‹ Les fleurs de la poésie canadienne. 2. éd., augmentée et précédée d'une préfChapitre 22 sur 73 · L'AURORE BORÉALE · texte numérisé non relu

L'AURORE BORÉALE

[rent; IjUAND la nuit se fait belle au bord du Saint-Lau- Voyez-vous quelquefois, au fond du firmament, A^^^ Courir ces météores.

Fantômes lumineux, esprits nés des éclairs, Qui dansent dans la nue, étalant dans les airs Leurs manteaux de phosphores ?

Parfois, en se jouant, ils offrent à nos yeux Des palais, des clochers, des dômes radieux,

Des forêts chancelantes, Des flots d'hommes armés pressant leurs bataillons. Des flottes s'engouffrant dans les vastes sillons

Des ondes écumantes.

Mais tandis qu'admirant leurs jeux toujours nouveaux^ Votre âme s'intéresse aux magiques travaux

De leurs essaims sans nombre, A vos regards charmés se dérobant soudain, Ccmme un léger brouillard sous les feux du matin,

Ils s'effacent dans l'ombre.

Et vous, peuples heureux des bords du Saint-Laurent, Quand la nuit vous verrez, au fond du firmament.

Courir les météores, N'oubliez pas, amis, que nos jours sont comptés Et s'enfuiront soudain comme sont emportés

Ces mobiles phosphores.

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