CULTURE SPÉCIALE DES PRINCIPALES FLEURS
Nous faisons ici abstraction de la botanique ; nous ne rangeons donc pas les fleurs par tribus, par familles, genres ; mais tout simplement par ordre alphabétique. Il ne s’agit plus de compter les pistils, les étamines, les pétales; mais bien de savoir cequ’il faut faire pour obtenir les plus belles variétés d’un individu, à quelque tribu, famille et genre qu'il appartienne. C’est ici de la science facile, dans laquelle on peut pénétrer avec le même succès, soit que l’on commence par la fin, le milieu ou le commencement; c’est un dictionnaire, ou plutôt un conseiller toujours disposé à rendre un bon office sans s’inquiéter de formes ou de méthodes.
11 ne serait pas impossible pourtant que la lecture s’en fit tout d’une baleine : nous vous avons raconté de plus grands miracles que celui-là, et encore ici trouverez-vous peut-être quelquefois le conteur sous l’écorce du jardinier. Espérons donc et commençons.
Aconit. — On cultive trois variétés de cette plante, qui fleurit en juin ; l'aconit napel, qui, sur une tige haute communément de plus d’un mètre, porte
des fleurs en épi d’un beau bleu; Yaconit à grandes feuilles , dont les fleurs sont d un bleu plus vif, et 1 aconit- tue -loup , qui donne des fleurs jaunes. Plantes à racines fibreuses. — Terre de bruyère. — Se mulliplienl par éclats.
Adonide d'été. — Plante annuelle qui se multiplie par graines semées en place et donne, en juillet, de petites fleurs blanches, jaunes ou rouges, selon la variété. G adonide printanière est une autre espèce qui est vivace , fleurit en juillet et donne de très belles fleurs jaunes. Celle dernière peut se multiplier par éclats ; la terre de bruyère convient à toutes deux.
Airelle. — Arbuste dont on cultive plusieurs variétés. La plus remarquable est l' airelle myrtille , arbuste -de soixante à soixante-dix centimètres de hauteur, donnant en mai des fleurs en grelot d’un rose pâle, et en août des baies semblables au raisin et d'un goût très agréable. — Terre de bruyère. On peut le reproduire par graines, rejetons et marcottes; mais ce dernier procédé est celui qui réussit le mieux. Les autres variétés remarquables de cette plante sont Y airelle corymbifère, qui atteint communément une hauteur d'un mètre et demi; Y airelle veinée, arbuste plus petit que le premier. La culture est la même pour toutes les variétés.
Amarante. — Charmante fleur annuelle, dont on cultive deux variétés, l’amarante en queue, qui donne, en juin, des fleurs en épi très allongé, et l'amarante tricolore, dont les fleurs sont réunies en paquet. Ces deux variétés se reproduisent par graines semées à la fin de mars sur couche ou sur capot. — Terre de bruyère mêlée de terre franche et terreau.
Amaryllis. — Plante à ognons , fleurissant en septembre. — Terre de bruyère; multiplication par caïeux que l'on sépare des ognons tous les deux ans. Nombreuses variétés, dont les principales sont : Y amaryllis jaune, la seule variété qui puisse s'accommoder d’une autre terre que celle de bruyère; l'amaryllis dorée, Y amaryllis à /leurs en croix, et Y amaryllis de Guernesey, admirable plante du Japon, jetée sur les côtes de Pile de Guernesey par une tempête, ainsi que nous l’avons dit plus haut, dans la botanique des Dames.
Améthyste. — Plante annuelle qui donne, en juin , des fleurs bleues , très jolies. Multiplication par graines, semées aux premiers jours d’avril, en terre de bruyère mêlée de terreau.
Amomon. — Joli arbrisseau dont la hauteur varie d’un mètre îi un mètre et demi. 11 donne, en août, des fleurs blanches, et en septembre des fruits rouges qui ont la forme de cerises, mais qui ne sont pas mangeables. Terre
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légère. — Multiplication par marcottes et par semis faits tin mars. Beau-
coup d'air ; terre souvent ameublie ; arrosements modérés.
Ancolie. — On cultive 1 ’ancolie commune et Yancolie du Canada. Toutes deux fleurissent en mai; la première donne des fleurs très jolies, bleues ou roses; les fleurs de la seconde sont d’un beau jaune. — Terre de bruyère mêlée de terre franche. Multiplication par éclats , et par graines qui doivent être semées aussitôt qu’elles sont mûres.
Anémone. — Cette belle plante compte un grand nombre de variétés; les plus jolies sont celles dont les nuances sont pures et bien tranchées , depuis le bleu du ciel jusqu au nacarat. On ne peut obtenir ces belles variétés que par le semis fait au commencement de mars sur terre franche recouverte de terreau. On arrose fréquemment. La plante, cette année, ne donne pas de fleurs. En juin ou au commencement de juillet, les feuilles se fanent; alors on déterre les pattes, et après les avoir fait sécher à l’ombre, on les replante en octobre, en observant de laisser entre chacune une distance de trois à quatre centimètres. Au mois d’avril suivant on obtient des fleurs; on forme alors une collection, qu’on plante chaque année en octobre. 11 est mieux encore de faire deux collections et d'alterner la plantation de sorte que la même collection ne donne des fleurs que tous les deux ans. Loin de nuire à la plante, ce repos d une année la fortifie, et elle donne ensuite des fleurs admirables.
Ture flanche. Déterrer la plante en juillet et en séparer des tubercules nouveaux.
Les anémones cultivées en pots, dans les appartements , peuvent donner des fleurs au milieu de l’hiver; mais celles que l’on force ainsi ne se reproduisent plus; il faut donc se bien assurer des richesses que l’on possède avant de tuer ainsi la poule aux œufs d'or.
Apocyn.— Plante à racines fibreuses, qui donne en juillet de petites fleurs roses et blanches en forme de cloche. On nomme aussi cette plante gobe mouche, parce que la fleur, exhalant une odeur de miel, attire les mouchesqui se trouvent prises dans la matière visqueuse dont est enduit l’intérieur de la
corolle. Terre légère; multiplication par éclats en octobre , et par semis en mars. .
Armoise ou Citronelle. — Joli arbuste de soixante à soixante-quinze centimètres de haut, donnant en août de charmantes petites fleurs en grappes, et dont les feuilles exhalent une odeur de citron des plus agréables. Se cultive en pots qu’il faut rentrer aux premiers froids. — Arrosements modérés.
Terre franche mêlée de terre de bruyère. — Multiplication par semis; mais plus facilement par éclats au mois de mars.
Asclèpiade. — Plante h racines fibreuses. En juillet, petites fleurs rouges exhalant un parfum de vanille assez prononcé. Terre de bruyère; arrosements fréquents. — Multiplication par graines, et plus facilement par éclats, fin octobre. — Plusieurs variétés; môme culture.
Aubépine. — Il n’est personne qui ne connaisse ce charmant arbrisseau dont, vers la fin d’avril , le parfum embaume nos champs. Il n’y a presque rien à dire sur la culture de l'aubépine , qui croît spontanément dans toutes sortes de terres, au milieu des haies vives, sur la lisière des forêts, sur les coteaux les plus escarpés. Toutes les terres lui conviennent sous un climat tempéré; mais la terre franche est celle dans laquelle elle se plaît le mieux.
L’aubépine cependant ne peut être convenablement placée que dans un jardin d’une certaine étendue : les soins qu’on lui pionne n'ajoutent rien à la délicieuse odeur quelle exhale ; mais ses fleurs sont plus nombreuses; ses rameaux prennent un plus grand développement. C’est encore un emblème de l’innocence; mais c'est l’innocence agitée par l’espérance et la crainte; c'est l’innocence sous les armes. — Peu d’eau , beaucoup d'air. — Multiplication par boutures, marcottes, et plus facilement par graines semées aussitôt qu’elles sont mûres.
Azalée.— Très bel arbrisseau dont la hauteur dépasse quelquefois un mètre et demi, fleurissant en mai. Ses fleurs, d’un doux parfum , ressemblent un peu à celles du chèvre-feuille, sont de différentes couleurs, selon la variété.
Terre de bruyère; arrosements fréquents. — Multiplication par semis,
par marcottes et rejetons, en mars.
Baguenaudiez — Grand arbrisseau de pleine terre, de trois à quatre mètres de haut, qui ne se cultive que dans les jardins d’une certaine étendue. Nous 'en avons pourtant vu quelquefois de fort jolis dans de grandes caissesparterre. — Fleurs jaunes en grappes en juin. — Terre franche. Multiplication par rejetons, œilletons, marcottes ; arrosements modérés. — Plusieurs variétés; même culture.
Balsamine. — Plante à racines tubéreuses, annuelle, dont les jolies fleurs,
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de toutes couleurs, selon la variété, s’épanouissent en juillet. — Terre franche ; arrosements modérés. — Multiplication par graines semées fin mars et repiquées en mai.
Basilic. — Plante annuelle, remarquable seulement par son odeur agréable. Fleurit en mai , et se multiplie par graines semées en avril sur terreau. — Plusieurs espèces, même culture pour toutes.
Belle-de-jour. — Charmante plante annuelle qui fleurit en juillet. Fleurs nombreuses, jaunes à la gorge, blanches au milieu et bleues sur les bords. Multiplication par graines semées en place en avril. — Arrosements modérés. Cette fleur s’ouvre dès que le jour paraît, et se ferme un peu après le coucher du soleil, phénomène auquel elle doit son nom, et qu’on a vainement tenté d’exploiter.
Belle-de-nuit. — Fleurit en juillet, fleurs nombreuses et de diverses couleurs, odorantes ou inodores, selon la variété. C’est une des plus jolies plantes annuelles. On la sème à la fin de mars en place. — Terre légère ; arrosements modérés. Les fleurs, qui présentent la forme d’un entonnoir, s’ouvrent à la fin du jour et se ferment au soleil levant.
Bignone. — Ce joli arbuste atteint assez communément une bailleur d’un mètre et demi; les fleurs, qui s’épanouissent en juin, sont brunes en dehors et d’un beau jaune en dedans. Il n’est pas impossible de le multiplier par graines, mais cela est très difficile, et le semis ne lève que la deuxième année ; encore faut-il le tenir sur capot et en avoir les plus grands soins. Le plus sûr et le plus simple est. de le multiplier par éclats, par boutures ou par marcottes. — Terre légère ; arrosements fréquents. — Deux variétés; même culture.
Boule-de-neige. — Très bel arbrisseau, fort commun dans les jardins d’agrément ; il donne, en mai, de jolies fleurs en boule et d’un blanc de neige.
Terre franche ; de 1 ombre et peu d'arrosements. — Multiplication facile par rejetons et boutures.
BouTON-d Or. Charmante petite fleur de la famille des renonculacées, qui s épanouit en juin, et présente la forme d’un bouton du plus beau jaune. Elle se multiplie le plus communément par l’éclat des racines. — Terre franche ; arrosements fréquents.
Bruyères. Jolis arbustes, d un effet très agréable dans les appartements. Cultuie en pot ou en caisse mobile ; en orangerie ou en serre pendant l'hiver.
LES FLEURS ANIMEESi
— Multiplication par éclats et par marcottes. — Nombreuses variétés; même culture.
Buglose. — Plante à racines fibreuses, donnant en avril de petites fleurs bleues d’un aspect très agréable. — Multiplication par graines, ou mieux par éclats. — Terre de bruyère ; arrosements modérés.
Camellia. — Les camellias qu’on appelait d’abord roses du Japon , sont aujourd'hui la fleur la plus en vogue dans l’aristocratie.
Le camellier ou camellia est un très bel arbrisseau toujours vert, donnant, en février, des fleurs superbes , rouges , blanches ou roses, selon la variété ; mais parfaitement inodores. — En serre, d’octobre en mai. — Terre de < bruyère mélangée d’un tiers de terre franche et d’un peu de terreau. Il faut le tenir près des fenêtres, car le défaut de lumière le ferait infailliblement périr. Beaucoup d’eau en été, peu en hiver. — Multiplication par graines, sur capote et sous cloche ; par boutures, qui reprennent très facilement, et par marcottes qu’on ne peut serrer qu’au bout de deux ans.
Bien que celte fleur soit réellement très belle, mérite-t-elle la vogue dont elle jouit? Nous pensons, en conscience, qu’elle ne doit cette faveur qu à la difficulté de la culture. Quoi qu’il en soit, les camellias sont devenus une partie indispensable des toilettes de bal , et certains amateurs ont renouvelé de nos jours à proposde cette plante, les folies des amateurs de tulipes du siècle précédent. Tout récemment , un procès s’est engagé devant le tribunal de commerce de Paris à proposde deux camellias vendusONZE MILLE b BANCS. L’acquéreur n’avait achelé ces arbustes, alors à la Nouvelle-Orléans, que sur les dessins qui lui en avaient été donnés : le marché conclu , les camellias arrivèrent à. grands frais de l’Amérique. Ils étaient en fleurs, lacqueieur refusa de les recevoir, prétendant que les fleurs différaient de celles qui lui avaient été montrées sur le papier; mais il fut condamné à prendre livraison et à payer. Cœurs sensibles, ne vous hâtez pas trop de le plaindre : le procès avait eu du retentissement; tous les journaux en avaient rapporté les détails; tout le monde voulut voir ces deux arbustes déposés au jardin d hiver des Champs-Elysées; les recettes, pour droit d’entrée dans cet établissement, doublèrent, et les fleurs que portaient ces deux camellias, vendues en détail produisirent quatre mille francs ! Dans dix ans les mêmes arbrisseaux se donneront pour trentp sous sur les marchés aux fleurs de Paris : dans le pays des roses, le règne du camellia ne peut être que passager.
