?
Et l'œillet, 6 mademoiselle de Scudéri ! faites donc entrer le nom botanique de l'oeillet dans vos vers pour le grand Gondé :
En voyant ces dianthus (caryophyllus) qu'un illustre guerrier Arrose de la main qui gagna des batailles, etc.
Tenez, voici la saison où les arbres de Judée commencent à se couvrir de si nombreuses fleurs tout le long de leurs branches, qu'il semble de loin que ce soient des arbres à feuillage rose ; je savais bien que dans les livres ça s'appelait gaînier; mais, dans ma mémoire, dans mes regrets, dans mes désirs de printemps, c'était toujours le bois ou l'arbre de Judée. Gaînier est rejeté. Ouvrez le Bon Jardinier :
Gaînier de Judée, voir Cereis siliquastrum.
Et les belles grappes jaunes des faux ébéuiers?
Dans les fleurs des lilas et des ébéniers jaunes, De mes doux souvenirs, cachés comme des faunes, La troupe joue et rit.
Lisez : Dans les fleurs des syringas et des cytisus laburnum.
Et l'aubépine, donc, croyez-vous la débaptiser? — Allons donc I Tous les ans nos jeunes années refleurissent avec elle. Non, non, ce n'est pas à un cratcegus oxyacantha que je me suis écorché les doigts un jour de mai, quand j'avais vingt ans; c'est à une aubépine dont je savais alors où porter les branches parfumées.
Et cette giroflée des murailles, dont les étoiles jaunes s'épanouissaient dans les fentes des pierres du clocher de ***? Je veux bien quelquefois l'appeler ravenelle avec mes Normands, parmi lesquels je suis aujourd'hui ; mais je ne consens pas à rappeler cheiranthus eheiri.
Et le bleuet des blés, tressé en couronnes pour de si souples cheveux? Tout conspire contre lui : les iin primeurs veulent absolument l'appeler bluet ; et le Bon Jardinier, demandez-lui ce que c'est que le bleuet ; il vous dit d'un air dédaigneux : « Je ne connais pas, voyez Centaurea cyanus. »
Et le muguet ? croyez-vous que vous remplacerez son nom par celui de convallaria ? Non ; ce n'est pas du convallaria que nous allions cueillir dans les bois de Va u jours- "'était du muguet. Ce nom est une mu-
fi
«que qui ne iteonie ce temps-là ; de même que tous les noms de ces fleurs avec lesquelles noirs avons vécu étant enfants ; ce sont les ions de baptême, les petite «on», les noms sons lesquels on «me. ftonnez des R*ms «nbkte«x an* fiantes «envelles, si ^oes le voulez afcaotament. J'ai quarante ans, je les admirerai, «tais je «e les rimerai pas. Hais «e cfcangez pas les noms de nos «btores Heurs; les doux et cruels souvenirs, aussi prédeux les uns que les antres, ne les reconnaîtraient plus pour voltiger auteur d'elles comme des papillons & fépoqne où eVes nefleurisseirt.
Voilà pourquoi tant <le befles fleurs, découvertes depuis trente ans/ ne «e mêlent pas à notre vie, 4 nos souvenirs, à nos amours : c'est qtfon a fart de ces t>elles habitantes des bois et des campagnes une tribu de parvenues prétentieuses, qui portent maladroitement des ooms difficiles à prononcer, qiâ ne peuvent entrer ni tlans un vers ni dans un souvenir.
Cette belle glycine, dont les grappes Weues et parfumées couvrent ma maison, a été aussi débaptisée par ce faux bonhomme de Bon Jardinier : il f appelle wisteria. Pourquoi î
le torchants, chargé de ses petites roses jaunes,
LES FLEÙÏfR 24*
appeîé ôorfaé ff y a quelques années 4 , a pris le iwmr de kerria. Pourquoi?
té jasrtrtf (îe Virgfnfe (Wjrrf orner rtftffifcmsj'fte s'est pas contenté 4e ces deux noms rtf* ptfs céleri dé te» (torftcf. Poufqùof?
