DANS LES MONTAGNES
Wx A neige couronnait le front des Laurentides, m<? Et, de sa toison blanche entassant les flocons, "^^ Etendait son tapis sur les sommets arides. Ou dans les sapins verts suspendait ses festons.
A l'horizon brumeux, derrière les collines,
S'annonçait du soleil le disque radieux ;
Mais il ne colorait de teintes purpurines
Que les crêtes des monts se perdant dans les cieux.
Dans les flancs ténébreux de la montagne altière Et sous les bois touffus la nuit régnait encor : Mais V)ientôt le soleil, poursuivant sa carrière. Jusqu'au fond des ravins lança ses rayons d'or.
Et je songeais au temps où, dans l'ombre du vice, Après avoir longtemps dormi son lourd sommeil, Le monde vit enfin le Soleil de justice Se lever rayonnant à l'horizon vermeil !
A.-BASILE HOUTHIEK \5ii
Mais rHomme-Dieu,pensais-je,en luisant sur le monde, N'éclaira pas d'abord les sommets et les grands ; Les humbles, les premiers, à sa lueur féconde Virent la vérité pénétrer dans leurs ran^rs.
Le rayon du soleil descend des hautes cimes ; Mais celui que Jésus verse sur l'univers, Avant de s'élever à des hauteurs sublimes. Eclaira les vallons, les grottes, les déserts.
Des huttes des bergers, du seuil de la chaumière, Il monta lentement ; puis on le vit grandir. Inonder les palais d'un fleuve de lumière, Et sur le monde entier s'étendre et resplendir !