‹ Les fleurs de CannesChapitre 54 sur 55 · CUIQUE SUUM · texte numérisé non relu

CUIQUE SUUM

« A Toulouse, c'est vraiment drôle

Comme tout va couci-couci ! »

Disait quelqu'un à son ami.

— « Çà » répond soudain celui-ci

« Tient à ce que le Capitole

Est gardé... vous savez par qui».

Bouftarel, se sentant trop béte Pour demeurer plus longtemps avocat, Se fait banquier ; mais, en changeant d'état,

Pensez-vous qu'il change de tète.

Quand vous lisez la prose de Dupin, Vous devinez comment Garipuy peint.

TIji barbouilleur de tableau,

Dont le couvre-chef est comme

Un pain de sucre en biseau,

Passait à Matabiau.

Lors, un marchand de rogomme

Qui l'aperçut, dit tout liant :

« Tout est pointu chez cet homme,

Et l'esprit et le chapeau».

Sur une troupe théâtrale.

Comment pourrait-on s'engouer D'une troupe si mal choisie?

Des drames elle a beau jouer, C'est toujours de la comédie.

Sur la distribution des médailles aux exposants de 1858, indéfiniment retardée.

De cette fête solennelle Le sort, à Toulouse, rappelle, Tout le monde le sent fort bien, Le triste sort de la Pucelle :

Depuis trois mois on parle d'elle, Dans trois jours on n'en dira rien.

Belle, à coup sur, sera la fête; Mais elle a si longtemps tardé,

— 27fi —

Qu'à présentie public répète :

. C'esl la moutarde après dîné

Le banquier Bouffarel avail une maîtresse Qu'un vieux banquier avail eue avant lui ;

Or icelui, de temps en temps, sans bruit,

Venait reprendre un peu son droit d'aînesse.

Mais un cigare oublié dévoila

A notre Samson-Sganarelle La fraude de sa Dalila.

« Cet homme et moi, » dit-il à Bouffarelle

« A tes yeux, que sommes-nous donc? »

— « Deux noms communs » répondit-elle « Dont je suis le trait-d'union ».

Les animaux peints par nions Gélibert Font concurrence à ceux de Paul Pottei Ce jugement, certes, n'est pas un crime; Mais est-il juste ?Oui-dà, comme la rime.

On punit de tout côté

Les faux poids et les faux litres:

Un règlement adopté

Va poursuivie les faux titres :

Alii ! pauvre PUBLICITÉ !

Sur le sieur Descaxeausc, cinquième roue de la Publicité.

Quoi! Descazeaux, dont les lunettes d'or

Brillent ainsi que deux yeux de chouette,

Et qui jamais n'a tiré de sa tête

Un mot d'esprit, voire une phrase honnête,

Est, selon vous, un journaliste fort !

— « Parbleu ! partout, sur le cours Lafayette,

Dedans la rue, aux théâtres, au Taur,

En char, à pied, en chemise, en toilette,

A jeun, repu, valide ou demi-mort,

Nous le voyons tenant une gazette ».

Entre Dorvalet Guiraud

La différence est connue :

L'un sait faire une statue, L'autre la jeter à l'eau.

A propos du succès de lorphêon Toulousain.

Les Bordelais sont très forts sur la danse, On ne le leur conteste pas; Mais, lorsqu'aux chanteurs de Clémence Ils veulent faire concurrence, Les Bordelais font un faux pas.

Maurry » disent les coteries Est un professeur très profond

Gela doit être vrai, car de ses théories Nul n'a jamais pu voir le fond.

Un ignorant amateur des beaux-arts,

Que dans Tolose aucuns doivent connaître,

Est, par ses biens, au nombre des richards :

Mais néanmoins s'habille comme un reitre.

Hier, à cettui, dans un encan, échut

Un lot formé de mainte vieillerie :

Cadre, chiffon, glace, tableau, bahut,

Fauteuil boiteux, verre et chinoiserie.

Or, pour ses fils une gueuse implorait

Certain lambeau de sale draperie :

« Laissez, » dit-il « je m'en habillerai ».

