A MON FRÈRE ACHILLE
Frère, tu veux causer ; tu veux que je rassemble Mes souvenirs ; tu veux, me tenant par la main, Comme un vieillard penché sur son bâton qui tremble,
Des jours qui ne sont plus remonter le chemin.
[1 fat bien rude, hélas ! ce long passé qui semble Pourtant si court, plus tard, au pauvre cœur humain! Nous n'avons pas fléchi, car nous étions ensemble ;
Nous le sommes encor : le serons-nous demain ?
C’est l'avenir, vois-tu, qui frappe à notre porte ;
Laissons le passé fuir avec ce qu'il emporte ;
Oublions s’il fut triste ou s’il fut caressant ;
Ft, pour braver le sort et ses coups arbitraires, Rendons grâces au ciel qui nous fit deux fois frères :
L'une par la pensée et l’autre par le sang!
\ (M LA 4 ( que û | l à LE rte. , 1 ; h | | ires, ; If is frères : À Mie CHAUVEAU | (4 | À quoi donc rêvent-ils, vos beaux yeux andalous, Quand, voilant à demi sa lueur incertaine, (l Votre regard s’en va se perdre loin de nous, Comme s’il contemplait quelque image lointaine ? Quand vous semblez chasser toute pensée humaine | Et que, sur le clavier au son plaintif et doux, A Sans but, las et distrait, votre doigt se promène, l A : il Jeune fille rêveuse, à quoi douc songez-vous ? À
Oh ! sans doute qu’alors votre âme ouvre ses ailes,
Et s’en va retrouver, dans des sphères nouvelles,
Ceux que le ciel emporte, hélas ! et ne rend pas !
Nous vivons dans un monde où presque tout s’oublie ;
Mis il reste toujours quelque chaînon qui lie
Les anges de là-haut aux anges d’ici-bas !
8 ailes, elles,
| pas !
at s'oublie ;
lie À Mur OSCAR DUNN
Cousine, j'aime à voir sourire vos dents blanches ; J'aime entendre éclater votre rire mutin :
Jamais son plus joyeux, timbre plus argentin,
N'ont encor résonné sur des lèvres plus franches.
On dirait un oiseau lançant, de branche en branches, Dans l’éther du ciel pur son hymne du matin .,, Ah! c’est que le bonheur que vous fit le destin
Luit dans vos grands yeux bleus, bleus comme les pervenches.
Le bouheur! le honheur ! 6 trésor précieux
Que notre sphère envie à la splendeur des cieux !
Rose du paradis que tout homme a rêvée !
Mot de l’immense énigme où le cœur se confond ! Mot qui pour l’âme humaine est uu gouffre profond !
Bonheur ! perle sans prix que vous avez trouvée !
d! IN MEMORIAM
Oui, je suis revenn sous la fenêtre aimée, 1 Dérobée à moitié sous les grands arbres verts, | 1 Où, pour ouïr du soir les murmures divers, l. Vous penchiez si souvent votre tête charimée. | 1O (A (fi fi Les oiseaux gazouillaient dans les sentiers couverts FIL Les fleurs ouvraient au vent leur corolle embaumée ; 1h
Et, saluant de loin la fenêtre fermée,
Je m’arrêtai pensif pour crayonner ces vers.
La brise au vol serein jouait dans les ramilles ; D'âcres senteurs montaient des épaisses charmilles ;
Le Conchant teignait d’or le front de la villa ;
Et, cependant, malgré ces splendeurs réunies, Ces rayons, ces parfums, ces fleurs, ces harmonies,
Le deuil planait partout, car vous n’étiez plus là !
illes ;
nies, A MA BELLE-SŒUR
là !
Mux J. LEMAN
Madame, quand le ciel vous fit dépositaire De ces deux chers enfants qui sont votre fierté, Avez-vous réfléchi que Dieu,—charmant mystère !—
Triplait ainsi chez vous la grâce et la beauté ?
Vous le savez sans doute, il n’est rien sur la terre, Non, rien de comparable à cette majesté Que, dans son doux éclat et st ;plendeur austère,
Sur un front calme et pur met ia maternité !
Madame, j'aime à voir cette auréole sainte Resplendir où déjà brillait la double empreinte
De la pensée unie à tous les dons du cœur ;
Et c’est parce qu’en vous j'admirais tant la mère,
Que je vous ai voué la tendresse d’un frère
Avant davoir le droit de vous nommer ma sœur |
iute
, mère,
A Mue VICTOR BEAUDRY
a sœur !
Au beau pays de:l’or quel attrait vous enchaîne, il Vous, la plus fraîche fleur de nos cercles aimés,
Vous qu’on ravit un soir à nos regards charmés,
{ . 0 . 4 Il: 8 Mais qu’on devait nous rendre à la saison prochaine ? il . . pr A . » 1 Qui sait? Peut-être, hélas! qu’en ces lieux emb amés | | “ . e . , * û ji Où le jour est si pur et la nuit si sereine, — à Et puis où vous régnez sans doute en suzeraine, — fl Vous oubliez un peu nos cieux moins parfumés ! dl
OL! revenez !—Là-bas, sur ces rives fleuries, Plus doux sont les parfums, plus vertes les prairies,
Les bosquets plus touffus, les échos plus charmants ;
Les oiseaux plus dorés ont la voix. plus étrange .
Mais ici l’on soupire à votre cher nom d’ange :
Nos climats sont plusfroids, mais nos cœurs plus aimants,
iries, les prairies, k
charmants ;
strange ...
\nge : A Mue ARMAND PRÉVOST rs plus aimants.
Ma sœur, comme l'oiseau ani traverse la nue
7 9 Quand le soleil d'avril sur ses ailes a lui, Enfant naïve hier, femme heureuse aujonrd’hui,
Au doux nid paterhel vous voilà revenue.
Celui que votre cœur s'est donné pour appui Vous avait loin de nous bien longtenips retenue ;
+ juil Il vous ramène enfir, . soyez la bienvenue ! |
Le cercle du foyer s'ouvre pour vous et lui, |
Venez; asseyons-nous autour du feu qui tremble ;
Nos âmes et nos mains se mêleront ensemble :
Quand il est partagé le bonbeur est plus grand.
Puis, en vous souhaitant des jours exempts de larmes,
Nous nous demanderons leg1el a plus de charmes,
L'ange qu’on nous ravit ou l'ange qu’on nous rend !
nble ;
le larmes, rInes,
rend !
À Mmes CAUCHON
Madame, vous aimez l'artiste de géaie, Ce sculpteur inspiré dont le ciseau savant Sut si bien reproduire, en ce marbre vivant,
De vos traits fins et doux la suave harmonie.
Vous l’avez dit: plus tard, quelqu'un viendra souvent, Pour consoler un peu son àme endolorie, Relire, ému, devant cette image chérie,
De votre souvenir le poë’me émouvant.—
FL d
Oui, c'est vrai; mais lors même où, fruit tombé de larbre,
Votre fils n'aurait pas ce beau buste de 1#arbre
Pour lui parler de vous et de ses premiers jours,
Il saurait retrouver dans les cœurs, chose rare, Mieux que vos traits charmants dans ce bloc de carrare,
Votre douce mémoire empreinte pour toujours |
fl ! l | de l'arbre, | x |