AU FOND DU BOIS
Au fond du bois. Je rêve, assis, distrait, au bord D’un ruisselet, humant le capiteux arôme Qu’un souffle tropical promène sous le dôme Des vieux arbres pensifs et mornes du grand Nord.
A travers les rameaux le soleil fane et mord
Les mousses et les fleurs dont l’air dormant s’embaume.
Sur l’immensité plane un silence de mort.
Le tronc du bouleau semble au loin un blanc fantôme.
AU FIL DES HEURES
L’onde, en le frôlant, berce à peine le roseau.
Pas un souffle de vent ! pas un babil d’oiseau ! Rien sous le ciel ne rompt cette sauvage extase.
Un grand papillon bleu, vivant saphir ailé, Effleure, autour de moi, le gazon constellé. Ou lentement voltige au fil de l’eau qui jase.