LA DISTRIBUTION DES MÉDAILLES
Aux exposants de 1858.
Vous n'avez pas sur nos tablettes (1) Exposé le moindre rouleau Des papiers peints que vous parfaites ; Mais s'abstenir, à nos yeux, vaut Les victoires les plus complètes :
C'est pourquoi céans le bureau
(\ ) Ces couplets et d'autres Toisaient partie d'un vaudeville non scéniqne. remplissant tout un numéro du COURRIER des ARTISTES, et vendu sur la voie publique à un nombre considérable d'exemplaires. Ils s >nt censéi prononces pur le président de la cérémonie.
Quelqu'un mo demandait, un jour, pourquoi le genre éplgrammatique que je cultive est maintenant abandonné de presqne tous les poètes. C'est biens.mple: lorsqu'on a trouvé nn 'rait d'esprit, on aime mieux le délajer dans un t'adearticle a un franc la ligne, que le concentrer dans une piquante épigramme que nul journal ne paie.
De lauriers couronne vus têtes.
Allez 1 messieurs Destrem, vous êtéa Giands connue votre numéro. (1)
0 célèbre Caze Romain, Vous n'i sposâtes qu'un dessin, Un portrail à la cire peint, Et puis une Fuite en Egypte, Que, faute d'un éloge en ypte, On dit faite en dépit de tout le genre humain ; Mais ce qui vous vaut nos suffrages, C'est que dessus ce dernier tableautin Le jury s'est trouvé dépeint Dans l'un des quatre personnages.
Les Romains du temps de Térence Ne recevaient en récompense Qu'un peu de laurier ou dé thym ; Nous, pour mettre une différence, Non*; vous donnons, dans cette circonstance, La médaille d'honneur, ô moderne Romain.
Pour excuser notre sans-gêne, Cher Caze, vous direz et les gens rediront
t, i p? fdbrcanl; ont pour rn?ei?ne un chiffre ride (loin l rit 1 il', entouré de r''M Wgen le : an Grand-numéro.
Qu'à défaut de tableaux à l'Exposition, Ce sont vos fresques de Luchon Qui vous valent pareille aubaine.
Nous l'avouons sans périphrase, Si nous parlons plus tard des prix par nous donnés,
On pourra nous Qanquer au nez
Votre médaille, o Romain Caze ;
Nous n'en serons pas étonnés, Et nous nous moquerons de toute sotte phrase : Comme nous, vous mangez la poire à vos dînes.
Vos tableaux ont cet avantage Que, si la famine, un beau joui'.
Se trouvait dans votre ménage, Sans aller assiéger le four Du boulanger du voisinage, Vous trouveriez sous votre main De quoi faire taire la faim.
Quoique le travail au pastel
Soit très sujet à disparaître.
Le vôtre fait de main de maître Est immortel.
Lorsque vous rasiez la pratique Restaienl laides les laides gens; Sous votre crayon rachitique, Sont-ils devenus plus charmants?
Une médaille? Pas si hôtes !
Retournez vite à Paris, vous Et vos collections complètes :
Les gens n'ont vu dans vos cailloux Qu'une épigramme pour nos têtes.
De sainle Germaine, qu'invoque La mièvre foule des pécheurs, Les croûtes devinrent des Heurs; Mais pour vous et pour vos couleurs, Le miracle fut réciproque.
Cher Gamboggi, si l'on dénie
Votre étoile e1 votre génie,
Nous avons cru que vous pourriez
A tous les poisons de l'envie Opposer ceux de ces lai
Si nous perdîmes Engalière, Ce peintre aimé, joyeux et bon.
Nous retrouvons encor son frère, Disne du nom.
Votre tableau, Plein de brio, Était le plus beau De ceux qu'on mit à la muraille :
Chaque passant En le voyant S'arrêtait devant :
Cela vaut mieux qu'une médaille.
Si pour la couleur el N'êtes fort en nulle façon, Vous êtes de première force Comme Gascon.
Vous qui peignez d'après nature, En amateui e1 sans façon, Qui vous ens» igna la peinture?
Est-co Apollon '
Sous vos julcps et vo3 emplâtres Tel client qui parfois esl mort, Au moins dans vos marbres grisâtres Peut vivre encor.
On vous accusa crûment De soutirer la morphine De l'opium; mais j'opine Que c'était bien faussement.
La preuve est qu'à L'audience Certains juges très connus, Ayant goûté sans doute la substance, Fermèrent les veux là-dessus.
Vos jolis mendiants en terre A nos yeux n'ont que le défaut De n'être pas, dans cette affaire, Signés Callot.
Vous auriez la première place Par vos tableaux, monsieur Quinsac, Si vous aviez passé le frac Pour solliciter cette grâce.
Au factotum que rien ne lasse, Dont la griffe est partout et le cœur nulle part,
Médaille de première classe Pour avoir inventé le beau métier Jacquard.
Je vous entends sur un ton aigre-doux Dire : « ce vaudeville, hélas ! n'est rien qui vaille,
Puisqu'il n'a pas d'intrigue ». Taisez-vous L mil igue es1 sous i haque médaille
l'a évangile que j'oublie Annonçait à nos bon- aïeux Que ceux-là s'en von1 droil aux cieti ont nos à Toulouse ou dans la Béotio :
Au revoir donc en ces hauts lieux !