‹ Les fleurs boréales, les oiseaux de neige [microforme]Chapitre 56 sur 65 · A THÉODORE VIBERT · texte numérisé non relu

A THÉODORE VIBERT

Poëte, dont la muse oubliant la distance Franchit les vastes mers pour me serrer la main, Je te bénis, 6 toi qui parles d'espérance

Quand la morne douleur assombrit mon chemin !

Ami, je t'ai compris : aux longs jours de souffrance, Comme aux heures de joie, il faut un lendemain ; Et ce mot seul, venu des rives de la France,

Me fait déjà trouver le sort moins iuhumain.

A tout enfantement préside le malaise ;

Et, sur l'humanité la main de fer qui pèse,

Me fait mieux espérer et croire en l’avenir.

Trop faible pour lutter, je me fais sentinelle ;

Et tous les jours mon œil, du haut de la tourelle,

Demande à l'horizon s'il ne voit rien venir.

À PROSPER BLANCHEMAIN relle,

Toi dont l’aile plana sur notre aurore, à France | Toi qui de l'idéal connais tous les chemins ! Toi dont le nom, fanfare aux éclats surhumains,

De tout peuple opprimé sonne la délivrance ! :

Terre aux grands deuils suivis d’éclatants lendemains ! Noble Gaule, pays de l’antique vaillance, Qui sus toujours unir, merveilleuse alliance,

En

Au pur esprit des Grecs, l'orgueil des vieux Romains !

Toi qui portes au tront Paris, l’auguste étoile

Qui de l'humanité dirige au loin la voile, 4

Nous, tes fils éloïgnés, nous t’aimons, tu le sais !

Nous acclamons ta gloire et pleurqns tes défuites...

Mais c’edt en écoutant le chant de tes poëtes

Que nous sentons surtout battre nos cœurs français !

le

ais !

faites...

8 À Mue ELISA FRANK

français !

Quand la nuit tombe,—au bord secret des étangs clairs, Où le flot balancé dans son urne trop pleine Inonde vaguement de ses pâles éclairs

Uu fouillis d’ajones d’or qui tremble à chaque haleine, —

Avez-vous entendu,—voix d'ange ou de sirène, — Animant tout à coup l’ombre des bois déserts, D'un rossignol ému la cantate sereine

s'élever lentement dans le calme des airs ?

murmures, aire

es, SOUPITS,

Dans le ravissement sitôt que vous chantez!

Lyres des soirs que Dieu suspendit aux ramures, De la brise et des nids colloques enchantés...

Madame, vous avez de l'oiseau solitaire L'accent victorieux, et chacun doit se &

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iurmures,

mures,

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YA

M. BEREDLAUC-PERUSSIS

POETE PROVENCAL

Poëte, hier encore, en humant quelques verres De votre fin muscat de Provence, —frileux, Je me pris à rêver aux climats fabuleux

De votre beau Midi, doux pays des trouvères.

Souffles tièdes berçant de frais papillons bleus, Ciel d'azur, rayons d’or, roses et primevères |... Désespérant contraste avec les froids sévères

De nos zones qu’attriste un soleil nébuleux!

De vie et de parfums brises exhubérantes !

Aux chansons des oiseaux forêts toujours vibrantes !

Largue au rythme sonore et plein de nonchaloir !

es horizons vermeils ! cet hiver chimérique !—-

Dites, n’est-ce pas là quelque monde féerique

Où pour être poëte on n’a qu’à le vouloir ?

| vibrantes !

chaloir !

À M. RAOUL BONNERY

A l’heure où le loup rôde en cherchant sa pâture, Heure sombre où l’enfant tressaille au moindre bruit ! Quand, au fond du ciel morne où nul astre ne luit,

L'ombre, sinistre oiseau, plane sur la nature,

Souvent le voyageur, égaré dans la nuit, Laisse flotter la rène au col de sa monture ; Et l'animal, cessant d'aller à l'aventure,

D'un pas ferme, tout droit au gîte le conduit,

ee

Ta muse, c’est la sûre et fidèle cavale,

Poëte ! et tn pourrais errer par intervalle,

Tâtonnant sur la voie où le doute est vainqueur ;

Mais à son noble instinct toujours tu t’abandonnes,

Certe! et voilà pourquoi, même quand tu fredonnes,

Tu sais si bien trouver tous les chemins du cœur !

queur ;

adonnes, fredonnes,

1 cœur |

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