TERRES
Trois sortes de terres sont employées dans la culture des fleurs, savoir : la II. 22
terre franche , la terre légère et la terre de bruyère. La terre franche a pour base l’argile ; elle se trouve partout ; elle est parfois jaunâtre , quelquefois grise ; mais elle ne s’emploie presque jamais pour les fleurs sans être mélangée de terreau, car sans mélange elle serait trop forte, c'est-à-dire trop compacte, et par conséquent trop froide pour la plupart des fleurs.
La terre légère ou sablonneuse n’est autre chose que la terre franche ou végétale, mêlée de sable, et de détritus de végétaux ; le sable qu’elle contient la rend meuble et poreuse ; modifiée par le terreau, elle est, pour beaucoup de fleurs, d’une grande fécondité.
La terre de bruyère est la plus convenable et la plus généralement employée pour la culture des fleurs ; elle est le résultat du détritus des masses de bruyères qui végètent sur le sable, s’y mêlent et le rendent très fertile. Cette terre convient particulièrement aux fleurs à racines bulbeuses.
En général , les terres qu'on se propose d’employer à la culture des fleurs doivent être préalablement ameublies et passées à la claie, afin qu'il ne s’y trouve ni pierres ni autres corps étrangers.
Le terreau est à peu près le seul engrais nécessaire à la culture des fleurs ; il y en a de deux sortes : celui qui provient de la décomposition des matières animales, et celui qui résulte de la décomposition des matières végétales. Le premier convient particulièrement aux arbustes et aux plantes à racines fibreuses ; le second est excellent pour les plantes à ognons et convient à toutes les plantes bulbeuses.
Dans un jardin, il ne s'agit toujours que de modifier la terre qui s’y trouve; mais quand on veut garnir de fleurs une terrasse, un balcon, une simple fenêtre, tout est à faire. Le meilleur, le plus sur, dans ces circonstances, est d’acheter la terre nécessaire chez les jardiniers fleuristes de profession , où toutes les sortes de terres et d’engrais se trouvent à profusion. A Paris, les quatre marchés aux fleurs en sont toujours abondamment approvisionnés , et les marchands grainiers en réputation, non-seulement en vendent, mais en enseignent très volontiers la manipulation.