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Les fleurs de Cannes

JLe venl fraîchit, le temps est sombre Sur les flots on distingue une ombre , Les rocs, frangés d'écume, ont l'air De la gigantesque denture D'un monstre qui cherche pâture Sur l'immensité de la mer.

C'est Saint-Honorat, l'île sainte ; Saint-Honorat, et son enceinte De pins noueux, el ses tombeaux

El ses deux tourelles antiques, El ses vénérables reliques Que rendirent un jour les eaux

Et ses colonnes de porphire ' Dont la grandeur n'a pu suffire A combattre contre les ans.

El son palmier île la légende Dont le front tout courbé demand< \]ne foi de petits enfants;

Et les sept mignonnes chapelles Où les frileuses hirondelles Viennent de loin bâtir des nids, Elle cloître, et la \ieillc église.

Squelette de muraille grise Sur la ronce et la poudre assis.

Pilote, penche sur ta barre, Des vergues fais serrer l'amarre Évite la terre des morls :

Ici lu n'as pas de rivage Au sable doux, ici l'orage Brise ceux qu'il trouve dehors.

Et pourtant dans ce monaslère Tant de moines prirent la haire Que leur troupe remplit les cieux, Et que la nuit leurs blancs fantômes Errent drus comme les atomes Que le mistral envoie aux ieux. :!

Fasse au large avec ta goélette, Au large, avant que la tempête Te fasse ouïr ses cris stridents.

Qui sait? Peutêlre quelque More Comme autrefois attend encore \ Les naufragés, le sabre aux dents

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