‹ Les fleurs de la poésie canadienne. 2. éd., augmentée et précédée d'une préfChapitre 35 sur 73 · LE VERBE · texte numérisé non relu

LE VERBE

tL est, et sa parole a créé toutes choses. Il faisait tout hier, il fait tout aujourd'hui : ,qj,i- Il est dans les effets, il gît au fond des causes, Et rien de ce qui vit n'a de vie hors de lui !

C'est lui dont la voix parle au fond des consciences, Eveillant le remords, enseignant le devoir ; Il est le dernier mot de toutes les sciences : Qui ne le connaît pas n'a pas le vrai savoir !

La nature et les cieux, tout me parle du Verbe, Et tout ce que j'admire et tout ce que je vois, La mer et les grands bois, l'étoile et le brin d'herbe ; Tout bruit harmonieux me rappelle sa voix.

Sa voix ! Elle mugit au milieu de la nue, Lorsque dans la nuit noire étincelle l'éclair ; Elle gronde au sommet de la montagne nue, Aux flancs de la colline elle chante dans l'air.

Je l'entends murmurer au sable de la rive. Dans la brise qui passe et dans le flot mouvant ; Quehpiefois elle pleure, et quand l'orage arrive, De douleur elle crie, et se plaint dans le vent.

De quoi vous plaignez-vous, voix suave et divine ? Hélas : je le sais trop : c'est que vous nous aimez, Et qu'à ce grand amour qui vers nous vous incline. Qui nous poursuit partout, nos cœurs restent fermés !

Ouvrez-les, ô Jésus ! allumez-y vos flammes, Attirez tout à vous par vos charmes puissants ; De vos douces clartés illuminez les âmes. Et faites de nous tous des tils obéissants.

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