ÉDUCATION DES PLANTES
De graine, de rejeton, marcotte ou autrement, la plante est née. C’est maintenant surtout que la tendresse et les soins maternels lui sont nécessaires : un coup de vent peut suffire pour renverser, anéantir ces pauvres petits individus sortis de la terre pour sourire au soleil. Le mouvement de locomotion dont ils ne sont pas doués est pourtant indispensable à un grand nombre d entre eux. C’est le moment, mesdames, de leur tendre une main secourable pour leur faire quitter ce berceau où ils sont mal à l’aise, maintenant qu’ils commencent à grandir. Mais, prenez garde, quelque tendre que soit votre cœur, quelque douce que soit votre blanche main, il suffirait de la plus légère distraction pour que vous ayez à vous reprocher la mort de ces frêles enfants.
Des que la plante obtenue par un des moyens indiqués plus haut, à l’except.on de la greffe, a atteint une certaine force, il s’agit de la placer’ soit en P °“'e teiTe’ S01t en caisse-parterre , ce qui est à peu près la même chose, soit en caisse ou en pot; c est ce qu on appelle repiquage, une des plus importantes opérations d’horticulture.
JJles fleurs animées.
Repiquage. — Soit que l’on ail semé en pleine terre., sur couches ou sur capot, ce qui est la même chose; soit, ainsi que nous venons de le dire , que le sujet vienne de marcotte, bouture, etc., il arrive un moment où il faut l’enlever pour le mettre plus à l’aise, à la place qu’il doit orner. Si les sujets à repiquer sont en pot, on casse ce dernier avec précaution, on divise la terre qu'il contient en autant de parties qu’il y a de sujets ; on enlève chacun de ceux-ci avec la partie de terre qui lui est adhérente, on le met dans le trou préparé à le recevoir, et on arrose sur-le-champ. Lorsque le sujet qu’il s’agit de repiquer est en pleine terre, on l’enlève avec le transplantoir; mais si les plants n’étaient pas assez espacés, on les enlèverait collectivement en passant la houlette dessous, sauf à les séparer ensuite comme ceux semés en pot.
Les plantes robustes se transplantent à nu ; c’est-à-dire qu'on les arrache tout simplement du lieu où elles sont pour les placer symétriquement dans un autre. Dans ces plantes, on retranche quelquefois le pivot de la racine, lorsqu’il est trop long, ce qui nuit à la reprise, et l’on ôte une partie du chevelu, quand il est trop abondant. Mais la règle est difficile à poser sur ce point, et le plus sage est de laisser les racines entières et de ne pas lesblesser.
11 est bien entendu que chaque plante doit être repiquée dans la terre qui lui convient, laquelle aura été ameublie, et que les arrosements seront fréquents jusqu’à ce que la reprise soit complète.
Transplantation. — On procédé pour la transplantation a peu près de la meme manière que pour le repiquage. Lelte operation ne se lait u\ec succès que vers la fin de novembre. S’il s’agit de transplanter un arbuste ou un arbrisseau, on en coupe les branches ; mais il ne laul pas toucher aux racjnes, et si, par accident, on en avait blessé quelques parties, il faudrait amputer surle-champ les parties lésées avec un instrument bien tranchant. Le mal, de cette manière, serait moins grand , mais il ne serait pas entièrement réparé. Les arbres toujours verts se transplantent en enlevant avec les racines la motte de terre qui les environne ; on ne coupe pas les branches.
Arrosements.— Nous devons répéter ici que l’eau n’est pas moins nécessaire aux plantes que l’air et la. lumière; mais toutes n’ont pas un égal besoin d’humidité, et il y a un grand nombre de gradations entre la plante qui naît, vit et est fécondée au fond des tleuves et celle qui végète sur les plus arides rochers. Nous ne pouvons indiquer qu’une règle générale qui consiste à n’arroser que fort peu les plantes grasses , charnues, spongieuses, et à anoseï davantage, mais sans excès pourtant, les plantes fibreuses et ligneuses.
Dans l’hiver, on arrosera après le lever du soleil , afin que 1 eau ne puisse
CULTURE DES FLEURS
être saisie parla gelée; dans l’été, au contraire, il faut arroser le soir, après le soleil couché , pour que l’eau ne s'évapore pas avant d’avoir pénétré dans la terre.
L’eau dont on se sert pour arroser doit avoir le même degré de chaleur que la température; si donc on se servait de l’eau d’un puits profond, il faudrait, avant de l’employer, l’exposer h l’air pendant plusieurs heures. L’eau de pluie est la plus favorable à la végétation. Ce n'est pas seulement les pieds des plantes qu’il faut arroser; mais encore les tiges, Jes rameaux, les feuilles; les fleurs seules 11e doivent pas recevoir d’eau.
Rencaissage. — Rencaisser ou rempoter, c’est enlever une plante du vase où elle se trouve pour la placer dans un autre, afin d’en renouveler la terre. Une plante peut demeurer sans danger pendant deux ans-dans le même vaisseau, et au maximum trois ans; mais alors il faut la rencaisser, ce qui se fait avec le plus de succès au commencement du printemps. Après avoir laissé un peu sécher la terre, on enlève la plante, on en secoue doucement les racines, on les ébarbe légèrement avec un instrument bien tranchant, puis on les enterre dans un autre vase préparé à cet effet; on arrose, et l’opération est terminée. Une autre opération, appelée demi-rempotage, consiste à enlever chaque année, au printemps, avec une houlette, le tiers ou la moitié de la terre contenue dans le pot, et à la remplacer par de la terre nouvelle de même espèce.
Lorsqu’une plante dépérit sans cause apparente, il faut la dépoter sur-lechamp, en examiner les racines, les laver soigneusement, et si l’on y découvre quelque plaie, retrancher la partie malade en la coupant le plus nettement possible. On rempote ensuite la plante, et si elle est délicate on la met sur capot et sous cloche jusqu’à ce qu’elle ait repris assez de vigueur pour supporter l’air libre.
— M=SSi3*î*H