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LE BAL DES FLEURS

De joie de se trouver réunies après tant de vicissitudes , les premières fleurs de retour se décident à donner un bal avant de reprendre leur forme primitive. La Fée aux fleurs avait fait construire une salle de bal magnifique ; mais nous nous dispenserons d’en donner la description, attendu que les fleurs n’y entrèrent pas. Elles préférèrent danser en plein aii.

11 est vrai que le plein air au pays des bées, ne ressemble nullement à celui de nos climats. Ee ciel est si rapproché de la terre qu’il ressemble à un plafond parsemé d’étoiles ; le vent est caressant et léger ; on dirait une gaze invisible. Les fleurs d’ailleurs craignaient , en se retrouvant dans un salon, d’être obligées de se rappeler la terre.

Des milliers de lucioles, girandoles vivantes, traînaient partout comme une mouvante illumination. Rien n’était joli comme de voir ces insectes gracieux décrire sur la tête des danseuses leurs courbes lumineuses.

Enfin l’orchestre commença, il était entièrement composé de rossignols membres du conservatoire de la Fée de la musique. L’oiseau bleu le dirigeait en marquant la mesure avec un bâton d’or inscrusté de diamants.

Les musiciens jouèrent d’abord une contredanse, puis une polka, puis une vvalse, ainsi que cela se pratique maintenant dans les salons du grand monde.

Au bout de deux contredanses les (leurs se sentirent f ati—

LUS FEEllRS ANIMÉES.

guées. Gomment avons-nous pu voir un plaisir dans la danse, se disaient-elles avec étonnement ? La belle-de-nuit elle-même ne comprenait pas la passion qu’elle avait eue pour les bal masqués.

Tout ces pas, disait le lis, ne valent pas le doux balancement que m’imprime le zéphire.

Elle a raison , répétèrent toutes ses compagnes , plus de danse, allons supplier la Fée de mettre fin à notre métamorphose, et de nous rendre aux doux balancement du zéphire.

La Reine-marguerite présidait en ce moment un immense galop ; il fallut le rompre et se joindre aux autres fleurs qui s’avancaient vers la Fée.

En reconnaissant leur ancien asyle le premier sentiment qu’elle éprouvèrent fut un sentiment de joie auquel succéda bientôt la crainte. Quel accueil allait leur faire la Fée ?

Elles étaient parties malgré elle, sans vouloir écouter ses sages avertissements. Maintenant les trouverait-elles assez punies, consentirait-elle à les recevoir ?

Aucune d’elles n’osait s’avancer pour sonner et se faire ouvrir la grille du jardin.

Tout-à-coup la porte s’ouvrit comme d’elle-même à deux battants, et l’on vif paraître la Fée. Les fleurs tombèrent à ses genoux en versant des larmes, mais elle les releva avec bonté.

Entrez , leur dit-elle , pauvres enfants , venez reprendre auprès de moi la place que vous n’auriez jamais dû quitter.

L’oiseau bleu était perché sur l’épaule de la Fée. Va, repritelle, gentil messager, retourne sur la terre, et guide vers moi les pauvres égarées qui ne savent plus retrouver le chemin de lapati ie.

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