L’APPROCHE DU SOIR
Le soleil est tombé derrière la colline Que reflètent les eaux limpides du lac bleu.
Le jour agonisant jette comme un adieu Quelques lambeaux de pourpre à l’onde cristalline.
Des flots vers l’éther monte une brume opaline, Comme l’encens s’élève aux voûtes du saint lieu. L’or du couchant s’altère et pâlit peu à peu.
Sous les taillis du bord la lumière décline.
AU FIL DES HEURES
Pas un souffle de vent n’effleure le miroir Où s’étend, solennel, le silence du soir.
Tout semble prier, onde, arbre, roc, prêle, ortie
Et, se mirant au clair saphir du lac dormant, La lune, qui blanchit le bord du firmament, Sur l’autel de l’azur brille comme une hostie.
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A Mme C. P.
La jeune mère, avec son fils, sur le gazon Du parc vient de humer la brise printanière. Le soleil moribond de sa lueur dernière Empourpre vaguement le bord de l’horizon.
A peine le baiser du vent met un frisson
Dans les arbres mirant leurs fronts dans la rivière.
L’ombre déjà brunit bois, pré, rocher, buisson .
C’est l’heure où les petits enfants font leur prière.
AU FIL DES HEURES
Et la jeune femme a mis son Paul à genoux,
A joint ses mains, et lui souffle des mots très doux Qu’elle veut comme un vin du ciel lui faire boire.
Et, prêt à recueillir la divine liqueur,
L’ange tend, radieux, le vase de son cœur Parfumé comme un lis et pur comme un ciboire.