‹ Les fleurs boréales, les oiseaux de neige [microforme]Chapitre 59 sur 65 · ENVOI · texte numérisé non relu

ENVOI

Chez nous, un sentiment qui ne saurait périr, C’est l’amour du vieux sol qu’à bénir on s’obstine, Du vieux sol poétique où chanta Lamartine,

Sol maternel pour qui nous voudrions mourir !

Bon sang ne ment jamais ; bon sang ne peut tarir : La France ! nous l’aimons d’une ardeur enfantine ; Mais, après, elle, ami, vive sa sœur latine !

Nous l’admirions déjà : vous l’avez fait chérir.

O vous, le noble enfant de la verte Hispanie,

Nature chaleureuse, artiste de génie,

Vers vos frères, un jour, si vous portez vos pas,

Dites-leur qu’un grand vide est fait à votre place ;

Que nos âmes n’ont rien de nos plaines de glace,

Et que chez nous les cœurs sont chauds comme là-bas!

as,

place ;

;lace, A ALFRED GARNEAU me là-bas!

Pourquoi chanter, ami, lorsque l’homme n’écoute Que le son du métal, et qu’il va, délirant Comme un triste insensé, laissez indifférent

Ses lambeaux de croyance aux épines du doute ?

Bien longtemps j'ai voulu résister au torrent,

M'attacher aux rameaux dont s’ombrageait ma route ; î * .

Mais des illusions le baume goutte à goutte «

S’échappa de mon cœur pour suivre le courant.

A bien des chocs cruels ma lyre s’est brisée ;

A lutter sans espoir ma main s’est épuisée ;

J'ai fui le sol mouvant qui manquait sous mon pié ;

Et si, barde vaincu, parfois je chante encore,

est qu’il reste en mon âme une corde sonore

Qui vibrera toujours au nom de l'amitié !

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Il a bientôt deux ans. Parfois, quand je le gronde, || 1

Ii baisse ses grands yeux qu’une larme a ternis ; il

Et puis, avec des airs de douceur infiuis, ,

Il relève vers moi sa belle tête blonde.

Et tout à coup,—l’enfance a ces retours bénis, — ji D'uu sourire joyeux sa figure s’inonde ;

Il jase en éclatant de rire, et sa faconde

Semble un gazouillement d'oiseaux au bord des uids. ji JA

1 + Alors au fond de moi quelque chose remue ; De tendresses saus nom ma pauvre âme est ériue ;

Sous mes cils, à mon tour, je sens des pleurs venir...

Soyez aimé, mon Dieu, vous dont l’omnipotence À créé la famille, et, pour nous rajeunir,

Nous donne les enfauts, ces fleurs de l’existence !

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Venir.

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