ERRATUM
Yoici un chapitre que nous n’entamons qu’en tremblant. Méfions-nous des errata. On sait quand on le commence, et on ne sait pas quand on le finit.
Cependant les droits de la vérité sont imprescriptibles. Il faut que nous nous accusions de nos erreurs. Encore si nous pouvions les rejeter sur un prote distrait, mais les fautes que nous avons commises ne sont pas des fautes d’impression.
Elles touchent au fond même des choses, elles faussent leur signification morale, elles blessent la vérité historique, philosophique, mystique, que sais-je encore?
Aussi n’avons-nous pas hésité un seul instant à nous exécuter de bonne grâce. Nous ne voulons pas, dans un ouvrage de cette importance, rester en arrière des idées progressives, et nous faire traiter d’écrevisses littéraires par la critique.
La critique est sévère quand elle s’y met.
Une foule de lettres anonymes nous ont Été adressées dans le cours de cette publication. Les unes nous portaient aux nues, les autres nous accablaient de malédictions. La dernière de ces lettres était foudroyante; le lecteur pourra en juger.
« Téméraires, craignez le courroux de Flore. »
Nous nous sommes empressés d’apaiser la déesse par des sacrifices convenables. Serons-nous si heureux auprès de la critique?
Nous savons qu’on nous a reproché, dans une des dernières séances de l’Académie des sciences morales et politiques, d’avoir usé d’un symbolisme rétrograde pour caractériser le myrte et le laurier. Nous nous empressons de reconnaître la vérité de ces observations. Le lecteur est prié de considérer comme non avenus les deux dessins représentant le myrte et le laurier. Grâce aux lumières qui lui ont été fournies par l’analogie, et après deux mois de conférence avec un professeur de myrtes indiens , Grandvilie a fini par trouver que le myrte ne pouvait pas mieux se représenter que par un vieux roué, et le laurier par un vieux mousquetaire.
Dans le congrès scientifique de France qui a eu lieu cette année, plusieurs séances ont été consacrées à l’examen des Fleurs animées. La section de botanique, tout en constatant les services que ce livre est susceptible de rendre à la science, n’a point hésité à signaler une erreur de détail commise par nous. Le portrait que Grandvilie a donné de la belle-