‹ Les fleurs de la poésie canadienne. 2. éd., augmentée et précédée d'une préfChapitre 44 sur 73 · AUX COLLEGIENS · texte numérisé non relu

AUX COLLEGIENS

f EUT-ETRE VOUS aurez quelque penie a me croire (Car il s'agit d'un fait qui date de longtemps), j^ Mais c'est vrai : vous lirez un jour dans mon

[histoire] Qu'autrefois, comme vous, je n'avais pas vingt ans.

Oh ! que la vie alors est un charmant voyage ! Les cœurs sont pleins d'espoirs et d'élans généreux ; Tout devrait être joie ! et cependant c'est l'âge Où l'homme connaît mieux l'art d'être malheureux.

Oui, cet art, croyez-m'en, est bien dans la nature. Il existe déjà dans les cœurs de vingt ans, Qui recherchent toujours un bonheur en peinture, Et ne goûtent le vrai que lorsqu'il n'est plus temps.

Evitez, mes enfants, cette erreur de jeunesse. Et, grâce à tous les dons de l'esprit et du cœur Dont Dieu vous a doués sans doute avec largesse, Jugez mieux, et goûtez votre présent bonheur.

LOUIS FRECHETTE

M, Louis Fréchette pM né à Lévis, le 16 novembre 18S9. Il fut admis au barreau en ISGIf,. Il a été député au Parlement fédéral et remplit aujourdlmi les fonctions de grejffier a\b Conseil législatif de Québec.

M. Fréchette a publié plusieurs volwïnes de poésie : Mes Loisirs, 1863 •,\&, Voix d'un Exilé {Chicago), 1867 ; Pêle-Mêle, 1877 ; les Fleurs boréales et les Oiseaux de neige (Paris et Montréal), 1880 ; la Légende d'un peuple (Paris), 1887 ; Feuilles volantes (Montréal),

Les Fleurs boréales ont été couronnées par l'Académie française.

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