Le coréopsis s'appeifé caltiôpété; — Ta gîroffe rouge, mtithicttâ; — te rkdmtevitfeà s'afppèlfe ëthites. — Le ùàtyàatitîms pYécôtee, dotif les fleur* dôtfcement parfttfrées tforit h côiteblstfioft des jardins &r mois de jâtmer,- pfcadstat taptf elles sent séries épanouies, avait été appelé meraHa. 5j avais ce*M» seftff jtoais (m a changé ce ému ev ceh* de dtantn- «fttto*. Ptarçuei efrh*wt pfatM qfce «riye ?
Utom&ietlé, bouqaet dès «khis, » passé par tes ftoffls de {fntéphùUum et A'keHehtifsiinê.
La vigne vierge, qui s'était déjîlt appelée ampélopsis, se notfmé aujourd'hui ci^ti^.
Les cfitysantièmes, la cotirtrtme de Fantdfotfe, ne sont pfas cotftttfc du Bon fàrditiiet. Tous toi demandez ce (fûté c'est qife lés chrysaïtttfèttes, il vetrs répond : « Joyei Pgrethmrrê: »
Quel est fc Irtrt de( ce cartfaval fa* fleur* ? Je !'£■ gnore. Quel en est le résultat? Le voici :
C'est dé détfrarager les éntfatètirô, ètf lérrr fendant
la première et la plus naïve des sciences de plus en plus âpre, difficile et rebutante.
Ces noms nouveaux ont l'air de gros mots et d'injures adressées aux fleurs. On dirait qu'ils veulent les cacher, comme cette belle princesse cachait ses attraits sous une peau d'âne.
Outre ce reproche que j'adresse au Bon Jardinier, je vais noter ici une ou deux légères erreurs qui m'ont frappé en ouvrant le livre au hasard.
La veronica speciosa, indiquée comme ayant des fleurs bleues, les a violettes ou roses.
L'aponogéton dystachion, pour lequel on recommande la serre chaude ou tempérée, végète mal en serre chaude et y reste malingre et dans des proportions plus petites des deux tiers que dans les bassins d'un jardin où je le conserve depuis dix ans sans abri, et où il est plus beau qu'en serre tempérée.
Il n'est pas exact de dire que les balisiers (canna) ont besoin de la serre chaude pour mûrir leurs graines ; j'en récolte tous les ans en plein air.
Vazalea liliiflora, indiquée comme de serre tempérée, se porte aussi bien à l'air libre qu'un orme ou qu'un chêne.
Le ciste ladanifère n'a pas le centre de sa fleur
brunâtre, mais bien d'un beau rouge foncé, qui s'éclaircit en se fondant dans du jaune.
C'est à tort qu'on recommande de semer de préférence la commelyne tubéreuse tous les ans ; les tubercules se conservent très-bien dans de la terre sèche ; on les replante au printemps, et, au lieu d'avoir des plantes grêles d'un pied de haut, on a de magnifiques buissons vigoureux, et à proportions plus opulentes en tous sens, qui s'élèvent jusqu'à trois pieds.
Le cratœgus corallina (épine corail) n'a pas les plus grandes fleurs du genre; il faut au contraire les mettre au rang des plus petites ; elles sont très-tardives, et le fruit rouge porte un point noir qui lui donne l'apparence des graines d'Amérique, dont il a ja grosseur.
La fleur du budleia globosa n 9 esi pas d'un jaune doré, mais d'un orange vif.
La leycesteria formata n'a pas ses fleurs et ses fruits en épi, mais en grappes.
Le daphné lauréole, au contraire, ne forme pas des grappes, mais des épis ; sa fleur n'est pas verdâtre, mais elle est d'un vert pâle appelé vulgairement vert-pomme.
Le cyclamen de Cos n'a pas la fleur rouge, mais
bien d'un rosé vif; il vil en plein air comme les cyclamens d'Europe.
Dans l'article des fonces, on a omis tffle variété de ronce double rose; à celle qui a les pétales totérienré linéaires, comme les anémones doubles; il faut âjotn ter celle qui est entièrement semblable à la ronde i fleurs doubles blanches, sauf la couleur, c'est-à-dire dont la forme est celle d'fcfte rose. Cbe* fi. Àrtfïatfd Gofttier, à Fontenay-aux-BOses, il y en a tfrt pied tjfli couvre tout un pignon. Etc., etc., etc.