Monsieur, vous êtes gros notaire E1 vous n'étiez que gargottierl On le voit à votre air altier, Monsieur, vous êtes gros nol .

Pour l'être, il vous a fallu faire Ce que le Grec fait par métier.

Monsieur, vous êtes gros notaire, Et vous n'étiez que gargottier !

Lorsque Bouffarel voudra

Se marier, il pourra

De femmes se mettre en quête,

Oncques il n'en trouvera Guère qu'à la Golombette.

Avant de peindre ainsi les traits Des bonnes gens du voisinage, Durand fut un barbier mauvais, Un mauvais barbier de village.

C'est pour ce motif, je croirais, Qu'on le voit, dans tous ses portraits, Barbouiller toujours le visage.

« Petit poisson deviendra grand...

Me dites-vous dans votre lettre, Avec des points abondamment.

Vous avez supposé peutêtre Que je pourrais facilement Compléter la phrase. Vraiment Vous errez, je ne sais que mettre.

essayer cependant :

« Petit journal deviendra grand Pourvu que Dieu lui prête vie ».

N'est-ce point cela? Maintenant, De notre cher Courrier naissant Voulez-vous pas que je vous die Comment serez ce Dieu clément?

Par le prix d'un abonnement.

Quand le cordonnier Vestrepain, Qui fait les vers comme Barème, Daign aus .rus parler de lui-même, Pour la présomption extrême li rendrait des points à Jasmin.

L'autre jour, sur la place M; Un paon tout fier de son plumage Kit entendre son chant grossier : cTicns! » ilii quelqu'un " voilà l'image De Vestrepain, le cordonnier ».

Sur ('athénien de Marseille, qui avait raillé le courrier.

Notre COURRIER, quand il critique,

Met du sel Languedocien ;

11 n'a que ça dans sa boutique.

Reste à voir si PAthénien,

Comme son nom pourtant l'implique,

A son docteconc.il-

Donne toujours du sel Attiquc.

Un Toulousain envoya Un balai gros comm A certain ami qu'il a Dans vieille Massillia ; L'épigramme n'est mauvaise.

Mais devinez, après ça, Ce que ce Marseillais-là Au Toulousain renvoya :

Une grammaii e Française.

Un ex-scieur possède, dans la \ ue La jilns passante' un riche magasin Où sont tassés aquarelle, fusain.

Pwrtrait, tableau de génie, esquisse, vue; Lesquels toujours, en vrai juif des beaux-arts, Notre marchand a pour quelques liards . Lesquels il vend pour mainte pièce jaune. Chez cettui donc, un joui', une personne Vole un objet et le g] i frac.

Elle est surprise; il lui fait des reproches. « Bah ! » répond-elle, en humant son tabac c< Je puis Lien mettre un objet dans mes Vous mettez tant d'artistes dans I sac ! <

Sur la mauvaise horloge du théâtre des I

Une horloge qui, sans façon, Marque deux quand il faudrait quatre, Au lieu d'être au petit théâtre, Doit être aux petites-maisons.

lu rapport sur l'Ecposi encore ilus ajourné

que la distribution des médailles.

On assure que le sileivce A la bêtise sert de port :

C'est pour cette raison, je pense, Qu'on ne donne pas le rapport.

Croyez-moi, maître Vestrepain, A rimer comme Goudelin Vainement votre orgueil aspire Pourquoi ces incessants efforts?

On peut bien se passer de lyre, Lorsqu'en réserve on tient d Pour en donner à tout l'Empire.

Un gamin, pauvre comme Job, Mais gourmand comme une moinesse, Disait : « au Seigneur je n'adresse Qu'un simple vœu : c'est de pouvoir sans a Un jour, en fait de bâton de vieillesse, Avoir un bâton de Jacob ». (1)

Sur l'absence complète et permanente de petits journaux à Toulouse

De sot orgueil Toulouse ivre,

Un beau jour, se proclama

Littéraire; et c'est cela

Qui, de tout temps, empêcha,

Avec ce seul titre-là,

Le moindre journal d'y vivre.

(I) Pâtisserie Toulousaine.

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