CULTURE DES FLEURS
Campanule.— Plante vivace, à racines fibreuses, se multipliant par graines ou par éclats, et donnant, en juin . de très jolies fleurs en forme de cloche, de loutes couleurs, selon les variétés. Terre franche, mêlée de terre de bruyère. Arrosements fréquents en été.
Capucine. — Jolie plante grimpante, qui , à cause du peu de soin qu'elle demande, est l’ornement ordinaire de la fenêtre du pauvre. — Belle verdure, charmantes fleurs. Multiplication par graines, semées en place au mois d’avril. 11 suffit de l’arroser fréquemment pour qu’elle réussisse, à quelque exposition qu’elle soit.
Bien plus jolie que beaucoup d’autres, cette modeste fleur est dédaignée des heureux du jour; il est vrai que la pauvreté a de grands torts : ses faveurs sont à qui les veut, et elles ne coûtent rien !
Centaurée odorante. — En août, fleurs grosses, ayant la forme du bluet ; de couleurs diverses , selon la variété. — Terre franche; multiplication par graines, en février. — Quelques variétés sont vivaces, comme la centaurée de montagne, la centaurée blanche , et plusieurs autres. Ces dernières se multiplient par éclats séparés au mois d’octobre.
Chèvre-feuille. — Charmant arbuste grimpant, hôte des forêts, où il prodigue son délicieux parfum en récompense de l’appui des arbres à hautes tiges autour desquels il s’enroule, et dont la mort seule peut le séparer. Il fait aussi l’ornement des plus beaux jardins ; mais si la culture ne lui ôte rien , elle n’augmente pas non plus ses qualités. — Terre légère ; peu d’eau. — Multiplication par boutures et marcottes en automne. — Plusieurs variétés ; même culture pour toutes.
Chysanthème. — Arbuste qui commence à fleurir en avril, et qui ne cesse de donner, pendant la plus grande partie de l’année, des fleurs à rayonsblancs. — Terre de bruyère mêlée de terre franche et d’un peu de terreau. Arrosements fréquents. Reproduction difficile par graines, mais très facile par boutures de mai en septembre.
Cierge du Pérou. — Fieurs superbes en août, blanches ou rouges , selon la variété, n’ayant pas moins de cinquante centimètres de. circonférence, et exhalant une odeur des plus agréables. — Terre franche ; arrosements dans les plus grandes chaleurs de l'été seulement. Multiplication par boutures, qu’il faut couper huit ou dix jours avant de les planter.
Clématite. — Joli arbuste grimpant, donnant, de juillet en septembre, des fleurs innombrables, d’un doux parfum, et ne demandant point de soins par"
ticuliers. Au centre de la France, la clématite est le principal ornement extérieur de la chaumière du pauvre ; on la sème sans façon dans le premier coin venu, et dès la première année elle s'attache aux murailles de la demeure à l'abri de laquelle on l’a placée ; puis elle s’élève doucement , semblant caresser les modestes murailles qui la protègent, et elle finit par couvrir le toit rustique, d'où ses délicieuses émanations s’étendent au loin. La clématite est une de ces fleurs qu’il est impossible de ne pas aimer. Qui croirait qu’une si douce et si innocente fleur ait pu être la cause première d’un grand crime ?
C’était en 1808. Madame la baronne de Cauville, entièrement ruinée par la révolution, vivait avec son jeune fils, âgé de douze ans, dans une modeste chaumière, au village de Bazincourt (Eure). Le curé de ce village, noble et digne vieillard, fort inslruit, avait pris en amitié le jeune de Cauville, et s’était chargé de faire son éducation ; il venait en outre de son mieux à l’aide de la mère, qui ne possédait plus qu’un revenu de quelques centaines de francs, insuffisant pour subvenir à ses besoins. Mais le bon curé était pauvre luimême, et la baronne souffrait ; elle était d’ailleurs frappée au cœur par de cuisants chagrins : l’échafaud avait dévoré son père, son mari, la plus grande partie de sa famille, dont les derniers membres étaient morts sur la terre d’exil.
Le mal faisait des progrès rapides ; madame de Cauville fut bientôt dans un tel état de faiblesse qu’elle dut garder le lit. C’était au mois de juin ; Arthur de Cauville ne quittait le chevet du lit de sa mère que pour préparer les remèdes prescrits par le médecin , et aller chercher pour la malade les fleurs qu’elle aimait.
— Mon Dieu 1 dit un jour cette dernière, que ce monsieur Guiron est heureux d’avoir cette belle clématite que je vois d’ici grimper sur le toit de sa maison, et dont le doux parfum arrive jusqu'à mon lit 1 Que j'aurais de plaisir à voir et sentir de plus.près une branche de cette jolie plante 1
Un quart d’heure après, Arthur sollicitait de son voisin Guiron la permission de cueillir quelques branches de sa clématite. Mais Guiron était un de ces hommes sans cœur, ne comprenant que les plaisirs matériels en rapport avec ses appétits grossiers.
— Autrefois, monsieur le baron, répondit-il avec ironie, un personnage comme vous ne m’eût rien demandé; il eût pris mon bien sans se donner la peine de dire gar.e !... Aujourd’hui que les choses sont changées, chacun doit garder ce qu’il a : la clématite m’appartient, et je défends à tous les barons du monde d’y toucher.
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— Monsieur, je vous en prie, dit le jeune homme dont deux larmes qu’il n’avait pu retenir sillonnaient les joues; c’est un désir de malade, de mourante peut-être...
— Eh bien 1 est-ce que c’est un brinborion comme ça qui l’empêchera de mourir?... Laissez-moi donc tranquille avec vos singeries.
Arthur se retira la rougeur sur le front et le désespoir dans le cœur. 11 ne dit rien à sa mère de l’humiliation qu'il venait de subir, et comme la baronne continuait à manifester le désir d’avoir une branche de clématite, il lui dit qu’il irait voir M. Guirou , leur voisin , vers la fin du jour, et que probablement il obtiendrait la permission de couper quelques tiges de ce joli arbuste.
Le soir venu, le jeune homme sort de sa demeure ; il monte sur un petit mur du faite duquel il peut atteindre la clématite tant enviée : il en coupe promptement plusieurs branches, et heureux de cet innocent larcin, il se dispose a se retirer par le même chemin, lorsque Guiron, qui a entendu quelque bruit, sort armé d’un fusil et fait feu sur le jeune homme. Pas un cri , pas uu gémissement ne se fait entendre; Arthur regagne la chambre de sa mère ; il remet entre les mains de la malade les brauches de clématite qu il vient de dérober, et presque aussitôt il tombe sans avoir pu prononcer uu mot. Exaltée pai i amour maternel, madame de Cauville recouvre assez de forces pour s élancer hors du lit : elle essaie de relever son fils; elle 1 interroge en lui prodiguant les noms les plus tendres; mais Arthur ne peut l’entendre : atteint d une balle en pleine poitrine, c était par un efiort surhumain qu i! avait pu arriver jusqu à sa mère; eu tombant il avait rendu le dernier soupir!
Eu reconnaissant toute l’étendue de son malheur, l’infortunée ne fit point retentir sa chaumière de cris ou de sanglots; elle s’assit près du corps inanimé de son fils, le prit dans ses bras, le serra contre son cœur, et elle expira. Ce fut en cet état que, le lendemain, les deux cadavres furent trouvés par le digne curé, seul ami qui restât à ces infortunés.
Le meuiliier, livré à la justice, fut absous comme s’étant trouvé en état de légitime défense 1...
Coboea. — Plante grimpante, dont le beau feuillage vert couvre ordinairement les berceaux des jardins, ou forme des tonnelles de l'aspect le plus pittoresque. De juin en septembre, lleurs jaunes et violettes, très belles, mais qui sont presque aussitôt fanées qu’épanouies. C’est encore une des consolatrices du pauvre ; c’est aux fenêtres des mansardes et des greniers qu'elle se montre le plus communément. Elle ne demande pas plus de soins que Ja capucine, sa compagne ordinaire. — Terre franche. Multiplication par graines semées eu place ; arrosements fréquents.
Coloquinte. — Celte plante annuelle, de la famille des cucurbitacées, n’est remarquable qu’à cause de la bizarrerie de son fruit, qui est fort gros et affecte la forme d’une bouteille, d’une massue , d’une poire, d’une boule, etc., fruit qui, étant vidé, desséché, peut servir à plusieurs ouvrages domestiques. — Multiplication par graines semées vers le milieu de mars, sur capot et sous cloche; arrosements fréquents. Lorsque la tige a acquis une certaine étendue, on la pince à l’extrémité, afin que le fruit grossisse. Ce fruit doit être recueilli en septembre.
Corbeille dorée.— Plante à racines fibreuses, donnant, en mai, de petites fleurs réunies en bouquets d’un beau jaune doré. — Terre franche. Multiplication par graines, et mieux par éclats faits en automne.
Couronne impériale. — Plante à ognons dont les larges et belles fleurs ordinairement d’un beau rouge, paraissent en avril, et forment une couronne à un ou deux rangs au sommet de la tige. — Terre franche ; beaucoup d'eau. Multiplication par graines, et mieux par caïeux, séparés de Pognon tous les trois ans, en mai ou juin, et replantés aussitôt.
Crocus ou Safran printanier.— Plante à ognons, donnant, en février, des fleurs de diverses couleurs , selon la variété. — Terre franche ; arrosements fréquents. Multiplication par caïeux détachés, en mai ou juin , tous les trois ou quatre ans, et replantés sur-le-champ.
Croix-de-Jérusalem. — En juin jolies fleurs à cinq pétales, ressemblant à une croix de Malte, de diverses couleurs, selon la variété. Plante fibreuse, se multipliant par graines, boutures et marcottes, et mieux par éclats faits au mois de novembre. — Terre franche; arrosements abondants.
Cüpidone. — En juillet, fleurs d’un beau bleu. — Terre de bruyère; peu d’eau. Multiplication par éclats.
Cytise. — Arbuste dont les fleurs, qui paraissaient en juin , sont d’un très beau jaune. — Terre légère; très peu d’eau. Multiplication par graines et par éclats.
Dahlia. — Cetlte fleur, qui malheureusement n’a aucun parfum, est l'une des plus belles que l’on connaisse. Elle est produite par une plante à racines tubéreuses, d’une culture très facile, puisqu'il suffit de relever les tubercules
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avant les grands froids , pour les replanter en terre franche au mois d’avril. Les fleurs, qui s'épanouissent depuis la fin de juillet jusqu’aux derniers jours d’octobre, ont quelquefois jusqu’à vingt-cinq centimètres de circonférence, et présentent les couleurs les plus belles et les plus variées. Le nombre des variétés de cette belle fleur est de plus de trois cents. On en cultive, au jardin du Luxembourg, à Paris , une des plus belles collections qui se puissent voir. Les tiges ont assez communément d'un mètre à un mètre et demi de haut, et c’est quelque chose d’admirable que l’aspect de cette mer de fleurs de toutes nuances ondulant sous la brise. 11 n’y a point aujourd’hui de parterre possible sans dahlias.
On nous apprend que des essais faits récemment à Chambéry, il résulte que les tubercules du dahlia, cuits d’une certaine manière, sont un mets délicieux. Mais nous avons trop de raisons de douter de la capacité culinaire de ces mangeurs de châtaignes pour prendre cela au sérieux.
Daléa. — Plan te à racines fibreuses, donnant en juillet les fleurs en épi , petites, d’un rouge violet. Terre légère, arrosements modérés. — Multiplication par graines semées en avril.
Daphné. — Arbuste de serre, d’un mètre de haut, donnant, en janvier, de petites fleurs vertes d'une odeur agréable. Terre de bruyère mêlée de terre franche; arrosements fréquents, mais peu abondants. — Multiplication par graines semées sur capot et sous cloches aussitôt leur maturité , et repiquées en pot.
Datura. — Très bel arbrisseau dont les fleurs d’un blanc de neige s’épanouissent en août et exhalent une odeur des plus agréables. — Terre de bruyère; point d’eau l'hiver, très peu l’été. Multiplication par marcottes. Le moindre froid pouvant être fatal à cette jolie plaute, il faut la rentrer de bonne heure ; ne la sortir qu’en mai, et la placer dans la serre de manière à ce que la lumière ne lui manque pas.
Digitale. — En août, jolies fleurs eu épi , de diverses couleurs , selon la variété. — Terre franche mêlée de terreau; arrosements modérés. — Multiplication par œilletons , en automne , ou par graines semées aussitôt leur maturité.
Epi de la vierge. — Fleurs à
ognons, donnant, en juin, des fleurs blan-
ches en étoile ou en épi. — Terre franche mêlée de terre de bruyère; arrosements fréquents. — Multiplication par caïeux séparés tous les trois ans et replantés en automne. — Plusieurs variétés ; même culture.
Faiiagelle. — Plante à racines fibreuses. En septembre, fleurs rougeâtres. — Terre de bruyère; peu d’eau. — Multiplication par éclats, au printemps.
Fleur de la passion ou Grenadille bleue. — Arbuste dont la tige a communément sept à huit mètres de longueur; il donne, en août, des fleurs bleues d’une forme bizarre, dans lesquelles, l’imagination aidant pour beaucoup, comme il arrive toujours en pareil cas, on a cru voir tous les instruments de la passion , couronne , lance , clous , marteau , échelle, etc. On peut former, avec cet arbuste, de très jolis berceaux. — Terre légère; beaucoup d’eau. — Multiplication par marcottes, boutures et rejetons.