On ne doit pas ménager les avis à tltf lftfè âdssi utile, aussi répafadu, aussi estimable h bedttfecWp d'é* gards que le Bon Jardinier. Il est à dé§iret que de plus habiles que moi imitent mon exemple, et, par leurs critiques consciencieuses , aident l'éditeur I perfectionner chaque année un ouvrage Réellement classique, et qui se trdtive dans toutes les mains.
Deux mots encore.
Les camellias dont je vous ûi parlé dilt subi huit degrés de froid et sont en fleilrs en ce moment, 23 avril, dans mon jardin.
Les héliotropes; enterrés de là feçdn que Je vous ai expliquée, d'après une dote de la fîort de M. Van Houtte, ont presque tous résisté S l'hiver en pleine terre, M mbîltrent dé]?t des pousses rtbiivfeîies.
Une expérience de cette année seulement ne peut permettre de jugement définitif; je veux cependant dire que des primevères de la Chine ont passé l'hiver sans abri dans le jardin d'un de mes voisins, et ne paraissent pas en avoir souffert.
P. S. — Je savais bien que le cognassier du Japon se cachait sous un faux nom dans quelque coin du Bon Jardinier. Le hasard me le fait rencontrer ; il se fait appeler chœnomeles. A t-il quelque mauvais dessein, qu'il conserve ainsi l'incognito? Se veut-il faire passer pour un arbuste nouvellement découvert? Veut il se faire acheter sous ce nouveau nom par ceux qui le possèdent déjà sous ceux de pyrus, de cognassier, de cydonia?Ce déguisement m'est suspect; je le lui dis franchement, quoiqu'il soit en ce moment bien beau et bien fleuri.
A DUTILLBT
Les habitants des villes qui honorent la campagne de leur présence pendant quelques mois de Tété et qui veulent bien se rappeler, avec un touchant senti* ment de pitié, les amis qui passent toute l'année aux champs, me semblent pareils à des gens qui, au théâtre, s'en vont au troisième acte, et disent, si on leur demande leur avis sur la pièce : « Ça ne finit pas.» L'hiver n'existe pas tel qu'on se le représente vulgairement; cette torpeur complète de la nature, ce sommeil si ressemblant à la mort des plantes, ne sont pas aussi absolus qu'on le croit généralement.
Le vent aigu de l'hiver a balayé les feuilles, mais
les jardins n'ont pas perdu tous leurs charmes. Je ne parle pas d'un hiver tardif comme celui-ci, qui tient à la fois de l'automne et du printemps, et pendant lequel nous cueillons ici tous les jours des violettes de Parme au pied des murailles. Je parle d un véritable hiver comme il va peut-être nous arriver demain.
Les troncs et les branches dépouillés de certains arbres meurtris par le froid, extravasant leur sève, offrent aux yeux des couleurs brillantes ; le bois du cornouiller sanguin est d'un beau rouge violet. J'ai planté ici et j'ai acheté chez Armand Gontier, à Fontenay-aux-Roses, un autre cornouiller appelé cornmtiller de Sibérie, <font le bois est d'un rouge cariftiff très- éclatant. Le bWrs du frêne doré et de certâfcfô oftfere est d'an beau jaune. Un aWré- safule est violet. Le ge«êt d'Espagne est dff vert dé F émeraude. Les bratfdies <pri ont poussé sur lés tilleuls, pendant Fêté, soirt, Thitef, d'un ricfce amarante.
Mais ce ne sont pas seulement ces arbres etidonnta qui ctarmeirt les yeux ; il est des plàrtfeé, eé assefc nettfbféiwes, qui fleurissent h$ltirëi\ètttm THU m et épa*crttfSse*rt lettfs co»o8eâf pefldatt les ptas d#fs toois de Fafflnée.
Veieî la tesé dé tfoëli Yellébote naît, <jftri étale
au pied 4'un bui^on ses grandes fleurs Jbto^cbes el roses ; — l'hélMdriqx À'lwer, Je tussilage Moi\(^U } élèye 4e son ample feuillage ,d& ihyrses .de h#wp£s grisas et roses .qui répand^ ^ loi# uf& iouçe Ad«W 4a Nwflle *t d'awaude ftp&£.
