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LE JOUR DU LILAS

Le lilas s’est levé de bonne heure ce matin, il a mis sa robe

de fcte, il s’est entouré de guirlandes , voyez les jolies fleurs qui brillent dans ses cheveux. Il n’y a pas de fleur plus aimable que le lilas, un léger incarnat colore ses joues blanches, elle a la taille souple et flexible ; sa physionomie candide a cependant un petit air espiègle qui fait plaisir. Bonjour, charmante fleur. Où vastu, joli petit lilas. — Le printemps est venu ce matin me dire : réveille-toi, tu dors encore paresseuse; n’entends-tu pas le chant de l’alouette? Viens m’aider dans mes travaux. Que de choses nous avons à faire ensemble ! Le ruisseau emprisonné par la glace va redevenir libre, ne faut-il pas qu’il retrouve ses bords couverts de mousse? A sa vue , la mousse a reverdi , la rose , piquée d’émula ion, s’est entrouverte ; le saule s’est paré de feuilles verdoyantes ; le rossignol est venu se poser sur une de ses branches, et de ses chants joyeux il a salué le lilas. Le lilas attire les jeunes gens et les jeunes filles. C’est la fleur confidente de la jeunesse. Que de secrets on laisse envoler sous son ombre ! Mais le lilas est discret, il ne trahit jamais les secrets qu’on lui confie. Qui s’est jamais repenti d’avoir ouvert son cœur au lilas ? Sa présence vient d être signalée dans les champs. Aussitôt la porte des chaumières s’ouvre, mille figures joyeuses paraissent

aux fenêtres. On court au devant de la fleur. C’est à qui la saluera des premiers. Les vieillards lui sourient de loin; filles et garçons, s’empressent autour d’elle. C’est une grande fête dans la campagne, c’est le jour du lilas. Les cœurs se sentent plus à l’aise depuis que la (leur est de retour. C’est le moment de tenir la promesse donnée. Le lilas leur a rapporté à tous leurs engagements, il a rempli l’air d’un parfum de paix, de bienveillance et d’amour. Il a séché toutes les larmes ; personne ne pleure en présence du lilas. La (leur cependant continue sa course. Partout, elle réveille les lilas ses sœurs, les autres fleurs ses compagnes. Des grappes d’un rose bleuâtre pendent le long des murs, se balancent au milieu des haies, frémissent au fond des bosquets. Le lilas veut consoler tout le monde. Un lilas blanc se penchait le matin sur le front d’Arnold lorsqu’il est venu prier sur la tombe de la pauvre Maria. 11 n’y a qu’un jour du lilas dans l’année. On danse jusqu’au soir, on chante la fleur qui donne la gaîté, a consolatrice printannière, la fleur qui inspire les douces pensées et fait naître l’amour. L’ombre s’étend sur le village, les danses et les chants ont cessé. Où vas-tu, petite Lotcnen ? Pourquoi quittes-tu furtivement ta chaumière ? Tu cherches, dis-tu, le lilas. Qu’ as-tu donc de si pressé à lui dire? Le lilas a beaucoup travaillé aujourd’hui, il est fatigué, il s’est endormi heureux, Fais comme le lilas, Lotchen. Demain a son réveil j tu 'ui diras ton secret ; mais je crois, pauvre petite, que la fleurie connaît déjà.

G- de C-ONET Editeur.

Une jonquille et une tubéreuse causaient ensemble de bonne amitié. La jonquille s’était appuyée au rebord dune lenêtie; la tubéreuse assise sur un banc de gazon. Une vigne tapissait le mur et s’arrondissait sur la tête des deux fleurs. Un ramier chéri élevé par la tubéreuse se trouvait partager cet entretien.

— L’autre jour, disait la Jonquille, mon maître, en me montrant à un de ses amis, s’est écrié : voyez cette jolie (leur, c’est le désir. — Moi, répondit la Tubéreuse , je suis la volupté. J’aime bien mieux être le désir. — Cela vous plaît à dire, mais tout le monde n’est pas de votre avis. — Vous ne venez qu’après moi, — Mais je vous fais oublier. — Sans moi vous n’existeriezpas. Je vous fais naître.' — Moi, je vous ressuscite.

La conversation, comme on le voit, avait pris une tournure assez métaphysique. Le champ était vaste, et les deux fleurs pouvaient disputer longtemps avec des avantages égaux. Entre le désir et la volupté, entre la jonquille et la tubéreuse, ce n’est pas nous qui oserons décider. Heureusement, le Ramier n’éprouvait pas les mêmes scrupules.

— Tout beau, mesdames, ne vous échaudez pas, dit-il, je vais juger le différend. — Vous , s’écrièrent dédaigneusement les deux inlerlocutrices. — Moi-même, répondit le Ramier , je ne manque pas d’expérience, malgré mon air simple, et j’ai longtemps réfléchi sur l’essence des choses. — Vous allez voir. — Voyons.

la tubéreuse et la jonquille ne purent parvenir à réprimer entièrement un sourire ironique.

Pour vous juger, reprit le Ramier, je n’ai qu’à voir la manière dont les hommes vous traitent; la nature a pris soin de multiplier la jonquille ; elle abonde dans les prés, elle s’épanouit à côté des fleurs les plus simples. Son parfum est doux sans être enivrant. Sa tête penchée qui semble cachée sous un voile blanc, sa robe verte d’espérance charment le regard. L’homme aime a s entourer de jonquilles. Sur la fenêtre du pauvre, sur la cheminée du riche, partout, elle est bien accueillie. C’est que le désir plaît. Quant à vous, madame la Tubéreuse, c’est autre chose. Vous êtes originaire de l’Inde , vous êtes fille de la terre d’où nous viennent tous les poisons. Vos grandes fleurs blanches lavées de rose séduisent, il est vrai, par leur beauté, mais leur Parfum ne peut se sentir longtemps. En vous voyant pour la première fois un charme puissant s’empare des sens, on voudrait se livrer tout entier au plaisir de vous respirer , mais bientôt une tatigue étrange remplace cet enivrement passager. On vous éloigne , on vous évite , on craint de vous approcher. C’est que la volupté tue.

Il y a longtemps qu’on a donné la préférence à la jonquille sur la tubéreuse. Nous souscrivons de grand cœur à ce jugement , mais nous craignons bien qu’on n’en conteste la validité. Les sages seuls sont de l’avis du Ramier. Le reste des hommes hésite encore entre le désir et la volupté.

LD

Al

Muguet

Fuchsia

Heine Marguerite

Ckrisantrmes

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Pyramidale

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Campanule

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