LA NUIT
T'A A nuit sur l'horizon étend ses grandes ailes ;
Wf^ Mais, grâce à Dieu, la nuit n'a pas d'ombres ce soir.
^ La lumière rayonne aux voûtes éternelles, Et sur un pan du ciel, comme un grand ostensoir, La lune monte, monte, et de clartés inonde Les montagnes, la mer, les vallons et les bois. La nature se tait : on dirait que le monde Pour mieux voir ce tableau retient sa grande voix.
Au firmament d'azur, d'innombrables étoiles Etincellent partout comme des diamants, Pendant qu'à l'Occident, pliant ses sombres voiles, Un lourd nuage fuit leurs rayons éclatants.
De célestes lueurs scintillante, embrasée, La mer, en se calmant, semble se réjouir. Le rivage s'endort, et la vague apaisée Ose à peine se plaindre en y venant mourir.
Je chante en contemplant ces scènes toujours belles, Et mon âme vers Dieu se plaît à remonter. Qui sait si cette lune, aux splendeurs immortelles, N'est pas son oeil divin, revenant visiter Notre globe qu'il aime en dépit de ses fanges ? Et ces astres sans nombre illuminant la nuit. Qui sait s'ils ne sont pas les prunelles des anges Dont la troupe fidèle en l'adorant le suit ?