Les laurier s^Us iX^al J$ies rfunbettesd *iu bbw i»sé.
J*e AapiwJ4& i>w, d^iȎ^rAfe 9 acte sous
^naées d'^tavnioe* jawes «pu -erijfeptj À 1* An <du jour surtout» jjfee odeur iïterwv M m n* iwj<pMe <fr aucuns gutr*.
JU totywdht 4» Jatm* cfihjwntke fré&Mt ou WJtfWr edoynHt, 4 f£Kbi*e$ tatëu£s&uill#s ; w 4e» <i>r4&eh*6 sa couvrent de jttUj-fis lèpre jft&oâtyee 4t -violettes ^ui répandent june odeur .qui^mUe réunir les parfums du jasmin d'Espagne et de lajacia(be.
«Les covdmrs laissent fwtdrf *n longs datons jaunes teurs.âwtrs mates, au-dessous desquelles p*- 4SMSsent .bieu&éi las tfle*u$ femelles sausla&gie de petits pinceaux d'uo ji^rcajuain.
- les mousses, si variées, ai intéressantes, «ont <alftrs dans tant leur -éclat et -étaient des tapis dé velours vert au pied des arbres, sur les vieilles muet sur des toits 4e chaume.
Le roitelet troglodyte court sur les murailles, le rouge-gorge «'approche familièrement des maisons, et accepte volontier» l'hospftalité que vous lui offrez en laissant une grange ouverte ; les mésanges à la tête bleue ou noire sautillent sur les branches nues en faisant entendre leurs voix stridentes.
Les merles se réfugient dans les houx, qui par • sèment leur feuillage luisant de fruits plus brillants que le corail, qu'ils respectent encore, tandis qu'ils ont déjà dépouillé les sorbiers et les aubéjlbies. J'ai ici au moins dix variétés de houx verts ou panachés de blanc et de jaune ; rien n'est plus splendide.
Sous les arbres, le houx frelon, fragon ou verglandier, forme des touffes d'un vert sombre semblables à des myrtes et porte sur ses feuilles des fruits rouges aussi gros et aussi éclatants que des cerises mûres.
L'iris fétide entrouvre du sein de ses longues feuilles en lame d'épée de grosses gousses dans lesquelles on voit briller en grand nombre des grains orange symétriquement pressés.
Au moindre rayon de soleil, les pâquerettes et les primevères émaillent les pelouses, et les pervenches ouvi t i.t leurs yeux bleus au pied des murs.
11 faut savoir se préparer ces fêtes pour les yeux,
il faut planter ces divers végétaux à la place et dans le sol qui leur convient ; il faut surtout appliquer à certaines plantes vigoureuses ce que Diderot disait des enfants avec tant de bon sens : « Il ne faut pas trop élever les garçons.» Ne tourmentez pasces chères plantes, laissez-les se développer et s'étendre d'ellesmêmes. N'écoutez pas votre jardinier qui vous dira» comme le mien, que vous empestez votre jardin de tussilages et que vous l'empoisonnez de muguet.
A ces plantes précieuses qui viennent orner nos jardr. pendant l'hiver, un écrivain célèbre, M. Eugène je, vient d'ajouter une conquête inappréciable : il parle dans un nouveau roman, la Bonne Aventure f d'un cactus qui fleurit à l'air libre pendant l'hiver, en même temps que le tussilage odorant, héliotrope d'hiver.
Ce cactus est entièrement nouveau, et m'est particulièrement inconnu.
Les cactus qu'on connaissait viennent des contrées les plus chaudes de l'Amérique et de l'Afrique, et ont besoin ici de l'abri des meilleures serres.
Si ce cactus n'est pas nommé, je propose de lui donner le nom de son inventeur.
Ce n'est pas la seule plante que l'on doive aux écrivains de ce temps-ci. J'ai établi, il y a longtemps
*54 XES FLEtJftS.
ftîji, le ïaMKn 'dés Yomanciérà, ïôut plaïtà fle 'àèùrs to de Vég&atiK'Ûus à leur fécôhaè îfoaginatiôà.