Fragon. — En décembre , petites fleurs blanches surgissant à la surface supérieure des feuilles qui sont piquantes. Terre franche, arrosements fréquents. — Multiplication par graines et par éclats.
Fraxinelle. — Plante singulière, exhalant, dans les temps chauds et secs, une sorte de gaz qui s’enflamme lorsqu’on en approche une lumière. — En juillet, de belles et grandes fleurs purpurines en grappes. — Multiplication très facile par graines semées en août, ou par éclats faits en novembre.
Gentiane. — En mai, grandes fleurs d’un bleu clair. Terre de bruyère ; arrosements fréquents et abondants. —Multiplication par graines aussitôt leur maturité, ou par éclats en novembre.
Géranier ou Géranium. — Joli arbuste dont on cultive un grand nombre de variétés, les unes inodores, d'autres exhalant le parfum le plus suave , et d’autres encore répandant une odeur fétide , mais rachetant ce défaut par des fleurs du plus vif éclat. — Terre franche; beaucoup d’air et de lumière; peu
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d’eau. Multiplication par boutures qui demandent de grands soins : elles se font en avril , dans des pots placés sur capot et sous cloche que l’on soulève graduellement, jusqu’à ce que la plante ait acquis assez de force pour supporter l’air libre et être ensuite transplantée.
Il y a des espèces à racines tuberculeuses dont la multiplication est plus facile. On coupe les tubercules de manière à ce que chaque morceau soit pourvu d’un œil ; on les plante en pot, et l’on arrose peu.
Giroflée. — Jolie plante à racines fibreuses donnant , en juin , de belles fleurs en grappes , jaunes, blanches, rouges ou violettes , selon la variété, et exhalant une odeur très agréable. Les principales variétés se multiplient par graines semées en terre franche mêlée de terreau ; on enlève les sujets quand ils sont assez forts et on les met en place. Arrosements fréquents. Quelques variétés peuvent se reproduire par boutures , particulièrement celle appelée variable , dont les fleurs, d’abord blanches, deviennent jaunes ensuite, puis rouges. Cette dernière variété est vivace.
Nous ne parlerons pas ici de la giroflée des murailles qui ne demande aucun soin , n’exige aucune culture : un peu de poussière , une goutte d’eau dans la fente d’un vieux mur lézardé, de l’air, du soleil et la rosée du ciel, c’est tout ce qu'il lui faut pour devenir belle et jeter autour d’elle son suave parfum. C’est encore une amie du pauvre qui se trouverait mal à l’aise dans un riche parterre.
Glaciale. — Les grosses tiges de cette plante annuelle sont garnies de globules transparents remplis d'une eau très limpide, de telle sorte que pendant les grandes chaleurs elles semblent couvertes de glace. C’est là du reste tout son mérite, les petites fleurs blanches qu'elle donne en août étant insignifiantes. — Multiplication par graines semées en avril sur un terrain bien fumé, pour être repiquées en juin.
Glaïeul. — Plante à ognons, fleurissant en mai; fleurs roses, blanches ou rouges, selon la variété. On lève les ognons fin de juin ; on les garde dans un endroit sec jusqu’aux derniers jours de septembre. On en détache alors les caïeux qu’on replante aussitôt. — Terre franche , mêlée de terre de bruyère ; arrosements modérés.
Globulaire. — En juin, fleurs bleues, petites, mais se réunissant en globe, et d un assez joli effet. Plantes à racines fibreuses; terre légère. — Multiplication par éclats.
Grenadier,— Belles fleurs rougesen août. Il se cultive en caisse, comme les
orangers. Terre franche, arrosements fréquents. En serre d’octobre en avril. — Multiplications par marcottes et boutures. — Plusieurs variétés; même culture.
Gueule de loup ou muflier. — Plantes à racines fibreuses, dont les fleurs, paraissant en mai, sont rouges ou blanches, selon la variété, et sont en forme de mufle. Terre franche ; arrosements modérés. — Multiplication facile par graines semées en mars, ou par éclats en automne.
Haricot d’Espagne. — Deux espèces : l’une donnant en juin de belles fleurs rouges non odorantes; l’autre , en juin également, des fleurs plus grandes et d’une odeur agréable. Toutes deux se sèment ay commencement du printemps, en terre légère. L’espèce à grandes fleurs se multiplie aussi par marcottes et boutures. Cette espèce étant vivace doit être semée en pots, afin d’être mise en serre aux premiers froids.
Héliotrope. — Arbuste donnant, de la fin de juillet en septembre, de petites fleurs violettes en bouquets d’un parfum doux et agréable. — Terre de bruyère; arrosements fréquents en été, peu ou point en hiver. — Multiplication par graines , et mieux par boutures placées sur capot et sous cloche jusqu'à parfaite reprise.
Hellébore. — En février, fleurs jaunes peu odorantes. Cette plante à racines fibreuses ne craint pas le froid, et elle demande peu de soins; en outre, elle fleurit au milieu de l’hiver, ce qui suffit pour la faire rechercher. — Deux variétés. — Multiplication par éclats, au commencement de l'hiver.
Hémérocale. — Charmante fleur qui ressemble au lis et dont l'odeur n’est pas moins suave que celle de ce roi du parterre. Plusieurs variétés qui toutes fleurissent en juin. — Terre de bruyère; arrosements modérés. — Multiplication par caïeux, séparés et replantés en automne. En serre jusqu au printemps.
Hortensia. — Charmant arbuste, un des plus beaux ornements d’un parterre, dont les fleurs, roses, rouges ou bleues , selon la variété, s’épanouissent et forment de grosses boules, en août. — Terre légère; beaucoup d’eau. — Multiplication par boutures, au mois d’avril. Cet arbuste ne craint pas le
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froid, et nous en avons en ce moment sous les yeux un massif superbe en pleine terre, à l’exposition du nord qui , depuis dix ans , n’a fait que croître et embellir. Cependant il est plus sûr de le rentrer pendant les grands froids.
Immortelle. — Plante annuelle donnant, en août, desfleuis blanches, violettes, grises ou jaunes, selon la variété. Cette fleur doit son nom à la singulière propriété qu’elle a de conserver sa couleur et son état longtemps après qu’elle a été desséchée; et lorsque, après un certain nombre d années, elle paraît les avoir perdus, il suffit , pour les lui faire recouvrer , de 1 exposer à la vapeur du vinaigre. — Terre légère. — Multiplication par graines semees au printemps.
Iris. — Il y a deux espèces d'iris bien distinctes, qui comptent chacune un grand nombre de variétés; ce sont f iris à racines fibreuses et l’ iris à racines bulbeuses. La première donne, en mai, de jolies fleurs bleues, roses, blanches, panachées , etc. , selon la variété , et qui toutes ont une odeur des plus agréables. Elles se multiplient par éclats de racines, faits en octobre. — Terre légère , arroséments fréquents.
Les variétés de l’espèce à racines bulbeuses fleurissent également en mai, et ne sont ni moins belles ni moins odorantes. Ces dernières se multiplient par caïeux détachés de l’ognon, la deuxième année, en automne, et replantés aussitôt. — Terre de bruyère; arrosements modérés.
Quelques amateurs font , des variétés de ces deux espèces , de très belles collections.
Ixia. — Charmantes fleurs à racines bulbeuses, qui s’épanouissent eu mai, et sont de couleurs diverses, selon la variété , depuis le rouge de pourpre jusqu’au blanc de neige. — Terre de bruyère; peu d'eau. — Multiplication par caïeux détachés et replantés en septembre. — En serre de novembre en avril.
Jacinthe. — Celle plante à ognons est l’une des plus belles et des premières qui fleurissent au printemps. Fleurs d’une odeur suave et de toutes couleurs, selon les variétés, qui ne sont pas moins nombreuses que celles des tulipes. —
Multiplication par caïeux, qu’on détache dès que la plante est fanée, et qu’on laisse sécher à l’ombre pendant deux mois. En septembre, on plante les caïeux dans une bonne terre de bruyère mêlée de terreau et d’un peu de terre franche , et .arrosée précédemment avec de l’eau salée ; on couvre la terre de paille pendant l’hiver. — Arrosements modérés.
La jacinthe est une des Heurs qui ont la propriété de végéter dans l’eau, et l’on peut, par ce moyen, en avoir en fleurs pendant tout l’hiver dans les appartements. Le procédé est simple : on remplit d’eau légèrement salée des carafes dont le goulot est étroit et l’orifice évasé; on place un ognon de jacinthe sur chaque carafe, de manière que l’ognon se trouve à moitié plongé dans l’eau, et l’on remplit les carafes à mesure que l’eau qu’elles contiennent s’évapore ou est absorbée par la plante. Une chaleur de dix à douze degrés dans 1 appartement est suffisante , et en peu de temps chaque ognon produit une fleur qui n est ni moins belle , ni moins odorante que celles des ognons mis en terre ; mais ces ognons ainsi forcés perdent leur vertu germinative, et dès que la fleur est fanée , il faut les jeter.
Jasmin. — Très joli arbuste, à fleurs blanches ou jaunes d’un parfum délicieux , de juillet en septembre. — Terre franche mêlée d’un peu de terre de bruyère. De 1 air , du soleil et beaucoup d’eau en été. — Multiplication par boutures, et mieux par marcottes, au printemps.
Joubarbe. — Plante grasse donnant , en juillet, d’assez jolies fleurs rouges ou jaunes, selon la variété. — Terre légère, très peu d'eau. — Multiplication par boutures plantées deux ou trois jours après avoir été coupées.
Julienne. — Espèce de giroflée donnant, en mai . des fleurs blanches en grappes d’une odeur forte et très agréable. — Plante bisannuelle; terre franche; arrosements modérés. — Multiplication par éclats, en juin.
Une autre espèce, appelée julienne de Mahon , compte plusieurs variétés qui sont rouges , violettes , blanches, etc. , et qui ont le même parfum que la julienne proprement dite. Cette dernière espèce est annuelle et se multiplie par graines semées en octobre. — Terre légère, peu d’eau.
Ketmie. — Il existe deux plantes de ce nom qui sont bien distinctes : l’une, le ketmie des marais , est une plante annuelle donnant, en août, de grandes
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fleurs blanches à onglet rouge. — Terre légère; peu d’eau. — Multiplication par graines semées au printemps.
L’autre ketmie, appelé ketmie des jardins, est un arbrisseau qui a assez ordinairement deux mètres de haut, et qui donne , en octobre, d’assez jolies fleurs de toutes couleurs, depuis le blanc jusqu’au rouge foncé , selon la variété.— Terre légère; arrosements fréquents, mais peu abondants. — Multiplication par marcottes.
Laurier commun. — Joli arbrisseau dont les feuilles et le bois exhalent une odeur aromatique très forte, et qui donne, en mai, des fleurs peu apparentes. — Terre franche; peu d’eau. — Multiplication par graiues, et mieux par marcottes au printemps. — En serre pendant l'hiver.
Laurier-rose. — Très joli arbuste, dont on cultive plusieurs variétés, donnant en juin et juillet de belles fleurs roses, blanches ou jaunes , selon la variété ; mais toutes sans parfum à l’exception de deux variétés, l’une nommée laurier odorant, dont les fleurs, d’un rose très pâle, exhalent une odeur à peu près semblable à celle de la violette , et l’autre , à fleurs blanches semi-doubles, qui ont le môme parfum que l’aubépine. Toutes se cultivent de la même manière : terre légère, peu d’eau, du soleil. — Multiplication par marcottes et rejetons, au printemps.
Laurier-tin. — Arbrisseau toujours vert, donnant, en février, de nombreuses fleurs, blanches en dedans et rouges en dehors. Terre franche, mêlée de terre de bruyère; peu d’eau et point de soleil. Multiplication par boutures, en automne.
Lilas. — La plus belle , la plus gaie , la plus gracieuse fleur du printemps. Ce charmant arbrisseau dont les fleurs embellissent et embaument les derniers jours d avril et les premiers de mai , et dont le feuillage d’un beau vert ne tombe qu’en octobre , est indispensable dans un jardin , sur une terrasse bien garnie et même sur un balcon , quand ce dernier est d’une certaine étendue. Il se plaît partout, se multiplie de toutes manières, et ne demande presque aucun soin.
On en cultive plusieurs variétés : le lilas commun , grand arbrisseau quia quelquefois de huit à neuf mètres de hauteur; le lilas varin , de deux à trois mètres de hauteur, dont les fleurs sont plus petites, mais non moins odorantes
que celles du lilas commun , el le lilas dt Perse , qui diffère peu du lilas varin.
La terre franche est celle qui convient le mieux au lilas. — Arrosements modérés. Lorsque les fleurs sont fanées, il est bon de les couper à moins qu’on ne veuille recueillir de la graine, et dans ce cas il suffit d’en conserver quelques-unes.
Quelques jardiniers-fleuristes de Paris ont réussi à faire fleurir les lilas deux fois dans la même année, en avril et en août. Pour obtenir ce résultat, il suffit de couper les fleurs en mai , dès qu elles commencent à se faner, et, vers la fin du même mois de dépouiller l'arbrisseau de toutes ses feuilles; mais il ne résiste pas longtemps à un pareil régime; il dépérit dès la seconde année , et meurt ordinairement dans le cours de la quatrième.
