AVRIL
La neige fond partout ; plus de sombre avalanche! Le soleil se prodigue en traits plus éclatants ; La sève perce l’arbre en bourgeons palpitants
Qui feront sous les fruits, plus tard, plier la branche.
Un vent tiède succède aux farouches autans ;
L'hirondelle est encore au loin ; muis, en revanche, Des milliers d'oiseaux blancs couvrent la plaine blanche
Et de leurs cris aigus rappellent le printemps.
Sous sa féconde effluve, il faut que tout renaisse !
Avril c’est le réveil, avril c’est la jeunesse !
Mais quand la poésie ajoute : mois des fleurs,
Il faut bien avouer,—nous que trempe l’averse,
Qu’entraîne la débâcle, ou qu'un glaçon renverse, —
Que les poëtes sont de charmants persifleurs !