«On aort à madame $jh» trt âtPpnmhme^em bbkcs.
A H. Urina;, 4e 'arme/toi d **wr <mtortfcte.
A#. tëw», Uw«fc« 1*».
J A M. Victor TÏùgo, le rosier de 'Èengale sans épines et sans odeur.
Dans un vers, dont je suis tout honteux de ne me rappeler que le sens, tant j'en sais de lui qui sontiim charmant ornement pour<la mémoire, il dit du rosier de Bengale à peu près :
Gomme elle est sans épine, elle o'a^pas d'odeur.
Les roses du Bengale que nous ccnthaissfbns jiïs- (ju*ici non-éëùlement 'ë^hàieiït iihe odeihr 'très-douce et très-tfi'stirtgilée, mais de pi ifs le rosier du Bengale
iïS FL'EÛTtè. 255
â, de tous lès rosiers, les plus gros et les plus larges aiguillons.
Disons en passant, car tout intéresse chez un grand pûfête, que la fleur Ôê prédilection de M. Victor Hugo éèt ce ravissant £efît liseron dès haies blanc et rose, (Jtîi répand une si délicieuse ocleur d'amande a m ère. Glissons ici Tiumtlemënt et sournoisement quatre vëite 'à propos des roses et 3e leurs opines ; t auteur héilté avoir Taîr de désirer garder tarioriytoe*:
»De kur meillewr -oèCéftâchoBS^votnI«s^os«s : Vous vousflaignezde voirtes rosiers épineux; Moi je me réjouis et rends grâces aux dieux Que les épines aient dés roses.
A M. Pagl Féval, on doit unetwiéêé 4e mélèze qui garde ses feuilles r hiver.
A Balzac, à ce grand écrivain qui vient de mourir dans toute la force de son génie, et dont le dernier livre est peut-être le plus beau, les ; ardins doivent Y azalée grimpante*
A propos de Balzac, je saisis cette occasion de me justifier. On a publié il y a quelque temps un volume sur Balzac ; dans ce volume, l'auteur a cru devoir rapporter assez en détail une petite querelle littéraire que j'ai eue avec l'auteur des Parents pauvres, querelle à la suite de laquelle nous nous étions brouillés. Balzac avait depuis quitté la France, moi j'avais quitté Paris. Les occasions nous ont manqué pour nous réconcilier. Ce que Fauteur de la Vie de Balzac m'aurait fait grand plaisir d'ajouter, c'est que ni mon admiration pour Balzac, ni l'expression de cette admiration, n'ont jamais eu d'intermittence ; on trouverait dans les Guipes, peu de temps après notre brouille, à propos d'un remplissage de l'Académie : « L'Académie ne nommera pas Balzac ; l'Académie de ce temps-ci veut avoir aussi son Molière k ne pas nommer. » Vingt fois j'ai eu l'honneur de rendre une justice aussi entière à ce grand écrivain, et à propos des Parents pauvres, son dernier ouvrage, j'écrivais : « Je remercie bien sincèrement M. de Balzac de s'être rappelé le nom de mon cher père , en citant un certain nombre de célèbres musiciens allemands ; avoir son nom placé dans un des beaux livres de M. de Balzac, c'est avoir une glorieuse épitaphe. »
Je n'ai que quarante-deux ans ; mais je suis i& du
temps ou Ton savait encore admirer : je crois, par
exemple , que je suis né tout à fait à la fin dece temps-là.
Les gens qui lisent savent tout ce que l'on doit à la féconde imagination de M. Dumas de récits curieux, attachants, dramatiques, spirituels. Cette imagination, dont la puissance n'a pas encore montré ses limites, n'avait encore rien créé dans l'empire des fleurs; elle ne pouvait se contenter des richesses acquises : elle nous a donné des richesses nouvelles.
Si mes autres lecteurs veulent bien me le permettre, j'appellerai spécialement sur ce qui va suivre l'attention de M. Bachelet, du Havre, célèbre amateur de tulipes, qui sème des géraniums à ses moments perdus, et a bien voulu donner mon no*a à un de ses gains de l'année delrnière.