Lilas des Indes. — Arbuste toujours vert, donnant, en juillet, de belles fleurs d’un bleu tendre et d’un parfum doux. — Terre de bruyère mêlée de terreau ; en serre pendant l’hiver ; le plus d’air et de lumière possible ; arrosements modérés. — Multiplication par marcottes et par graines.
Lis. — C’est le roi du parterre, et il suffit de le voir pour comprendre que les souverains de la France aient voulu qu’il figurât dans leurs armes. Beauté, grandeur, majesté, parfum enivrant sont le partage de cette fleur superbe. On en cultive un grand nombre de variétés, parmi lesquelles nous citerons le lis de Constantinople , le lis à fleurs doubles, l’orangé , le turban , le tigre, le martagon, dont les bulbes, cuites au four, sont un mets très agréable. Mais de tous, le lis blanc est le plus beau.
La culture de cette belle fleur ne demande que peu de soins. On met Pognon en terre , en automne ou en mars, à quinze centimètres de profondeur environ. — Terre franche, mêlée d'un peu de terreau ; arrosements modérés. Tous les deux ou trois ans, on relève les ognons, et l’on en détache les caïeux qui doivent être replantés sur-le-champ.
En plein air, le parfum du lis est délicieux ; dans un appartement il est dangereux : il peut avoir de fâcheuses influences sur l’économie animale, et même causer une asphyxie complète. C’est une ressemblance de plus avec les grands de la terre, dont le contact est si souvent fatal aux petits.
Liseron satiné. — Arbuste dont les fleurs, d’un rose très tendre, s’épanouissent en août. —Terre de bruyère ; peu d’eau. En serre dès les premiers froids.
Multiplication par marcottes , par boutures et par graines. Les marcottes
prennent difficilement; les boutures doivent se faire vers la fin d’avril.
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Lobélie. — Jolie plante à racines fibreuses donnant, en août, de grandes et belles fleurs en grappes d’un beau rouge. — Terre franche; beaucoup d’eau. En serre pendant l’hiver. — Multiplication par éclats de racines à la ûn de septembre, et par boutures en avril.
Lunaire. | — Plante annuelle. En avril, fleurs en grappes, blanches, rouges ou panachées, selon la variété. — Terre franche. —Multiplication par graines semées fin mars.
Lupin. — On en cultive de deux espèces, le lupin vivace et le lupin annuel. Toutes deux fleurissent en juin. Les fleurs des vivaces, roses d’abord, deviennent bleues quand elles sont entièrement épanouies ; celles du lupin annuel sont d’un beau jaune et odorantes. Les deux espèces se multiplient par graines semées fin mars. — Terre franche ; arrosements modérés.
Marjolaine. — Arbuste fleurissant en juin. Fleurs blanches ou roses, selon la variété, et très odorantes. — Terre de bruyère, peu d’eau. En serre pendant 1 hiver. Multiplication par semences, et mieux par éclats, au printemps.
Matricaire. — Plante vivace, àracinesfibreuses, donnant, en juin, de grosses Heurs blanches. — Terre franche ; peu d’eau. — Multiplication par éclats, en automne ou en mars.
Mélilot. — En août, fleurs bleues en grappes et odorantes. — Terre franche, arrosements modérés. — Multiplication par graines semées en avril.
Mélisse. En juillet, petites fleurs blanches peu remarquables. — La plante exhale une odeur de citron très prononcée. Terre légère, peu d’eau.
Multiplication par graines, ou par éclats faits en octobre.
Millepertuis. — Plante vivace, originaire de la Chine, dont les grandes et belles fleurs jaunes s’épanouisent en octobre. — Terre de bruyère mélangée de terre franche et de terreau ; arrosements modérés. — Multiplication par marcottes, boutures, éclats de racines. — En serre l’hiver.
Mouron en arbre. — Petit arbuste donnant, en mai, d’assez jolies fleurs rouges. Terre légère mélangée de terreau ; beaucoup d’eau. — Multiplication par marcottes et par boutures. — En serre l’hiver.
LES FLEURS ANIMBBS.
Muguet. — Charmante Heur qui vient parfaitement sans culture dans les bois, qu'elle embaume au mois de mai. Elle ne demande donc que fort peu de soins. Terre franche et fraîche. — Multiplication par éclats de racines. Le muguet du Japon , autre espèce, dont les fleurs sont bleues et s'épanouissent à la même époque, se cultive de la même manière.
Myosotis ou Souvenez-vous de moi. — En avril, charmantes petites fleurs d’un beau bleu. — Terre franche ; arrosements fréquents. — Multiplication par éclats.
Myrte. — Joli arbuste, symbole de l’amour heureux, aromatique dans toutes ses parties, et donnant, en août, de petites fleurs blanches. Il y en a de plusieurs variétés, qui se cultivent toutes de la même manière. — Terre franche, mêlée de terre de bruyère; exposition du midi; arrosements fréquents. — En serre pendant l'hiver, de manière à recevoir le plus de lumière possible. — Multiplication par rejetons, marcottes et graines.
Narcisse. — Jolie plante à ognons, dont les fleurs, qui répandent un doux parfum, s’épanouissent en mai. 11 y en a un assez grand nombre d'espèces, qui toutes ont plusieurs variétés. La culture est la même pour toutes. Ou relève les ognons vers la fin de juin ; on en détache les caïeux, que l'on nettoie et laisse sécher à l'ombre, dans une serre, pendant deux ou trois mois. On les replante ensuite à quatre ou cinq centimètres de profondeur. — Terre franche, mélangée de terre de bruyère et de terreau : beaucoup d'eau, Les narcisses peuvent végéter dans de beau comme les jacinthes. (Voyez jacinthes. )
Nigelle. — filante annuelle dont les fleurs, d'un beau bleu, paraissent en juillet. — Terre franche ; arrosements modérés. — Multiplication par graines semées en avril.
UEillet. — Cette fleur si connue est une des plus belles qui puissent orner un parterre. On en compte un grand nombre d’espèces, et chacune a de nombreuses variétés. Quelques amateurs en font d’admirables collections. —
CULTURE DES FLEURS
Terre franche, mélangée de terre de bruyère et de terreau ; arrosements fréquents. Toutes les espèces d'œillets sc multiplient par marcottes, qui reprennent très facilement. Mais pour obtenir des variétés, il faut avoir recours à la graine qu’on sème au printemps. On relève les plants dès qu’ils sont assez forts, et on les met en place.
De même que le lis et la violette, l’œillet a joué un rôle important dans nos discordes civiles. En 1815, par exemple, peu de jours après l’accomplissement de la seconde restauration, l’œillet rouge devint le signe de reconnaissance des partisans de Napoléon. Par opposition, les royalistes, et particulièrement les gardes-du-corps, les pages, avaient adopté l’œillet blanc. Il y eut souvent des rencontres terribles entre les deux partis. Ils se livrèrent, à Paris, sur les boulevarts, des combats sérieux, et il en résulta plus d’une déplorable catastrophe. En voici une qui produisit une bien vive sensation.
Un jeune page de Louis XVIII, Jules de Saint-P..., avait pour tante la comtesse de C.... une des dames d’honneur de la duchesse d’Angoulême.
Un jour du mois d’août, le jeune page était venu voir sa tante, dans les appartements de la duchesse.
— Eh quoi ! chevalier, s'écria madame de C..., vous n’avez point d’œillet à votre boutonnière?... Les bonapartistes vous font-ils donc peur?
Comme elle achevait de prononcer ces paroles, la duchesse parut ; elle avait entendu le reproche que madame de C.... venait d’adresser à son neveu, et voyant le jeune homme la rougeur sur le front, elle prit en souriant un œillet blanc dans un des beaux vases de Sèvres qui ornaient la cheminée, et le présenta à Jules.
— Votre tante vient de se montrer injuste, chevalier, lui dit-elle ; nous savons bien qu’il n’y a dans votre famille que de bons Français, et que les Saint-P... sont sans peur comme sans reproche.
Le page s’inclina respectueusement, et prit la fleur:
Merci, madame, répondit-il d’une voix fortement émue, et que votre Altesse Royale soit assurée que je m’efforcerai toujours de mériter la bonne opinion qu’elle veut bien avoir de moi.
Une heure après, le jeune page, en habit de ville, était sur le boulevart des Italiens, appelé alors boulevart de Gand, avec plusieurs de ses amis, portant tous l’œillet blanc et ayant à la main une canne à épée. Ils ne tar- ‘ dèrent pas à se trouver en face d’un groupe d’officiers à la demi-solde, décorés de l’œillet rouge.
Prenez garde, Messieurs, dit un de ces derniers, vous portez là une couleur qui se salit aisénient.
— Et c'est pour cela que les gens de votre sorte font bien de ne la pas porter, répondit vivement le chevalier.
Des sarcasmes aux menaces la transition fut prompte ; on n'avait pas échangé quatre phrases, que les épées étaient tirées. Jules s’attaqua à celui des officiers qui, le premier, 1 avait apostrophe, et par malheur c’était le plus rude joûteur de tous : sang-froid, coup d’œil d’aigle, poignet de fer, rien ne lui manquait. Mais le jeune page était trop animé pour s’apercevoir de son infériorité, et s en fut-il aperçu, qu’il n’eût pas rompu d’une semelle. Comme cela se passait en plein jour, une foule nombreuse entourait les combattants. Tout-à-coup une voix s’écria : « Voici les gendarmes ! »
L’autorité, en effet, avait pris des mesures pour réprimer ces troubles, et une patrouille accourait pour séparer les combattants.
— Nous ne pouvons pourtant nous quitter ainsi, dit l’adversaire du chevalier ; tenez, monsieur le chevalier, à l’œillet !
Le coup fut porté avec la rapidité de l’éclair. Jules, atteint en pleine poitrine, tomba sur les genoux. En ce moment les gendarmes n’étaient plus qu’à deux pas des combattants. Les officiers se retirèrent promptement, et le jeune chevalier, relevé par ses amis, plus heureux que lui, fut mis dans une voiture et conduit à l’hôtel des pages. Comme il venait de mettre pied à terre, une calèche passait; une dame seule l’occupait : c’était la comtesse de C... qui, sans faire attention à la pâleur de Jules soutenu par ses amis, s’écria avec l’accent del’indignalion :
— Un œillet rouge 1... Le malheureux nous déshonore !...
Jules, qui n’avait pas perdu connaissance, abaissa son regard sur la fleur placée à sa boutonnière, et répondit d’une voix mourante :
— Oui, madame, rouge, mais toujours pur, car c’est mon sang qui l’a teint.
La calèche s’était arrêtée ; la comtesse s’élança vers son malheureux neveu.
— Mon Dieu ! mon Dieu ! disait-elle éperdue, c’est moi qui l’ai tué I
Et elle disait vrai, car la blessure était mortelle, et le jeune page expirait le soir même, après avoir demandé qu’on mît avec lui dans sa tombe l’œillet, présent si funeste qu’une main royale lui avait fait.
Oranger. — Dans les pays chauds, et même en France, dans la Provence, l’oranger est un arbre de pleine terre, donnant en abondance des fruits parfumés, d’une saveur délicieuse ; mais partout ailleurs on ne cultive l’oranger que comme arbre d’ornement, et pour sa fleur, si belle et d’une si suave odeur.
La culture de l’oranger présente beaucoup moins de difficultés qu’on ne
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le croit communément. 11 se plaît dans une terre franche, mélangée de terre de bruyère et de terreau; il craint plus l’eau que le froid, et bien qu’il soit prudent de le mettre en serre d’octobre en avril, on pourrait sans danger le laisser à l’air libre tant quela température ne serait pas plus basse que quatre degrés centigrades au-dessous de zéro. Aussi, dans la serre où on le place ne faut-il faire du feu que lorsque le froid arrive à ce point.
Vers la fin d'avril, on remet les orangers à l’air libre ; il est bon alors d’en laver les grosses branches et le tronc avec de l’eau claire et une brosse, et d’en arroser abondamment le feuillage.
Tous les trois ou quatre ans, au plus, il faut renouveler, au moins en grande partie, la terre dans laquelle végète l’oranger. Lorsqu’on s’aperçoit que les feuilles, ordinairement d’un beau vert, pâlissent, cela annonce que l’arbre est trop à l’étroit ; que ses racines sont gênées. On a alors le choix entre deux expédients : l'un consiste à tailler les branches de manière à ce que l’arbre exige moins de subsistance; l'autre est de mettre l’oranger dans une caisse plus grande que celle où il est gêné.
L’oranger se multiplie assez facilement par marcottes et par boutures ; il est aussi très facile de le multiplier par graines : dans une terre composée comme nous l’avons dit plus haut, on plante, à une profondeur de deux centimètres, et à une distance de sept à huit centimètres les uns des autres, les pépins d’un citron très mûr et même pourri ; puis on enfonce le contenant de cette plantation dans un pot plus grand ou une caisse remplie de fumier de cheval. On le couvre d’une cloche de verre qu'on lève de temps en temps pour donner de l’air et arroser avec de l’eau tiède. Cela se fait en mars ; au mois de mai on peut supprimer la cloche, et en septembre, les plantes étant assez fortes, on les sépare pour mettre chacune dans le pot ou dans la caisse qui lui est destinée, et dont la terre doit être mélangée comme il est dit plus haut. Il est très important, en levant ces jeunes plantes, de ne point dégarnir leurs racines de la terre qui leur est adhérente.
