‹ Les fleurs boréales, les oiseaux de neige [microforme]Chapitre 10 sur 65 · LE PRINTEMPS · texte numérisé non relu

LE PRINTEMPS

Bientôt viendra le doux printemps Chasser la neige, les autans, Les jours moroses ;

Bientôt les feuilles renaîtront,

Et les oiseaux nous reviendront

Avec les roses.

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Bientôt, de nos rudes climats,

Disparaîtront les blancs irimas, Les froids sévères ; -

Et nous pouirous, d’un œil charmé,

Voir éclore aux rayons de mai

Les primevères.

Sur la route, chaque bosquet, Dans l’arceau pimpant et coquet

De ses ramules,

Le soir comme au soleil levant,

Reudra sous les baisers du vent

Mille murmures.

Les ruisseaux transparents et frais Mêleront au bruit des forêts

Leur voix si douce ; Et sous les branches qui plieront, Des chants joyeux s’envoleront

Des nids de mousse.

LS où

Dans les guérets et sur les eaux,

Sous les sapins, dans les roseaux Qu'un soufle ploie,

Sur les rochers, dans les buissons,

Tout sera parfums et chansons,

Lumière et joie.

Piutout mille édens gracieux

Feront remonter vers les cieux L'âme bercée ;

Et, sous l'empire d’Ariel,

La terre semblera du ciel

La fiancée.

Alors on te verra souvent

Au balcon te pencher rêvant Tout éveillée,

Pour écouter le bruit de l’eau

Fredonnant son gai trémolo

Sous la feuillée.

L'on te verra plus d'une fois

Devenir pensive à I#voix Eolienne

Des petits maëtros ailés,

Chantant leurs refrains modulés

En tyrolienne.

Sous les peupliers, vers le soir,

Tu t'en iras souvent t’asseoir,

Rêveuse et lasse, Humant 14 brise et ses parfums, Et dénouant tes cheveux bruns,

Au vent qui passe.

Et, lorsque tout te sourira, Que l’enivrement te fera

Oublier lheure, Alors, l’œil à demi voilé, Tu songeras à l’exilé

Qui souffre et pleure.

Hélas ! le beau printemps doré

N'est plus pour le cœur ulcéré

Qu'un vain fantôme, Quand l'âme a des chagrins navrants, Les souflles les plus enivrants

N'ont plus d'arôme.

De tout son œil est attristé :

Pour lui la rose est sans beauté, Et l’aubépine

Lui parle encor de sa douleur,

Car il sait que la blanche fleur

À son épine.

Il sait que l'automne viendra Que la terre se jonchera De feuilles d’arbre ; Et la brise au vol caressant Sur son front ne laisse en passant

Qu'un froid de marbre.

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