H. Alexandre Dumas vient de trouver une tulipe noire!
Dans un roman publié par lui dernièrement» sous ce titre, la Tulipe noire, M. A. Dumas nous montre deux amateurs de tulipes s'efforçant par tous les moyens d'o'Xenir une tulipe noire, pour laquelle la Société tulipière de Harlem proposa, dit M. Dumas, l'an 1672, un prix de cent mille florins. Le récit des
efltrtMtes dçux jardiniers renferme èc^cincottstaww qui ne^ronti pas sans itttérêt» pour les aatre» «rt** t&teiMK. Ainsi Yan-lttérle se mal à aimer les tulipes. Uo* an' après, il» avait trouvé einq< espèces nouvelles de tulipes. Probablement l'auteur a voulu dire cinq tulipes nouvelles* Il est ftchenx que H. à. Dumas na noua donne pas avec détails tes» procédés de ¥an- Baërte ; car dans les procédés de outture connus ju^* qu'à nos jours, k semence d'une fcuKpe ne produit de fleurs qu'au bout de quatre ou cinq ans. Ces fleurs ensuite n'ont tout à feit fixé leur coloria ef leurs panachures qu'après un espace dfe temps qu* varie de deux à quinze ans. C'est donc an moin» six ans qu'il font k tout autre amateur que ledit Van-laerle pour pouvoir classer et faire admettre une tuKpe dans le» plates-bandes considérables; en moyenne, on compte dL\ ans. C'est un immense pçojyès qui est dp à M. Dumas, et qui portera à semer des tulipes bieu d,e% $?n$ découragés jusq/i'ic^ paj la lenteur <j£$ yésjflfafs. Vft peu glus IjQ^ Van-Baëi;^ donoft \ sç$ cQiyfyçs* 4 Uilwp yw chal^ Ç<^y#bl$. floij* nç. q^n^.
§$13 guèrç cp# la p^fte tiflipe r#ga, appeléa tutyfc d% ^ de, Thpl, 414e tes a#re$ j^diw^ Ç^ety p^r lest avojir l'hiver. Personne ^utre que Vait-Çpëçlft ne plante les tulipes d'amateur sur couche ; sans douté
LES FL&UftS. 2S9
il en obtjient <fc bons çésuj^ats, njai&Çaujtaur néglige de nous les faire connaître, ainsi que les avantages <^tevej{ les ^jujijes: en çpt, singulière, ijanuisie. qu'il a^trjb.i^, à son héros- Encouragé, cçm.we W ^ P ense bie^ par ces merveilleu* résultats, cinq, tulipes goty YjçJJçs en un an, Van-Baërle continua ses ejBfort^ et en deux années il couvrit sç&glqtesrbflïHiPt de sujtffc niveaux» tellement merveillem, que jwtafliç, ytr- *0*ni, ^cepté peut-être. Shabspm* e} Qub&ik 4* Wient tant qrM oprè* Dieu*
Iflai^ yoiâ bien *utre ofcosa ; ^-Ç^ëri^ a obtenu un oignon, cet oignon n'a pas flepi, et ppujtantila des oaïeux.. l*& ojp#n& que 901$ çoû#a^o^ u'ont de cai^i^ <#apjçè$ ayQfr tyeyjcî ; q^çq qui e&t plus éteaflgfc, c'est qye cet ojgnw» qui. nfa pas fle,i£i, V*»- ÇaëtJ^ te dévia? et* ftoq g&uo, et il tfy a plus d'oiçjqoa; c$ caïeu* doives fleuri^ Vanuée suivante : c'est possible, quoique U pbjpart dps caïfl& ^ donnent pas des fleurs si, vite ; mais eu tout ca^, d'après les ancien pr^ugés, roignçfl. aurait flç^i plus sûrç r ment et pty$ pjQnypitemçnt qpe $çs çaiftu* VtigMQ vient de 1^ seflj^ce. "l'une, tulipe couleur çaf# : il y a mille chauces coûtes ijtne po.ui; que ça %>ur soit couleur café plus ou moins sombre; cependant Van* Baërle sait qu'uu des trois caïeux produira Ja tulyg
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noire : « Ils ont cet air mélancolique qui promet le noir d'ébène. »
Voyez comme on apprend! Jusqu'ici il était réputé incontestable que tout caïeu donne une fleur identique à celle dont il tire son origine. — Mais il était temps de changer cette vieille routine où s'endormaient des caieux rétrogrades.
