‹ Les fleurs de givreChapitre 49 sur 51 · AUTEUR DE « CI! ANTE CL ER · texte numérisé non relu

AUTEUR DE « CI! ANTE CL ER

Tu voulus affirmer dans ton drame nouveau Oue le coq nous rappelle encor l’âme française. Erreur ! Non, maître, non, ce n’est pas cet oiseau Qui peut symboliser, après Quatre-vingt-treize, Celle dont le vol, fier comme la Marseillaise, L’emporte au grand soleil éblouissant du Beau (i).

(i) M. Chapman dans son poème n’a nullement voulu mettre en doute la valeur du dernier drame de M. Rostand. 11 a simplement saisi l’occasion de l’apparition de Chantecler pour reprendre le thème du grand idéaliste Emile Trolliet, qui a prétendu que de l’alouette et du coq gaulois il préférait le premier oiseau comme incarnation de la France- (Note de l’éditeur).

AU FIL DES HEURES

Le coq est un pédant, un chanteur ridicule,

Qui se bat sans raison et frappe comme un sourd. Dressé sur ses ergots de l’aube au crépuscule,

Il cherche à dominer toute la basse-cour.

On dirait qu’il se croit le rival du vautour,

Et le capon devant le dindon capitule.

Cruel, jaloux, vulgaire, impuissant à planer, Il ne s’élance pas vers l’astre qui flamboie. Sur le sol poussiéreux il aime piétiner;

A gratter un parterre il met toute sa joie;

Il cherche dans le faible une facile proie,

Et souvent ses méfaits le font emprisonner.

Non, non, ce triste oiseau pour moi n’est pas la France. L’alouette plutôt incarnera toujours Le grand peuple, amoureux du vin de l’éloquence, Que charmaient les accents naïfs des troubadours,

Qui voit tout, du sommet orgueilleux de ses tours,

Et le premier vola dans l’étendue immense.

L’alouette hardie est hile du soleil.

Ne gazouillant jamais qu’aux rayons de l’aurore. Elle va vers l’éther pour chanter le réveil.

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