Les fleurs de l’oranger nouvellement cueillies sont d’un grand prix ; les distillateurs, à Paris, les paient jusqu’à douze francs le kilogramme; mais les jardiniers fleuristes les font payer bien plus cher encore quand il s’agit d’en faire une couronne de mariée ; car la fleur d’oranger est l’emblème par excellence de la virginité. Et voyez comme l’épigramme se glisse partout : il n’est pas un produit de nos jardins que les fabricants de fleurs artificielles soient parvenus à imiter d’une manière plus parfaite. C’est à ce point qu’aujourd hui presque toutes les couronnes de jeunes mariées sortent des ateliers de la rue Saint-Denis, à Paris... Mon Dieu ! nous savons bien qu’elles n’en sont pas moins pures pour cela (les jeunes mariées) ; mais, il faut le dire, si la
LES PLEÜftS ANIMÉES.
fraude n’est pas là d'un fâcheux augure, elle est certainement de bien mauvais goût.
Oreille-d ours. Est le nom fort laid d une très jolie plante dont lesamateurs cultivent jusqu’à six cents variétés et dont ils font d'admirables collections. Toutes ces variétés fleurissent en avril, etleurs couleurs vives elveloulées présentent l’aspect le plus agréable. L’oreille-d'ours n’aime pas le soleil, et pourtant plus qu’aucune autre plante elle redoute l’bumidité ; aussi est-il nécessaire, pour en obtenir de beaux produits, de la cultiver en pots afin de pouvoir, lorsque les pluies du printemps sont trop abondantes, les garantir de ce danger. Pour cela, il n’est pas nécessaire de rentrer les pots; on les couche seulement de manière que la pluie n’atlcigne que les parois extérieures du vase sans pouvoir pénétrer à la racine de laplante. L’oreille-d’ours se plaît à l’exposition du nord et de l’ouest, dans une terre composée moitié de terre franche, moitié de terre de bruyère, le tout mélangé d’un peu de terreau. On n’arrose cette plante que dans les temps très secs ; encore ces arrosements doivent-ils être fort peu abondants. La multiplication s’obtient par éclats de racines; mais pour former une collection il faut semer les graines, dès qu’elles sont mûres, en terre de bruyère et à l’ombre. Le plant étant assez fort, on le relève et on le repique en observant une distance de dix ou douze centimètres entre chacun. On obtient ainsi toutes les variétés possibles, et lors de l’inflorescence on peut faire un choix des plus jolies.
Ornithogale. — Plante bulbeuse, donnant, en juin, des fleurs blanches en étoile. On en cultive plusieurs variétés, de couleurs diverses, et dont quelques-unes sont odorantes. Toutes se cultivent de la même manière : terre franche mêlée de terre de bruyère; arrosements fréquents. — Multiplication par caïeux séparés des ognons, que l'on relève tous les deux ans, en juillet. On nettoie ces caïeux, on les met sur une planche, dans un lieu sec, et à l’ombre, et on les plante en octobre. C’est encore une des fleurs dont on fait collection : il y a des ornithogales indigènes et d’autres exotiques; la culture des diverses espèces est la môme.
Orobe. — C’est une des plus précoces et des plus jolies fleurs printanières, jaunes ou rouges, selon la variété, qui s’épanouissent en mars. — Plante vivace, à racines fibreuses, demandant peu de soins. — Terre franche. — Multiplication par semis, ou mieux par éclats.
Orvale ou lamier. — Belle plante à racines fibreuses, donnant, en avril.de grandes fleurs blanches tachetées d’un beau vert. — Terre franche. — Multiplication par éclats en octobre ou par semis en février.
CULTURE DES FLEURS
Oxalide. — Plante de serre chaude , qui fleurit en février. On en cultive plusieurs espèces, dont une seule, l 'oxalide pied-de-chèvre est odorante. Les fleurs de cette dernière sont d’un beau jaune ; celles des autres espèces sont d’un rose tendre, ou blanches rayées de rouge. — Terre de bruyère ; arrosements peu abondants, mais fréquents. — Multiplication par caïeux, détachés en juin et replantés en septembre.
Pachysandre. — Plante vivace, dont les fleurs, petites et d’un rose tendre, s’épanouissent en mai. — Terre de bruyère, peu d'eau. — Multiplication par rejetons ou par éclats de racines.
Pain-de-pourceau ou Cyclame. — Les fleurs de celte plante s'épanouissent en mai, et présentent celte singularité que la partie supérieure de leur corolle regai de la terre ; aussi en a-t-on fait le symbole du regret. On en cultive plusieurs espèces, dont quelques-unes ont une odeur fort agréable ; mais l’aspect de ces fleurs est triste ; on dirait, selon l’expression de M. de Châteaubriand, qu elles aspirent à la tombe. Cette disposition ne justifie pourtant pas le hideux nom vulgaire qu’on leur a donné. — Terre de bruyère, peu d’eau ; en sene aux premiers froids. — Multiplication par racines ou par graines semées fin juin, en pots, et dont les plants doivent être relevés et repiqués au mois de mars suivant.
Pancratier. On encultive deux espèces : le pancratier maritimeet lepancratier d’Illyrie. Ce sont des plantes bulbeuses fort jolies, dont les grandes fleurs blanches, qui s’épanouissent en juillet, exhalent une odeur fortagréable. — 1 erre de bruyère; peu d’eau. — Multiplication par caïeux détachés en septembre et replantés un mois après, de même que les ognons.
Panicaut. Fleursbleues, en août. — Terre franche; arrosements modérés. Multiplication par rejetons, ou par graines semées au printemps.
Pâquerette. — Charmante petite plante vivace, dont les fleurs, dès le mois d avril, émaillent le gazon des pelouses, et qui n’ont besoin, pour s’épanouir, que d’un rayon de soleil et d’une goutte de rosée. De cette gentille petite villageoise l’éducation a fait presque une grande dame ; sa parure si simple s’est nuancée de riches couleurs, et ses formes ont gagné en grâces ce qu’elles ont perdu en modestie. Par la culture, en effet, on obtient des pâquerettes doubles,
blanches, rouges, roses, panachées, etc. ; mais malgré ces métamorphoses, la pâquerette se contente de peu. — Terre franche et fraîche, c’est tout cequ'it lui faut, et il suffit, pour la multiplier à l'infini, d’en diviser les touffes au mois de mars.
Parnassie. — En août, fleurs blanches et jaunes, d’un aspect singulier, à cause des espèces d’écailles et de cils dont elle est garnie. Plante vivace à racines fibreuses. — Terre de bruyère ; arrosements fréquents et abondants en tout temps. — Multiplication par éclats de racines, au printemps.
Pavot. — Charmante fleur qui s’épanouit en juin, et dont la graine a des propriétés narcotiques très puissantes et même dangereuses. On en cultive plusieurs espèces : la plus brillante est le pavot oriental, dont les fleurs, d’un rouge éclatant, atteignent une grandeur extraordinaire. C’est de cette espèce, ainsi que nous l’avons dit dans la botanique, que l’on tire l'opium, poison d’un grand prix, et dont les effets sont si singuliers ou si terribles, selon les doses qu’on en absorbe. Pris à une dose modérée, l’opium exalte au plus haut degré toutes les facultés intellectuelles : sous l’influence de cette substance, on vit en quelque sorte dans un monde nouveau et tout rempli de prodiges dont, à l’état normal, il serait impossible de se faire l’idée*, l’homme d’une élocution difficile devient éloquent ; le plus illettré est poète; quelques-uns parlent des langues qu’ils n’ont jamais apprises, qu’ils possèdent comme par intuition tant que l’influence de l’opium est dans sa force, et qu’ils oublient entièrement lorsque vient la réaction. Cette réaction est terrible : le regard s’éteint ; une pâleur livide succède â l'animation du visage ; les sens s’affaiblissent d’autant plus que la surexcitation qu'ils viennent d’éprouver a été plus violente, et le malheureux mangeur ou fumeur d’opium arrive à un état presque complet d’idiotisme , qui dure jusqu’à ce qu’une nouvelle dose de ce poison l’en fasse sortir. L’homme le mieux constitué ne résiste paslongtemps à ces alternatives d’exaltation et d’anéantissement: il vieillit vite ; ses cheveux blanchissent et ses mains tremblent avant l’âge, et il touche à la caducité alors que les facultés dont la nature l’a doué devraient être dans toute leur force...
En vérité, je vous le dis, tout cela est dans une fleur, et j’en sais d’autres encore dont les propriétés sont plus redoutables... ; mais c’est du pavot qu il s’agit : cette plante annuelle se sème en mars. — Terre franche; arrosements modérés.
Pensée. — Cette fleur, qui fleurit en mars, n’est qu’une variété de la violette, et c’est la seule qui se plaise au soleil, où elle étale avec complaisance sa pa-
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rure violette et jaune. Il faut bien lui pardonner cette ostentation, car elle n’a pas, comme sa modeste sœur, un doux parfum qui puisse faire deviner sa retraite. — Terre franche ; arrosements modérés. — Multiplication par graines.
Perce-Neige. — Jolie petite fleur blanche, la première qui se montre à travers le manteau glacé qui couvre assez ordinairement la terre au mois de février. Au banquet de la vie, la pauvrette ne doit apparaître qu’un instant; penchée mélancoliquement vers la terre, elle semble regretter l’obscurité d’où elle n’est sortie que pour annoncer le réveil de la nature. Ce gentil précurseur du printemps se plaît en terre franche et fraîche. — Multiplication par caïeux que Ton détache des ognons tous les deux ou trois ans, au mois de juillet.
Pervenche. — Sicelteplante nous est chère, ce n’est pas la faute à Voltaire, comme disait Béranger, il y a quelque trente ans ; mais nous devons convenir que c’est un peu la faute de Rousseau. La pervenche était, en effet, la fleur de prédilection du philosophe de Genève, auquel elle rappelait quelques jours heureux de sa jeunesse. On en a fait depuis le symbole du premier amour. C'est, en' réalité, une petite fleur fort modeste, d’une innocuité parfaite. On en cultive deux espèces : la grande, dont la fleur, qui s’épanouit en mai, est d’un bleu d’azur, et la petite, qui est d’un rouge peu vif. — Terre franche, peu d’eau. — Multiplication par rejetons et par graines.
Phalangère. — Belle plante, dontles fleurs en épi, blanches ou roses, selon la variété, s'épanouissent en juillet. On en cultive de plusieurs espèces, et les fleurs de quelques-unes ressemblent, en petit, aux fleurs de lis, ce qui a fait donner à l’une d’elles le nom de lis de Saint-Bruno. — Terre franche, mêlée de terre de bruyère et de terreau ; arrosements fréquents. — Multiplication par graines.
Phlox. — Admirable plante vivace qui a souvent plus d’un mètre et demi de hauteur, et dont les charmantes fleurs, roses, bleues, lilas, blanches, selon la variété, doivent êtres mises au nombre des plus beaux ornements des jardins, de juillet en septembre. — Terre franche ; arrosements abondants. — Multiplication par éclats de racines.
Piilomis. — Plante vivace qui fleurit en août. Sesfleurs, d’un rouge violacé, sont peu remarquables ; mais cela fait nombre et jette de la variété dans un parterre. Les racines de cette plante sont bulbeuses, et on la multiplie par la II. 28
séparation de ses bulbes , qu’on opère au mois d'avril, et qui doivent être replantées aussitôt.
Pied-d alouette. — Plante annuelle, dont les fleurs en épi offrent toutes les variétés de couleurs imaginables. Rien de plus joli aux mois de juin et juillet, qu une bordure de pied-d alouette ; il n’est pas de fleur qui ajoute autant à la beauté d un parterre, surtout lorsque les graines ayant été recueillies avec soin, on a pu mélanger les couleurs. — Terre franche mélangée de terreau ; arrosements fréquents et peu abondants. — Multiplication par graines semées fin mars.
On cultive une autre espèce de pied-d’alouette, dont la lige est plus élevée que celle dont nous venons de parler, et dont les fleurs sont plusgrandes. Celte dernière est vivace et peut se multiplier par éclats de racines séparés en octobre.
Pigamon. — La fleur de cette plante, qui s’épanouit en mai, est surtout remarquable à cause d’une aigrette de soixante étamines que portent ses pétales. On en cultive deux variétés, l’une jaune, l’autre lilas. C’est une plante vivace, a racines fibreuses, qui se plaît en terre franche et qu’on multiplie par éclats en octobre.
Piment. — Ce n’est pas pour ses fleurs qu’on cultive cette plante annuelle, mais pour ses fruits qui sont, au mois d’août, gros comme des œufs de poule, et d’un beau rouge éclatant, et qui font un très bel effet au milieu des fleurs qui s’épanouissent dans le cours de ce moisi Ce fruit a, d'ailleurs, l’avantage de pouvoir être employé en cuisine. Il est plus ardent que le poivre, dont il a, en partie, la saveur et les propriétés. Sa culture, d’ailleurs, demande peu de soins. On le sème, au printemps, en terre franche mêlée de terreau , exposition du midi ; peu ou point d'eau.
Pivoine. — On cultive deux espèces de pivoine, qui fleurissent en mai ; la 'pivoine commune et la pivoine en arbre. La première est une plante vivace, dont les grandes et belles fleurs sont rouges, blanches ou roses, selon la variété. Elle se plaît en terre franche, demande peu de soins, et se multiplie par éclats de racines, faits en octobre.