Une autre modification apportée par M. A. Dumas dans la culture des tulipes , c'est qu'il ne les plante qu'au mois d'avril. — Tandis que, dans l'ancienne méthode, c'est du 10 au 25 novembre qu'on les confie à la terre.
Au îpilieu de tant d'intéressantes révélations, fruits sans doute d'études longues et consciencieuses sur une plante si aimée, il est à regretter qu'il se glisse quelques erreurs. Van-Baërle a tort de croire qu'en 4672 il 7i existait pas dans la nature de tulipes couleur bistre. Ceux qui sèment savent qu'on ne trouve que trop de plantes brunes dans les semis. — Il est singulier également que la Société tutipière de Harlem ait proposé un prix pour une tulipe unicolore : de tout temps le grand mérite des tulipes aux yeux des amateurs a été dans leur panachure. Les tulipes unicolores s'appellent baguettes y et on attend qu'elles se panachent ; si elles ne s'y décident pas,
on les jette dehors, et cela alors comme aujourd'hui. J'ai entre les mains un catalogue de tulipes hollandaises à la date de 1667, ce qui n'est pas loin ûe 1672. — Très-peu n'ont que deux couleurs. — Le catalogue n'en cite pas une seule qui n'ait qu'une couleur. En échange de toutes ces belles choses que nous ayons apprises dans le dernier roman de M. Dumas, nous pouvons lui témoigner notre reconnaissance en lui enlevant un souci. — « Les tulipes, dit-il, frileuses comme de vraies filles de l'Orient, ne se cultivent pas dans la terre en hiver, elles ont besoin de f intérieur de la maison et des douces caresses du poêle. » H. Alex. Dumas sera bien heureux d'apprendre que les tulipes sont bien plus robustes qu'il ne le croit. — Il n'a qu'à en planter dans son petit jardin de l'avenue Frochot dans le mois de novembre, et il les verra sortir de terre et fleurir au printemps suivant. — Les tulipes les plus précieuses passent l'hiver dans la terre des jardins, — et jamais on n'en a vu être même enrhumées. — Pour ce qui est des caresses du poêle, M. Dumas a confondu ici l'oignon des tulipes avec l'oignon àIRum cepa, vulgairement oignon de cuisine, que l'on approche du feu, mais pour 1a métamorphoser en soupe dite à l'oignon, ou en ^rée dite à la soubise.
H» LES. RIWHUS.
Toiypi^.e&trilque Van^d/e orient w$ fy%* noire, et touche tes cei& ipille florins. J/apteur nç ûqus dii pa$ commet a péri tyjite tulipe, car 9a n'en a jamais entendu pa^lgr depuis oi auparayant» ce qui n'empécbe. pas que M. Dumas est un charmant et spirituel conteur, un des plus Seconds et des plus beaux esprits de ce temps; que je l'aime beaucoup, et que j'ai été fort reconnaissant de la visita qu'U>a bien voul il faire cet été à. ma cabane du bord de I&qçs.
Le même Alex. Dumas, dans Bakamo, a découvert une nouvelle variété de tournesol. — C'est un tournesol qui ci s'ouvre aux premiers rayons d& sor kï, et conséquemment se ferme le soir. » )$. Élie Bertket a enrichi les jardins d'un pécheç qui fleurit dans le mois de mai. — Il conoait apssi u^ consignai qui chante au soleil.
