‹ Les fleurs de CannesChapitre 24 sur 55 · SEBASTOPOL · texte numérisé non relu

SEBASTOPOL

L'imprenable colosse, il est pris par nos braves ! Vainement la Russie à ses hordes d'esclaves Contre nous fit tremper les armes dans le fiel, La ville aux murs d'airain par des géants fondée A ces autres géants cpù l'ont escaladée Sert de marche-pied vers le ciel !

Ils ont fui : l'incendie éclairait leur défaite ; El pendant que la mer, comme dans la tempête, A leurs vaisseaux coulés ouvrait son vaste flanc, Nos zouaves, guerriers dont doutera l'histoire, Plantaient notre étendard plein de poudre et de gloiri Sur Malakoff encore fumant.

Ah ! tu croyais, ô czar, que l'Europe asservie Dans une coupe d'or sur du velours servie, T'ofirirail la sueur de vingl peuples nouveaux ; El certain d'opposer lenombre à la vaillance, Sur la carte déjà tu calculais d'avance Tes conquêti s par tes rivaux !

Tu ne voudrais qu'un Dieu, qu'un empereur, qu'un pape, Afin qu'an monde entier permettanl une agape . Tu pusses pour toi seul garder tous les festins; Devant les rois vaincus passant la tête liante. Tu Munirais renverser du talon de ta botte Tous les dieux Termes des chemins.

.Mais la France, éveillée aux sons du boute-selle,

La France te combat.... et, reine grande el belle, l'n pied sur ta poitrine et le (Vont dans les deux, De Jéhovah lui-même empruntanl le tonm rre, Elle te tient meutri dans les champs de la • ie le serpent orgueilleuï !

C'est que la liberté n'allaite poinl les hommes : C'esl elle qui nous lit un jour ce que nous sommes. Tes boyards pourraient-ils lui dresser des autels ? Elle veut pour Vest.de une humble roturière, Elle veul pour encens la joyeuse poussière Que tout en croulant les i a

Et lorsque em les clairons, les trompette*,

Les hymnes, les tambours, les i ris, les bruits d Chantèrenl la victoire ouvrant Sébastopol,

Moscou sentil frémi i ses plaines reculées . De nos pères, c'étaienl les ombres consolées Qui se remuaient sous le sol :

El lorsque a retenti le bronze aux Invalides, Le Héros de l'Empire avec des veux avides, Couverl d'un vieux drapeau comme d'un mante! d' Vers lés remparts conquis prenant un vol immens Esl allé contempler ces succès de la Fiance, Si grands qu'ils réveillaient un mori !

0 sullane, ô Stamboul, du haut de tes rnurailb s,

Admire ces Unis purs déroulant >U'^ écailles Que la lune le soir transforme en diamants. Tes jardins de palmiers, tes bois de sycomores, Et ton ciel sans nuage, et les palais des Mores, Et la mosquée aux marbres blancs ;

Dois, tille des Césars, au sein de les portiques. Entoure-toi de fleurs et de tapis lubriques, Des nuits de l'Orient goûte tous les parfums : Notre aigle aux minarets pour toi fait sentinelle. Pour îoi le léopard -rince une dent mortelle Contre les vautours importuns !

Et maintenant, du fond de ces lointains rivages, L'avenir ne peut plus nous montrer tant d L'aigle noire des czars a fui vers les glaçons. Et là, de garde-chiourme usurpant le beau rôle,

Pour conduire des serfs et dominer le pôle, Aux sei m - : . omis !

Page 1