La pivoine en arbre est un bel arbuste qui a quelquefois deux mètres de haut. Ses fleurs, grandes et roses, conservent pendant un mois entier et plus leur fraîcheur, leur éclat et leur parfum qui est des plus suaves. La culture de cet arbuste demande quelques soins. D’abord, il doit être en pot ou en .caisse, afin de pouvoir être rentré dès les premiers froids, et tant que dure
CULTURE DES FLEURS
l'hiver, il faut qu'il reçoive le plus de lumière possible. — Terre de bruyère, cinq dixièmes; terre franche, trois dixièmes ; terreau, deux dixièmes.— Multiplication par graines, et mieux par marcottes, qui prennent très facilement, mais qu’il ne faut sevrer que la deuxième année, afin que la plante soit vivace; levée la première année, la marcotte donnerait des fleurs; mais ce ne serait qu’une plante annuelle.
Podalyria. — Plante vivace, à racines fibreuses, dont les fleurs, d’un beau bleu, paraissent en juin ; elles sont inodores et peu remarquables, malgré leur couleur ; mais elles font nombre dans un parterre, où il finit, avant tout de la variété. — Terre franche, arrosements modérés. — Multiplication par graines semées fin mars, ou par éclats de racines, au mois d’octobre.
Podophy lle. Les fleurs de cette plante, à racines fibreuses, s’épanouissent en mai; elles sont blanches et présentent la forme d’un bouclier. — Terre franche ; arrosements modérés. — Multiplication par rejetons ou par graines semées en mars.
Pois de senteur. — C’est encore là une de ces belles, suaves et modestes fleurs qui prodiguent leurs faveurs à quiconque leur accorde quelques brins de terre, un peu d'eau, et leur permet de recevoir un rayon de soleil. Rien de plus joli que des fleurs veloutées, rouges, roses, bleues, blanches, qui ressemblent aux ailes des plus beaux papillons, et qui répandent au loin leur enivrant parfum. Et pourtant celte délicieuse fleur est assez généralement dédaignée; cest que, par malheur..., par bonheur plutôt, elle ne coûte rien, ce qui la fait adopter par le pauvre. Elle fait, avec la capucine, le cobœa, l’ornement des fenêtres-mansardes, et il est peu de chaumières dont les chétives murailles ne lui accordent protection.
Belle et bonne, c est aux belles et aux bonnes que nous la recommandons. — Terre franche. — Multiplication par graines semées fin mars.
Polemoine. — Plante peu remarquable, donnant en mai des fleurs en bouquets, d’un rouge nuancé de bleu. - Terre franche. - Multiplication par graines ou par éclats de racines, en mars.
Primevère.— G est encore une deces plantes dont certains amateurs font des collections, à cause du nombre de variétés qu’on peut en obtenir. Les primevères o firent près de quatre cents variétés qui présentent toutes les couleurs et toutes les nuances connues, et qui toutes fleurissent en avril. Cette plante se multiplie parfaitement par éclats ; mais, pour obtenir des variétés, il faut avon iecours au semis, qui se fait dans les premiers jours de mars — Terre légère et franche.
Pulmonaire. — On cultive deux espèces de cette plante, qui ne diffèrent entre elles qu’en ce que l’une est vivace ; c’est la pulmonaire de Virginie , et l’autre est annuelle, c’est la pulmonaire de Sibérie. Toutes deux donnent, en mais, de petites fleurs. Celles de la première espèce sont rouges, bleues ou blanches, selon la variété. La seconde n’a que des fleurs bleues, petites, comme celles de l’autre, mais d’un éclat plus vif.
La pulmonaire vivace se multiplie par éclats de racines, au mois d’octobre ; on multiplie celle de Sibérie par graines semées aussitôt après les grands froids. — Terre légère et fraîche pour toutes deux.
Pvrole. En juin, petites fleurs d’un rose tendre, placées par deux sur chaque pédoncule. On en cultive deux espèces : l’une odorante, et l'autre inodore. Même culture pour toutes deux. — Terre de bruyère, arrosements fréquents. — Multiplication par éclats de racines, au printemps. — En serre pendant l’hiver.
Reine-marguerite, — Les fleurs de cette plante, que l’on nomme aussi Aster de la Chine, rivalisent de beauté avec celles du dahlia, et ses variétés ne sont pas moins nombreuses. Elles s’épanouissent en juillet, et l’on en fait de brillantes collections, qui offrent un aspect charmant. La culture en est excessivement facile. — Terre franche. — Multiplication par graines semées en avril. La meilleure graine est celle que la tige mère porte à son extrémité; si on la garde un an avant de la semer, la fleur n’en est que plus belle.
11 y a un grand nombre d’espèces d’asters ; les plus remarquables, après la reine-marguerite, sont l’ œillet-de-christ , le soyeux, le géant et le denté. Ces quatre espèces peuvent se multiplier par éclats de racines séparées en octobre.
Renoncule.— C’est encore une des plus belles fleurs qui se puissent voir. Les faiseurs de collections en comptent près de six cents variétés qui réunissent toutes les couleurs et toutes les nuances connues, toutes... excepté le bleu. Certes, nous sommes loin du temps où les ognons de tulipes se cotaient à la banque d’Amsterdam, et atteignaient des prix fabuleux. Cependant il est certain qu’un horticulteur qui serait assez heureux pour obtenir une renoncule bleue pourrait faire une rapide et brillante fortune. Quoi d’extraordinaire? N’avons-nous pas vu, il y a quelques années, la graine d’une certaine espèce de chou se vendre, rue de Richelieu, à Paris ,
CULTURE DES FLEURS
cinq francs l’une... oui, cinq francs une seule graine, ce qui portait le produit d’un seul chou à cinquante ou soixante mille francs! L’industriel qui possédait ces graines en vendit pour un demi-million en six mois. Ce prodigieux résultat bouleversa l’esprit de ce malheureux ; il devint fou et se fit sauter la cervelle.
Donc il n’existe pas de renoncules bleues, mais il en peut naître une, et c'est là le plus cher espoir de tous les amateurs qui cultivent exclusivement cette jolie fleur. Au reste, cette culture est des plus faciles. La graine, que l’on récolte en octobre, doit être gardée dans un lieu sec pendant un an et même deux ans. On la sème en automne sur une terre franche, puis on la recouvre d’une légère couche de terreau et l’on arrose fréquemment. Mais on ne multiplie les renoncules par graines que pour obtenir de nombreuses et nouvelles variétés. Lorsqu’on veut s’eu tenir à la collection qu’on possède, il est plus simple de les multiplier par la séparation des griffes, qu’on replante aussitôt, ou l’année suivante. Dans ce cas, les couleurs de la fleur sont plus vives. Les renoncules fleurissent en juin ; la séparation des griffes se fait vers la fin de juillet.
Réséda. — Petite plante vivace, connue de tout le monde. Ses formes n’ont rien de remarquable ; mais son parfum le dispute à celui de la rose. Le réséda est vivace ; on le multiplie par éclats de racines ou par semis. Toutes les terres lui sont bonnes, pourvu qu’elles ne soient pas trop sèches.
Le réséda dit en arbre n'est pas une espèce différente de celle dont nous venons de parler ; on fait du réséda un arbuste en retranchant les branches inférieures, et en soutenant, à l’aide d’un tuteur, la tige qui s’élève ainsi et devient ligneuse.
Rhexie. — Plante originaire de la Virginie, dont les grandes fleurs d’un rouge vif s’épanouissent en juin. — Terre de bruyère; beaucoup d'eau. — Multiplication par graines semées au commencement du printemps. — En serre pendant l’hiver.
Rhododendron'. — Bel arbrisseau d’Amérique, de deux mètres de hauteur, dont les grandes fleurs, blanches, roses ou rouges, selon la variété, ont la forme d’un cornet fort évasé. — Terre de bruyère, exposition du nord; beaucoup d’eau. — Multiplication par marcottes et par graines, quand elles arrivent à parfaite maturité, ce qui est rare. On en cultive de plusieurs espèces; le rhododendron en arbre est une des plus belles; mais elle ne supporte pas le froid, elle doit être rentrée de bonne heure.
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Romarin. — Joli arbrisseau dont la hauteur ne dépasse guère un mètre et demi, et.qui forme ordinairement un buisson toutl'u. Ses fleurs, d’un bleu pâle , s’épanouissent au mois de février, dans la saison des bals, alors que la terre est couverte de neige et de glace. Autrefois, à cette époque de l’année la moindre fleur était une merveille; aujourd’hui que Paris possède des jardins d’hiver où les fleurs sont aussi abondantes au mois de janvier quelles peuvent 1 être en juin dans le plus riche parterre, le romarin est presque dédaigné... Ainsi passe la gloire de ce monde !
Le romarin dont toutes les parties sont aromatiques, se plaît dans une terre légère, peu humide, et il se multiplie par marcottes et par boutures..
Ronce. — Voilà une pauvre plante bien calomniée par les moralistes, qui ne cessent de comparer la vie de l’homme à un sentier parsemé de ronces et d e pines. Eh! messieurs qui savez tout et une infinité d'autres choses encore, faut-il donc vous apprendre qu’il est des ronces charmantes, qui n’ont point d’épines... Et quand elles en auraient! La rose en a bien... Nous le répétons, des ronces charmantes, sans épines, à feuilles panachées, à fleurs doubles roses et à Iruits blancs. G est un de nos travers de nous laisser prendre aux mots qui, la plupart du temps , ne servent qu’à enraciner l’erreur. Par exemple, il est arrivé qu’un naturaliste obtus a dit, a écrit que l’écrevisse marchait à reculons; eli bien 1,'quarante siècles ne suffiront pas à détruire cette erreur. La vérité est que l’écrevisse marche comme tous les autres animaux doués des organes de la locomotion , en avant; seulement elle peut nager en arrière... Hélas! il en sera des ronces comme il en est des écrevisses, et c’est en vain que nous tentons de les réhabiliter. Mais c’est ici le cas de mettre en pratique cette belle devise : fais ce que dois, advienne que pourra. Nous proclamons donc qu’il est des espèces de ronces fort jolies; telles sont celles à feuilles découpées, le framboisier du Canada, et quelques autres. — Terre franche et ferme; exposition du nord ou de l’ouest. — Multiplication par graines, marcottes et rejetons, au printemps : les fleurs paraissent en juillet.
Rose d’Inde. — En septembre, grandes fleurs jaunes et blanches, selon la variété. — Terre franche. — Multiplication par semis, en mars ; relever les plantes et les repiquer en mai ou en juin. — Beaucoup d’eau.
Rose de Noël. — Plante à racines fibreuses, donnant, en février, de grandes fleurs d’un rose tendre. — Terre franche, mêlée de terre de bruyère. — En serre. — Multiplication par éclats des racines, en octobre.
Rose trémière. — Grande et superbe plante de deux à trois mètres de haut
CULTURE DES FLEURS
dont les larges et admirables fleurs, qui s'épanouissent en juillet, offrent toutes les couleurs et toutes les nuances. Les variétés de cette plante sont innombrables, et les collections qu’on en fait grossissent chaque année. Terre
franche; peu d’eau. — Multiplication par graines semées dans les derniers jours d’avril.
Rosier. - Hélas! tarde venientibus Pardon, mesdames, cela veut dire
que les absents ont tort, ou bien que les derniers venus doivent se contenter
de ce qu’ils trouvent. Or, nous venons le dernier vous parler de la rose
Oh ! oui, nous le savons bien, on vous a tout dit sur la rose : on vous a fait son histoire; on vous a raconté ses qualités, ses défauts, ses mœurs, ses amours ; on vous a initiées à tous ses secrets, à toutes ses métamorphoses, et vous avez vu la rose, fleur, femme, reine! Mais il n’est pas de récolte si complètement faite que le pauvre ne trouve à glaner dans le champ qui l’a produite : essayons de glaner.
On compte aujourd’hui un peu plus de deux mille espèces de roses , et nous avons entendu un savant horticulteur affirmer que quatre gros volumes .n-folio en petit texte ne suffiraient pas pour rapporter ce qu’il y a seulement de Plus cuneux dans la culture de celte fleur. Nous l’avouerons toutefois, nous nous défions énormément de ces prétendues curiosités visibles seulement pour ces amateurs enthousiastes bien résolus à voir des merveilles partout. Mais les deux mille et tant d’espèces existent, et c’est un fait que nous constatons heureux que nous sommes d’avoir à constater ici quelque chose !
Puisque nous voici entrés dans cette voie, nous pourrions bien, mesdames ous donner la nomenclature de ces espèces ; mais vous en seriez quittes pour
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horticole ; ce serait trop de moitié.
Nous nous concernerons done de *ous dire que les bolanisles el les boni
Les rosiers à feuilles simples.
Les rosiers FÉROCES Oh !
Les rosiers bractèolés,
Les rosiers cannelles.
Les rosiers pimprenelles.
Les rosiers à cent feuilles,
Les rosiers velus,
Les rosiers rouillés.
Les rosiers CYNORRHODONS Ouf!
LES PLEURS ANIMEES.
Les rosiers à styles soudés ,
Les rosiers banksiens Ah!
Et cela est tout roses; qui oserait les contester? Mais cela n’empèche
pas que la rose soit le chef-d’œuvre de la végétation, d’où il résulte que les rosiers sont indispensables dans un parterre, quelque peu étendu qu’il soit. Et rien n’est si facile de les y mettre et de les y faire vivre, la culture de ces arbustes étant des plus simples. Presque tous les rosiers se plaisent dans une terre franche légère; ceux du Bengale seuls s'accommodent mieux de la terre de bruyère. Tous se multiplient par graines, rejetons, boutures, marcottes, et il n’est pas d’arbustes plus dociles à la greffe et qui se prêtent plus volontiers aux caprices de l'horticulteur.
Les plus belles roses fleurissent en juin ; mais il en est pour toutes les saisons, et il n’est pas rare de voir, dans nos jardins, des roses du Bengale s’épanouir sous des flocons de neige.