Janin, non content de son c&Hlet bleu, qui est me jolie découverte , parte d'un chaume patfumé de fleurs bleues et vermeiUes. S'agit-il d'm toit de charnue ou d'un champ où le grain coupé n'a laissé que du chaume ? Si c'est d'un toit de chaume, £ vent parier des iris qui sent violets et qui exhalent d>ns df autres variétés seulement une si douce et, $j fajhfe odeur, qu'on ne la distingue que de fort pris» Je it'oi jamais vu de fleurs rouges sur les toits de chaumfe
fc«9 FXE9AS. t»a
. S'il s.'agit d/ua champ* dp ty& qu/ 0* seigle il>a les biueis» qu* sont tyw ty#us* ^le^ (^^eli^^ijjM sort r^sge^, bw^ qjjâ ft çpt pps, #9d#uf, çt (jpi, d'afljpçs, son* oojupfo par l^Çgufitte ejï, igâp& t$i&gft qpe le saift, # ij.e subsistes* plus <fc#s 1$ çlpiuw&. ^.tecticap/fFai éaajeçiort s^lfcnw* veçipeill^ : vi$r meil vient de vermillon , qui est écatla^e ; wai$ cwyna ifose;vieat d$ çouga, veçmçil s'est de tout fejppa apptfijué au via ty aux. pur owta'es teint®* (te IfciKore ; le <K><fteftWit WWfiiJk à* <*teur serait dogft une nouvelle plante à m.çMJft daûô 1^ gpùlande d#& fleurs fabuleuse que (cessent Les toi#aias aontgnparains.
J'ai encore ky^si^pi^^qiy^V^itour Çujçauâ a publié un g* o& li\r$, d* moi «* %'appe% Ifygpj/* autour de ma» jar«fc#.. Msdgçé te kix# doAfc ii L'a eutouré, malgré fe soia qu'il; y a ©is T il se tyrowa %tf#lqpes fentes, d' ww^ftop <fe9$ l'mmie ;
# TeHas que opowm 1 ™, VQWOlfflwgetim.. Getop*mogetot* dystachkm est *m càarioante ptaft|e aquatique kkndfce avides éteoûoe* na»ea.el auptantuMe s*ave trieur éa vajailfe ; aite tteurrt à k fi^ dô l'atttamoe j| defeokef au priiU^mpô ; c'eafrà-éisa que le fteid ut fiai* qjtrïntercoi&psfc la floraison, el ty»'*» rfaMtà e^le na sa reposa qoa pendait tes'grassaft eta»
2*4 LBS FLEURS.
leurs et le grand froid. Elle est en fleurs ici, en ce moment, comme un grand nombre de primevères.
Je vois à la page 409 Muet pour bleuet, mais, depuis que j'écris, je n'ai pu réussir à faire imprimer le mot bleuet; anagallis mordis pour mouette; plumbago carpentœ pour larpentœ. L'auteur a bien assez de ses fautes.
— Préparez donc votre hiver pour l'année prochaine, et plantée dès à présent celles des plantes qui sont en cette saison l'ornement des jardins, et que vous n'avez pas encore.
H n'y a pas à faine beaucoup d'autres travaux : vos oignons de toutes sortes, vos pattes d'anémones, vos griffes de renoncules sont en place.
A propos d'oignons, il en est un de la plus grande magnificence, qui se cultive très-bien en pleine terre avec quelques soins, c'est le litium lanàfolium. Faites un trou de deux pieds, à moitié de terre de bruyère grossièrement concassée, en y laissant les racines ; ajoutez quatre pouces de terre de bruyère fine, placez votre oignon, recouvrez -le ensuite de terre de bruyère : parce moyen il ne souffrira pas de l'humidité.
Revenons un instant sur les plantes que je vous ai indiquées et sur les soins qu'elles exigent. Le cornouiller de Sibérie s'arrange de toute exposition,
pourvu qu'il ne' soit pas tout à fait sous les arbres , Y ellébore noir se contente d'une exposition à moitié soleil ; le tussilage préfère un sol frais, mais vient partout.
Les daphnés-lauréoles, les verglandiers et les iris fétides doivent être placés sous les grands arbres. On dit dans les livres de mettre le calycanthus précoce en terre de bruyère, mais il s'en passe très-bien. J'en ai un au levant et l'autre au midi, ils végètent tous deux parfaitement Si vous le plantez à présent, achetez-le en pot, car l'hiver n'est pas l'hiver pour lui, et on ne peut le déplanter sans danger en cette saison*