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TROIS SOLEILS

( i golei] de Paris, ô soleil sans rayons, Soleil à qui janvier met un voile de glace. Fantôme de soleil que je regarde en face, Es-tu bien le soleil qui flamboie et qui passe

En ee moment sur Nice et mûrit les citrons ?

Non. tu n'es pas ce1 asti e éclatanl de lumièi e, Ce vieil ami qu'au loin cherche en vain mon regard, Qui dans mes jeunes ans avait pour tout brouillard Les llenrs que mes deux mains lui jetai (ni au hasard Va, poursuis tristement ton obscure carrière!

I ii soleil n'est-il point un disque aux mille feus Qui commence à briller dès la naissante aurore, Brille dans la journée el le soir brille encore. Si splendide, si pur que maint peuple l'adore ? Pour des gens ennuyés, toi, tu n'es qu'ennuyeux.

Aussi, pièti e soleil, je te préfère même Cet être bel et lier, aux lèvres de vermeil. Que du temps de Ronsard on appelait soleil Comme toi, qu'on disait comme toi sans pareil, Et qui pourra m'aimer peutêtre, si je l'aime.

Oh ! de ces soleils-la le nombre est grand ici : Aux théâtres, aux liais, à pied, en équipage, Le long des boulevards, sous le riche passage, On en voit comme grains de sable sur la plage, ( >u globules mousseux dans un verre d'Aï.

•le ne veux point parler de la mère dos Gracques, Des femmes dont le teint rougil sous un regard, Mais de celles qui vent couvertes de brocart, De qui l'ardent coup-d'o il pénètre comme un dard, Qui boiraient dans un crâne, el ne 'font pas leurs pâques.

s Lais, puisque tu tiens la ceinture d'Amours, Je te suivrai ; marchons vers la chambre dorée Voyons si j'ai raison de l'avoir préférée A ce pale flambeau de la voûte éthérée, Indigne d'exister pour de si pâles joui s.

— Kt qui veux-tu de moi? — Je veux que ton cœur m'aime

El je te donnerai mon cœur, mes rêves d'or,

V'ingl ans qui dans les bras me rendront souple el for!

Mes baisers, des baisers à réchauffer un mort.

Iles roses sur ton front formant le diadème....

— Je connais mon Gesner... tranchons... combien d'écus ?

— J'ai près la côte un champ, des orangers, des treilles, Du lail pour ta poitrine, une ruche d'abeilles,

De quoi vivre tous deux sans soucis el sans veilles.... Vraiment, gentil soleil, qu'exiges-tu de plus ?

Ali '. voilà que tu ris à troubler ta demeure ! Je te comprends, soleil encor moins généreux Que ce pauvre soleil tout morne au haut des cieux. Eh bien ! l'épreuve est faite à présent : à mes veux. Lui ni toi ne valez le soin] que je pleure! ! »

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