Rudbeckia. — En juillet, grandes fleurs rouges. Cette plante, à racines fibreuses, demande peu de soins. — Terre franche, arrosements modérés. Multiplication par graines semées en avril.
Sabline. — Charmantes petites fleurs blanches qui surgissent en mai du milieu d’un gazon touffu, et dont on fait de très jolies bordures. — Terre franche ; arrosements fréquents. — Multiplication par éclats de racines, en octobre, ou par graines semées fin mars.
Sabot de Venus. — Fleurs brunes, d’une forme singulière, paraissant en mai et exhalant absolument le même parfum que les fleurs d’oranger. Les pétales de cette fleur, au nombre de quatre, ressemblent parfaitement aux ailes d’un moulin à vent. — Terre de bruyère ; exposition de l'ouest ; arrosements fréquents. — Multiplication par graines semées en mars.
Safran. — Plante bulbeuse dont les fleurs jaunes, blanches, grises ou bleues, selon la variété, s’épanouissent en février. — Terre franche , mêlée de terre de bruyère; peu d’eau. — Multiplication par caïeux qu’il ne faut détacher que tous les trois ou quatre ans en juin et qu’on replante en juillet, en laisant entre eux une distance de cinq à six centimètres.
Sainfoin a bouquet. — Plante peu remarquable, donnant, en juillet, des fleurs
CULTURE DES FLEURS. 228
rouges en épi. — Terre légère. — Multiplication par graines, semées en avril.
Sanguinaire. — Cette plante, originaire du Canada, ne porte qu’une seule feuille, en forme de cœur, dont les nervures sont rouges. Ses fleurs, blanches et de moyenne grandeur, paraissent en avril. — Terre franche, arrosements modérés. — Multiplication par éclats de racines, en automne.
Sansévière. — Jolie plante donnant en mai et août de nombreuses fleurs roses en épi, très odorantes. Deux espèces; même culture ; terre de bruyère; peu d’eau. — Multiplication par graines semées fin mars, ou par œilletons.
Sarette. — Plante à racines fibreuses, dont les fleurs en épi, rouges ou lilas, selon la variété, paraissent en septembre et octobre. — Terre franche. —Multiplication par graines semées fin octobre. On peut aussi multiplier cette plante par éclats de racines; mais seulement quand elle a atteint une certaine force, c’est-à-dire la troisième ou la quatrième année.
Sauge. — On en cultive plusieurs espèces, qui toutes fleurissent en juillet, août, septembre et octobre. Fleurs roses, bleues ou d’un beau rouge, selon 1 espèce. Même culture pour toutes : terre franche mêlée de terre de bruyère et de terreau ;.peu d eau ; en serre 1 hiver. — Multiplication par graines semées en octobre et tenues chaudement, ou par boutures, au printemps.
Saxifrage. — Très belle plante dont on cultive plusieurs espèces, donnant toutes, en mai, de jolies fleurs rouges, blanches ou roses, selon l'espèce. Toutes se cultivent de la même manière : terre de bruyère, en pots afin de les mettre en serre pendant 1 hiver. — Multiplication par éclats, eu avril.
Scabieuse ou fleur de veuve — Jolies fleurs d’un rouge foncé, veloutées, et d’un parfum très agréable. — Terre légère. — Multiplication par graines, semées en avril. On en cultive plusieurs espèces, dont quelques-unes sont vivaces, comme la scubieuse des Alpes et la scabieuse de Crète ; ces dernières peuvent se multiplier par éclats et par boutures. Toutes fleurissent en juillet.
Sceau de Salomon. — Plante à racines fibreuses, donnant, en avril, de belles fleurs blanches pendantes. Plusieurs espèces ; même culture pour toutes : terre franche; arrosements fréquents. — Multiplication par éclats de racines en automne, ou par graines semées au commencement de mars.
Scille. — On en cultive de plusieurs espèces qui toutes fleurissent en avril, mais dont les fleurs ne se ressemblent pas, et qui demandent des soins différents. Plusieurs, comme la sciUe du Pérou , la scille maritime, la sciUe à deux H. 2<j
LES PLEURS ANIMEES.
feuilles doivent être mises en terre de bruyère, et en pots poilr être rentrées l’hiver. D’autres, comme la scille d'Italie, la scille agréable qu’on appelle aussi jacinthe étuilée, se plaisent mieux en pleine terre. Les fleurs de presque toutes les espèces sont bleues ; mais elles diffèrent par la forme : les unes sont en épi, d'autres en grappes, d’autres encore en ombelle, etc. Plusieurs sont inodores, quelques-unes ont un parfum à peu près semblable à celui de l'aubépine. Toutes se multiplient par caïeux, séparés des ognons tous les deux ans.
Sedum. — Jolies fleurs rouges ou roses, en juin, d’une odeur de rose très prononcée, cette odeur s'exhalant soit de la fleur, soit de la racine, selon la variété. Il y a pourtant quelques variétés inodores. — Terre de bruyère pour toutes; peu ou point d'eau; exposition du midi. — Multiplication par boutures, par éclats ou par graines.
Séneçon. — On en cultive deux espèces qui se subdivisent en plusieurs variétés. Le- séneçon d'Afrique donne de très belles fleurs rouges, simples ou doubles, selon la variété. La variété simple se multiplie par graines semées dans les premiers jours du printemps ; la variété double se multiplie par boutures. L’espèce dite à feuilles d’Âdonis , dont les fleurs sont d un beau jaune, se multiplie par éclats de racines, en octobre.
Sensitive. — Cette plante, connue de tout le monde, n’est remarquable que par les divers mouvements qu’elle exécute. Pendant la nuit, les feuilles de la sensitive sont accolées les unes sur les autres, près des pétioles ; au jour elles reprennent leur état ordinaire, comme si elles sortaient d'un profond sommeil. (Y. Sommeil des Plantes, Botanique des Dames, première partie.)
La sensitive éprouve d’une manière toute particulière ce besoin que les plantés ont, plus que tous les êtres organisés, des rayons du soleil. Son feuillage en suit généralement la direction, et en observant avec soin, on aperçoit un changement continuel de position dans toutes ses feuilles. La sensitive exécute, en outre, un mouvement de plication plus singulier : quand une feuille se ferme, soit par le contact d'un corps étranger, soit par la privation de la lumière, son pétiole se rapproche du rameau et fait avec lui Un angle plus aigu qu’auparavant. Lorsque l’attouchement est très fort, on voit successivement toutes les parties de la plante se resserrer. Néanmoins les mouvements des folioles, des feuilles et des rameaux sont indépendants les uns des autres, et il est possible de toucher le rameau si délicatement , que lut seul reçoive une impression de mouvement. Mais il faut, pour cela, qu'en se pliant, le ramedU n'âille pas porter ses feuilles contre qùéiqu’aütfe partiè de la
CULTURE DES FLEURS
plante, car elle s'en ressentirait au môme instant. Les parties de la plante qui se sont fermées, se rouvrent ensuite et reprennent leur premier état; le temps nécessaire pour cela est inégal, selon la vigueur de la plante, la saison et l’heure du jour.
Jusqu’à présent on n’a pas donné une explication satisfaisante de ce phénomène, non plus que tant d’autres mystères dont Voltaire a dit :
Réaumur, dont la main si savante et si sûre A percé tant de fois la nuit de la nature,
M’apprendra-t-il jamais par quels subtils ressorts L’éternel artisan lait végéter les corps?
Pourquoi l’aspic affreux, le tigre, la panthère,
N’ont jamais adouci leur cruel caractère?
Et que reconnaissant la main qui le nourrit,
Le chien meurt en léchant le maître qu’il chérit?
D’où vient qu’avec cent pieds qui semblent inutiles,
Cet insecte tremblant traîne ses pas débiles?
* Pourquoi ce ver changeant se bâtit un tombeau,
S’enterre, ressuscite avec un corps nouveau,
Et le front couronné tout brillant d’étincelles.
S’élance dans les airs en déployant ses ailes?
Le sage Du Faï, parmi ses plants divers,
Végétaux rassemblés des bouts de l’univers,
Me dira-t-il pourquoi la tendre sensitive Se flétrit sous nos mains, honteuse et fugitive?
Personne ne l’a dit; mais peut-être le dira-t-on quelque jour. En attendant nous dirons, nous, que la sensitive est un arbuste indispensable dans un parterre. — Terre de bruyère ; peu d’eau ; en serre dès les premiers froids. — Multiplication par boutures, marcottes et rejetons.
Sept as. — Plante à racines tubéreuses, originaire d’Amérique, mais naturalisée depuis longtemps dans notre climat. — En août, fleurs rouges en ombelle, blanches à l'intérieur. — Terre de bruyère; peu d’eau. — Multiplication par bulbes levées en octobre et mises en terre vers le milieu de mars.
Silène. — C’est au genre de cette fleur qu’appartient l'attrape-mouche dont nous avons dit les propriétés dans la botanique. A l’exception de cette sensibilité que les diverses espèces possèdent à un degré plus ou moins élevé, les silènes sont des fleurs qui n’ont rien de remarquable. Rouges ou blanches, selon la variété, ces plantes fleurissent en juin, sont annuelles et se multiplient par graines semées au printemps, en terre franche. Elles sont ino-
IÆS FLEURS ANIMÉES.
dores, une seule exceptée dont les fleurs sont d'un rouge vif, et qu’il faut mettre en pot afin de pouvoir la rentrer en hiver, cette espèce étant vivace.
Silphium. — Plante vivace dont la fleur, qui s’épanouit en septembre, ressemble à celle des soleils. La tige de quelques silphiums atteint une hauteur de six mètres ; mais cette fleur n’est remarquable que par son étendue. — Terre franche; arrosements modérés. — Multiplication par éclats de racines et plus sûrement-par graines semées au mois d’avril.
Soldanelle. — C est une petite plante des Alpes qui réunit deux avantages : elle est vivace et fleurit en mars* c’est-à-dire à l’époque où la terre est encore presque nue. Ses fleurs, rouges ou blanches, selon la variété, sont d’un effet très agréable bien qu’elles soient petites. N’est-il pas naturel de se sentir quelque préférence pour ces pauvres petites fleurettes que font éclore les premiers rayons du doux soleil de printemps, et qui viennent les premières égayer nos regards et nous annoncer une vie nouvelle, au risque d’être anéanties avant le temps par le terrible vent du nord, qui se fait encore si fréquemment sentir à celle époque?... De grâce, Mesdames, ayez quelque pitié pour ces petites audacieuses; donnez-leur une terre légère mêlée d’un peu de terreau; placez-les à l’exposition du midi, afin que le soleil qu’elles aiment les vivifie, et recueillez leur graine en avril ou mai pour la semer en octobre, en pots, afin de pouvoir les rentrer pendant les plus grands froids. Les soldanelles peuvent aussi se multiplier par éclats de racines.
Soleil. — Grande et belle plante annuelle, dont les fleurs jaunes, radiées, commencent à se montrer dans les premiers jours d’août, et n’ont pas moins, quelquefois, d’un mètre de circonférence, tandis que la tige s’élève à une hauteur de trois à quatre mètres. Cette fleur, comme presque toutes les autres, mais d’une manière beaucoup plus prononcée, semble suivre le cours du soleil et se tourne de manière à en recevoir constamment les rayons.
11 est peu de plantes plus majestueuses que celle-là, et pourtant on la dédaigne, elle est souvent exclue des parterres où sont admises une foule d’autres qui sont bien loin d’avoir son éclat et sa majesté. D’où vient cela? Serait-ce que le soleil est une fleur inodore? Mais la tulipe, le dahlia ne sont pas plus favorisés sous ce rapport, et le dahlia, la tulipe exigent des soins dont le soleil se passe parfaitement. — C’est, dit-on, une plainte vulgaire... — Vulgaire, pourquoi? Comment I vous osez faire un crime à cette immense corolle si justement appelée Soleil, de sa facilité a naître, à grandir? 11 est vrai que pour une belle elle se contente de peu ; un coin de cour dé-
CULTURE DES FLEURS
pavé lui suffit-, que l’on jette une graine, en avril, à la place du pavé absent, c’est assez. Eh bien! c’est là, il nous semble , être belle et bonne à la fois, qualités qui se trouvent, hélas! trop rarement réunies... A ces causes, Mesdames, nous vous demandons grâce pour cette belle fleur; vous lui consacrerez quelque superbe territoire trois ou quatre fois grand comme la main; vous l’arroserez peu ou point, et vous en recueillerez , vers la fin de septembre, la graine, grosse, abondante et délicieuse, dont vous pourrez faire d’excellent orgeat pour vos soirées.
Souci. — Fleurs jaunes paraissant à la fin d’avril. C’est une plante pçu remarquable ; mais sa culture est facile, et elle jette de la variété dans un parterre. On la multiplie par graines semées en mars sur terre franche, et recouvertes d’un peu de terreau. — Deux espèces, l’une jaune safranée; l’autre blanche, qui a la singulière propriété de se fermer lorsque l’atmosphère est humide. — Même culture pour toutes deux.
Sowerbée. — Jolie plante dont la tige ressemble à un jonc et dont les fleurs en bouquet d’un beau rouge pourpre s’épanouissent en mai. — Terre de bruyère; arrosements modérés. En pots, afin de pouvoir être rentrée l’hiver. — Multiplication par graines.
