‹ Les fleurs animéesChapitre 38 sur 51 · EXPOSITIONS · texte numérisé non relu

EXPOSITIONS

L’exposition du midi convient aux plantes à racines bulbeuses ou à ognons ; toutes les plantes de pleine terre à racines fibreuses se plaisent au levant, quelques-unes de ces dernières réussissent également au couchant ; on ne peut guère cultiver, à l'exposition du nord, que les arbustes toujours verts, et certaines fleurs qui craignent le soleil, comme les primevères, les perveuches ,

CULTURE DES PLEURS

les oreilles d’ours , etc. Dans tous les cas , l’exposition du midi est la préférable, parce qu’on peut aisément ajouter aux avantages qu’elle possède, ceux des autres expositions, au moyen des tentes, des abris et des arrosements.

On ne doit pas oublier que l’air et l’eau sont aussi indispensables à la végétation que le soleil ; ainsi, une plante qui s'étiolera à la fenêtre d’un premier étage, recouvrera toute sa force, sa vigueur, sa beauté, deux étages plus haut: c’est ce qui fait que les fenêtres du pauvre, dans les grandes villes, sont toujours plus brillantes, sous ce rapport , que celles du riche , de même que les enfants du village sont plus robustes, plus vigoureux que ceux des villes.

A Paris, il n’est pas rare de voir des maisons de cinq , six, huit, dix étages (celles traversées parle passage Radziville, par exemple), au sommet desquelles se trouvent des terrasses plombées, offrant l’aspect et étant en effet de charmants jardins, ornés des plus belles fleurs et même d’arbres fruitiers d’une grande fécondité. Et puis, il en est des plantes comme de certaines jolies personnes : elles ne sont pas exemptes de caprices, de bizarreries ; celle qui, cultivée avec soin , sera chétive et souffrante, poussera des jets vigoureux dans la fente d’un mur où le vent aura jeté un peu de poussière et le ciel un peu d’eau.

Hâtons-nous de dire toutefois que c’est là l’exception , et que les soins donnés aux fleurs et aux femmes sont rarement perdus.

Page 1