Sparoxis. — Fleurs violettes ou jaunes , selon l’espèce , grandes et belles, s’épanouissant en avril. — Terre de bruyère; peu d’eau. — Multiplication par caïeux détachés en juillet et plantés en octobre. — En serre pendant l’hiver.
Spigéle. — En juin , fleurs en épis d’un beau rouge à l’extérieur et jaunes en dedans. Cette plante demande beaucoup de soins; il lui faut de la terre de bruyère pure, des arrosements peu abondants, mais fréquents. — Multiplication par graines.
Spirée. — En juillet, fleurs en bouquets, simples ou doubles, blanches ou roses , odorantes ou inodores , selon l’espèce. — Terre franche, arrosements modérés. — Multiplication par graines , par tubercules , ou par éclats de racines.
Stachys. — Jolie plante donnant , en juillet , des fleurs en épis d’un beau rouge. Terre de bruyère mélangée de terreau ; peu d’eau. — Multiplication par éclats de racines , en automne. Cette plante doit être rentrée dès les premiers froids et placée de manière à ne pas manquer de lumière.
Staticé. Petites fleurs qui paraissent en juillet, rouges et néanmoins peu
apparentes. On en cultive plusieurs espèces, toutes assez délicates , et c’est à peu près leur seul mérite. — Terre légère , peu d’eau ; en serre pendant l’hivei' Multiplication par éclats de racines , en octobre, ou par graines, au printemps.
Stévie. — On cultive sept ou huit espèces de cette jolie plante qui , toutes sont vivaces, à l’exception d’une seule, et donnent, en juillet , de très belles fleurs blanches, roses ou violettes. — Terre de bruyère, arrosements peu fréquents. — Multiplication par graines, semée sur capot, au printemps, pour être repiquée en juin. — En serre l’hiver.
Stramoine. — On en cultive de deux espèces qui diffèrent beaucoup l’une de l’autre . le stramoine cornu et le stramoine en arbre. Le premier est une fort jolie plante annuelle, dont les grandes et belles fleurs blanches, qui s’épanouissent en août, exhalent une odeur très agréable. — Terre légère, beaucoup d’eau. — Multiplication par graine, semée au printemps. Le stramoine en arbre est un joli arbrisseau , dont les fleurs blanches , qui paraissent également en août, ont quelquefois jusqu’il trente-cinq centimètres de longueur et dont l’odeur est aussi des plus agréables. Cet arbrisseau exige beaucoup de soins : il lui faut une terre légère, peu d’eau, jamais de froid , beaucoup de lumière, et un air fréquemment renouvelé.
Sweutia. — Plante vivace, dont les fleurs bleues, en étoile, paraissent en juin. Elle demande peu de soins; toute terre lui convient. — Multiplication par éclats de racines ou par graines, semées en août ou septembre.
Symphoricarpos. — Fleurs roses en grappes, qui s’épanouissent vers la fin de mars, et auxquelles succèdent des fruits blancs et gros comme des perles. Celte plante est d’un joli effet dans un parterre. — Terre légère, arrosements modérés. — Multiplication par éclats.
Svringa. — Très bel arbrisseau, dont les jolies fleurs blanches, qui paraissent en juin , exhalent une odeur des plus agréables; mais dont l'intensité dans un appartement de peu d’étendue, cause de maux de tête, et peut même asphyxier. On en cultive aussi une espèce qui est entièrement inodore. — Même culture pour toutes deux : terre franche , exposition du nord ou de l’ouest. — Multiplication par marcottes, boutures, rejetons, éclats de racines. Quoique fort joli , cet arbrisseau n’est convenablement placé que dans un jardin d’une assez grande étendue.
CULTURE DES PLEURS
Tabac. — Nous ne sommes pas assez’injuste pour ne pas le reconnaître; le tabac est une plante fort innocente en apparence, qui se multiplie par graines, semées au printemps, et dont les fleurs, qui s’épanouissent en septembre, exhalent une odeur assez semblable à celle du jasmin (celles du tabac ondulé). Mais qu’est -ce que ce chétif mérite du tabac, en comparaison des maux affreux qu’il répand sur toute la sdrface du globe!... Nous l’avons déjà dit, le tabac est une horrible lèpre qui s’étend sans cesse, et qui est mille fois plus funeste qu’une invasion de barbares. C’est un affreux poison qui empeste l’air que nous respirons, qui engourdit les sens, qui étouffe 1 imagination. 11 n’est pas de crimes, de méfaits horribles, monstrueux , que le tabac n’ait commis ou qu’il n'ait fait commettre : c’est par lui que tous les liens sociaux sont relâchés ; c’est lui qui abrutit le peuple, qui déprave le goût. C’est le tabac qui rendit souvent le grand Frédéric cruel ; c’est lui qui a-aidé les geôliers anglais à tuer Napoléon. Grâce à lui les plus belles dents se carient, l’haleine la plus douce devient fétide , les narines s’élargissent, se tuméfient, le regard se ternit, la voix se voile, l’appétit s’éteint; les désirs s'émoussent, la pensée s’alourdit... El pourtant il s'est trouvé des poètes pour chanter cette nauséabonde substance!...
De grâce donc, Mesdames, point de tabac même en fleur; on ne saurait prendre trop de soin pour se garantir des mauvaises influences.
Tagétès ou Grand OFillet-d'Inde. — Grandes et belles fleurs jaunes ou blanches, simples ou doubles, selon la variété, qui s’épanouissent en septembre. C’est une fleur commune, mais d’un assez joli effet quand elle est accompagnée. — Terre légère, arrosements abondants. — Multiplication par graines, semées en avril, pour repiquer les plants en mai ou juin.
Thuya. — Arbrisseau toujours vert , mais qui n'a que ce mérite. Il sert à orner les terrasses et les cours, et il ne craint ni le froid ni l'humidité. — Multiplication par boutures et par marcottes.
Tiilaspi. — Plante de serre; jolies fleurs blanches, en janvier. — Terre de bruyère, très peu d'eau. — Multiplication par boutures et par rejetons, levés en juillet. Cette plante doit être rentrée avant les premiers froids.
Ihym. — Plante commune, à petites fleurs rouges, qui paraissent en juin, et qui exhalent, de même que toutes les autres parties de la plante, une odeur aromatique des plus agréables. On en cultive plusieurs variétés dont on fait
suiioul les bordures, à cause du peu de soin que demande celte bonne et jolie petite plante , qui se contente de la place qu’on lui accorde, du terrain dans lequel on la pose, et qui , malgré le vent et l’orage, les glaces de l’hiver et les ardeurs du soleil de l’été, ne cesse de montrer ses petites branches Vertes, et de prodiguer son parfum. Par malheur, les artistes culinaires se sont emparés depuis des siècles de ce précieux aromate, et cela l’a fait dédaigner par les amateurs de fleurs. C est une injustice criante, contre laquelle nous protestons de toutes nos forces : depuis quand cesse-t-on d’être aimable, par cela seul qu’on est utile? Nous demandons pour le thym une réhabilitation complète. Multiplication par éclats de racines, en tout temps; mais de préférence en automne.
Thymélée des Alpes. — Fleurs roses, qui s’épanouissent en janvier, ce qui est leur principal mérite. L arbrisseau qui les porte ne dépasse presque jamais un mètre de hauteur. — Terre de bruyère, arrosements fréquents et peu abondants. — Multiplication par graines. On peut aussi multiplier les arbrisseaux par boutures et par marcottes ; mais elles ne réussissent que difficilement.
Iigridie. — Très jolie plante à racines bulbeuses, fleurissant en août, et dont les fleurs violettes, jaunes et rouges, oll’renl l’aspect le plus agréable. — Terre de bruyère. — Multiplication par caïeux détachés, tous les deux ou trois ans. — En serre aux premiers froids.
Traohélie. — En août, jolies petites fleurs, d’un beau bleu, qui sont d'un effet très agréable dans un parterre. Plante vivace, qui redoute le froid. — Terre de bruyère pure, très peu d’eau, -r- Multiplication par graines, semées fin septembre, sur capot et sous cloche, ou par boutures, traitées de la même manière.
Trifolium. — Bel arbuste , dont les fleurs jaunes, qui paraissent en mai, sont nombreuses et fort jolies. — Terre de bruyère , mêlée de terre franche. — Multiplication par graines, semées aussitôt leur maturité, par boutures et par marcottes.
Trillie. — Plante à racines fibreuses, qui fleurit en avril. Ses fleurs, d’un rouge foncé , sont peu remarquables. — Terre légère. — Multiplication par éclats de racines, en automne, ou par graines, en juin.
Tritoma. — Grandes et belles fleurs en épi, d’un rouge éclatant, couronnant au mois d’août une tige d’un mètre de haut. — Terre de bruyère , arrosements modérés. — Multiplication par grains.
CULTURE DES PLEURS
Trolle. — En avril, belles fleurs jaunes. — Terre légère, peu d’eau. — Multiplication par éclats de racines, en automne, ou par graine, semée en mars.
Tubéreuse. — Plante à racines bulbeuses, donnant en juillet de belles fleurs blanches en épi, d’un parfum délicieux. — Terre de bruyère, mélangée de terreau; arrosements fréquents et abondants. — Multiplication par graine.
Tulipe. — Il y a encore des amateurs qui poussent jusqu’au fanatisme l'amour de cette belle fleur, ainsi que nous l’avons dit ailleurs.
Au mois de septembre, on plante les ognons ou les caïeux, dans une terre franche, mélangée d’un peu de terreau, et bien ameublie, à la profondeur de sept à huit centimètres, et à quinze centimètres de distance les uns des autres. On arrose modérément. La fleur paraît en avril, et il faut alors, autant que possible, la garantir du soleil. Lorsque la fleur est passée, et qüe la tige commence à se fléchir, on arrache les ognons, que l’on nettoie avec soin, on en sépare les caïeux, et on les garde dans un endroit sec pour les replanter au mois de septembre suivant.
Valaire. — En mai, fleurs d’un rouge foncé, inodores et peu remarquables. — Terre de bruyère — En serre l’hiver. — Multiplication par graine et par éclats de racines.
Valériane. — Plante des Pyrénées, à racines fibreuses, donnant, en juin, des fleurs rouges, blanches ou violettes, selon la variété, et toutes d’un très bel effet. — Terre de bruyère. — Multiplication par éclats de racines, au mois d’octobre.
Varaire. — C’est une assez jolie plante, qui fleurit en juin. On en cultive quatre espèces différentes, la noire, la blanche, la verte et la jaune. — Même culture pour toutes. — Terre franche, exposition de l'ouest, arrosements fréquents. — Multiplication par graine semée en avril.
Vélar. — En mai, fleurs jaunes peu remarquables. — Terre de bruyère. — Multiplication par graines et par éclats.
Veltiiemia. — Belle piaule de serre, qui fleurit en mars, et dont les fleurs en grappes, rouges et jaunes, sont d’un bel effet. — Terre de bruyère, mêlée de terreau, peu d’eau. — Multiplication par caïeux, détachés tous les deux ans, ou par graines.
Verge d’or. — Plante à racines fibreuses, donnant, en août, des fleurs jaunes, petites, mais nombreuses, et d’un aspect agréable. — Terre de bruyère. — Multiplication par éclats, en octobre.
VERONIQUE.— In août, fleurs bleues, blanches ou d'un rose pâle, selon la variété. — Terre légère, arrosements fréquents. — .Multiplication par éclats de racines, en octobre, ou par graine, semée en avril.
Verveine de Miquelon. — Plante bisannuelle, dont les petites fleurs en épi, d'un beau rouge, paraissent en avril. — Terre légère. — Multiplication par graine.
Vigne-\ ierge. Arbrisseau grimpant, dont le feuillage, d'un beau vert, forme tic fort jolis berceaux. — Terre franehe. — Multiplication par boutures et marcottes.
Vikusseuxie. — Plante a racines bulbeuses, dont les fleurs blanches, tachetées de bleu et bordées de noir, s’épanouissent en mai. — Terre de bruyère, mélangée de terreau, peu d’eau. — Multiplication par caïeux.
Vili.arsie. — Jolie fleur, d un beau jaune, qui s'épanouit en juin. — Terre de bruyère el terreau, beaucoup d'eau. — Multiplication par éclats de racines.
Violette. — Charmante fleur , emblème du mérite modeste, qui pousse partout, sur la lisière d un bois, le revers d’un fossé, au pied d'une haie, sans culture el sans soins, et qui n'annonce sa présence que par le parfum qu’elle exhale. Toute espèce de terre lui convient, et elle se multiplie par graine et par racines.
V ucc.A. — Arbrisseau d'un mètre de haut, garni de feuilles épaisses, du sein desquelles par une hampe qui, au mois d'août, se couvre d’une grande quantité de grandes et belles fleurs blanches, en forme de calice. — Terre de bruyère, arrosements rares. — Multiplication par boutures et par rejetons.
Zinnia. — Belles fleurs jaunes el rouges, qui s épanouissent en octobre. Celte plante, qui est annuelle, se multiplie par graine, semée au printemps, sur terre légère, recouverte d'un peu de terreau
Voilà, Mesdames, pour la théorie ; mais la théorie n'est pas ici le beaucôlé de la chose. C’est dans la pratique que vous attendent les surprises agréables, les découvertes spontanées, les résultats imprévus. 11 suffit de voir les fleurs pour les aimer; mais celle tendresse est bien autrement vive quand on les cultive. Cela devient souvent une véritable passion; passion cbaste et pure toutefois, qui ne prépare ni regrets, ni remords, et qu'on peut avouer toujours, habituée qu’elle est à ne se loger que dans une belle âme.
C“ FOELIX